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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 11:58

Bonjour mon très cher lecteur de l'ombre, je sais que tu dois penser que la paresse est devenue mienne, à temps plein, imbattable, comme une tâche de vin sur son t-shirt préféré dont on ne vient jamais à bout et ce même armé de K2R et d'eau écarlate.

 

Je te promets que tu te trompes. Il ne se passe pas un jour sans que je me morde l'intérieur des joues, gavée de remords de ne plus squatter mon blog et bouffée par l'envie d'écrire, et de partager mes lectures. J'ai pas franchement de circonstances atténuantes, seul le temps ce grand monsieur imperturbable, ponctuel, ne se met pas de mon côté, mais je vais d'ici quelques jours avoir plus de plages horaires qui vont me permettre de retrousser les manches et d'attaquer le retard accumulé, je vais te lui faire sa fête à mon retard amoncelé, il ne va pas comprendre et se prendre une sacrée raclée (et moi à l'occasion).

Je suis aussi en train de repenser mon blog esthétiquement et pratiquement parlant car il ne me satisfait pas complètement (loin de là). J'ai également crée un profil instagram sur instagrid, j'aime ce moyen "d'expression" en mode hipster un peu has been quand même, et de comme si j'étais une fucking blogueuse mode. Je t'invite à aller y jeter un coup d'oeil.

 

http://instagrid.me/solennamberjosiane/

 

Je ne te dis rien de plus car tout est (presque) dit : je suis là et toujours encore plus là, et ce même si ce n'est pas évident de visibilité.

 

PS: Tu pourras constater que j'ai fait des efforts en terme de grossièretés, avant je taxais le temps de putain (par ici) (je continue de le penser très fort), mais maintenant je le personnifie ce temps et le qualifie de grand monsieur imperturbable et ponctuel, c'est pas facile d'avoir une bouche championne des JO des grossièretés et avoir des enfants (et aussi une certain idée de l'élégance)... Du coup face à la honte évidente d'une petite tête aux yeux malins de 4 ans et demi qui reproche avec l'index pointé "c'est pas bien de dire putain, maman!" je me soigne et je parle avec des fleurs dans la bouche. Avoir des enfants et apprendre à parler mieux. 

Putain.

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 22:20
 
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Bon toi même tu sais que je suis une lectrice plutôt très fidèle d'Amanda Sthers. C'est aussi vrai que je ne patiente jamais jusqu'à ses parutions en poche. C'est tellement vrai que j'avais réussi à lui décrocher une petite interview-livres, car de l'admiration j'en ai des tonnes pour elle. Pour elle et pour d'autres, certes...
 
Voilà son dernier roman tout frais sorti et je dirai que c'est la première fois que l'engouement et son pote l'enthousiasme se sont mis d'accord pour ne pas applaudir ce bouquin. J'ai moins aimé que le reste de la bibliographie d'Amanda Sthers. Jusqu'à présent on dira que ce sera presque "mon moins préféré" (je parle le 4 ans et demi fluently les gars).
 
Cette fois ci Amanda Sthers s'attaque au secret de famille et se charge de le mettre à nu. C'est donc un roman peut-être plus proche de l'autobiographie pour l'auteur qui admet "avoir mélangé mensonges et vérités". Quand Amanda n'a que 6 ans, un Big Bang survient dans la famille: l'oncle, le frère de sa maman, souffrant de schizophrénie se suicide et laisse sa soeur et donc la mère d'Amanda sur le carreau. « Mon oncle s’est suicidé quand j’avais 6 ans et cette mort a transformé ma mère. Le changement a été imperceptible et seul quelqu’un sorti de son ventre était susceptible de le noter. On peut être morte et tout à fait vivante. Ma mère habitait son corps mais ne l’incarnait plus." Sa mère ne sera plus jamais la même et deviendra cette "fausse maman", un peu comme une maman morte, une maman qui elle aussi n'est plus là. Cette "famille zinzin" mise en lumière par l'écrivain balade son hystérie assez commune à toutes les familles, ou presque, entre Brest, Madagascar, Paris, et Israël. Un portrait de famille au vitriol mais avec aussi beaucoup d'émotion, de douceur et de bienveillance. Elle met des mots sur les zones d'ombre, les séismes latents de cette famille, comme si ces mots pouvaient aussi guérir du mal et dompter les fantômes du passé. L'auteur confesse qu'elle a "toujours lutté contre ce livre", la culpabilité évidente de faire péter le secret de famille l'empêchait de l'écrire, puis elle s'est lancée, comme si elle ne pouvait plus avancer sans donner naissance à ce livre: "Si l’écrivain, en moi, est comblé, la femme, en moi, est mortifiée."
 
Voilà, maintenant que je te donne mon avis sur ce bouquin, au même instant je me creuse la tête en me disant mais c'est quoi finalement mon problème avec ce livre ? Certes l'écriture fébrile est un poil bordélique, comme si le livre avait été craché tel une boule de poils de la gorge d'un chat (et hop une métaphore toute pourrie), mais sinon c'est plutôt très réussi. Mais là je crois qu'on est à fond dans le domaine de la subjectivité. La mienne. Et mon problème de soldat discipliné et mon éducation que l'on doit laver son linge sale en famille, et du coup je crois que j'ai été embarrassée par ces secrets de famille que l'on fait voler en éclats publiquement, ces vérités devenues impudiques. Attention on n'est pas non plus dans de l'auto bio trash et/ou vulgaire, on y est à des années lumière, mais une fois n'est pas coutume, j'applaudis un peu moins ce dernier roman d'Amanda Sthers.  
 
Peu importe l'auteur reste quand même haut, très haut dans mon estime, elle n'est jamais là où on l'attend et c'est l'une des grosses raisons de mon admiration pour elle. J'ai particulièrement hâte de lire cette bio autorisée de Johnny Halliday qu'elle va sortir en novembre, où elle dit qu'elle fait "psy de Johnny" dans la collection atypique de bio qu'elle dirige chez Plon (cf la dernière qu'elle a faite, Liberace, et dont je t'ai déjà causé par ici). T'inquiète je ne suis pas fan de Johnny, genre loin de moi l'idée de chanter avec les cordes vocales qui vibrent d'émotion "Que je t'aime" avec un cuir à franges dans un karaoke de zone industrielle où ils servent du whisky coca sans glaçons. Loin de moi.
 
Allez je te laisse,
bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre adoré.
 
(les sources en italique sont des bribes d'interviews que j'ai trouvé dans le JDD/ et Europe 1) 
 
PS: et ouais oh miracle, genre vive Lourdes et les cierges, Orange m'a reconnecté! 
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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:04

Je te jure que je ne suis pas partie en vacances à Mallorca à m'ambresolarisé le gibier (= je ne suis pas partie bronzer).

 

Non mon très cher lecteur de l'ombre. J'ai ENCORE déménagé. Encore mis ma vie en cartons comme un Rémi sans famille (qui a beaucoup de cartons quand même, et une grosse famille aussi, bref...), sauf que là on a fait simple on est resté sur la même ville et donc dans le même pays (ma logique est implacable, n'est-il pas), ce qui fait que le déménagement de ma ligne donnant vie à ma livebox devait être en théorie une formalité. En théorie... Mais non Orange (oh oui je les balance) a encore foiré prétextant un bug informatique pour expliquer le gros retard de déménagement de ligne. Un bug informatique... (et mon cul c'est du poulet). Bref c'est un peu comme si j'avais déménagé dans une zone tendue du string au Pakistan et que c'était très compliqué de gérer le dossier... Tiens donc c'est pas la première fois cette mésaventure internetale avec Orange, j'avais déjà pesté l'année dernière dans cet article et je disais:

  PS: on peut présager un regain d'activité sur mon blog, mais la condition sine qua non est que ma livebox arrête de faire le tour de France, je crains même qu'ils ont assemblé ses pièces en Tasmanie et qu'ils sont en train de me l'envoyer par zodiac (* edit: je précise que c'est par kayak qu'ils sont en train de me l'envoyer, o râge o désespoir...)      

Je vais les pourrir au service réclamation je te le dis moi (et surtout changer d'opérateur), mais en attendant me voilà sans moyen de te faire passer mes humeurs lecturiales et ça me rend ronchon comme un Jean Pierre Bacri qui ferait une crise hémorroïdaire (je précise que je n'ai jamais connu cette disgrâce).

 

Bref j'arrête de faire mon Ronsard et je vois comment redonner de l'oxygène à mon blog. Je te promets que je ne te lâche pas mon très cher lecteur de l'ombre. Clair.

 

Bien à toi.

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 09:22

 

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Bon ben mince aujourd'hui je me suis mangée un clown de plus au petit déjeuner et je suis plutôt in the mood for "tirelirepimponsurlechihuahua" (ou un truc dans le style) et pourtant il faut que je te parle d'Ingrid Betancourt, l'otage certainement le plus médiatisé de l'histoire des otages, la tresse un peu moins longue que Raiponce (autre otage, mais pas de rapport oui je sais). Il faut que je vienne gâcher la fête avec les Farc et la guerre que se trimballe la Colombie sous le coude depuis presque un demi siècle... Mais bon il faut que je le fasse, ça va être comme quand on retire un gros pansement qui a un peu adhéré à la peau: sec, rapide et pas franchement très drôle.

 

Mais comment aller à l'essentiel quand on est déjà sur un bouquin intense de 815 pages les gars, comment faire... Déjà par où commencer ?

Je me souviens il y a de ça vraiment longtemps, tellement longtemps que je vivais dans un studio de 22 m2 métro Alexandre Dumas à Paris et que j'étais la reine de l'interim (vous avez besoin d'une secrétaire dans un cabinet d'architecte? pas de problème! une vendeuse puériculture aux galeries Lafayette alors que t'y connais que dalle aux bébés ? je suis là! Hôtesse au salon du fromage ? ok c'est moi la reine du camembert) (je te balance pas mon CV car tu vas rire)... Bref il y a plus de 10 ans j'avais lu le bouquin d'Ingrid Betancourt "La Rage au coeur", j'avais été émue par son courage et sa conviction, naïvement émue car la machine politique colombienne est bien plus complexe que je ne le savais à cette époque, mais pour moi cette nana qui brandissait son drapeau anti-corruption (entre autre et pour faire vite) elle me plaisait bien. Du coup je suivais sa trajectoire politique, jusqu'à ce que pendant la dernière ligne droite de la campagne électorale, en février 2002,  elle se fasse voler sa liberté par les Farc...

 

Il s'agit donc du récit angoissant de sa captivité, 6 très longues années à moisir dans la jungle, dans tout ce vert immense et dense, là où le soleil n'arrive même pas à percer la végétation. Les évasions, les échecs, les espoirs, les espoirs anéantis, la mort qui hante, la mort qu'on repousse... Le danger est omniprésent dans ces conditions de vie, et la survie une question de tous les jours accompagnée de son point d'interrogation. Cette détention forcée dans toute sa cruauté aura été aussi pour Ingrid une grande expérience d'introspection et puis d'essayer de prendre le bien du mal, ne pas se laisser envahir et contaminer par la haine, résister.  

Ce sont  815 pages que tu te prends comme un coup de pied dans le foie (en vrai pas autant, car ça doit faire un mal de chien), un livre en colère, mais d'une colère polie et contenue, digne.

 

Bon je suis consciente que ce n'est certainement pas le meilleur récit fin d'aborder la complexité de la situation géopolitique de la Colombie qui baigne dans le sang depuis de trop nombreuses décennies. Si les Farc font partie de la gangrène colombienne, il ne faut pas non plus oublier les autres, et ils sont nombreux à avoir leur part de gâteau dans la violence aveugle qui anémise le pays, et notamment les paramilitaires. Il faut absolument que je vois un documentaire d'un journaliste colombien, Juan José Lozano, qui est sorti en France en avril dernier "Impunité", et qui révèle le funeste sillage des paramilitaires: plus de 50.000 morts, massacrés, des dizaine de milliers de disparus, et ce avec l'aval des grandes figures politiques. C'est un documentaire ultra violent aussi dans la vérité qu'il apporte. (Si tu veux voir la bande annonce c'est par là)  

Niveau actualité pour en revenir aux Farc même s'ils font preuve dernièrement de "bonne volonté": ils ont libéré leur derniers prisonniers militaires en février, et ont aussi annoncé ne plus enlever de civils, il ne faut quand même pas oublier qu'il s'agit d'une lutte armée forte de 9200 combattants, et que de trop nombreux séquestrés meurent à petit feu dans la jungle encore aujourd'hui, rappelons que selon les Farc: "La notion de crime contre l'humanité est une notion bourgeoise".  

 

Bref la Colombie est encore bien dans la merde.

 

Je ne vais absolument pas rentrer dans la polémique qu'Ingrid a suscité après sa libération, ni sur l'animosité de certains compagnons d'infortune, ni sur sa maladroite demande d'indemnités à l'état Colombien. Je dirai juste que Clara Rojas (sa directrice de campagne enlevée en même temps) et Ingrid avaient une vision de la captivité antagoniste. Face à leur geôliers, quand Ingrid n'a jamais décoléré et planifiait son cesse sa prochaine évasion, Clara elle par résignation (ou par sagesse?) avait préféré se plier aux Farc et se les mettre moins à dos. C'est là que leurs divergences sont nées. Mais bon j'ai dit que je ne rentrais pas dans la polémique parce que franchement tu sais quoi on s'en fout.

 

Sinon avant de te laisser je voulais t'avouer que quand je dois te parler de sujets à dimension politique comme ce bouquin, je perds un temps de malade, mon cerveau se met en mode pipelette-rebelle-sherlock holmes, et je vais vraiment vers mon pire travers: le manque de concision. Je me sens en toute humilité empreinte d'une certaine responsabilité d'en dire plus, de chercher plus, de ne pas survoler le sujet en faisant mon Yoyo le clown jovial, et du coup bordel qu'est ce que c'est la plaie pour moi de faire dans le bref et succinct et claire. En tout cas j'espère l'avoir été plus ou moins (brève, succincte et claire).

 

A très bientôt et bien le bonjour chez toi mon très cher lecteur de l'ombre!

 

Signé: Yoyo le clown jovial.

 

PS: oui I know "succincte" et "brève" est un pléonasme, please forgive me comme dirait Bryan Adams.

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans Biographie et auto-biographies
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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 11:44

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Pourquoi lire ? en voilà une bonne question qu'elle est posée .

 

Voici un bouquin dont je voulais te causer depuis le mois de janvier, hum hum...

(entends par ces hum hum que je sens méchant des pieds de ne pas l'avoir fait avant). Pourtant ce climat qui s'est presque déguisé en été m'appelle plutôt à aller me rafraîchir le gosier d'un rosé en terrasse plutôt que d'être enfermée à t'écrire sur ce qui fut jadis une chaise:

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Ceci est l'assise de mon bureau avec trou aux fesses où ma fille en se mettant debout dessus en mode Jack Ass a fait "taversé la chaise dedans" son pied (j'aime la grammaire et la conjugaison décomplexée des enfants). Et oui il faut que je m'achète une autre chaise, mais j'y suis un peu attachée, bêtement, même si elle me fait souffrir le coccyx de que comme si je revenais du tour du monde en mule sans selle.

 

 Mais bon.

 

 Et donc pourquoi lire ? 

 

Avant de te crier mes raisons, les plus évidentes, arrêtons nous aux réponses de Charles Dantzig. Dans le panthéon d'auteurs français tête à claque, on trouve certains auteurs dont Charles Dantzig. Je pense qu'à la mesure de Beigbeder on aime ou on aime pas ce type, moi je serais plutôt incline à dire qu'il me gave. Je ne reproche pas à cet écrivain  son style assez sympathique, ni son humour qui peut parfois même s'avérer efficace mais je regrette qu'il se laisse trop souvent aller à beaucoup de condescendance et donc aussi de snobisme. Et les snobs me sortent par les trous de nez. En même temps les êtres snobs sont malheureux, ce ne sont pas des hommes libres: toujours cette pression de ne pas être du côté du goût des autres, de ne pas sombrer dans la vulgarité du choix populaire ce qui se traduit en littérature plutôt mourir que de lire du best seller. Ce sont ce genre d'auteurs et donc d'ambassadeurs de la lecture qui sont responsables des réticences encore de beaucoup à prendre un livre, on leur fait croire que c'est un objet seulement sérieux, ce sont eux qui rendent la littérature poussiéreuse et inaccessible, ce sont eux les responsables. Quand tu vois que d'autres auteurs (encore une fois tête à claque) comme Chloé Delaume qui très sérieusement crache son venin de serpent ancestral et affirme que c'est "grave de se divertir avec la littérature", tu as envie de lui dire encore une fois "va bouffer tes chauve-souris et arrête de vomir ce ramassis de conneries". En tout cas par déduction si tu veux t'ennuyer comme un rat mort tu sais que lire du Chloé Delaume est une option tout à fait envisageable.

Peux pas les blairer les snobs. 

 

Bon allons droit au but j'ai très moyennement apprécié ce bouquin. Je trouve regrettable que Dantzig qui pose une vrai et belle question se soit perdu dans de l'onanisme intellectuel et nous matraque de son érudition, quand je pense que la question "Pourquoi lire ?" appelle à des réponses écrites aussi avec le coeur et les tripes, car je pense que tous les gros lecteurs convaincus sont des êtres qui ont une relation presque "charnelle" avec la lecture.  Mais bon en même temps je ne vois pas ce que j'attendais de plus d'un auteur comme Dantzig qui raconte qu'il a été scandalisé d'avoir reçu du Jules Verne à 11 ans, et donc de la vulgaire lecture de gosse selon lui, quand il dévorait du Musset ou du Verlaine, (mes lectures de "grand" à cet âge là pour moi c'était du Mary Higgins Clarck, éventuellement Maupassant, on voit qu'on joue pas sur le même terrain, clairement).

 

Bon à sa décharge même si le livre m'a gonflé assez globalement, je dois admettre et souligner certaines "vérités"  qu'il amène et que je partage. En voici un petit pot pourri:

 

"On lit pour comprendre le monde, on lit pour se comprendre soi-même" (p.21)

 

"Pourquoi lire? Pour devenir moins borné, perdre des préjugés, comprendre (p.71)

 

"Le monde qui ne lit pas est myope, le monde qui lit est loupe" (p.119)

 

  J'ai adoré cette phrase que je ne situe pas dans son contexte car elle n'en a pas besoin mais je pense la même chose que lui: " Qui ferait celà dans un monde qui réussit à vendre des t-shirts "J'adore Dior""p.166, je suis tellement d'accord... (oui j'ai vraiment un problème avec les gens qui achètent et portent ce genre de T Shirt.

 

Mais bon globalement, malgré ces phrases qui nuancent ma déconvenue (je suis polie des fois aussi), j'ai trouvé beaucoup de paradoxes, d'anecdotes intello/chiantes, et beaucoup de snobisme en intra veineuse. Encore une fois il est évident que je ne pouvais qu'attendre des réponses "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué" d'un auteur qui taxe de plouc millionnaire Stefen King et raille le lecteur de Dan Brown.

 

Si tu le veux bien mon très cher lecteur de l'ombre, je vais te soumettre mes réponses à cette question du "Pourquoi lire ?", et tu l'auras compris que mes réponses vont être plus terriennes (ou concons c'est selon ton degré de snobisme):

 

Lire rend meilleur, plus indulgent, plus compréhensif, plus attentif au monde et aux gens qui nous entourent.

Lire pour rire, pour pleurer, pour avoir peur, pour s'amuser (n'en déplaise à Chloé Delaume).

Lire pour apprendre, en somme pour être moins con.

Lire pour voyager, aller plus loin, aller ailleurs.

Lire pour apaiser, amoindrir, nuancer, relativiser, transporter dans un autre monde, emmener loin d'un ici quand il n'est pas des plus hospitaliers (là je pense par exemple à ce bouquin), ou comment la littérature peut être une arme et un bouclier contre l'obscure, j'irai plus loin et je dirai que la lecture peut-être salvatrice et certains livres de formidables alliés.  

Lire pour rêver, et pour vouloir faire de ses rêves une réalité, un possible.

Lire c'est sexy à mort (oui argument contestable, mais moi je trouve ça sexy).

Lire c'est avoir des yeux qui voient plus grand, des oreilles qui entendent plus fort.

Lire pour être plus heureux, et moins concerné par les petits aléas du quotidien, lire pour moins se regarder le nombril.

Lire pour entendre et se faire entendre.

Lire pour s'aimer et aimer plus et mieux.

Lire pour le plaisir, juste le plaisir et sans rapport aucun avec la chanson de Herbert Léonard.

Lire pour sortir sans sortir (celle là je l'ai volé à Beigbeder)  

Lire pour l'odeur du livre, pour le poids de certains mots qui viennent réveiller, stimuler, rendre plus puissant (c'est à moitié connoter sexe ce que je raconte).

Lire pour lire des mecs comme Mario Vargas LLosa. ♥

Lire pour se sortir la tête des fesses, ce qui revient aussi à moins se regarder le nombril, et donc je me répète car je l'ai déjà dit.

Lire pour faire moins de fautes d'orthographe, la dextérité de Bernard Pivot est bien loin de moi, mais certains devraient lire un peu ne serait ce que pour améliorer leur niveau analphabète de l'orthographe (ça va être super sexiste ce que je vais dire mais je trouve que c'est autant anti sexy pour une fille d'avoir une orthographe pourrie qu'un maillot pas épilé, la même horreur).

Lire pour être un peu plus intelligent et/ou alerte, en tout cas on devient moins con (crotte je l'ai déjà dit ça aussi).

Lire pour décorer sa maison aussi et pourquoi pas bordel. C'est beau un livre.

Lire pour avoir la table de nuit envahie par autre chose qu'un catalogue des 3 suisses et un radio réveil blanc qui prend la poussière.

Lire parce que on a rien trouvé de mieux pour espionner les conversations des autres dans le train/métro/resto, mais mine de rien.

Lire parce que ça fait travailler la tête, mais aussi ça muscle un peu les avant-bras, un peu...

Lire pour moi c'est comme respirer, tu vois c'est pas franchement quelque chose d'accessoire ou ponctuel, ça fait partie intégrante de ma vie, ça prend (beaucoup) de place dans mon "temps". En somme et ben c'est un truc comme vital (je fais un peu ma marseillaise), si je ne lis pas pendant un certain temps je me sens comme une baleine dans une baignoire, à l'étroit.

 

Bref voilà un semblant de réponses, de pistes, selon moi.

 

Enfin sans rancune je vais quand même te citer en conclusion Dantzig, ce qui pourrait être le fin mot de l'histoire  "Mais si, lire est indispensable, ce que beaucoup ne savent pas." p.205.

 

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 11:46

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 OK cette fois-ci encore j'ai pas tapé dans la Pléiade mais je suis en convalescence intellectuelle même "Choupi à la plage" m'impose un certain effort de concentration neuronale tu vois (et puis je viens un peu de terminer "Même le silence a une fin" d'Ingrid Betancourt, 814 pages, les gars, écrit en tout petit pour te moisir la vue, et donc j'avais besoin d'un peu de légèreté, aussi..., enfin ça je t'en reparle une autre fois).

Bon je t'apprends certainement rien du tout, Margaux Motin est plutôt très connue, elle fait parti du cru de la Win des illustratrices-auteur BD qui cartonne depuis quelques années. Je suis anarchiquement son blog, mais souhaitais lire ses deux BD là et voilà ma voisine me les a prêtées. Je les ai lu comme il se doit dans une baignoire avec plein de mousse (je suis moyennement Eva Joly dans ma salle de bain), manquait quand même une flûte de champagne (bourgeoise rules)... J'ai forcément passé un très bon moment, il y a beaucoup de finesse et de malice dans cet humour qui parfois certes peut être aussi un peu lourdaud- border scatologique (enfin Bigard est encore loin quand même, même si faire de la blague autour de l'odeur de tampon plein heurte un peu ma pruderie), mais c'est bien brillant quand même comme résultat.

 

Son héroïne ou alter ego est une fille qui a un style qui ferait certainement pâlir d'envie Carrie Bradshaw, enfin une Carrie Bradshaw atteinte du syndrome de La Tourette et qui aurait pas peur de faire sa tavernière et de placer "éjac'faciale" avec une aisance qui dénote une décontraction décomplexante. Elle est aussi maman avec et c'est avec tout plein d'humour qu'elle croque des petits moments de vie, des instants de loose et/ou solitude, c'est certain cette nana qui a de la Foresti en elle te casse l'image de fille princesse qui fait jamais de prout et qui sent le monoï de la bouche même quand elle s'est pris une cuite effroyable la veille, et franchement c'est très chouette et du coup c'est de la BD que tu peux filer à ton mec sans souci, il ricanera aussi. C'est un peu comme un hymne à Cyndie Lauper pour nous les girls qui just want to have fun, en fait (oui je sais c'est tout pourri, mais tu m'excuseras, je suis tellement fatiguée que les gens ils pensent que je suis la grand-mère de mon fils).

 

Voilà c'est tout, à part ses deux BD, elle a aussi co-réalisé une BD avec un autre auteur-illustrateur Pacco qui s'intitule "Very Bad Twinz" et qui est sorti l'été dernier si je ne me trompe pas. Sinon Margaux Motin était à l'honneur dans un des derniers Fluide Glacial, et j'ai trouvé dans mon Télérama (en fait non, dans mon Grazia), son partenariat avec Converse où elle fait de la blague autour des nouveaux coloris de converse (♥ je les veux en vert-pomme, ou jaune citron...).

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Avant de te laisser je fais suite à mon presque dessin de l'autre fois où je t'avouais mes penchants feignatiques, j'en ai zappé moultes, mais genre franchement ce matin je me balance car parfois mon inefficacité frôle le ridicule: tu aurais dû me voir sur le instagram de Jessica Alba à mater ses photos et à me dire qu'elle est sacrément bonnasse et que j'adore ses photos de bouffe, pendant que la voix de la raison et de la sagesse me disait "mais bosse, bordel, BOSSE!", voilà je voulais t'avouer une autre de mes activités du poil dans la main qui s'allonge, et qui a pour résultat que tu me vois me balader en dilettante sur mon blog...   Tant que j'en suis à balancer, je désigne le vrai coupable , celui qui continue à se réveiller avec une patate de malade à 3h46 du matin, j'ai même plus besoin de regarder l'heure si je n'entends pas les oiseaux chanter, je sais qu'il est moins de 4h53.

 2012-05-11 10.37.48

 

SEE U SOON mon très cher lecteur de l'ombre.

 

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 22:41

Bien le bonjour mon très cher lecteur de l'ombre! Ultimement face à mon manque d'assiduité sur le blog, j'ai voulu t'expliquer en "presque dessin" pourquoi je bouinasse autant et sache que ce n'est pas très glorieux (mais n'oublie pas que j'ai un bébé de 9 semaines tout chouchou, certes, mais qui ne fait pas ses nuits, et que ça n'aide pas à beaucoup de brillance intellectuelle, si je ne m'abuse).la bd de comme si c'était une loutre bourrée 001la bd de comme si c'était une loutre bourrée 002la bd de comme si c'était une loutre bourrée 003

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 12:43

 

 

 

2012-04-22 19.12.36

Voici un bouquin dont j'attendais sa version poche très fébrilement, un peu comme chaque nouvel épisode de Big Bang Theory (je t'envoie du bonheur de son by Leonard par ).  Je te racontais que quand je l'ai vu en librairie, j'ai même failli danser le jerk ou le mambo number five de joie, seulement mon corps n'a pas cédé à cet appel de la félicité par la danse (et la honte aussi peut-être).

 

Je voulais en savoir plus sur ces femmes qui sont passées pourtant très souvent inaperçues dans la barbarie des dictatures à la pelle qu'on a pu se coltiner au 20°S, car si pour la plupart leur présence était assez tacite voir étouffée, dans la réalité il en fut autrement. Voici un livre qui dresse le CV amoureux des hommes qui ont fait sombrer l'histoire dans la folie: Mussolini, Hitler, Ceaucescu, Mao, Staline, Bokassa et Salazar. On aurait tendance trop facilement à croire que dans ces personnages il n' y a pas de possibilité de coeur qui bat pour une femme (voir des femmes, car on a aussi du potentiel de horny lapin dans certains de ces hommes), mais ce bouquin te démontre le contraire, et accessoirement renvoie à la part de responsabilité de ces femmes dans l'horreur totalitaire du 20°S.

 

"En politique, il faut avoir l'appui des femmes; les hommes vous suivent tout seuls" Adolf Hitler.

Voilà un dictateur qui a compris qu'il nécessite l'appui de l'électorat féminin. Mais voilà Adolf Hitler c'est un peu l'antithèse de Brad Pitt, on est bien d'accord, disons qu'il peut pas tout miser sur son physique, il doit jouer avec quelque chose de beaucoup plus impalpable qui est aussi un des ingrédients fondamentaux de la séduction: le charisme, et il va savoir l'utiliser ce charisme. Hitler, c'est le Julio Iglesias de la "dream team" des dictateurs, non pas qu'il passe à l'action comme l'ibérique sangre caliente qu'est Julio, mais il a une quantité d'admiratrices telle qu'il a reçu "plus de lettres de fans que Mick Jagger et les Beatles réunis", anecdote corroborant que "l'amour est aveugle", à défaut d'être dans le pré (oui je sais c'est nul). Non le "consommateur" c'est Mussolini et ses yeux "phosphorescents", Benito qui se vante de pouvoir "aimer" physiquement jusqu'à 14 femmes par jour, faisant passer Berlusconi pour un moine ayant fait voeu de chasteté. En parlant d'"amour est aveugle" pour certains dictateurs il faut même avoir faim, voir très faim, ainsi l'auteur rapporte des anecdotes "glamour" au sujet de Mao "... partager la couche du grand Mao! il fallait pourtant avoir le coeur bien accroché. En effet le président était peu soucieux de son hygiène corporelle. Il ne se brossait jamais les dents, se contentant de se rincer la bouche avec du thé le matin, mâchant les feuilles après avoir bu le liquide. Il avait résisté à tous ceux qui voulaient le faire examiner par un dentiste. Peng Dehuai, cadre du parti et ancien ministre de la défense, nous donne l'ampleur des dégâts: " on dirait que les dents du président sont recouvertes d'une couche de peinture verte"." Miam, miam...

 

Dans ce bouquin on découvre le profil psychologique de ces femmes qui sont toutes différentes, si certaines tendent à un comportement masochiste en mode syndrome de Stockholm, d'autres sont beaucoup plus indépendantes et politisées comme c'est le cas de Jian Qing (Mao) ou  d'Elena Ceaucescu qui dépassera l'idéologue qu'est son mari. Leur point commun à toutes est que leur fidélité et dévotion à la cause de leur amoureux les conduira jusqu'à la mort.

 

Ancienne élève de la Sorbonne et de l'Ecole normale supérieure, Diane Ducret écrit pour des films documentaires culturels, elle a également animé des émissions TV dédiées à l'histoire. Elle peut quand même se vanter d'avoir son bouquin de traduit en 18 langues, et vient de publier un deuxième tome sorti en février 2012 "Femmes de dictateur 2" aux éditions Perrin, mais promet de ne pas faire comme pour Police Academy et aller jusqu'au tome 12 (ou peut-être un peu moins), et s'en tiendra seulement à ses deux tomes. Celui-ci aborde le background sentimental de dictateurs beaucoup plus contemporains comme Sadam Hussein, Castro, Milosevic entre autres.

 

Sinon je voulais rajouter que Diane Ducret est un peu l'OVNI chez les historiens, car on peut vraiment dire que c'est une bonasse, j'ai comme cliché certainement extrêmement exagéré (et donc parfaitement contestable) que les historiens ont très souvent de la moustache (les femmes aussi), des lunettes qui tombent sur le bout du nez, et un discours parfois soporifique, quand là on a affaire à une femme au débit clair, aussi très intelligente, canon, et encore canon.  

(ci-dessous page arrachée de mon Elle)

 

 2012-04-22-19.13.08.jpg

 

(je l'ai vu dernièrement dans une interview TV et comme je suis aussi une superficielle de pétasse qui perd du temps sur les blogs mode-beauté, je voulais relever qu'elle arborait maintenant un joli carré mi long-ombré à la Daphnée Bürki qui lui va à ravir... mais oui je sais on s'en fout complètement).

 

 

Sinon, ben oui il est très chouette ce bouquin.

 

Bien à toi, for ever and ever, mon très cher lecteur de l'ombre.

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 18:05

 

  2012-04-02 16.57.55

  (Et sans rapport aucun j'ai fait poser aussi sur la photo mon nouveau vernis à ongle qui est de la même couleur que la couverture, c'est fou non?)(oui je sais tu n'en as rien à battre, ce qui est légitime, mais je voulais être blogueuse beauté une seconde et te dire que ce vernis Essie a un très joli rendu sur les ongles, une couleur originale et mate comme je les aime)(je te cale pas une photo de mes ongles, car c'est les misérables là, rapport à ce que quand tu te mets du vernis à ongle, il ne faut pas concevoir faire du ménage) (ni prendre des bains) (ni faire prendre des bains).  

 

Bien le bonjour mon très cher lecteur de l'ombre, comment ça farte chez toi ?  

 

Hier je te raconte que je dînais avec des amis d'un steak tartare qui aurait parfaitement satisfait les pulsions carnivores d'Hannibal Lecter tout en argumentant en faveur du végétarisme.  Et ouais je suis comme ça moi un être aussi tout en paradoxes, je peux vraiment boycotter la viande pendant un laps de temps certain, puis soudain foncer sur un morceau de boeuf tel un vautour sur le cadavre d'un chacal, enfin passer du coq à l'âne sur le bouquin très perturbant de Jonathan Safran Foer dont je t'ai déjà parlé et qui pourrait rendre végétarien un lion.

 

Bref, pendant ce dîner nous en sommes venus à parler de  Pénélope Bagieu. Tu le sais parce que tu me suis et parfois même tu me prêtes attention, que je suis toujours de très près toutes les BD's de Mademoiselle Bagieu, les siennes de BD mais aussi  ses recommandations sur le site de Madmoizelle qui sont toujours très pertinentes.

 

Déjà il est nécessaire de préciser que pour "La Page blanche", Pénélope Bagieu a travaillé avec Boulet autre auteur-blogueur BD plutôt très chouette aussi, ils se sont répartis les tâches de la façon suivante: lui au scénario, elle au dessin et couleur, enfin globalement c'est l'idée. Ils nous ont rendu un pavé qui est sorti fin janvier et que j'ai lu dans la foulée, mais voilà tu le sais je suis à la bourre et je n'ai pas pris le temps de t'en parler avant.

 

And now ladies and gentlemen and shadow readers (et ouais les gars), voici le pitch: une jeune femme est assise sur un banc, c'est l'automne à Paris, les feuilles rousses se cassent la tronche des arbres, et la jeune femme reste assise sur le banc. Elle ne sait plus ni ce qu'elle fait là, mais pire ni qui elle est. AMNESIE. Trou noir.

Le scénario est original et bien paré en paranoïa, en possibles pistes, en humour, en situations cocasses, çà tient bien la marée presque jusqu'au bout... Presque... Allez, on va pas faire mousser pépé en remuant les haricots (expression de ma libre invention, et aussi de ta libre interprétation, mais où globalement il est question d'aller droit au but): alors qu'ai-je opiné de cette BD?

 

Et bien je suis restée assez sur ma faim sur la fin (jeu de mot minable que même Tonton Roger après 12 Ricard il n'aurait pas osé). Tout comme pour "Cadavre exquis",   je suis demeurée (j'ai demeuré ?!!?)) un peu dubitative sur la chute que j'ai trouvé précipitée, presque un peu hâtée pour ne pas dire bâclée, je ne veux pas te dire pourquoi car je ferais mon spoiler et c'est pas l'idée car quand même je t'incite à l'emprunter cette BD et voir ce que toi même tu sais ce que t'en penses. Je me sens une misérable pourriture de critiquer le boulot de Boulet et Bagieu car moi à la base je suis plutôt très fan de ce qu'ils font. En ce qui concerne Pénélope Bagieu, là où je la trouve excellente c'est encore plus dans ces carnets de voyages qu'elle poste sur son blog, juges en plutôt genre par ici ou par là. Pour moi et je me répète encore c'est une nana dont on a pas fini d'entendre parler, je te le dis moi, elle est bourrée de talents, curieuse, bosseuse, intelligente, drôle, très drôle, et du coup elle peut presque se permettre de faire deux fins de BD un peu bancales...

 

Sans transition aucune, c'est pas le tout mais il faut que je te laisse, j'ai un peu une centaine de faire-part de naissance à concevoir avec mes petites mains que franchement comme si j'avais que ça à foutre, mais je suis toujours une règle dans ma vie: pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.

 

Et ouais...

 

PS: La page blanche, sinon c'est un titre plutôt de circonstance, c'est un peu ce que je ressens en ce moment, je n'arrive pas à écrire, je trébuche sur les mots, me douve, je cherche ce qui me semble être le mot juste, mais il m'échappe, il court plus vite que moi et me fait des bras d'honneur à l'horizon de l'inspiration. Non que mon besoin de parler des livres, des aimés, des moins aimés, des mal aimés se soit atténué, loin de là bien au contraire, mais j'ai pris beaucoup de retard et je délaisse mon blog adoré et du coup je m'angoisse comme un homard dans l'aquarium d'un poissonnier en me disant qu'il faut que j'écrive. Le support écrit du blog semble supposer un effort assez incompatible  avec la vie de cinglée que je mène en ce moment, tout à l'heure j'ai même pensé à te faire une vidéo pour te parler du bouquin, un truc rapide où je t'aurais balancé globalement la même argumentation, mais sans faire un effort de concentration sur la syntaxe et l'orthographe, un truc à la bonne franquette, je me dis que peut-être du coup prochainement je vais vous caler une petite vidéo sur les bouquins que j'ai à la bourre grave car sinon je vais jamais m'en tirer les gars, jamais. J'y pense sérieusement.

 

Re-PS: sinon je t'ai aussi déjà parlé de la Pénélope Bagieu par , par ici et par  là.

 

 

 

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans BD
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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 15:50

Je suis tel un galérien à me dépatouiller l'inspiration à t'écrire depuis mon cerveau atrophié par le manque de sommeil (fuck off mes gènes de marmotte qui ne survit qu'avec 7 heures de sommeil minimum) (ou comment je déteste les gens qui disent "moi je n'ai besoin que de 3 petites heures de sommeil") (genre comme si c'était humain/putain de martiens va).

 

Bon revenons-en à notre bouquin, car là on n'est pas dans la déconnade les gars, du tout...

 

 "Le ciel est bas et lourd, comme souvent ici, mais cela n'altère en rien la splendeur du paysage: le spleen sied à Vancouver. Ciel liquide, océan, forêt, cité... Tout se confond, tout est noyé".

 

Noyé. Noyée comme la vérité, celle que l'on veut rendre muette, car on est à l'aube des JO de février 2010  et la ville de Vancouver a décidé de montrer son plus beau plumage, mais c'est sans compter sur son ramage (adaptation free style border line de La Fontaine), et l'horreur du sillage d'un serial killer, le plus redoutable auquel aient pu se confronter les autorités canadiennes et qui viendrait sérieusement ternir l'image d'une ville sur laquelle tous les regards vont être tournés.

 

Le quartier de Downtown Eastside est le plus pauvre du Canada, un quartier qui détient de tristes records en terme de séropositivité et toxicomanie. Voilà plus de 10 ans que disparaissent dans ce quartier des putes, des junkies, des indiennes, des destins de femmes qui n'intéressent personne et surtout pas la police, selon elle "ces filles ont tout simplement cessé d'être là". Dans ce quartier où racisme, violence et misère sont le lot quotidien, la terre semble les avoir avalées.

Il va falloir l'énergie d'un amoureux désespéré pour faire jaillir la vérité, un ancien client en rédemption, Wayne Leng, lui il recherche sa Sarah. Sarah de Vries est la voix qui s'élève au dessus de toutes et c'est aussi grâce/à cause de sa mémoire qu'arrivera la sinistre et atroce réalité du sort de ces disparues. Plus tard, et trop tard, on arrêtera en 2002 un serial killer à qui l'on impute le meurtre d'au moins 69 femmes, pourtant le maire et les services de police sont en possession de preuves accablantes depuis 1998, mais il faudra 4 ans (et combien de femmes sacrifiées en plus...) pour que les autorités passent enfin à l'action.

 

 Ce livre est sorti chez Grasset en 2010, délibérément la même année que les JO, l'auteur qui a vécu un temps au Canada  confie: "J'ai horreur du sport, et de l'hypocrisie. J'aime gâcher la fête en général», mais la vérité c'est qu'elle a voulu réparer cette injustice criminelle, et également condamner l'inaction sournoise et donc complice des services de police et autorités de Vancouver. Elise Fontenaille a désiré donner une voix à ces disparues, leur rendre hommage, la part de fiction quant à elle est extrêmement maigre « Le taux d’invention est de 0,1 % et il ne porte que sur des détails insignifiants ». Les faits sont exacts et dépassent l'imagination, un récit poignant, et émouvant où les détails scabreux ne nous sont pas épargnés, et qui va au delà de cette affaire atroce, car il est aussi le révélateur d'une société fracturée, potentiellement raciste. En effet l'auteur voit dans dans ces crimes un parallèle avec l'ambiance d'apartheid envers les natifs, comme une prolongation du génocide des blancs canadiens sur les indiens au 19°Siècle.

 

 "Les Disparues de Vancouver" fait aussi écho à un livre de photos réalisées par Lincoln Clarkes, inspiré par les filles du Downtown Eastside et qui les a photographié « comme si elles devaient faire la Une de Vogue, comme si chacune était Sharon Stone ».

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Bon on ne va pas tourner autour du pot, je te recommande vivement la lecture de ce bouquin qui vient de sortir en livre de poche, un livre qui se lit en rien du tout comme temps, genre la moitié d'un épisode de Top Chef, tu vois. 

 

Bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre.

 

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