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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 15:53

  Les heures souterraines

 

 

Certains goûts changent au cours de la vie.

 

S’il fut un temps où j’avais une certaine addiction pour les pantalons en stretch brillant de préférence turquoise ou rose, maintenant il faudrait me payer super cher pour que je remette une jupe imprimée zèbre (brillant) associée à un top en lurex jaune (brillant), en mode Peg' Bundy au bois de Boulogne, (oui j’avais une garde robe disons… particulière).

 

C’est la même chose en littérature,  je te l’ai déjà raconté,  avant je trippais en version Lindsay Lohan sur du Bret Easton Ellis, et surtout j’aimais la littérature où putain leur vies des narrateurs est triste à en mourir d’une overdose de tristesse.

 

Mais à l’heure d’aujourd’hui, j’ai beaucoup de mal à lire de la littérature triste ou geignarde ou les deux, surtout si c’est absolument sans espoir. 

 

C’est plus fort que moi, appelons ça le syndrome Annie Cordy, mais je me balade désormais dans la vie avec un optimisme inébranlable et je ne me laisse pas embarrasser par du négatif. Donc il est logique que j’eusse un problème avec la littérature triste ou geignarde ou les deux, que je nommerais pour plus de subtilité la littérature embarrassante.

 

« Les heures souterraines » bien que ce soit magnifiquement écrit, est le type de roman que je ne digère plus. Qui me reste sur le ventre, qui me tombe des mains, qui me fait soupirer, et m’énerver.

 

(Je suis prise d’un terrible manque de concentration due à une fanfare de marteaux piqueurs dans ma rue, qui me donne des envies de meurtres. De meurtres abominables cela va de soit…)

 

Je voudrais bien te résumer l’histoire mais en fait ça me gave. Bon je vais faire un mini-effort :

  

Sous fond de toile, la ville, Paris, gouffre d’anonymes qui se perdent dans leurs solitudes. Mathilde et Thibault, deux échantillons de ces solitudes qui se frôlent mais ne se rencontreront jamais.

 

Donc y’a Mathilde, 40 ans, 3 garçons, t’apprends par la suite qu’elle est veuve, elle bosse comme adjointe d’un directeur marketing de la filiale nutrition et santé d’un groupe alimentaire. Tout allait à peu près bien jusqu’à ce que son directeur à la suite d’avoir eu le sentiment d’être contredit, décide de la faire rétrograder silencieusement et de la broyer dans cette formidable machine qu’est le harcèlement. Tous les jours elle fait le même trajet, métro, RER, pass Navigo, grèves,  avec la vie qui la quitte peu à peu, sans énergie pour dire l’injustice dont elle est victime.

Thibault, l’autre protagoniste, lui il est médecin urgentiste, il n’arrive pas à quitter Lila, mais pourtant il faut qu'il la quitte, finalement il la quitte, c’est dur d’autant plus qu’il commence à être rongé par la solitude, la sienne et celle des autres, dont il est le témoin premier en sa qualité de médecin.

Il y a cette date le 20 mai, où la vie de Mathilde est sensé changer selon les prédictions d’une voyante à 150 euros…

  

Dans une émission de la Grande Librairie y’a pas longtemps, Jean Teulé a émis une opinion qui certainement en aura énervé plus d’un, mais qui moi m’a fait sourire (et ce même si je ne suis pas tout à fait d’accord avec lui). Au sujet de Madame Bovary qu’il cite comme un roman classique indigeste, il dit de l’héroïne, Emma, qu’on a envie de dire « …qu’elle a qu’à de bouger son cul, quitter son mari, … ».

 

Et bien c’est ce que j’ai pensé tout au long de ce livre, que j’ai lu jusqu’au bout, parce qu’il est je te le répète magnifiquement écrit, j’avais envie de crier à ces héros passifs qui regardent leur vie se fissurer, se lézarder, puis partir en ruines, que bordel de merde ils ont cas de se manier le train, changer de boulot, de ville, et de vie, et de mettre à genoux ceux qui les emmerde ou les ignorer, mais REAGIR.

 

C’est pareil avec Olivier Adam, que j’admire comme auteur, je n’ai pas pu terminer « A l’abri de rien » pour les mêmes raisons.

 

Pour moi c’est insupportable cette passivité et cet immobilisme.

 

(J’ai un peu l’impression de parler comme un GIJoe, tout en kaki,  « eh oh on n’est pas des mauviettes, on va se manier le fion, arrêter de se plaindre et aller chasser l’anaconda à mains nues dans cette forêt infestée de serpents, d’araignées tueuses et jaguars affamés. J’en ai rien à foutre que vous ayez rien bouffé depuis 36 heures bande de feignasses ».)

   

Bon quand même ce livre est une formidable analyse du monde de l’entreprise, un monde malade souvent, en mode France Télécom avec son management « pathogène ».  Mais je préfère que la stupidité et la dangerosité du monde de l’entreprise soit traitée avec plus d’humour comme Leslie Plée l’a fait dans sa magnifique BD de « Moi vivant vous n’aurez jamais de pauses ». Car l’humour est encore une fois la meilleure des armes face aux cons.

 

J’arrête car je n’aime pas mettre des parpaings à des auteurs car en fait dans le fond j’ai beaucoup de patience et d’amour globalement avec le genre humain, je reviendrais prochainement les mots chargés d'enthousiame pour Delphine de Vigan avec « No et moi », qui je suis sûre conviendra plus à mon tempérament jovial, optimiste et pragmatique de labrador.

 

Et voilà c’est tout.

  

Allez mon très cher lecteur de l’ombre, le soldat « Ami Ricorée » que je suis, te recommande de faire des pompes avec les deux mains, parce qu’avec une main c’est super impossible. Tu peux aussi ne pas faire de pompes du tout. Car sinon tu peux prendre du muscle en espérant un peu avoir les bras de Madonna, et puis finalement terminer comme çà à manger de la créatine et des blancs d’œufs et à abuser de l’auto-bronzant en intraveineuse.

 

 ( ... ou comment épater tes amis à la plage)

 

 

 

 

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Published by mescontemplationsetdigressions@gmail.com - dans Littérature française
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el tobe 12/04/2010 22:28



Como bien decias nena, es dificil escribir sobre un libro que no te ha gustado, es por eso que tienes el doble de merito por esta critica, uno por redactarla tan bien, y dos, por que presencie el
trabajo que te significo leer el libro.


 



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  • J'aime les huîtres. J'ai cabossé ma voiture à cause d'une sotte histoire de gloss. Un jour j'ai été mordue par un berger allemand. Sinon ceci est un blog de livres.
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