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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 11:40

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Le livre qui dit Fuck you, fuck you very very much à Charles Dantzig.

Il y a des livres qui font écho à d'autres. Tu les mets côte à côte et ils se répondent voir se défient sur un point qu'ils ont en commun, et c'est pourtant le hasard qui m'a fait se chevaucher ses lectures.  D'un côté "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", et de l'autre Charles Dantzig avec son "Pourquoi lire?", le premier donne des réponses, des claques au deuxième en allant puiser dans l'évidence, l'empirique, l'émotion de l'acte de lire, tandis que Charles Dantzig malgré un thème alléchant s'est quand même globalement contenté de me prendre le chou en allant cherchant dans le compliqué quand on peut faire simple, mais là on ne va pas entrer dans le thème du snobisme littéraire qui met en mode ON mon syndrome de Tourette, du coup je reviendrai sur lui ou sur les Chloé Delaume qui vomissent de la bile verte comme dans l'exorciste quand on associe le mot littérature à divertissement dans un autre billet. Bref je reparlerai de cette condescendance nombriliste de certains auteurs qui mettent un intérêt évident à me sortir par les trous de nez, et provoque en moi un tsunami de vilains mots dont je détiens un large répertoire.

 

Si tu le veux bien attachons-nous pour l'instant à ce petit bijou de livre qui fait du feu de cheminée dans ton coeur.

 

Londres panse encore ses plaies, la vie reprend petit à petit dans ce monde hébété au lendemain de la seconde guerre mondiale, on est en janvier 1946 et Juliet Ashton écrivain émérite reçoit une lettre d'un membre d'un mystérieux cercle littéraire depuis l'île de Guernesey: le cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates. Guernesey est une île qui a souffert terriblement de l'occupation allemande, et franchement j'ai honte d'admettre que même si cette île se situe à quelques vols d'ailes de mouettes de là où je vis, et bien j'ignorais ce pan de l'histoire. Vis ma vie de grosse niaise de l'histoire qui voyait Guernesey comme une petite île peinarde, plutôt épargnée des guerres du 20°s, j'imagine une île avec des maisons de granit et de colombage, des ajoncs, des hortensias et une bruyère odorante, un petit bout d'île qui se dresse au milieu de la Manche, couloir de mer qui nous sépare du Top Shop et de l'odeur de curry que j'adore du métro Londonien. Pas plus, tu vois... 

 

Donc revenons en à ce cercle littéraire qui est né à cause d'une histoire de de cochon rôti dégusté en cachette de l'occupant. Pris sur le fait des habitants de l'île vont inventer et prétexter un cercle littéraire qui va leur sauver la peau des fesses. Par souci de cohérence face à leur mensonge, ils vont se tenir à ces réunions littéraires (approuvées par l'occupant) formées par un groupe hétéroclite qui n'avait pour la grande majorité aucun intérêt pour la littérature et découvriront petit à petit les bienfaits de la lecture.

Une fois la guerre terminée s'instaure donc une correspondance avec Juliet et les différents membres du cercle, correspondance qui tombera à pic afin d'alimenter l'article dont la charge le Times en ce qui concerne les vertus philosophiques de la lecture, car Juliet pêche sur le sujet "jusqu'ici, mon unique argument est que la lecture vous empêche de devenir gaga".  La correspondance va lui donner de très beaux éléments de réponse ainsi qu'une magnifique leçon de vie. Effectivement on est dans un contexte de guerre, les bienfaits de la littérature s'en trouvent donc pour moi presque exacerbées par le manque de liberté, mais si on doit répondre à la question, on s'en tiendra aux réponses du livre et de ses différents protagonistes, réponses universelles de cette grande question qu'est l'"utilité" de la lecture: lire est un acte de résistance, mais il s'agit aussi de résilience, de plaisir, de parenthèse, de parenthèse enchantée de divertissement, de consolation, de paix, de force, de volonté de garder la tête haute et ne pas laisser l'obscur envahir, arguments d'autant plus forts en temps de guerre... La lecture est à la fois bouée de sauvetage et arme pacifiste. Lire est l'arme et le bouclier. Rien de moins les gars. 

 

Ce roman est donc un roman épistolaire, tu sais le genre littéraire que t'apprends au lycée avec "La princesse de Clèves", celle qui a tant fait suer notre actuel président (je n'arriverai plus jamais de la vie à dissocier Sarkozy de la princesse de Clèves). "Le cercle littéraire..." est un roman qui se lit avec délice et volupté, un roman attachant et humain, vivant, drôle et émouvant (j'ai un peu versé de la larme, mais rien à voir avec le film "The descendants"avec Georges Clooney que j'ai été voir hier au ciné, et que j'ai terminé l'oeil rouge et gonflé comme par une conjonctivite ou un match de boxe, le mascara ayant coulé jusque dans la nuque, un film génial mais terriblement provocateur des glandes lacrymales, digression terminée, mais va voir ce film).

 

Ce roman a la particularité d'avoir été écrit à quatre mains par Mary Ann Shaffer décédée à 74 ans peu de temps après sa publication, et sa nièce Annie barrows: la première a été bibliothécaire et libraire et la seconde écrit des livres pour enfants. Oui une fois n'est pas coutume je ne t'apprends certainement rien, ce bouquin a fait grand bruit médiatique appuyé aussi par une quatrième de couverture signée d'un "Absolument délicieux" d'Anna Gavalda. Mais voilà je me disais qu'au cas où que imaginons que tu aies été enlevé par des aliens, ce qui est fort dommage pour toi car personne ne risque de te croire, et donc si tu n'as jamais entendu parler de ce bouquin, et bien tu peux considérer le lire. Publié en 2009 aux éditions NIL, tu le trouves aussi en poche chez 10/18.

 

Donc je reviendrai assez prochainement vous parler de l'autre livre en miroir, celui où la vilaine belle mère de Blanche Neige se regarde, et du "Pourquoi lire" de Charles Dantzig, je m'en prendrai accessoirement à Chloé Delaume et probablement je lui dirai qu'elle aille bouffer ses chauve-souris et qu'elle arrête de nous faire chier. Sur ce, amis de la politesse et très cher lecteur de l'ombre, je vous souhaite un divin WE, à essayer de ne pas vous cailler les miches mignon. 

 

PS: Je te rappelle un autre roman épistolaire tout à fait recommandable lui aussi "Les terres Saintes" d'Amanda Sthers. 

 

   

 

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans Littérature nord-américaine
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