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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 15:56

 

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Alors là me voilà bien embêtée... J'ai très moyennement apprécié le dernier de Bret Easton Ellis.

 

(Silence consterné de la foule en délire qui s'étrangle de terreur mêlé de dégoût de l'ingratitude de mon point de vue).

 

Je ne me sens presque pas la légitimité ni le courage d'assumer mon manque d'enthousiasme pour ce bouquin, je suis pourtant une sorte de lectrice assidue et plutôt conquise d'avance par l'écriture de Bret Easton Ellis comme avec "Lunar Park" par exemple, mais je ne me considère quand même pas une fan (sinon je serais une fan plutôt médiocre étant donné que je n'ai jamais lu "American Psycho" = les boules = la honte un peu).  Les vrais fans de toute la vie les Frédéric Beigbeder ou les Simon Liberati me vomiraient probablement dans la bouche (exquise image) de bouder ce dernier bouquin de Bret Easton Ellis, mais bon j'assume, moi je reste sur une sensation de "Mouais... bof...."  

 

Il s'agit de la suite, 25 ans après, de "Moins que Zéro", livre culte pour beaucoup dont moi. C'est un peu le "Requiem for a dream" de la littérature, mais le bad trip est en mode Los Angeles qui met en scène un groupe de jeunes californiens tous enfants de papa et cockés comme les narines de Jean Claude Vandamme, mais il s'agit aussi d'une merveille de poésie mélancolique et de vie désabusée d'une génération désenchantée.

 

Lire "Moins que zéro" pour moi a été une petite révolution, je devais avoir plus ou moins l'âge de passer le permis de conduire, je connaissais déjà les gueules de bois qui t'arrachent la rétine, et je crois que comme pour beaucoup ce livre m'a marqué. C'est aussi le livre qui a lancé toute une pléaide d'écrivains créant des personnages d'encre et de papier (ou plus souvent d'alter ego) plutôt fortunés avec une forte addiction pour les drogues dures  et menant une vie de patachon, il y a en a eu beaucoup à jouer sur ce registre dont certains me viennent en tête comme les premiers bouquins de Jaime Baily  ( " Ne le dis à personne", "La nuit est vierge"), Beigbeder et en gros tous ces premiers romans, Lolita Pill ("Hell"),  le petit dernier Sacha Sperling ("Mes illusions donnent sur la cour"), etc..., etc...

 

Dans "Suites impériales" on retrouve les héros de "Moins que Zéro": Clay, Julian, Blair et Rip, tous ont un lien avec l'industrie cinématographique. On reste dans le même décor: une Los Angeles déshumanisée, violente, des héros qui prennent du gin au petit déjeuner, mélancolie en intraveineuse, un univers où le futur a le sourire du diable...  Le héros, Clay, se retrouve embourbé dans une affaire de prostitution et de crimes, et l'histoire s'enfonce vers une ambiance d'orgie funeste, de paranoïa totale, et de thriller brouillon qui n'a pas su totalement me séduire, voilà tu peux me lancer de la moussaka pourrie au visage, j'assume mon point de vue.

 

Bon je sais que pour la suite de "Moins que zéro" fatalement on ne pouvait qu'entrer dans la noirceur, les personnages du bouquin ayant un background pas du tout ambiance la petite maison dans la prairie, alors c'était je dirais une suite logiquement escomptée. En fait mon problème à moi c'est que j'aime être surprise par les auteurs, j'aime qu'ils me bousculent un peu, et avec Bret Easton Ellis tu sais déjà à quoi t'attendre: reflet d'une société abjecte, ambiance "Life sucks", strass californien, sexe trash, drogue et panique-aliénation-obsession-schizophrénie, univers qui fait la signature de Bret Easton Ellis, certes, mais qui là pour le coup m'a lassé... En même temps je savais aussi à quoi m'attendre... 

 

Quand tu lis les critiques style Vogue, Nova ou les Inrockuptibles, temples de la hypitude, qui louent le semi-Dieu qu'est pour eux Bret Easton Ellis, faire l'effrontée et trouver l'auteur "répétitif" c'est forcément passer pour une grosse ringarde, pire une beauf, une sorte de nana qui met les "si "avec les "...rait", qui sert à tout va du "faut qu'elle voye" et qui porte des strings boulochés Snoopy ou Hello Kitty... Tant pis j'assume, condamnez-moi au supplice du chatouillement de la voûte plantaire sur l'autel de la branchitude. Fuck off. Ca m'a un peu gavé ce bouquin de Bret Easton Ellis.

 

Bon quand même si tu veux t'en faire un avis propre et subjectif il vient de sortir en poche chez 10/18.

 

Bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre.

 

PS: Précisions: je ne porte plus de strings depuis 2003 (plus ou moins), et je suis presque aussi stricte sur les fautes d'orthographe/grammaire/conjugaison que Bernard Pivot (presque), et je rajouterai que je ne peux pas saquer Snoopy ou cette garce d'Hello Kitty sur du textile et encore moins sur des sous- vêtements d'adulte. Je voulais juste préciser ces détails.

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans Littérature nord-américaine
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commentaires

theo 14/02/2012 08:46


fitgerald... je veux dire Scott Fitzgerald

theo 14/02/2012 08:43


Bonjour, je suis à moitié d'accord. Je l'ai lu hier soir et la première moitié du livre m'a vraiment attrapé (Clay y est très impressionnant, et je trouve l'écriture d'Ellis quasiment parfaite).
Après je ne suis pas sûr que ça ne devient pas une sorte de patchwork de pièces pas tout à fait bien collée. Mais j'ai toujours plus ou moins ressentis cette impression à la lecture de Ellis. Un
peu comme si l'artiste se fatiguait et s'abaissait périodiquement à la hauteur de ce petit monde des magazines de modes et des écrivains de seconde classe qui l'adulent.


Si Fitgerald était toujours vivant ils pourraient peut être se pousser l'un l'autre (je trouve qu'ils se ressemblent énormement à quelques dizaines d'années d'intervale) mais probablement aussi
qu'ils iraient se beurrer un peu plus dans les soirées sous les yeux ébahis du petit microcosme.

Solenn ou Amber et des fois Josiane 16/02/2012 10:51



Oui je crois que c'est ça t'as raison, cette histoire de patchwork de pièces est exacte, c'est aussi l'impression que j'ai eu: le bordel et pas franchement l'évidence de savoir où il allait.
Après oui je pense que Gatsby le magnifique aurait fait un excellent pote en mode patachon comme Ellis, mais bon en
même temps j'aurais pas craché sur la possibilité de faire une bonne fête avec eux, et tiens pourquoi pas d'y inviter Dorothy Parker!


 



Tamara 03/02/2012 14:09


J'ai toujours aimé l'oeuvre de Bret, mais avec Suite(s) impériale(s), j'ai connu ma première déception Eastonienne. J'ai trouvé cet opus inutile, grosier, découssu... Bref, je n'ai pas aimé du
tout!

Solenn ou Amber et des fois Josiane 11/02/2012 13:37



Ah je me sens moins seule!



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