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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 21:40

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(quand il faisait encore chaud sur ma terrasse).

 

 

Caryl Férey est le hannibal lecter des auteurs de thriller. Sache que tu vas finir le coeur en carpaccio avec lui.

Il y a des livres qui restent, il y a des livres qui prennent possession de ton corps, de ta paix, et même de ta paix relative: Mapuche te rentre dans la peau, te serre le coeur, lui fait misère, le regarde battre inquiet, agité. Ce bouquin est un vampire pas twilightisé qui vient te laisser exsangue, abattu, mais aussi plein de soif de justice, de vérité, peut-être que mon empathie flirte avec l'exagération, mais Mapuche est un livre harakiri dans ta rate mon très cher lecteur de l'ombre, que tu vas m'en dire des nouvelles. 

 

Caryl Férey est un auteur qui a décidé de mettre des coups de pieds dans les fourmilières de vérités dérangeantes. Je l'avais découvert avec Zulu où il m'avait particulièrement beaucoup séduite, j'ai été conquise (terrassée) par Mapuche.

 

Mapuche c'est l'histoire de Jana une Mapuche, héritière d'un peuple natif qui a été littéralement massacré, de Ruben un détective à la solde des Mères de la place de mai, puis il y a ces deux cadavres, celui d'un travesti " Luz", et celui plus "influent" de la fille d'un homme d'affaire puissant. Mapuche c'est l'histoire et le présent de l'Argentine.

Ce bouquin est indispensable, car au delà de l'excellence de la trame de ce thriller bien, très bien mené, il en va de l'importance de la mémoire, du souvenir, et ici en particulier des victimes et des dommages collatéraux de la dictature militaire argentine (1976-1983). Si tu le veux bien, je t'invite à aller lire ou relire mon billet d'Elsa Osorio et son "Luz ou la vie sauvage", où cette histoire d'enfance volée, article dans lequel je te détaille en long, en large et en diagonale cette atroce page de l'histoire argentine. Une page non révolue et non résolue, qui baigne encore dans le pus de l'impunité, une page de l'histoire en somme encore ouverte.

Je veux dire 1976- 1983, c'est tellement proche, c'était quand Lio se dandinait sur Banana Split et que ton père pensait à elle en bien la nuit. C'est tellement proche que c'était hier, en bref un passé très proche, tellement proche qu'il appartient encore au présent.

 

François Busnel de la Grande Librairie le qualifie ni plus ni moins de "chef d'oeuvre" et je veux dire on a vu plus décontracté des pattes arrière que François Busnel niveau penchants littéraires, alors disons que là on a l'aval d'un "grand" monsieur  de la littérature. Il rajoute même d'"une grande beauté littéraire", et là je veux dire si c'est pas la classe à Palavas pour Caryl Férey, je m'y connais point.

Alors moi je te dis juste car je suis un poil moins distinguée que c'est le thriller le plus chouette de la nuit des temps qui va te faire tomber le slip.

 

Je te préviens que les âmes sensibles iront voir ailleurs si j'y suis, car c'est extrêmement violent, et la violence est double et d'autant plus indigeste que les faits sont juste empruntés à la réalité:

" Hermione... Je l'ai croisée plus tard, hagarde, ne tenant plus debout après une "séance de travail". Elle ne pouvait plus me voir car ses yeux bleus n'exprimaient plus rien: elle était devenue folle... Les geôliers donnaient des scores: elle, c'était "322"- il l'avait violée trois cent vingt deux fois... Où étais-tu, petite soeur?" (p.288)

 

Caryl Férey se sert de la réalité de cette période obscure de l' Argentine pour asseoir son intrigue, son fort c'est faire du faux avec du vrai, de se calquer sur l'actualité et/ou l'histoire, et forcément les personnages gagnent en densité et en crédibilité.

Moi qui connais, je crois pouvoir dire en toute humility les gars, l'histoire et le contexte géo-socio-économique de l'Amérique Latine, je peux donc t'affirmer que Caryl Férey a bossé comme un fou son sujet, et pas qu'un peu, c'est bluffant.

Donc au delà de l'argument du thriller, je dirais que ce qui prime presque c'est le témoignage historique et politique, j'aime comment Caryl Férey envisage l'écriture comme une arme, et aussi un devoir moral de servir, et surtout de donner de la voix aux vérités que la malveillance voudraient muettes. 

 

Bon y'a un truc qui me dérange, un seul dans ce bouquin c'est que le cerveau des méchants, le big boss, le Général Ardiles porte le même prénom que mon fils. C'est le seul point négatif, je veux dire il aurait pu l'appeler autrement le méchant genre Ignacio ou Roberto, ou Sergio, tiens Sergio c'est bien pour un prénom de méchant, non ? enfin, bon.

 

Sinon, voilà je veux dire que si tu ne l'achètes pas ce bouquin c'est que tu sens le poney décédé de la bouche et que tu pues des pieds comme s'ils étaient en décomposition (tes pieds).

En bref lis-le.    

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans Romans noirs pour regarder en dessous de ton lit
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