Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 10:58

 

El cojo y el loco

 

 

Esteban, Zia, Tao, les cités d’or, le condor, enfant du soleil, ton destin est sans pareil… Il m’en a pas fallu plus que ce dessin animé pour mettre un point d’honneur de mes petites mains où fondaient les m&m’s, pour me faire jurer de promettre d’aller faire un tour sur la terre des Incas, et autres cultures pré-colombiennes.

 

Le destin est toujours un sacré farceur avec moi, mais plutôt complaisant je crois finalement à mon égard, et au bout de quelques paquets d’années, le Pérou est devenu mon pays. Mon pays aussi. Ma terre, celle qui me manque cruellement, comme si quelque part mon ADN était marqué par ce territoire (oui je sais que c'est pas possible qu'un ADN soit marqué par un territoire cher ami lecteur au parcours scolaire sans faute et bac S).

Si j’avais du temps à perdre et que je croyais en ces histoires de réincarnation, je pourrais aisément croire que dans une vie passée, je suis née péruvienne.

 

Les Andes silencieuses, dures, austères parfois, mais surtout magnifiques, les routes solitaires, les nuits agitées, les volcans partout comme des gardiens, les bus saturés de cumbia, les dunes immenses, les montagnes grises et ocres et beiges, les paysages lunaires et solaires, les nuages sous tes pieds, l’histoire et la nature, les oiseaux liméniens qui font « ku-kuli », les trekkings où que tes jambes meurent, les ceviches avec bières glacées face à la mer,  le pisco-sour, les gens, la diversité, la complexité de la diversité, la tradition culinaire « pluri-métissée » (je présage que la cuisine péruvienne ne va pas tarder à faire vraiment beaucoup de bruit internationalement, tellement elle est délicieusement bouleversante de délices), les vagues grises et gigantesques du Pacifique qui me font flipper comme une malade (de tous mes défauts j’en ai un énorme, c’est celui que je regarde toujours la mer d’un air inquiet, croisant les doigts pour qu’un raz de marée ne vienne pas m’engloutir, ce qui est du grand n’importe quoi de désordre mental), excetera, excetera,…

 

Allez j’en arrête là sur les raisons cohérentes et moins cohérentes de mon amour pour le Pérou, car sinon tu es encore là demain à me lire, chose qu’on est bien d’accord tu ne feras pas. Et moi non plus, car il faut que je passe l’aspirateur et que j’achète des framboises et que je négocie le repas d’une enfant de 2 ans et demi avec une enfant de 2 ans et demi, activité qui te prend autant de temps que pour rejoindre Rouen depuis Paris, sur une A 13 saturée.

 

Par contre  je vais te causer un peu de littératures péruviennes (oui ENCORE une fois), car finalement il s’agit de l’argument de mon blog, te parler de livres et d’auteurs.

 

Là-bas, au Pérou des amitiés qui sont comme des frères de sang, entre des bouteilles de rhum, et de pisco, et de bières, et j'en passe des pires et des meilleurs, on parle aussi de littérature sous le soleil du petit matin sans sommeil qui se lève derrière les pics enneigés. On me suggère Echenique, Vargas Llosa, Bayly, Iwasaki, mais surtout Echenique me glisse les yeux en amande sombres de celui qui sera mon homme et le papa de ma fille un paquet de million d'années plus tard. Pour lui je pourrais lire Proust en araméen, et traduire Ulysse en coréen, ou faire des ultra-marathon comme Murakami, ou ne boire que du chocolat chaud et jamais, jamais d’alcool comme Vargas LLosa. C’est dire…

 

J’ai suivi les conseils littéraires de tous, et j’y ai inclus plus spontanément d’autres choix dont Jaime Bayly, un auteur qui avec « Ne le dis à personne » est entré sur la scène littéraire péruvienne en 1994 avec fracas, entends par là qu’il s’agissait d’un roman extrêmement moderne et cru pour l’époque.  Il s’agit du récit d’un jeune homosexuel issu de la haute bourgeoisie liménienne qui se perd dans la drogue et le sexe facile, en se heurtant aux préjugés gigantesques de cette société élitiste et chrétienne-border Opus Dei. Ca a été un livre choc à l’époque. C’est le meilleur. De loin. Par la suite je crois que j’ai à peu près lu tout ce qu’a écrit Jaime Bayly, mais à la fin ça a fini par bien m’énerver car il n’arrivait pas à se détacher de sa condition à lui d’auteur controversé à l’identité sexuelle non confirmée. J’avais envie de lui dire, bon OK tu es bisexuel avec une nette préférence pour les verges, ça on a compris et on s’en tape, mais ça serait bien que tu fasses un roman différent.

 

C’est chose faite, en théorie, avec son dernier roman « El cojo y el loco », littéralement « le boiteux et le fou » qui est un roman très court qui parle de deux destins parallèles d’un boiteux et d’un fou, nés et rejetés par des milieux sociaux plutôt favorisés (hum, hum çà me rappelle quelque chose) sauf que les deux animés par la rage de la vengeance et la bêtise vont se perdre et mourir dans la violence et la luxure et la paresse. Evidemment le roman est fort, mais bon ça m’a pas emballé plus que çà, comme tu pourras le constater vu le peu d’enthousiasme que j’insère dans mes mots.

 

Il n’y a que 2 romans traduits en France de Jaime Bayly, dont un est « Ne le dis à personne », et l’autre « La nuit est vierge ». Ils sont réédités par un éditeur de littérature gay manifestement et qui s’appelle Adventice. A ce sujet de littérature péruvienne, ou sud-américaine en général, en France je crois que ce sont les éditions Metailié, qui offrent le plus de choix. Quand je vivais à Paris, mis à part me balader à la parapharmacie du monoprix ou m’acheter des trucs inutiles chez H&M ou manger des sales crêpes au nutella qu’avait un goût d’oignon et de fromage à Montmartre, j’allais souvent acheter des livres à la librairie Hispano-Américaine, rue Monseigneur le Prince dans les 6ème, où je crois qu’ils ont le choix le plus vaste (information seulement intéressante si tu es parisien).

 

Si tu suis un peu je t’ai déjà fait une sorte de récapitulatif des lectures péruviennes qui me semblent en toute objectivité indispensables. Vraiment, je sais qu’il est difficile de croire en mon objectivité quand le monstre qu’est la nostalgie de cette terre vit en moi, confortablement installé, mais crois moi mon cher lecteur de l’ombre que mon objectivité est là bien intègre, sans vaciller dans la subjectivité.

 

Mon chouchou d’auteur péruvien, que si tu n’as pas compris c’est que t’as de la chantilly à la place du cerveau, celui que je mets au dessus de tous c’est Roncagliolo, je suis  comme une gamine de treize ans fan de Tokyo Hotel  avec cet auteur. Sache que très prochainement je reviendrais te gaver avec lui car je suis en la possession d’un de ses autres bouquins.

 

Je te laisse après cet espace publicitaire dédié à ce pays-joyau qu’est le Pérou, en te suggérant de faire un tour par là-bas. En attendant tu peux commencer à lire, car lire est un voyage aussi. C’est un des nombreux avantages de la littérature (j’ai l’impression de parler comme l’enfant qu’auraient eu Eve Angeli et Paulo Coelho) (ce qui relève du cauchemar).

 

PS/ Cher ministre du tourisme péruvien (et du commerce extérieur), et donc cher Martin Perez Monteverde,  si par un hasard complètement improbable vous en veniez à lire cette  ode au Pérou, vous êtes gentil vous pourriez me faire la faveur de causer un brin avec Iberia pour que je paie plus mes billets d’avion pour moi et ma famille, et en contre partie je continue d’être une sorte de grosse ambassadrice de votre pays, la meilleure que vous ayez jamais eu. Bien à vous votre altesse et votre grandeur.

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by mescontemplationsetdigressions@gmail.com - dans Littérature sud-américaine
commenter cet article

commentaires

Baptiste 04/08/2011 10:47



Salut!


Je les ai achetés sur Amazon... Impossible à trouver en France ni en Espagne pour le moment. Il ne reste plus beaucoup d'exemplaires me semble t il.


J'adore cet auteur même s'il est vrai qu'il répète souvent la même structure dans beaucoup de ces livres. A lire (si ce n'est déjà fait):


- El canalla sentimental


- De repente un ángel (+++)


 



Solenn ou Amber et des fois Josiane 04/08/2011 11:20



Y de repente un angel, j'ai aussi bien aimé malgré qq incohérences , sinon el Canalla sentimental, je ne l'ai pas lu, et tu n'es pas le premier à m'en dire du bien... a voir donc, merci en tt cas
pour m'avoir informé de Moriras Mañana!!!



Baptiste 03/08/2011 18:46



Hola,


Qu'as tu pensé des 2 premiers tomes de la trilogie Mañana morirás?


Je viens de les recevoir.


 



Solenn ou Amber et des fois Josiane 04/08/2011 10:33



Hola Baptiste, et bien figure toi que moi qui ai la tête comme un melon quand il s'agit de littérature péruvienne, et qui se gonfle le poitrail d'orgueil en disant que je suis au courant de
son actualité, et bien zéro pointé pour moi, car non je n'avais pas eu écho de cette trilogie de Bayly. Je vais aller mourir de honte dans mon coin, ou peut-être voir à comment me procurer
les deux premiers tomes, ce qui serait un poil plus constructif. Où est ce que tu les a acheté ?



Je Me Présente

  • Solenn ou Amber et des fois Josiane
  • J'aime les huîtres. J'ai cabossé ma voiture à cause d'une sotte histoire de gloss. Un jour j'ai été mordue par un berger allemand. Sinon ceci est un blog de livres.
  • J'aime les huîtres. J'ai cabossé ma voiture à cause d'une sotte histoire de gloss. Un jour j'ai été mordue par un berger allemand. Sinon ceci est un blog de livres.

Instagram, pic et pic et...

Instagram

Recherche

Lectures du moment

          

 

           

                the-return--tadadadam-20131018_112147.jpg 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Archives

Si tu veux me dire un truc