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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 14:40

Youhou y'a quelqu'un là dedans ?

 

Si tu suis mes péripéties que je tisse parfois "discrètement" en amont de mes lectures, tu dois te dire, bon ben ça y est elle doit avoir accouché la mère.

 

Je te confirme que oui effectivement je ne marche plus comme un cowboy asthmatique (quoique), et que je suis désormais maman d'un deuxième, cette fois-ci un petit gars, que je ne vais pas te saouler avec les gros coeurs rouges en mode manga que j'ai dans les yeux à la place des pupilles d'amour transi pour ma petite créature, je te dirai juste que mon petit gars il déchire tout, aussi beau que cool. Bon évidemment mes nuits sont hachées comme du carpaccio, et ma fille m'a fait remarquer que j'avais "des trucs marrons autour des yeux" que l'on nomme plus communément "cernes", mais franchement j'ai encore touché au loto niveau zénitude de bébé, que du coup les gens qui viennent le voir, ils me lancent des regards suspects en faisant de leur bouche silencieuse et pincée "mouais avoue que que tu lui mets du lexomil dans son biberon" ou ils touchent la main pour vérifier que je leur ai pas collé une des poupées de ma fille pour les feinter...

En tout cas mon quotidien se voit quand même lesté de quelques autres activités chronophages liées à la naissance de mon bébé, et je sue du sang quand je pense que mon blog est en train de prendre la poussière. Je vais tâcher d'y remédier.  

 

Niveau lectures depuis que j'ai du me ramener en urgence à la maternité pour qu'on me scarface du ventre encore une fois et ce malgré moi (j'ai bac+5 en césarienne maintenant), j'ai lu que dalle. Seules quelques 200-250 pages de "Femmes de dictateur" de Diane Ducret que je lis à la lueur d'une petite lampe de poche la nuit mettant en péril sérieusement mes capacités ophtalmologiques, entre les biberons et la paranoïa maternelle (mon dieu est-ce qu'il respire bien ?). Pourtant même si je suis un peu partie très vite à la maternité j'ai pris le temps d'emmener des bouquins, genre comme si je partais en vacances à la plage mais sans enfants, la blague... Au bout du compte j'ai rien lu, même le Grazia spécial mode que mon mari m'a rapporté avec des smarties, il est resté là à me regarder sans que je l'ouvre sur la table de nuit qu'avait des roues qui roulaient pas...

 

Presque rien lu du tout...

Et moi quand je ne lis pas, je me sens vide.

C'est un peu comme si je vivais en apnée.

Et je ne sais pas du tout maîtriser l'apnée, si tu me mets la tête sous l'eau j'ai 16 secondes d'espérance de vie.

Du coup je vais reprendre mes lectures et puis aussi te causer des livres que j'ai sous le coude et ce incessament sous peu, c'est à dire vite j'espère.

 

Bien à toi mon très, très cher lecteur de l'ombre.

 

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 18:56

Hum, hum ... (= raclement de gorge un peu gêné).

 

Nous voici dans notre dernière année de vie selon l'interprétation Hollywoodesque du calendrier maya, mais t'inquiète c'est que des conneries, même Paco Rabanne ne prend pas au sérieux cette menace, et donc nous voici en 2012, fin février, et j'ai pas encore fait mon best of de mes lectures 2011,  mais comme dirait l'autre (il en dit des choses l'autre) mieux vaut tard que jamais, et puis j'avais un peu d'autres chats à la crème fouettée à tramer, tu vois... 

Et puis hier la remise des Césars, les cheveux de Maïween de comme si c'était des lianes,  les quelques bides (Aure Atika et sa définition de l'espoir), m'ont rappelé que j'avais toujours pas fait ce billet qui me semble pourtant juste et indispensable, mes césars à moi en quelque sorte, avec un peu moins de catégories, et une subjectivité certes beaucoup plus discutable.

 

♥ Voici mes 2 chouchous lectures 2011 execo (comment ça s'écrit execo?!?), toutes catégories confondues et sans rapport aucun, and the winners are:

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- L'inclassable, l'inimitable,  l'inénarrable  "Livre sans nom" d'Anonyme, que le père Noël il a même eu la délicatesse et bienveillance extrême de m'apporter sa suite "L'oeil de la lune" (ça et le Larousse de la Cuisine, il est éclectique le père Noël). Une petite merveille des Editions Sonatine, un pastiche de thriller gore, écrit par un espèce de cinglé ♥ qui n'a pas de scrupules à te mélanger des loups-garous, du serial killer amateur de bourbon, des épouvantails vivants, des vampires, le tout sous fond de western.

 

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-Et puis une petite merveille de résistance et d'humour "L' ombre de ce que nous avons été" de Luis Sepulveda, l'histoire de "3 vieux  qui vont se réunir en secret sous la pluie drue de Santiago près de 35 ans après le coup d'état militaire Chilien du 11 septembre 1973, 3 vieux qui auraient pu se contenter de faire des mots croisés et de mâcher et digérer leurs utopies, mais qui décident d'un dernier coup quand on n'attend plus rien d'eux." J'ai bientôt autant offert ce bouquin que l'excellentissime Junot Diaz et sa brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao, c'est dire l'engouement.

 

 

♥  Sur la deuxième marche du podium, voici:

 

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"HHhH", de Laurent Binet, ou comment faire d'Heydrich, le chef de la gestapo et des services secrets nazis, alias le boucher de Prague, une bio super originale et que j'insiste que tu pues mais alors vraiment beaucoup des aisselles si tu ne lis pas ce bouquin.

 

 

♥ Dans la catégorie BD:

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"Coucous Bouzon" d'Anouk Ricard qui a winné plus que les autres, avec cette parodie extraordinairement drôle et absurde du monde de l'entreprise sous fond "d'intrigue mais version inspecteur gadget revisitée par les Monty Python".  Enorme.

  

 

♥ Dans la catégorie "Emotion et glandes lacrymales fortement sollicitées":

 

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 "Luz ou le temps sauvage" d'Elsa Osorio, qui va te faire moucher du kleenex, avec ce thème des enfants volés pendant la dictature militaire argentine des années 70-80.

 

 

♥ Dans la catégorie Roman Noir ou comment flipper un peu ta race:

 

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 "Zulu" de Caryl Ferey m'a laissé sur le fessier, suivi de près par RJ Ellory et son "Vendetta" (encore éditions Sonatine♥♥)

 

Sinon, pas de de Prix du ragondin décomposé d'or cette année (tu l'auras compris le prix de la loose, prix décerné l'année précédente à Katherine Pancol), même si je dois admettre que "Le diable vit à Notting Hill" de Rachel Johnson y a échappé de peu, mais je savais à quoi m'attendre, alors ce serait malhonnête de ma part de lui casser du sucre sur la moelle épinière. 

 

♥ Sinon, le podium de 2010, ça donnait ça. 

 

 

Voilà, voilà, c'est tout, bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre.

 

PS: très peu d'actualités littéraires cru 2011 dans mon podium lectures 2011, certes...

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans Les premiers de la classe
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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 09:58

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Je vais tenter d'aller à la concision pour ce bouquin, la concision étant une qualité qui m'est aussi éloignée que le bon goût capillaire chez Candeloro, mais je vais essayer car je dois faire court.

 

L'auteur, Michel Folco, nous ramène dans le passé d'Hitler depuis sa naissance jusqu'à l'aube de la première guerre mondiale. Un retour sur cette période afin de peut-être y trouver des circonstances aggravantes, des séquelles, des failles dans cette époque qui pourraient d'une certaine manière avoir déterminé (sans disculpé) le parcours funeste qu'on lui connaît tous, un peu comme quand tu grattes dans le passé d'un serial killer et que tu trouves en général de quoi te mettre sous la dent niveau influence néfaste sur le profil psychologique. Et bien en ce qui concerne Hitler: rien à signaler. RAS.

 

Certes Adi (comme sa mère l'appelle) a eu un père rigide, comme je suppose beaucoup de pères à cette époque, mais il grandit surtout avec une mère, Klara, qui ayant perdu ses 3 enfants avant la venue d'Adolf, le chérit et le met sur un pied d'estale. En cherchant dans l'enfance on y retrouve un enfant sérieux qui aurait voulu être chef peau rouge, mais bon moi quand j'étais gosse je voulais avoir les pouvoirs magiques de Gigi, mais c'est  pas à cause de cette "insatisfaction" que maintenant adulte je sors la nuit à pas de loup égorger des gens... Bref du côté de l'enfance pas de blessure de l'âme à relever. La période la plus compliquée de sa vie aura été au moment de la mort de sa mère en décembre 1907, où la effectivement il va se retrouver en galère économique à dormir dans des lits infestés de punaises, mais là encore il va plus ou moins bien s'en dépatouiller. Sa plus grande frustration il faudra plutôt  la chercher  du côté de ses prétentions en tant qu'artiste peintre-architecte, ou doublé pourtant d'une sacrée détermination et auto-estime, il va se faire refouler par deux fois à l'examen d'entrée de l'école des beaux arts de Vienne. Il déclame à qui veut bien l'entendre, même ceux qui ne veulent pas l'entendre, "Je serai un jour un grand peintre et aussi un grand architecte; d'ailleurs j'aurai ma statue sur la Franz-Josef Platz,  je peux même te montrer où exactement!". Malheureusement il voit le brillant avenir de peintre qu'il se destine s'obscurcir et se prend un peu râteaux sur râteaux artistiquement parlant. Par contre on trouve effectivement dès la petite enfance les traits qui feront de lui une bonne base de dictateur: colérique, impulsif, égocentrique, intolérant, autoritaire, ascétique. Pour cet homme à la digestion hasardeuse et aux flatulences incontenables (voilà le genre d'info que j'ai retenu aussi), son capital émotionnel lui le dirige vers tout sauf un destin de bout en train, enfin je veux dire à côté de lui Staline c'est Priscilla folle du désert (et c'est dire...)

 

En résumé on ne trouve pas matière à "comprendre" le monstre, rien de bien solide comme dossier qui puisse permettre "d'expliquer" les dommages de l'adulte, ce qui finalement est bien effrayant, car on aurait mieux aimer sonder dans le passé et y trouver les racines du mal, mais que dalle, rien de bien sérieux, juste se rendre à l'évidence qu'on ne naît pas forcément serial killer, mais qu'on peut le devenir, à sa guise.

 

Bon voilà je ne sais pas si je fais franchement honneur au livre,  je dois admettre que malgré l'originalité du texte,  je ne suis pas restée happée par la lecture de cette pas tout à fait biographie qui mélange justesse historique mais surtout une grande liberté de fiction, c'est peut-être que dans ce style j'ai encore fraîchement en mémoire le talentueux Laurent Binet et son "HHhH", et que genre maintenant je vois pas franchement qui peut lui arriver à la cheville. Dans mes lectures de "bio" il y aura toujours un avant et un après Laurent Binet. 

 

Je te laisse mon très cher lecteur de l'ombre, je vais faire un truc de "ouf" comme dirait plus personne, et c'est ce qui est souhaitable: je vais manger un kiwi.

 

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans Biographie et auto-biographies
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 17:20

 

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Au petit matin (enfin je mythone il était un peu 12h00, mais bon...) je suis partie cahin caha vers ma librairie, cheminant tel Casimir en mode cow-boy asthmatique (je suis à deux semaines d'accoucher les gars, et j'ai la grâce d'un vomi frais sur le bitume).

Emmitouflée dans une solitude délicieuse (oui ça fait du bien d'être de temps à autre complètement seule) (je peux être ours des fois), je suis allée faire quelques petits achats-bouquins que je fais toujours noter scrupuleusement dans une carte de fidélité parce que je le vaux bien et puis parce qu'au bout du compte quand t'as dépensé pleins de sous ils te refilent une remise, certes il ne vaut mieux pas calculer la somme totale des dépenses ayant permis cette réduction somme toute modeste, mais c'est toujours agréable de payer 4 livres pour le prix de 2.

Dans mes acquisitions du jour, un livre dont j'attendais sa version poche, patiente tel le guépard à l'affût de la gazelle (c'est patient non un guépard ?) : il s'agit de "Femmes de Dictateurs" de Diane Ducret. Je peux te dire que ma solitude et moi on était fort content de le trouver, on aurait presque fait un pas de danse si on n’avait pas les jambes gonflées comme des châteaux gonflables de parc d'attraction minable.

Soudain j'ai été distraite par une cliente, moi je suis comme çà je laisse trainer l'oreille, c'est mon côté CIA, et surtout quand je sens que ça va être drôle (enfin drôle tu en jugeras par toi même mais moi ça m'a fait rire).

 

-La cliente s'adressant à la vendeuse: "Mabanckou - Bonjour!" (lancé avec un accent à la Valérie Lemercier dans les Visiteurs)

 

(Je ricane)

 

- La vendeuse qui semble être une stagiaire: "pardon?"

 

- la cliente: « oui je cherche un livre de Mabanckou, c'est un auteur français mais il est noir comme il se plait à le dire! » fanfaronne t'elle...

 

(Et oui, nous avons affaire à une belle perle des libraires, bon déjà et d'une si je ne me trompe pas ce mec il est d'origine congolaise, mais même s'il était né à Perros Guirrec, ce serait du pareil au même, je sens qu'on a du niveau là, je continue de tendre l'oreille...

 

- la vendeuse: "Quelle référence vous recherchez?"

 

- La cliente qui a un bonnet en poil de rat gris, ou autre animal gris: "un poche"

 

(Je re-ricane face à la précision de la cliente)

 

- la vendeuse:"non mais quel titre ?"

 

- La cliente balance le titre et enchaîne " vous savez il est extraordinaire cet auteur, il est passé à la grande librairie, vous connaissez, c'est FORMIDABLE comme émission, vous savez  NOUS ON REGARDE QUE LA 5 VOYEZ-VOUS!!!!"

 

Elle parle plus fort maintenant, et je me dis que c'est peut-être François Damiens qui fait une caméra cachée, je la regarde bien, non c'est bien une dame qui ne regarde que la 5 et qui parle comme Valérie Lemercier dans les Visiteurs.

 

Bon je vais arrêter de faire les dialogues, mais la dame au bonnet gris de poil de loutre, ou autre animal gris, a enchaîné connerie sur connerie dans des sons qui partaient dans les aigus. La vendeuse, quant à elle, a fait que non elle ne connaissait pas l'émission de la grande librairie, ce qui excuse prends moi pour une grosse snob et dieu sait que je ne suis pas non plus une fan absolue de cette émission, mais pour une libraire, ou une libraire en devenir, ignorer la presque unique émission littéraire du petit écran c'est un peu pousser mémé dans les orties. Soudain se rapproche une autre stagiaire avec une vilaine acné rebelle "Y'a une cliente qui veut savoir où se trouve le livre "Le parfum", tu connais cte bouquin ? " et là l'autre stagiaire fronce les sourcils révélant sa méconnaissance de Jean Baptiste Grenouille et tape vigoureusement sur son ordinateur. Et d'une perle, deux perles, trois perles...

 

Bon OK peut-être que ce ne fera rire que moi, mais ce matin (ok ce midi), ça m'a fait ricaner moi et ma délicieuse solitude ponctuelle.

 

Sinon j'ai acheté trois autres bouquins que j'avais gardé au chaud, et en gros je tape moyennement dans la littérature  confortable et molle de chambre de maternité, je me suis dit que si je coince neuronalement, je pourrai toujours dire à mon mari d'aller me chercher le dernier  Grazia dans le hall de la maternité. Je vais quand même glisser ses bouquins dans ma valise entre le sèche-cheveux (épisiotomie?) et les slips jetables (la délivrance et la grossesse s'accompagnent de toute une nuée de mots glamour que je suis désolée je ne t'épargne pas) (Ronsard, et mignonne allons voir si la rose, et donc ami poète passe ton chemin.)

 

En attendant je suis là à te raconter des inepties alors que je devrais de parler des autres bouquins ou BD que j'ai lu dernièrement, mais c'est tout moi, plus je suis en retard, plus je me mets en retard, comme dirait l'autre...

 

Voici les bouquins lus, et qui attendent leur jugement dernier (en toute humilité):

 

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Et sinon toi ça va mon très cher lecteur de l’ombre ?

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 11:40

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Le livre qui dit Fuck you, fuck you very very much à Charles Dantzig.

Il y a des livres qui font écho à d'autres. Tu les mets côte à côte et ils se répondent voir se défient sur un point qu'ils ont en commun, et c'est pourtant le hasard qui m'a fait se chevaucher ses lectures.  D'un côté "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", et de l'autre Charles Dantzig avec son "Pourquoi lire?", le premier donne des réponses, des claques au deuxième en allant puiser dans l'évidence, l'empirique, l'émotion de l'acte de lire, tandis que Charles Dantzig malgré un thème alléchant s'est quand même globalement contenté de me prendre le chou en allant cherchant dans le compliqué quand on peut faire simple, mais là on ne va pas entrer dans le thème du snobisme littéraire qui met en mode ON mon syndrome de Tourette, du coup je reviendrai sur lui ou sur les Chloé Delaume qui vomissent de la bile verte comme dans l'exorciste quand on associe le mot littérature à divertissement dans un autre billet. Bref je reparlerai de cette condescendance nombriliste de certains auteurs qui mettent un intérêt évident à me sortir par les trous de nez, et provoque en moi un tsunami de vilains mots dont je détiens un large répertoire.

 

Si tu le veux bien attachons-nous pour l'instant à ce petit bijou de livre qui fait du feu de cheminée dans ton coeur.

 

Londres panse encore ses plaies, la vie reprend petit à petit dans ce monde hébété au lendemain de la seconde guerre mondiale, on est en janvier 1946 et Juliet Ashton écrivain émérite reçoit une lettre d'un membre d'un mystérieux cercle littéraire depuis l'île de Guernesey: le cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates. Guernesey est une île qui a souffert terriblement de l'occupation allemande, et franchement j'ai honte d'admettre que même si cette île se situe à quelques vols d'ailes de mouettes de là où je vis, et bien j'ignorais ce pan de l'histoire. Vis ma vie de grosse niaise de l'histoire qui voyait Guernesey comme une petite île peinarde, plutôt épargnée des guerres du 20°s, j'imagine une île avec des maisons de granit et de colombage, des ajoncs, des hortensias et une bruyère odorante, un petit bout d'île qui se dresse au milieu de la Manche, couloir de mer qui nous sépare du Top Shop et de l'odeur de curry que j'adore du métro Londonien. Pas plus, tu vois... 

 

Donc revenons en à ce cercle littéraire qui est né à cause d'une histoire de de cochon rôti dégusté en cachette de l'occupant. Pris sur le fait des habitants de l'île vont inventer et prétexter un cercle littéraire qui va leur sauver la peau des fesses. Par souci de cohérence face à leur mensonge, ils vont se tenir à ces réunions littéraires (approuvées par l'occupant) formées par un groupe hétéroclite qui n'avait pour la grande majorité aucun intérêt pour la littérature et découvriront petit à petit les bienfaits de la lecture.

Une fois la guerre terminée s'instaure donc une correspondance avec Juliet et les différents membres du cercle, correspondance qui tombera à pic afin d'alimenter l'article dont la charge le Times en ce qui concerne les vertus philosophiques de la lecture, car Juliet pêche sur le sujet "jusqu'ici, mon unique argument est que la lecture vous empêche de devenir gaga".  La correspondance va lui donner de très beaux éléments de réponse ainsi qu'une magnifique leçon de vie. Effectivement on est dans un contexte de guerre, les bienfaits de la littérature s'en trouvent donc pour moi presque exacerbées par le manque de liberté, mais si on doit répondre à la question, on s'en tiendra aux réponses du livre et de ses différents protagonistes, réponses universelles de cette grande question qu'est l'"utilité" de la lecture: lire est un acte de résistance, mais il s'agit aussi de résilience, de plaisir, de parenthèse, de parenthèse enchantée de divertissement, de consolation, de paix, de force, de volonté de garder la tête haute et ne pas laisser l'obscur envahir, arguments d'autant plus forts en temps de guerre... La lecture est à la fois bouée de sauvetage et arme pacifiste. Lire est l'arme et le bouclier. Rien de moins les gars. 

 

Ce roman est donc un roman épistolaire, tu sais le genre littéraire que t'apprends au lycée avec "La princesse de Clèves", celle qui a tant fait suer notre actuel président (je n'arriverai plus jamais de la vie à dissocier Sarkozy de la princesse de Clèves). "Le cercle littéraire..." est un roman qui se lit avec délice et volupté, un roman attachant et humain, vivant, drôle et émouvant (j'ai un peu versé de la larme, mais rien à voir avec le film "The descendants"avec Georges Clooney que j'ai été voir hier au ciné, et que j'ai terminé l'oeil rouge et gonflé comme par une conjonctivite ou un match de boxe, le mascara ayant coulé jusque dans la nuque, un film génial mais terriblement provocateur des glandes lacrymales, digression terminée, mais va voir ce film).

 

Ce roman a la particularité d'avoir été écrit à quatre mains par Mary Ann Shaffer décédée à 74 ans peu de temps après sa publication, et sa nièce Annie barrows: la première a été bibliothécaire et libraire et la seconde écrit des livres pour enfants. Oui une fois n'est pas coutume je ne t'apprends certainement rien, ce bouquin a fait grand bruit médiatique appuyé aussi par une quatrième de couverture signée d'un "Absolument délicieux" d'Anna Gavalda. Mais voilà je me disais qu'au cas où que imaginons que tu aies été enlevé par des aliens, ce qui est fort dommage pour toi car personne ne risque de te croire, et donc si tu n'as jamais entendu parler de ce bouquin, et bien tu peux considérer le lire. Publié en 2009 aux éditions NIL, tu le trouves aussi en poche chez 10/18.

 

Donc je reviendrai assez prochainement vous parler de l'autre livre en miroir, celui où la vilaine belle mère de Blanche Neige se regarde, et du "Pourquoi lire" de Charles Dantzig, je m'en prendrai accessoirement à Chloé Delaume et probablement je lui dirai qu'elle aille bouffer ses chauve-souris et qu'elle arrête de nous faire chier. Sur ce, amis de la politesse et très cher lecteur de l'ombre, je vous souhaite un divin WE, à essayer de ne pas vous cailler les miches mignon. 

 

PS: Je te rappelle un autre roman épistolaire tout à fait recommandable lui aussi "Les terres Saintes" d'Amanda Sthers. 

 

   

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 15:56

 

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Alors là me voilà bien embêtée... J'ai très moyennement apprécié le dernier de Bret Easton Ellis.

 

(Silence consterné de la foule en délire qui s'étrangle de terreur mêlé de dégoût de l'ingratitude de mon point de vue).

 

Je ne me sens presque pas la légitimité ni le courage d'assumer mon manque d'enthousiasme pour ce bouquin, je suis pourtant une sorte de lectrice assidue et plutôt conquise d'avance par l'écriture de Bret Easton Ellis comme avec "Lunar Park" par exemple, mais je ne me considère quand même pas une fan (sinon je serais une fan plutôt médiocre étant donné que je n'ai jamais lu "American Psycho" = les boules = la honte un peu).  Les vrais fans de toute la vie les Frédéric Beigbeder ou les Simon Liberati me vomiraient probablement dans la bouche (exquise image) de bouder ce dernier bouquin de Bret Easton Ellis, mais bon j'assume, moi je reste sur une sensation de "Mouais... bof...."  

 

Il s'agit de la suite, 25 ans après, de "Moins que Zéro", livre culte pour beaucoup dont moi. C'est un peu le "Requiem for a dream" de la littérature, mais le bad trip est en mode Los Angeles qui met en scène un groupe de jeunes californiens tous enfants de papa et cockés comme les narines de Jean Claude Vandamme, mais il s'agit aussi d'une merveille de poésie mélancolique et de vie désabusée d'une génération désenchantée.

 

Lire "Moins que zéro" pour moi a été une petite révolution, je devais avoir plus ou moins l'âge de passer le permis de conduire, je connaissais déjà les gueules de bois qui t'arrachent la rétine, et je crois que comme pour beaucoup ce livre m'a marqué. C'est aussi le livre qui a lancé toute une pléaide d'écrivains créant des personnages d'encre et de papier (ou plus souvent d'alter ego) plutôt fortunés avec une forte addiction pour les drogues dures  et menant une vie de patachon, il y a en a eu beaucoup à jouer sur ce registre dont certains me viennent en tête comme les premiers bouquins de Jaime Baily  ( " Ne le dis à personne", "La nuit est vierge"), Beigbeder et en gros tous ces premiers romans, Lolita Pill ("Hell"),  le petit dernier Sacha Sperling ("Mes illusions donnent sur la cour"), etc..., etc...

 

Dans "Suites impériales" on retrouve les héros de "Moins que Zéro": Clay, Julian, Blair et Rip, tous ont un lien avec l'industrie cinématographique. On reste dans le même décor: une Los Angeles déshumanisée, violente, des héros qui prennent du gin au petit déjeuner, mélancolie en intraveineuse, un univers où le futur a le sourire du diable...  Le héros, Clay, se retrouve embourbé dans une affaire de prostitution et de crimes, et l'histoire s'enfonce vers une ambiance d'orgie funeste, de paranoïa totale, et de thriller brouillon qui n'a pas su totalement me séduire, voilà tu peux me lancer de la moussaka pourrie au visage, j'assume mon point de vue.

 

Bon je sais que pour la suite de "Moins que zéro" fatalement on ne pouvait qu'entrer dans la noirceur, les personnages du bouquin ayant un background pas du tout ambiance la petite maison dans la prairie, alors c'était je dirais une suite logiquement escomptée. En fait mon problème à moi c'est que j'aime être surprise par les auteurs, j'aime qu'ils me bousculent un peu, et avec Bret Easton Ellis tu sais déjà à quoi t'attendre: reflet d'une société abjecte, ambiance "Life sucks", strass californien, sexe trash, drogue et panique-aliénation-obsession-schizophrénie, univers qui fait la signature de Bret Easton Ellis, certes, mais qui là pour le coup m'a lassé... En même temps je savais aussi à quoi m'attendre... 

 

Quand tu lis les critiques style Vogue, Nova ou les Inrockuptibles, temples de la hypitude, qui louent le semi-Dieu qu'est pour eux Bret Easton Ellis, faire l'effrontée et trouver l'auteur "répétitif" c'est forcément passer pour une grosse ringarde, pire une beauf, une sorte de nana qui met les "si "avec les "...rait", qui sert à tout va du "faut qu'elle voye" et qui porte des strings boulochés Snoopy ou Hello Kitty... Tant pis j'assume, condamnez-moi au supplice du chatouillement de la voûte plantaire sur l'autel de la branchitude. Fuck off. Ca m'a un peu gavé ce bouquin de Bret Easton Ellis.

 

Bon quand même si tu veux t'en faire un avis propre et subjectif il vient de sortir en poche chez 10/18.

 

Bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre.

 

PS: Précisions: je ne porte plus de strings depuis 2003 (plus ou moins), et je suis presque aussi stricte sur les fautes d'orthographe/grammaire/conjugaison que Bernard Pivot (presque), et je rajouterai que je ne peux pas saquer Snoopy ou cette garce d'Hello Kitty sur du textile et encore moins sur des sous- vêtements d'adulte. Je voulais juste préciser ces détails.

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 11:58

Bien le bonjour mon très cher lecteur de l'ombre!

 

Attention billet d'actualité, enfin plus ou moins,  disons que vu que je vais te parler de BD et qu'on est en plein festival international de la BD à Angoulême (cette année présidé par Art Spiegelman quand même les gars), donc oui on peut concéder que je suis au moins sur la bande d'arrêt d'urgence de la route de l'actualité de la BD (non je suis désolée je n'ai pas mieux à t'offrir aujourd'hui comme métaphore).  

 

Et parce que le temps me manque et en plus me presse, je vais faire un billet pot-pourri sur plusieurs BD que j'ai lu dernièrement avec de très chouettes découvertes.

 

On va commencer par mon coup de coeur:

 

1/ Enfin mes deux coups de coeur... Le premier est le dernier de Guy Deslile " Chroniques de Jérusalem" mais vu que je ne l'ai pas terminé, je t'en reparlerai après, mais il est juste formidable, en somme comme d'hab avec ce monsieur, et d'ailleurs il fait parti de la liste de la compétition officielle du festival, tiens donc tout comme "Coucous Bouzon"... 

Bref de lui je t'en recause à un autre moment.

 

1 bis/ Autre coup de coeur: "Libre comme un poney sauvage", Lisa Mandel.

 

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Bon déjà rien que le titre. J'adore toutes les expressions  qui tourne autour du Poney, c'est une de mes faiblesses, j'ai beaucoup d'expressions propres autour de cet animal, plus particulièrement au sujet de sa méchante haleine (est-ce un mythe? j'ai jamais été trop vérifié ?), j'aime le poney, je le trouve ridicule et sympa à la fois, et du coup avec un titre pareil je ne pouvais qu'être séduite (oui il ne me faut pas toujours grand chose). Lisa Mandel est un auteur BD et aussi illustratrice qui roule sa bosse depuis un paquet de temps avec une certaine bibliographie, dont des séries que je ne connais pas comme "Nini Patalo" et "Eddy Milveux". Elle a tenu un blog qui est d'ailleurs à l'origine de cette BD, et a par la suite recrée un autre blog "Free as an egg", mais bon il est pas du tout actualisé je crois. "Libre comme un poney sauvage" raconte la vie de l'auteur ou de son alter ego entre août 2005 et mars 2006, notamment son premier grand voyage en Argentine, et c'est juste hilarant.

 

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"Libre comme un poney sauvage" est édité chez Delcourt dans la collection Shampooing dirigée par Lewis Trondheim, mais il est sorti en version poche chez Pocket depuis septembre 2011 et coûte moins de 6 euros, c'est pas chouette çà!

 

 

2/ "Paul à un job d'été" et "Paul en appartement", Michel Rabagliati.

 

 

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Au pays de Linda Lemay et du sirop d'érable (oui les clichés ont la peau dure chez moi) il y a aussi Michel Rabagliati, auteur génial de la série des Paul, ces véritables romans graphiques, instantanés de vie de Paul, alter ego de l'auteur. Rappelle toi la première BD que j'ai lu de lui c'était "Paul à Québec", je t'en avais causé ici, et donc oui c'est de la BD du Québec, le pays où tous les gens ont l'air sympa (je te rappelle qu'un pays où ces habitants mettent du beurre sur leur croûtes de pizza ne peut qu'être un pays de gens sympas). Michel Rabagliati est un mec avec des gros sourcils touffus comme des autoroutes de poils, un mec relax et talentueux qui peut prendre la pose en dédicace avec des auréoles océaniques de transpiration au niveau des aisselles, mais il n'en a rien à battre. C'est le genre de BD qui met tout le monde d'accord, je ne pense pas franchement qu'il peut y avoir quelqu'un qui puisse cracher sur cette série, car c'est vraiment chouette comme tout. C'est frais, drôle mais d'un humour délicat et tendre, parfois très émouvant (dans "Paul à Québec, j'ai pleuré des rivières de mascara),  une BD qui racontent des morceaux de vie, des instants qui peuvent parfois sembler complètement banals mais qui sous son crayon et sa plume prennent un relief génial. Je dois dire que c'est  assez addictif comme série et l'avantage est que tu n'as absolument pas besoin de suivre les tomes de façon chronologique. Le petit dernier de cette série c'est "Paul au parc" sorti en novembre 2011, et tu le trouves comme les autres aux éditions La pastèque.

Si tu veux en savoir plus sur cet auteur va donc jeter un coup d'oeil à mon premier billet sur lui.  

 

3/ "Moi je", "Moi je et caetera" et "Papa" Aude Picault.

 

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Dans ces BD on est sur 2 registres mais avec un point commun: un fond autobiographique. 

 

Pour la série des "Moi Je", que j'ai acheté dans un joli petit coffret tout mignon (éditions Warum), on est dans la lignée un peu des Joséphine (par ici, par ), en tout cas une nana genre disons trentenaire qui comme elle n'a vraiment pas des fesses à string, boit des fois exagérement, mange trop de fromage, possède un avenir professionnel incertain (auquel cas elle se résoudra à faire Mickey chez Disneyland), elle possède une famille un peu boulet, une soeur qui ne jure que par son mari et ses enfants, et une mère qui n'est pas forcément en phase avec la technologie pas du tout de pointe (enfin des moments où on roule les yeux qu'on a tous vécu)...  

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Elle se galère de mecs ineptes en mecs passe-ton-chemin et se dit: "il faut absolument que j'arrête de sortir avec d'énormes cons", et quand elle croit en avoir trouvé un qui soit acceptable... 

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Une fille comme tout le monde en somme, qui accumule les moments de solitude (et à la même occasion frôle la catastrophe scato...)

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(oui genre comme si ça t'était jamais arrivé à toi...)

 

Allez changement radical d'ambiance, et désolée sans transition aucune, avec son autre BD "Papa" on plonge vers un récit de souffrance et d'incompréhension, mais aussi de résilience, puisque Aude Picault raconte le suicide de son père...

Ces trois albums sont d'une rigueur presque sèche au niveau du graphisme, un style qui peut parfois décontenancer par le trait épuré, limite exagérément minimaliste qui n'est pas ce qui me séduit toujours... J'ai quand même envie de lire ces autres BD qui ont eu un grand succès tels que "Transat"qui raconte sa traversée en voile de l'Atlantique, ou le dernier "Fanfare" qui lui pour le coup arbore un graphisme complètement différent, beaucoup plus coloré. 

 

Bref, en ce moment je suis plutôt BDvore (j'en ai lu d'autres, mais je t'en reparle un autre jour), en tout cas je peux te dire que j'aimerais trop être en ce moment à Angoulême à faire exploser un budget BD DonaldTrumpien. Sinon pour info la BD se porte plutôt pas trop mal, un secteur qui pour l'année 2011 a affiché une insolente croissance de 3,04% (compte tenu de l'ambiance économique actuelle, on peut presque parler de miracle non ?), moi ça me fait plaisir ce genre de chiffre, vraiment.

 

Bon je te laisse, prends bien soin de toi mon très, très cher lecteur de l'ombre.

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 10:17

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Warning: billet écrit avec du sang de bisounours.

 

Voici de la littérature cold cream ou baume au coeur, de la littérature avec de la bonne humeur, de l'humour, de l'amour qui ne dégouline pas minablement, mais plutôt s'insère dans le coeur diffusant un je ne sais quoi de réconfortant. C'est de la littérature qui fait du bien. Un peu comme quand tu lis du Anna Gavalda ou du Philippe Delerm, mais avec une originalité différente, un truc en plus qui m'a bien plu, sans que non plus les bras et la bave m'en tombent d'émotion transie, mais j'ai passé un chouette moment. Très chouette. Très, très chouette.

 

Nathalie est cadre dans une entreprise suédoise qui a je crois un lien avec Krispolls. Un dimanche son bonheur conjugal se voit anéanti, et la laisse sur le bas côté de la route de la vie, inconsolable. Mais un jour s'ouvre une possibilité de remède certes au préalable improbable: un mec, un mec qui  ne paie pas de mine, le genre de type insipide et transparent que personne ne calcule: "Markus était un homme ponctuel, et aimait rentrer chez lui à sept heures quinze précises." Et là commence une histoire, et là commence l'éloge de la délicatesse dans les rapports amoureux.

 

Attention parenthèse et instant sponsorisé par l'ami Ricorée : Bordel! de la délicatesse, on en a tous besoin, il n' y a que les blasés du myocarde, ceux qui ont les artères coronaires rongés par le cynisme qui croient ne pas la nécessiter. On a tous besoin de laisser entrer en nous des arcs en ciel, des maisons bleues adossées à la colline, des chariots d'étoiles (oui encore de multiples références musicales foireuses...)... (désolée, on va mettre ça sur le dos des hormones).

Donc voici un livre à ranger dans la catégorie des livres Prozac. Comme je te disais l'humour et la dérision tissent aussi ce roman, qualités qui semblent être la signature de cet auteur à l'écriture-scalpel irrésistible. Son premier grand succès littéraire fut "Le potentiel érotique de ma femme", et vient de sortir chez Gallimard "Les souvenirs". Pour ma part j'avais noté il y a quelques temps le bouquin "Lennon", dans la catégorie des autobiographies fictives de chez Plon dans lequel avait oeuvré déjà Amanda Sthers avec Liberace, et j'y reviendrai.

 

C'est étrange quand j'ai lu ce bouquin j'ai pensé à "Belle du Seigneur"... Ce qui est d'autant plus étrange c'est que je n'ai jamais lu ce bouquin (oui donc étrange et n'importe quoi), et je viens de lire qu'il s'agit du livre culte de David Foenkinos... Comme quoi... 

 

Bon ce livre est sorti en 2009, donc à défaut d'être dans l'actualité littéraire (une fois de plus), je suis au moins dans l'actualité cinématographique et musicale. Je n'ai pas vu le film qui vient de sortir avec Audrey Tautou et François Damiens (entre autres), pourtant je suis assez curieuse de voir ce qu'en ont fait  l'auteur et son frère, Stéphane, dont je t'ai déjà parlé avec 55 écrivaines par Stéphane Foenkinos à la Galerie Dupin, Paris ( j'aurais tellement voulu voir son expo et même soyons fou, j'adorerais avoir chez moi son portrait de Barbara Cartland...). 

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Sinon on est aussi dans l' actualité musicale, ben oui, parce que la BO a été composée par la OH talentueuse Emilie Simon et son album tout chaud sorti "Franky Knight", de la délicatesse en barre aussi cet album, moi pour ma part, je reste avec celle-ci:

 

 

 

Bien à toi, mon très, très cher et délicat lecteur de l'ombre.

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 13:06

Bon on va pas dire que tu t'es pressé de répondre à la question de mon super concours du 22 décembre pour gagner 2  de mes coups de coeur de 2011, que dans un élan caritatif de Saint Nicolas/Père Noël/Rois Mages je me suis proposée de t'envoyer chez toi si tu répondais à une question qu'il fallait surtout pas avoir fait de hautes études pour y répondre, on dira qu'il y a pas eu foule à la ferme, t'aimes pas le cadal toi? T'es bizarre... mais bon toujours est-il qu'il y a eu quelques mails et je crois 2 ou trois commentaires et j'ai tiré au sort et celle qui a gagné c'est Nanouillette! Bravo à toi!  

Du coup Nanouillette renvoie moi tes coordonnées inbox à mescontemplationsetdigressions@gmail.com , et je te ferai suivre prochainement un petit colis avec deux de mes chouchous 2011, ok?

 

Sinon la réponse en chanson:

 

et donc la C.

 

Et oui...

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 09:31

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Avant tout, mon très cher lecteur de l'ombre: mille excuses, mais il y aura peut-être du laisser-aller dans les longues semaines à venir car mis à part la grosse fatigue de fin de gestation, je me tape crève sur crève, et je veux dire je fais peur à voir, disons que c'est Halloween tous les jours dans mon miroir, on dirait que je suis un vieux junkie en mode pavot et whisky... 

 

Ah ben tiens en parlant de Jack Daniel's et de pavot (chimiquement modifié), en voilà une belle de transition (hum hum) pour parler d'une légende vivante: j'ai nommé le guitariste des Stones, celui qui souligne son regard au khôl, et porte de la bagouze à tête de mort: Keith Richards.

Il pose sur  la couverture pour un photographe que j'aime beaucoup David Lachapelle, le regard haut et vif, qui laisse présager une mémoire d'éléphant ce qui est bien incroyable quand on tient compte de son passé et d'un actif disons pas des plus "rooibos et yoga", d'ailleurs au sujet de son livre il dit: "Vous savez quoi, je me souviens de tout." Et il se souvient de tout. 

 

Et c'est aux confins de sa vie qu'on remonte,  le 18 décembre 1943, et ce ben oui jusqu'à presque maintenant. Une vie qu'il nous partage, pas franchement non plus une autobiographie car ce bouquin a été écrit à 4 mains avec l'écrivain Britannique James Fox, ce qui en fait presque plus une biographie autorisée qu'une franche autobiographie. Qu'importe l'info est là, et c'est un pavé de 721 pages de confessions touchantes, drôles, sincères, cash, impudiques sans avoir la vulgarité de tomber dans l'exhibitionnisme, on rafle quelques ragots au passage, mais on reste définitivement dans une bio de musicien, de fou de musique, ce qui peut parfois être déstabilisant pour qui n'a pas fait une thèse sur les Stones et leur multi références musicales, à savoir  beaucoup de blues mais aussi du jazz "Là est le grand secret . Le rock'n'roll, ce n'est rien d'autre que du jazz avec une base rythmique féroce."

 

Moi ma préférée des Stones c'est celle-là, à danser à fond les camions:

 

 

Bref revenons en à ce phénomène que sont les Stones, à cette révolution, au charisme et à l'équation nanas (fan+groupies)/ drogues. Déjà t'apprend que le lover du groupe c'est pas Keith Richards qui est plutôt dépassé par la folie qu'il déclenche sur leur passage "La force de ces nanas de treize, quatorze, quinze ans lorsqu'elles sont en bande m'a toujours fait peur. Elles ont failli me tuer. Personne ne m'a fait plus craindre pour ma vie que ces adolescentes. Si tu te laissais prendre dans leur déferlement, elles t'étouffaient, te déchiraient en lambeaux... pas facile de décrire la trouille qu'elles pouvaient te flanquer."

La drogue, ben oui elle est présente on s'en doutera, d'ailleurs elle a bien failli le laisser pourrir en prison un petit bout de temps, donc pas de langue de bois à ce sujet: " Il y a d'abord eu le mandrax et l'herbe, puis l'acide à la fin 1966, puis la coke courant 1967, et enfin l'héro bien évidemment."  Donc come je te disais t'apprends que le vrai séducteur et le serial fucker dans le groupe c'est plutôt Mick Jagger, lui Keith c'est un gentleman, enfin presque en tout cas, un mec qui parle aussi de certaines nanas de sa vie dont les deux mères de ses enfants: Anita Pallenberg et Patty Hansen (son actuelle femme).   

Avec Mick Jagger ils vont connaître des différents qui seront à l'origine d'une période désertique pour le groupe: "les Stones n'ont pas effectué une seule tournée entre 1988 et 1989, et on ne s'est pas retrouvé ensemble une fois en studio de 1985 à 1989.", lors de ce passage à vide des Stones, Keith assume la formation d'un groupe: les X pensive Winos ("les soulards qui se la pètent"), qui marchera aussi correctement, mais bon après Jagger et Richards se rabibocheront malgré leurs différences et voilà quoi au bout du compte il reste que les Stones c'est les Stones quoi... (grève de l'argumentation).

 

Quand tu penses aux Stones forcément tu penses aussi aux Beatles qui plaisaient un peu plus aux grands-parents rapport à ce qu'ils avaient le cheveu plus lisse et plus brillant de santé, bien qu'on apprend dans ce bouquin, et ce sans grande surprise, qu'ils étaient aussi calés niveau vie de patachon, enfin surtout John Lennon, le grand pote de Keith Richards. Donc pas de guerre Beatles/Stones, non ce n'est même pas du tout le cas, Keith  concède que musicalement "on a chamboulé la tête et les oreilles de l'Amérique blanche. Sans vouloir dire pour autant qu'on était les seuls- sans les Beatles, personne n'aurait pu passer la porte." Voilà c'est dit.

 

Sinon pour anecdote, Keith a joué dans Pirates des Caraïbes 3 " je jouais le capitaine Teague, rien de moins que le paternel de Johnny Depp. L'idée est née quand Depp m'a demandé si j'étais d'accord pour qu'il s'inspire de moi pour son rôle. Tout ce que je lui ai appris, c'est à tourner le coin d'une rue en étant totalement soûl: tu gardes toujours le dos le plus près du mur." Franchement cette bio est aussi "instructive" (je mets quand même des guillemets) que drôle, tu as une avalanche d'histoires comiques, il y en a une que j'ai retenu entre les nombreuses que j'ai souligné dans le livre, bon tu m'excuseras mon très cher lecteur de l'ombre c'est un peu niveau scato et humour moyenne section de maternelle, mais j'ai ri quand il parle au sujet d'un jeu idiot qu'ils avaient inventé avec leur colloc à leur tout début: "son grand truc était d'arriver dans une pièce avec un gros filet de morve lui dégoulinant du nez, tout en faisant preuve d'une politesse exquise: " Bonjour, comment ça va? Voici Andrea et elle c'est Jennifer..." Nous avions trouvé des noms pour chaque type de crottes de nez qu'il était capable d'exposer, "les Green Gilberts", les "Scarlet Jenkins" et, les mieux de toutes, les "Special Yacht-Club", ces traces de glaire qui tombent du nez des gens sans qu'ils s'en aperçoivent et qui leur pendent sur le revers de la veste comme une médaille." 

 

C'est un peu difficile de conclure sur l'ambiance "mickey-sécrétions nasales" que je viens te de planter mais voilà moi cette bio elle m'a bien plu, et pourtant je ne suis pas une fan transie des Stones, j'ai juste du respect pour ces gars. Au même moment (en automne 2010) est sorti l'autobiographie de Patty Smith, "Just Kids", et à en lire les critiques qui les ont comparé, la bio de Patty Smith a reçu plus d'éloges que celle de Keith Richards, rapport à ce qu'elle serait un témoignage plus juste et à la fois poétique de cette époque.

 

On va conclusioner en musique aussi: Keith Richards a joué comme premiers accords la Malagueña qu'il tenait de son grand père Gus, qui lui ont valu l'admiration de sa mère Doris, c'est un thème qui quelque part a peut-être démarré sa vie de musicien,  "c'est toi qui jouais? j'ai cru que c'était la radio". Deux mesures de "Malagueña" et te voilà lancé dans la vie." En somme je voulais juste dire et c'est pas très important, mais moi elle m'a touché cette anecdote car Malagueña est un thème que je chante à ma fille, et qu'elle la connaît par coeur. Là je te glisse une version un poil plus mariachi-ranchera, mais bon...

 

 

  (oui je t'ai déjà parlé de ce groupe avec le super "Livre sans nom")

 

Bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre....

 

PS: En 2006, Martin Scorcese a tourné un documentaire sur les Stones qui s'intitule "Shine a light", je crois qu'il est passé sur Arte il y a pas très longtemps mais j'en ai vu qu'un mini bout, alors je peux rien t'en dire de plus...

 

 

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