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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 11:33

 P1010354

 

Avant tout, Mea Culpa mon très cher lecteur de l'ombre, non pas qu'en ce moment je sois en train de faire déserteuse du blog, mais je suis over occupée principalement à faire des grandes bandes de scotch marron sur des cartons (entends par là déménagement imminent), en plus je n'ai pas été chez moi franchement beaucoup, tu rajoutes à ça une petite température estivale de 39° que du coup tu veux vivre au Pays de Galles à élever des moutons parmi la bruine et les fougères, tu obtiens donc un coefficient d'efficacité blogaire et/ou intellectuel qui frôle l'inertie.

Sache que je vais tâcher d'y remédier.

 

Revenons en à nos moutons ou plutôt à l'exploitation animale industrielle.  

Lecteurs de l'ombre carnivores, voici un livre que si tu le lis, et que tu ne ressens pas une pointe de culpabilité là dans tes artères saturées de graisse animale (je parle pour moi), c'est que tu es quand même quelqu'un de sérieusement un poil maléfique, genre peut-être même que ça se trouve t'es le rejeton de Freddy Krugger et la sorcière de Blair.

 

Voici donc un livre-documentaire-poil à gratter-bombe qui ne devrait laisser de marbre même pas le lecteur de l'ombre qui mange des rillettes dès le petit déjeuner (je parle encore pour moi). 

 

Jonathan Safran Foer, l'illustre auteur, entre autres, de "Tout est illuminé" s'attaque à l'industrie porcine, bovine, avicole mais aussi poissoncole (oui ça se dit pas comme çà, c'est bon j'ai eu mon brevet aussi). 

A l'orée de la naissance de son fils et à l'arrivée dans la famille d'un chien, Georges, Jonathan commence à avoir un doute, une envie d'en savoir plus sur cette habitude de manger les animaux et les dangers de cette surconsommation.

Pendant trois ans il va enquêter aux USA dans les abattoirs et élevages industriels, et il va en revenir avec une volonté végétarienne radicale.

Au delà de la souffrance des animaux qu'il va rencontrer (en particulier les poulets en batterie, gros carton rouge pour KFC), il va aussi mettre le doigt sur la scandale écologique qu'est l'élevage intensif animal: l'exploitation industrielle animale est certainement la plus polluante à tous niveaux: émissions de gaz à effet de serre (qui n'a absolument rien à envier à tout le secteur Transport réuni), pollution des sols, une industrie aussi très gourmande en cette denrée qui se fait de plus en plus rare: l'eau. Il faut 6000 litres d'eau pour produire un kilo de porc, ça calme einh. Au delà du désastre écologique évident, l'industrie animale est en très grande généralité sacrifiée au profit de la rentabilité, il faut des animaux performants et productifs, du coup vas-y qu'on te les modifie génétiquement, qu'on les mutile mais surtout qu'on les dope comme s'ils allaient faire 3 Tours de France sur un tricycle de Dora. Par conséquent on en arrive à un scandale qui est seulement pour le moment le spectre d'un scandale sanitaire: de temps à autre l'actualité nous rappelle que la course à la rentabilité et l'administration systématique d'antibiotiques + pleins de saloperies aux animaux + des failles en matière d'hygiène, nous mettent face à des bactéries ou autre virus qui aurait rendu fou Louis Pasteur. Je ne reviendrai pas sur la grippe aviaire et son H1N1, je ne reviendrai pas non plus sur l'ecoli qui a par ailleurs provoqué la ruine du secteur maraîcher Andalou (mangez des concombres bordel!), mais on sait, et l'OMS en est consciente, qu'en continuant dans cette course à la productivité aveugle, on devra faire face à l'imminence d'un scandale sanitaire majeur... Le constat de Jonathan Safran Foer est affligeant et sombre, sans que ce soit pour autant du matraquage à coup de visions apocalyptiques, cependant il remet en cause la sérénité de  notre avenir si nous  continuons à consommer encore autant de viande sans utiliser un tant soit peu la raison... 

 

Je ne suis pas là pour faire du prosélytisme végétarien, disons que ce serait un peu comme si Lindsey Lohan venait nous vendre les mérites et bienfaits (?) de la virginité, mais disons que quand même c'est un livre qui oblige à une certaine conscientisation (à défaut d'action concrète et radicale comme celle de devenir végétarien, bien au dessus de mes moyens). Et oui je ne peux pas devenir végétarienne, par contre je peux voir à diminuer ma consommation viandale, c'est par ailleurs une action qu'on a entrepris avec mon mari qui tient pourtant plus de l'ours blanc niveau carnivorisme (l'ours blanc pour ton information est avec l'ours kodiak le plus carnivore des animaux, parenthèse national geografic fermée). On avait décidé d'imposer le lundi végétarien, puis en fait on a dit plutôt le mardi, pour au bout du compte ne rien s'imposer comme jour en particulier, mais on a sérieusement penser à diminuer notre consommation d'animaux, ce qu'on a fait. D'un point de vue culturel c'est pas facile à suggérer comme choix, je me souviens le jour où on a dit à table devant des restes de dinde, que c'était mardi et qu'on avait décidé de ne pas manger d'animaux les mardi ça a ricané sec du côté du père et frangin qui nous ont regardé comme des hare krishna:

 

imagesCA38JJ78.jpg

 

... et ma mère en bonne mère a pris cet air de ce qu'on allait escalader l'Everest mais sans oxygène et barres énergisantes et sans grosses chaussettes en s'exclamant "mais les protéines il vous faut des protéines!". Tu vois le genre. Et pourtant j'ai plutôt une famille assez sensible à l'écologie et qui favorise très souvent les produits bio, mais de là à faire la gueule au rosbif... On voit bien que culturellement il y a du boulot.

 

Ce livre est d'une grande responsabilité, les enjeux politiques et économiques derrière sont colossaux, il soulève des questions seulement pragmatiques qui font appel au bon sens, en plus c'est extrêmement clair et  rigoureusement documenté, il n'y a pas longtemps ce livre figurait dans les best sellers du New York Times (300 000 ventes), ceci reste quand même pour moi un bouquin un peu conflictuel... Conflictuel, pour quelqu'un qui comme moi  rien que de parler d'une bonne côte de boeuf au barbecue, salive tel un bouledogue en crise d'épilepsie...

 

Néanmoins je crois vraiment qu'on peut  faire des petits efforts de l'ordre d'une consommation beaucoup plus modérée des animaux, et que ça, rien que ça, c'est un grand pas, car on ne peut quand même pas faire le mort par rapport à tous les dommages collatéraux de l'exploitation animale industrielle. 

 

J'ai trouvé une interview dans les inrocks de Jonathan Safran Foer au sujet de ce livre (oui enfin c'est l'idée), je te balance les passages qui m'ont semblés les plus intéressants:

 

" Les gens me demandent souvent pourquoi j'ai écrit un livre au sujet des animaux et pas des génocides par exemple, comme si on ne pouvait pas s'intéresser à plusieurs choses à la fois. Bien sûr que je m'intéresse aussi aux génocides ou à la faim dans le monde mais j'ai écrit ce livre autour des animaux et de l'élevage parce qu'il y a un silence très étrange, insoutenable, qui entoure la question de la viande.

L'élevage industriel est la cause première du réchauffement climatique, peu le savent précisément.

D'autre part, le lobby des fermes industrielles est extrêmement puissant. Ils ont 2000 lobbyistes à plein temps et dépensent des centaines de millions de dollars en publicité, en congrès. 

 Le marché de la viande est un commerce basé sur le mensonge.

Mieux vaut essayer d'être le moins dupe possible du système. Au lieu de déclarer qu'on va devenir végétarien, ce qui est peu vraisemblable, commençons déjà par réduire notre consommation de viande. Si les Américains mangeaient un plat de viande en moins par semaine, en termes de pollution cela reviendrait à supprimer six millions de voitures sur la route. Ça, c'est possible.

Ce qu'il faut, c'est poser les bonnes questions. Des questions pragmatiques, pas philosophiques.

Tout ce qu'on a à faire, c'est manger moins de viande..."

 

... Ben c'est bien ce que je te disais. 

 

 

PS: en ce moment je suis en train de lire dans la famille de l'auteur: sa femme, Nicole Krauss, et son très chouette "l'Histoire de l'amour", bouquin recommandé par Amanda Sthers, et que moi aussi d'ores et déjà je te soumets.

 

REPS: sinon je suis à la recherche d'un bouquin spécial "canicule encéphale", un truc léger, j'ai envie d'une saga familiale, mais pas non plus la Katherine Pancol, je veux un truc que tu puisses lire au bord d'une piscine où y'a pleins de gosses qui s'époumonent, un livre qui résiste donc aussi au chlore. Suggestions bienvenues (et souhaitées). 

 

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans Littérature nord-américaine
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Gabrielle 27/06/2011 14:11



Tu as lu de Lionel Shriver "Il faut qu'on parle de Kevin" ? Il me semblait que oui mais je ne suis plus sûre. Moi je suis en train de le relire, si tu ne le connais pas, fonce ! C'est pas léger
léger mais c'est scotchant !



Solenn ou Amber et des fois Josiane 28/06/2011 09:39



Non je ne l'ai pas encore lu, il était sur ma wish list longue comme 20 bras, du coup je vais le chercher, merci pour cette suggestion.



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