Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 16:42

Le poisson dans l'eau


Je me sens une crotte.
Mea Culpa.
Excuses que je dirige à Vargas LLosa, l'homme politique et non l'homme de lettres. J'ai toujours fait des blagues pathétiquement futiles sur sa carrière politique éclair, me basant sur mon intuition, ma faible connaissance, finalement, du sujet, et sur les commentaires éparses de compatriotes à lui, copains à moi sous fond musical des Cadillacs, ivres de Pisco et de bières... Ce qui ne constitue pas un gros dossier pour pouvoir railler la carrière d'un homme politique, si courte sa carrière soit-elle.
Re-je suis une crotte.

Mais maintenant je suis une crotte sage, car voici un livre qui rend sage. Politiquement.
Dans cet essai Mario Vargas LLosa revient sur sa courte carrière politique où il a été précipité un peu malgré lui à la tête du mouvement Libertad, un parti plutôt de droite modérée démocratique au Pérou. Il revient donc sur sa campagne à la présidentielle entre 1987 et 1990  qui se fait dans un pays exsangue, désillusionné.  A cette époque la politique économique éxécrable de Alan Garcia a provoqué une inflation galopante plongeant les péruviens encore plus dans la misère, pendant que le groupe terroriste du sentier lumineux sème la terreur dans le sang et se rapproche de plus en plus de la capitale. En bref une longue campagne épuisante qu'il raconte jusqu'à son échec au second tour en juin 1990, où le vote péruvien lui choisira plutôt un petit homme sec d'origine japonnaise, Fujimori, qui, il y a très peu vient d'être condamné a 25 ans de prison pour violations des droits de l'homme (sans commentaires...)
Voici un livre qui ouvre les yeux sur la "mission" de l'homme politique, qui en mesure ses moyens et ses limites, ses faiblesses, et enseigne à donner un coup de pied au cul aux raccourcis démagogiques que l'on utilise trop souvent dans nos opinions politiques. Son compte-rendu est amère, forcément, pas franchement vengeur ou condescendant envers le choix de vote péruvien, il est lucide et touchant.
Dans ses mémoires, mis à part qu'on comprend un peu mieux la complexité du paysage politique autant qu'ethnique du Pérou je trouve que l'on en sort un peu plus critique envers la politique en général, et le choix du vote aussi, c'est totalement universelle politiquement parlant comme essai, et ce, que l'on adhère ou pas à son programme. 
(Je tiens à spécifier que pour les péruviens, Mario Vargas LLosa, est aussi une personne politique plutôt critiquée, et controversée).
(Je tiens aussi à préciser que j'ai l'impression de marcher sur des oeufs en critiquant ce type d'essai, mais vraiment ici ce que je célèbre c'est le témoignage, la force du témoignage, et non le programme).
(C'est clair ?!?).
(De toute manière si c'est pas clair pour toi, c'est que t'es un peu quiche quand même).

Le moins de ce livre c'est que c'est un peu le bordel. Comme d'habitude Mario fait apparaître 100.000 personnes, et puis c'est quand même 725 pages écrites en tout petit que si tes lunettes sont rayées comme les miennes c'est un peu la tasse, mais franchement c'est finalement assez plutôt facile à digérer. De plus Vargas LLosa a l'intelligence de nous caller aussi un autre bout de sa vie,  depuis quand son père fait irruption dans sa vie à 10 ans et  jusqu'à ses débuts en tant qu'écrivain, avant son départ pour l'Europe.

J'ai de plus en plus d'affection pour cet homme, sa prose est envoûtante, hypnotique, alors oui Vargas LLosa est une sirène (rapport à l'envoûtement et l'hypnotisme ). Une sirène un peu prétentieuse qui lit des poètes qui pour moi sont des noms de station de métro (Quevedo, Ruben Dario...), une sirène sobre comme une bouteille de Champomy, et surtout une sirène qui balance qu'elle a failli s'asphyxier en lisant "Le loup des Steppes" de Hermann Hesse, et pour ce dernier argument Mario Vargas LLosa a encore un peu plus conquis mon coeur.

Je remercie Vargas LLosa d'être à part une sirène, un poisson qui nage à contre courant.


PS: Vargas LLosa n'en a évidemment rien à carrer de mes commentaires.

REPS: L'homme politique est un mammifère dont la sincérité et la transparence sont extrêmement rares. L'homme politique est aussi un mammifère qui a très souvent tendance à prendre de l'embonpoint au cours de sa carrière et ce même s'il court comme un labrador fou sur la plage de La Baule. C'est inévitable.

REREPS: Un jour, peut-être, j'arriverai à pardonner à Vargas LLosa qu'il soit encore plus sobre qu'une bouteille de Champomy. C'est quand même anti-épicurien à mort d'être aussi sobre.


Partager cet article

Repost 0

commentaires

Je Me Présente

  • Solenn ou Amber et des fois Josiane
  • J'aime les huîtres. J'ai cabossé ma voiture à cause d'une sotte histoire de gloss. Un jour j'ai été mordue par un berger allemand. Sinon ceci est un blog de livres.
  • J'aime les huîtres. J'ai cabossé ma voiture à cause d'une sotte histoire de gloss. Un jour j'ai été mordue par un berger allemand. Sinon ceci est un blog de livres.

Instagram, pic et pic et...

Instagram

Recherche

Lectures du moment

          

 

           

                the-return--tadadadam-20131018_112147.jpg 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Archives

Si tu veux me dire un truc