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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 11:33

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Avant tout, Mea Culpa mon très cher lecteur de l'ombre, non pas qu'en ce moment je sois en train de faire déserteuse du blog, mais je suis over occupée principalement à faire des grandes bandes de scotch marron sur des cartons (entends par là déménagement imminent), en plus je n'ai pas été chez moi franchement beaucoup, tu rajoutes à ça une petite température estivale de 39° que du coup tu veux vivre au Pays de Galles à élever des moutons parmi la bruine et les fougères, tu obtiens donc un coefficient d'efficacité blogaire et/ou intellectuel qui frôle l'inertie.

Sache que je vais tâcher d'y remédier.

 

Revenons en à nos moutons ou plutôt à l'exploitation animale industrielle.  

Lecteurs de l'ombre carnivores, voici un livre que si tu le lis, et que tu ne ressens pas une pointe de culpabilité là dans tes artères saturées de graisse animale (je parle pour moi), c'est que tu es quand même quelqu'un de sérieusement un poil maléfique, genre peut-être même que ça se trouve t'es le rejeton de Freddy Krugger et la sorcière de Blair.

 

Voici donc un livre-documentaire-poil à gratter-bombe qui ne devrait laisser de marbre même pas le lecteur de l'ombre qui mange des rillettes dès le petit déjeuner (je parle encore pour moi). 

 

Jonathan Safran Foer, l'illustre auteur, entre autres, de "Tout est illuminé" s'attaque à l'industrie porcine, bovine, avicole mais aussi poissoncole (oui ça se dit pas comme çà, c'est bon j'ai eu mon brevet aussi). 

A l'orée de la naissance de son fils et à l'arrivée dans la famille d'un chien, Georges, Jonathan commence à avoir un doute, une envie d'en savoir plus sur cette habitude de manger les animaux et les dangers de cette surconsommation.

Pendant trois ans il va enquêter aux USA dans les abattoirs et élevages industriels, et il va en revenir avec une volonté végétarienne radicale.

Au delà de la souffrance des animaux qu'il va rencontrer (en particulier les poulets en batterie, gros carton rouge pour KFC), il va aussi mettre le doigt sur la scandale écologique qu'est l'élevage intensif animal: l'exploitation industrielle animale est certainement la plus polluante à tous niveaux: émissions de gaz à effet de serre (qui n'a absolument rien à envier à tout le secteur Transport réuni), pollution des sols, une industrie aussi très gourmande en cette denrée qui se fait de plus en plus rare: l'eau. Il faut 6000 litres d'eau pour produire un kilo de porc, ça calme einh. Au delà du désastre écologique évident, l'industrie animale est en très grande généralité sacrifiée au profit de la rentabilité, il faut des animaux performants et productifs, du coup vas-y qu'on te les modifie génétiquement, qu'on les mutile mais surtout qu'on les dope comme s'ils allaient faire 3 Tours de France sur un tricycle de Dora. Par conséquent on en arrive à un scandale qui est seulement pour le moment le spectre d'un scandale sanitaire: de temps à autre l'actualité nous rappelle que la course à la rentabilité et l'administration systématique d'antibiotiques + pleins de saloperies aux animaux + des failles en matière d'hygiène, nous mettent face à des bactéries ou autre virus qui aurait rendu fou Louis Pasteur. Je ne reviendrai pas sur la grippe aviaire et son H1N1, je ne reviendrai pas non plus sur l'ecoli qui a par ailleurs provoqué la ruine du secteur maraîcher Andalou (mangez des concombres bordel!), mais on sait, et l'OMS en est consciente, qu'en continuant dans cette course à la productivité aveugle, on devra faire face à l'imminence d'un scandale sanitaire majeur... Le constat de Jonathan Safran Foer est affligeant et sombre, sans que ce soit pour autant du matraquage à coup de visions apocalyptiques, cependant il remet en cause la sérénité de  notre avenir si nous  continuons à consommer encore autant de viande sans utiliser un tant soit peu la raison... 

 

Je ne suis pas là pour faire du prosélytisme végétarien, disons que ce serait un peu comme si Lindsey Lohan venait nous vendre les mérites et bienfaits (?) de la virginité, mais disons que quand même c'est un livre qui oblige à une certaine conscientisation (à défaut d'action concrète et radicale comme celle de devenir végétarien, bien au dessus de mes moyens). Et oui je ne peux pas devenir végétarienne, par contre je peux voir à diminuer ma consommation viandale, c'est par ailleurs une action qu'on a entrepris avec mon mari qui tient pourtant plus de l'ours blanc niveau carnivorisme (l'ours blanc pour ton information est avec l'ours kodiak le plus carnivore des animaux, parenthèse national geografic fermée). On avait décidé d'imposer le lundi végétarien, puis en fait on a dit plutôt le mardi, pour au bout du compte ne rien s'imposer comme jour en particulier, mais on a sérieusement penser à diminuer notre consommation d'animaux, ce qu'on a fait. D'un point de vue culturel c'est pas facile à suggérer comme choix, je me souviens le jour où on a dit à table devant des restes de dinde, que c'était mardi et qu'on avait décidé de ne pas manger d'animaux les mardi ça a ricané sec du côté du père et frangin qui nous ont regardé comme des hare krishna:

 

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... et ma mère en bonne mère a pris cet air de ce qu'on allait escalader l'Everest mais sans oxygène et barres énergisantes et sans grosses chaussettes en s'exclamant "mais les protéines il vous faut des protéines!". Tu vois le genre. Et pourtant j'ai plutôt une famille assez sensible à l'écologie et qui favorise très souvent les produits bio, mais de là à faire la gueule au rosbif... On voit bien que culturellement il y a du boulot.

 

Ce livre est d'une grande responsabilité, les enjeux politiques et économiques derrière sont colossaux, il soulève des questions seulement pragmatiques qui font appel au bon sens, en plus c'est extrêmement clair et  rigoureusement documenté, il n'y a pas longtemps ce livre figurait dans les best sellers du New York Times (300 000 ventes), ceci reste quand même pour moi un bouquin un peu conflictuel... Conflictuel, pour quelqu'un qui comme moi  rien que de parler d'une bonne côte de boeuf au barbecue, salive tel un bouledogue en crise d'épilepsie...

 

Néanmoins je crois vraiment qu'on peut  faire des petits efforts de l'ordre d'une consommation beaucoup plus modérée des animaux, et que ça, rien que ça, c'est un grand pas, car on ne peut quand même pas faire le mort par rapport à tous les dommages collatéraux de l'exploitation animale industrielle. 

 

J'ai trouvé une interview dans les inrocks de Jonathan Safran Foer au sujet de ce livre (oui enfin c'est l'idée), je te balance les passages qui m'ont semblés les plus intéressants:

 

" Les gens me demandent souvent pourquoi j'ai écrit un livre au sujet des animaux et pas des génocides par exemple, comme si on ne pouvait pas s'intéresser à plusieurs choses à la fois. Bien sûr que je m'intéresse aussi aux génocides ou à la faim dans le monde mais j'ai écrit ce livre autour des animaux et de l'élevage parce qu'il y a un silence très étrange, insoutenable, qui entoure la question de la viande.

L'élevage industriel est la cause première du réchauffement climatique, peu le savent précisément.

D'autre part, le lobby des fermes industrielles est extrêmement puissant. Ils ont 2000 lobbyistes à plein temps et dépensent des centaines de millions de dollars en publicité, en congrès. 

 Le marché de la viande est un commerce basé sur le mensonge.

Mieux vaut essayer d'être le moins dupe possible du système. Au lieu de déclarer qu'on va devenir végétarien, ce qui est peu vraisemblable, commençons déjà par réduire notre consommation de viande. Si les Américains mangeaient un plat de viande en moins par semaine, en termes de pollution cela reviendrait à supprimer six millions de voitures sur la route. Ça, c'est possible.

Ce qu'il faut, c'est poser les bonnes questions. Des questions pragmatiques, pas philosophiques.

Tout ce qu'on a à faire, c'est manger moins de viande..."

 

... Ben c'est bien ce que je te disais. 

 

 

PS: en ce moment je suis en train de lire dans la famille de l'auteur: sa femme, Nicole Krauss, et son très chouette "l'Histoire de l'amour", bouquin recommandé par Amanda Sthers, et que moi aussi d'ores et déjà je te soumets.

 

REPS: sinon je suis à la recherche d'un bouquin spécial "canicule encéphale", un truc léger, j'ai envie d'une saga familiale, mais pas non plus la Katherine Pancol, je veux un truc que tu puisses lire au bord d'une piscine où y'a pleins de gosses qui s'époumonent, un livre qui résiste donc aussi au chlore. Suggestions bienvenues (et souhaitées). 

 

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans Littérature nord-américaine
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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 16:52

Bonsoir mon très cher lecteur de l'ombre, non je ne t'ai pas oublié, j'ai ni franchement arrêté de lire ces derniers jours, même si on ne peut pas dire que j'eusse été extrêmement efficace de ce côté là, de toute manière à chaque fois que je rentre faire un coucou en Bretagne, je passe mon temps à prendre des kilos en crêpes au nutella et moultes apéros où je sociabilise bien de trop,  et si j'arrive à trouver le temps de lire,  je lis soit les Elle soit les Elle Déco de ma mère (c'est mon côté Bree Van der Kampf), tu vois le niveau quoi...

Néanmoins j'ai achevé le "Faut-il manger les animaux?" de Justin Bridou Jonathan Safran Foer, et genre j'ai presque failli devenir végétarienne mais bon il faudrait encore que les steaks tartares et autres arrêtent de me faire les yeux doux sur les cartes des resto,  je t'en reparlerai mais disons que maintenant je suis un peu plus tendue quand je vois des camions remplis de cochons en direction de l'abattoir qui abondent sur les routes bretonnes (je vais pas t'expliquer que l'élevage intensif porcin est à la Bretagne ce qu'est le viagra à Berlusconi ou son idole Hugh Heffner).

 

 

Bref mon très cher lecteur de l'ombre, je voulais juste te passer une info que si t'es parisien, ben ce serait peut-être pas mal que tu ailles jeter un coup d'oeil à une expo. Il s'agit de 55 "écrivaines" réinterprétées par Stéphane Foenkinos (oui le frère de David, l'écrivain): Christine Angot, Marguerite Duras, Colette, Anna Gavalda, George Sand, Barbara Cartland, etc..., des "écrivaines" pas du tout plus vraies que nature car c'est pas l'idée (c'est pas le Musée Grévin non plus, faut pas déconner), mais surprenantes de semi ressemblance décalée (oui, ça veut rien dire du tout). Moi je trouve çà génial comme projet, et perso j'adore celle de Virginie Despentes... Les photos sont de Stéphanie Murat et elles sont exposées à la Galerie Dupin, 5 rue Dupin,75006 Paris, M° Sevres-Babylone, c'est jusqu'au 25 juin,  j'essaierai de chopper la publication du catalogue car je suis bien déçue de ne pas pouvoir aller voir cette expo. J'ai trouvé une petite interview de Stéphane Foenkinos sur Têtu, c'est par là. 

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 ( et dire qu'il fut un temps où j'aimais les vêtements de couleur rose...) 

 

Moi si je devais interprèter une "écrivaine", je pense que je choisirais Mary Higgins Clark rien que pour poser en tailleur velours et tweed devant un grand bureau en acajou avec du botox jusque dans les annulaires.

Donc voilà c'est tout, je voulais juste te toucher un mot de cette expo géniale. Je te laisse en t'avouant que j'ai jamais lu le frangin de l'idée géniale, et donc David Foenkinos, ce qui est pas terrible de ma part, mais je compte y remédier avec "La délicatesse", à moins que tu aies une autre suggestion.

 

PS: j'ai du mal à dire "écrivaine" au féminin, je trouve que c'est couillon, c'est comme si on disait d'une femme qui est docteur qu'elle est docteresse, mais ce point de vue n'engage que moi et maître capello. 

 

 

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans Allez genre maintenant des expos
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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 14:30

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Lecteurs de l'ombre, amis de la marrade et de la poilade, voici certainement le livre le plus drôle du monde, ou du moins le livre d'histoire le plus drôle du monde. Un livre que j'aimerais envoyer à un de mes anciens professeurs d'histoire qui avait le sens de l'humour d'un pain de mie, une monotonie soporifique dans la voix  qui faisait s'égrener les minutes comme des jours de toussaint, longs et douloureux, sa rigidité n'était pas sans rappeler celle d'un poteau électrique, et l'histoire était devenue un cours genre presque aussi chiant que les mathématiques, c'est dire... Le meilleur prof d'histoire du monde pour moi c'est Jean Teulé, enfin disons que j'aimerais pas faire une partie de trivial pursuit avec lui, mais bon ça je t'en ai déjà parlé par là.

 

 "L'histoire de France de avant à maintenant", c'est un livre que les Robins des Bois indiquent que tu peux acheter "si tu crains de réussir ton bac et passer en classe supérieure, si tu es plus vieux que ton proviseur, si tu es en CE2 et que tu as trois enfants, si tu es barbu et que tu es en maternelle, ce livre s'adresse à toi".

 

Il s'agit donc d'un manuel d'histoire complètement barré pensé par la troupe de fanfarons des Robins des Bois (oui il n'y a que ta grand-mère et moi dans le monde a utiliser le mot "fanfaron"). C'est pas tout récent comme édition, moi perso celui que j'ai chez moi date de 2004, j'en suis certaine car j'y ai mis une date et une dédicace car en fait ce bouquin je l'avais offert à mon frère pour son anniversaire il y a presque déjà 7 ans, et que je peux être quelqu'un d'assez suffisamment gonflée pour lui l'avoir subtilisé. Du coup ce livre édité par les éditions Canal Plus ne se trouve pas très facilement, je l'ai vu sur le site de Albin Michel et également en occasion pour 7€ environ sur le site de la Fnac ou Amazon, et ça m'ennuie bien de te faire l'apologie du livre le plus drôle du monde mais qui est moyennement dispo, car c'est un investissement contre la morosité et la boule dans la gorge, un livre prozac que j'appelle çà.

 

Je ne sais même pas quel exemple te donner de ce livre d'histoire avec du LOL puissance 10 dedans, tu lis 3 mots et tu ricanes, c'est obligé. 

 

"Chapître unième: La Préhistoire*

C'est l'histoire qui vient pile avant l'histoire, et non pas l'histoire qui passe dans un pré, comme ce foutu préfixe pourrait le laisser penser... décidément la langue française est un putain..."

 

"la prise de la Bastille: un échec sur toute la ligne...2/ le choix de la date: La prise de la Bastille eut lieu le 14/07/1789. le choix de cette date est complètement stupide! En effet, les parisiens prirent d'assaut la forteresse de la Bastille un 14 juillet alors que tout le monde sait bien que le 14 juillet est une fête nationale, on ne se bat pas ce jour là, on va au feu d'artifice et on mange une barbe à papa avec sa maman. Enfin!"

 

 Je te laisse plutôt juger aussi par toi-même grâce à mes images numérisées toutes pourries:

 

 les robins des bois 002

 

 

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Etrangement à la base je n'ai pas toujours été une grande fan des Robins des Bois, leur humour était parfois un peu trop surréaliste pour moi, mais ce bouquin est définitivement hilarant (à défaut d'être instructif, tu l'auras compris). Je suis quelqu'un qui aime rire, entends pas par là que je ne me mets pas le DVD de Canteloup le dimanche soir en mangeant des croque-monsieur, einh pas du tout faudrait voir à pas déconner quand même, moi je suis plus sensible à un humour gentil, idiot, très idiot, absurde aussi, sarcastique mais pas cynique, des types comme Will Ferrell (le film Stepbrother est un de mes films cultes) Sacha Baron Cohen,  Desproges,  Robert Rodriguez (oui Robert Rodriguez), Peter Capusotto (un comique argentin qui me fait hurler de rire), les Monty Python et leurs dignes héritiers le duo de cinglés de la série Little Britain, etc... j'ai tellement d'exemples de gens très drôles (selon mon humble point de vue)... Je pense que l'humour est la qualité la plus indispensable chez l'homme, c'est un excellent garde fou mis à part d'être sexy et une preuve irréfutable d'une grande intelligence.

Enfin bref voici donc un livre pas du tout sérieux, un tsunami de conneries délicieuses, qu'il va de soit que je te recommande de te procurer.

 

Sinon en rapport avec l'histoire en rangeant mes livres, j'ai retrouvé çà (dans la série des livres qui prennent beaucoup la poussière chez moi):

 

 

Allez je te laisse mon très cher lecteur de l'ombre, Alain Decaux et moi te souhaitons bien le bonjour chez toi.

 

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( Will Ferrell ou l'autobronzant niveau accident nucléaire)

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans Les premiers de la classe
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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 15:04

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Bon je vais te faire un aveu: ce bouquin ça fait au moins 4 ans que je l'ai dans ma chambre faisant compagnie à la poussière impitoyable et belliqueuse de cette ville au climat sec comme le corps d'un lévrier. Il a tellement attendu que ses pages se sont jaunies. Tu veux que je te dise pourquoi ?

 

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Parce que je me suis toujours pas remise de la mort de la mère de Bambi.

 

Oui attention je vais te soulever du Freud par tonnes, mais moi les livres où les mères meurent je peux pas (je ne te parle même pas quand ce sont les enfants qui meurent, des livres comme "Tom est mort" de Marie Darrieussecq, ou le dernier de Nicolas Fargues qui parle aussi du deuil pour l'enfant c'est juste impossible comme lecture pour moi), enfin globalement des livres où il y a des êtres chers qui disparaissent me font pleurer comme si c'étaient des gens qui m'avaient été proches aussi, comme si finalement ces personnages, d'encre et de papier rappellons-le, avaient un coeur. Je suis nulle, et ça m'énerve.

Donc voilà quoi la faute à Bambi, je crois qu'on a pas fait plus traumatisant pour un gamin comme dessin animé. Bon bref Bambi a le dos certainement large, mais moi en tout cas je ne lis pas de livre de deuil, même si ça ressemble d'assez prêt à un livre initiatique pour cracher et affronter le deuil, et non pas se laisser pourrir dans le chagrin.

 

La mère de Mathias meurt à 19h30. "Comment on va faire maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi ? Qu'est ce que ça veut dire la vie sans toi ? Qu'est ce qui se passe pour toi là ? du rien ? du vide ? de la nuit, des choses du ciel, du réconfort ?"  Seul sur le parking de l'hôpital hébété par l'horreur de la disparition de sa mère, il ouvre malgré tout le sac contenant les effets personnels de sa mère. Il y trouve une petite horloge, un coucou,  avec comme inscription au dos "Pour vous aider à combattre la mort: Giant Jack, passeur entre les mondes, médecine par les ombres, spécialiste des problèmes de vie malgré la mort". S'en suit une rencontre avec un géant de 4m50 atteint de scoliose, un géant qui va l'aider dans toute cette tristesse, cette colère, cette impuissance: "je n'ai plus de sang, j'ai de la nuit dans les veines, noire et glacée."

Quand tu lis ce livre, tu ne peux t'empêcher de penser à Tim Burton, à Roald Dahl aussi, c'est dire le talent de ce Mathias Malzieu.

Je vais pas te la faire biographie pour incultes en te disant que Mathias Malzieu est aussi le charismatique chanteur de Dionysos, je vais pas te dire mais si putain, celui qui chantait "Song for a jedi", ce serait vraiment te prendre pour une bille de le faire. J'ai un peu de sa musique chez moi que ça fait longtemps que j'avais pas écouté, mais je viens de regarder à nouveau quelques vidéos dont celles de son album "Monsters in Love" qui est sorti en 2005, tout comme ce bouquin, en somme cet album est la BO de ce livre (écoute donc par exemple Giant Jack). 

   

Ce livre est son 1er roman (en 2002 il avait écrit un recueil de nouvelles "38 mini westerns avec des fantômes"). C'est un livre cathartique écrit "pour mon père et ma soeur, en souvenir de ma mère" un livre pour exorcicer toute cette douleur qu'on sait pas du tout ce qu'on va en faire, comment on va la dominer et puis l'apprivoiser et vivre avec car il faut bien continuer à vivre. Malgré mon peu d'empathie pour la littérature qui fait un peu dans l'initiatique, j'ai trouvé çà émouvant, très beau, poétique et barré, définitivement extrêmement talentueux, après t'as l'impression d'écrire comme Nadine de Rotschild à côté:

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(no comment)

 

Internationalement Mathias Malzieu est en train de cartonner,  j'ai vu ce bouquin avec "La mécanique du coeur" en top ventes dans un hypermarché au fin fond de l'Andalousie: 

 

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Pour info, Mathias Malzieu vient de sortir un autre bouquin "Métamorphose en bord de ciel", moi je dois admettre que je suis aussi pragmatique et carrée qu' un GPS alors la littérature onirique et je vais te faire rencontrer des fantômes qui se nourrissent de brouillard, c'est pas ma tasse de thé à la base, mais j'ai été très séduite par Mathias Malzieu, je dis pas  que je lirai tout ce qu'il a écrit, mais quand même pour quelqu'un qui comme moi est assez Chuck Norris de la corde fantastique et bien j'ai aimé.

 

Je te laisse mon très cher lecteur de l'ombre, en compagnie d'une très jolie phrase du livre:

 

"Il m'a dit que les livres étaient de bons outils pour se battre contre la nuit".

 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 16:39

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Je me souviens de je ne sais plus qui de ma famille, se moquant de mes magazines 20ANS qu'il (ou elle ?) considérait du même degré que le jeu Secret Girls ou du même niveau qu'un épisode de Beverly Hills que c'est bien connu que les filles de mon âge faisaient qu'à baver devant Dylan guettant la vague, le corps moulé dans une combinaison en néoprène face au Pacifique et se saoulant à un truc qui ressemblait fort à de la Corona (comme si on pouvait se saouler avec de la Corona).

Je ne sais plus qui se moquait de moi, et j'ai tellement mauvaise mémoire que ça se trouve que ce n'était pas du tout quelqu'un de ma famille, mais le fait est que les gens qui n'ouvraient pas ce magazine avaient tendance à le ranger dans la catégorie de la presse pour néo- pubères, genre disons comme Jeune et Jolie. Ce qui revient à comparer Justin Bieber avec les Slipknot...

 

                   Justin Bieber bio          VERSUS    slipknot-02

 

Le magazine est né il y a cinquante ans, mais le livre revient en particulier  sur la période d'Isabelle Chazot quand elle était rédactrice en chef, c'est elle réellement qui l'a révolutionné entre 1992 et 2003.

20ANS était une bombe, un magazine comme le présent actuel de la presse (et le probable futur aussi je crains) ne laisserait jamais prendre vie, les annonceurs garants de la survie d'un magazine fuiraient, et les tests marketing auraient tôt fait de démontrer par un calcul A+B que la revue ne peut exister (c'est à dire se basant seulement en terme d'objectifs financiers démesurés car c'est aussi à çà que servent les tests marketing, et ne pas prendre en compte l'humain, le désir de l'humain, les nuances de l'humain et raisonner en terme de tranche d'âge, échantillonnage, etc...). Bon je laisse tomber car mon discours anti-capitaliste en réalité s'arrête à la porte du Starbuck's.

 

Je vous parle de 20ANS, un magazine qui représente un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (à chanter en faisant trembler la voix selon la chanson très célèbre de Pierre Perret), un temps où le ton n'était pas muselé par le politiquement connaître, le ton assouplit à la soupline ou autre adoucissant, l'humour qui frôlait très souvent l'absurde t'arrachait des larmes qui te ruinaient ton mascara mauve acheté chez le Yves Rocher de ton bled (oui on avait des goûts de merdasse niveau maquillage à l'adolescence). Garder chez soi un magazine 20ANS c'est comme de garder un petit bout du mur de Berlin, c'est conserver un petit bout de révolution, un petit pan d'histoire, pour montrer à ses enfants plus tard, et leur dire voyez les gosses quand j'étais mioche ce qu'on se poilait. (oui ce n'est pas de Pierre Perret la chanson, je voulais voir si tu suivais mais d'un certain Aznavour, tu connais ?)

 

Ce livre c'est l'histoire de cet OVNI, de comment il a fait sa place, briller puis sa triste fin. Le bouquin a été pensé par Marie Barbier qui est l'une des créatrice des Editions Fromentin, maison d'édition qui a publié un de mes coups de coeurs de l'année dernière "Comment je n'ai pas rencontré Britney Spears" d'Elise Costa (par ici et par ).  C'est un livre-hommage à ce magazine, à ceux qui l'ont fait, on retrouve les témoignages nombreux de la rédactrice en chef Isabelle Chazot, de collaborateurs variés, des chroniqueurs qui parfois se planquaient sous des pseudos délicieux (Paul Pote, Eugène Mansfield, Lucie Ferrine , etc...), des auteurs comme Simon Liberati, Alain Soral, Diastème dont je vais te causer dans un instant (dans ce livre un chapitre entier et bien mérité lui est dédié).

 

Ce bouquin livre de nombreux articles qui ont fait la grâce de ce magazine: "Le marxisme expliqué aux jeunes", "Le destin de Marie Louise Ciccone" (Madonna, pour les incultes), "Est-ce que les minets vieillissent bien ?" "50 raisons de ne pas suivre un cours de théâtre"  et j'en passe et des meilleurs.

20ANS c'était aussi un horoscope où tu pouvais lire par exemple çà: "Poissons: Mieux vaut encore écouter l'intégrale Francis Lalanne que de faire votre horoscope en ce mois plat comme les cheveux du susdit. Effets secondaires: risques de somnolence".

20ANS c'était encore des géniales interviews, dans ce livre on retrouve celles d'Albert Dupontel et Michel Houellebecq, ce dernier étant d'ailleurs un peu une sorte de mascotte du magazine, d'où le ton peu complaisant en général de 20ANS envers le couple (ben disons que Richard Anthony est un peu l'antithèse de Michel Houellebecq).

Bon à ce sujet je voudrais faire une mini digression. Assurément (ça en jette de dire assurément) j'appréciais beaucoup les articles assassins de 20ANS qui mettaient des rafales au couple, mais d'une manière générale je suis gavée des auteurs blasés du myocarde qui font leur fond de commerce en vomissant sur le couple, même le couple qui se balade avec des joues toutes rebondies d'amour réciproque, et bien que je sois allergique à la Saint Valentin (rappelle-toi par ici), bien que je sois une grande admiratrice de Dorothy Parker qui était moyennement sympa avec les couples, et bien, ça me les brise menues ceux qui ont une rhétorique anti-amour. Fuck off!

 

Je suis globalement en accord avec tout ce que peut dire dans ce bouquin Isabelle Chazot, la tête brillement pensante du 20ANS- good times, mais je voulais quand même revenir sur une partie du livre où j'ai marqué un grand " pas DU TOUT d'accord": elle rappelle qu'elle n'aurait pas pu travailler avec "des journalistes youp'la boum, qui ont la "positive attitude", une vision trop lisse des choses de la vie." Je pense qu'on peut posséder un optimisme inébranlable mais avoir cette dérision qui met en relief les aspérités de la vie, on peut être d'une humeur toujours égale et gaie assez comparable, certes, à nos amis les labradors, mais avoir une vision de la vie qui est à mille lieux d'être lisse comme la surface d'une carte postale. Ca je le défends, et en général la mélancolie et le cynisme m'emmerde. C'est tout, je voulais le dire car j'étais pas en accord avec cette opinion.

(Ca s'est fait)  

 

Mes bémols en ce qui concerne ce bouquin sont rares mais je voulais quand même relever les suivants: une mise en page un peu tristounette pour un magazine qui était aussi visuellement irréprochablement hilarant, c'est un peu dommage, et puis j'ai trouvé parfois que l'organisation du livre même si elle est chronologique est un poil bordélique.

Mais bon je crois que l'essentiel c'est d'avoir eu l'idée de ce livre que je trouve non seulement géniale mais nécessaire ne serait ce que pour se rappeler que le temps passé laissait plus de champ libre à la parole dans la presse, à l'improvisation, la spontanéité, l'originalité, et aussi se rendre compte, amer, qu'il n'y a plus d'équivalent dans la presse actuelle...

 

Je voulais juste revenir sur Diastème, car c'est celui qui m'a le plus marqué dans la dream team de 20ANS. J'ai lu quelques bouquins de lui par la suite, pas les derniers, il y en a un qui d'ailleurs regroupent ses chroniques pour 20ANS, "Chienne de vie, journal d'un inadapté" paru en 1996 mais qui semble presque introuvable malheureusement, je l'ai vu sur amazon à 44,99 €, j'en ai encore mal aux yeux, mais le reste de sa bibliographie est accessible.

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(oui tu auras reconnu sur la photo Betty Boop, un des célèbres personnages de Hans Andersen)

 

De mes bouquins de Diastème, il me manque "Un peu d'amour" qu'est pas sur la photo, rapport à ce que jadis  je l'ai prêté à quelqu'un qui ne me l'a pas rendu, et rappelle toi que ça a le don de me mettre dans une colère assez proche de quand quelqu'un avait rayé la bagnole de tonton Robert sur le parking du carrefour Market) (Tonton Robert met une bâche sur sa voiture, qui est pourtant enfermée dans le garage, pour la conserver dans un état casi virginal)(et oui...)

 

Par ailleurs je viens de découvrir que Diastème tient un blog, sa tête sur la photo me fait penser un peu à Mickey Rourke, le blog s'appelle "En Beauté", et il l'est, encore un blog de rajouté à mes favoris. Il va de soit que je te conseille d'aller y jeter un oeil, d'ailleurs je te le somme.

 

Bon c'est pas le tout mon très cher lecteur de l'ombre, mais moi j'ai piscine*, je sais pas toi, mais là je peux pas continuer à squatter le blog.

 

* quand je dis j'ai piscine c'est une métaphore de que j'ai d'autres chats à fouetter que de continuer à causer. Comme toi tu devais probablement avoir piscine le jour où je t'ai demandé une photo d'un petit bout de ta bibliothèque, bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre qui a tellement piscine qu'il doit être très probablement l'homme de l'Atlantide. Je t'embrasse. imagesCAYHPCKS

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 14:35

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Salut mon très cher lecteur de l'ombre, prépare la boite de kleenex, ce livre possède un contenu à haut potentiel lacrymal. Mais avant de te raconter pourquoi et comment ce livre est primordial, laisse moi faire une diversion prosale ou prosique (peu importe que ça se dise pas), et écrire quelques lignes pour te planter le contexte.

 

Imaginons que tu sois né(e) entre 1976 et 1983.

 

Imaginons que tu sois né(e) le 9 juillet 1978. Mettons que tu sois une fille. Ta mère sourit heureuse dans son lit de la maternité, la table de nuit est envahie de roses et de chocolats, il y a même des Quality Street. Au dessus d'elle un poster de Rox et Rouky, et dans ses bras  il y a toi petite créature de quelques heures à peine emmitouflée dans ton petit pyjama jaune en velours. Tu bouges tes doigts encore tout ridés et serre fermement la main de ta maman, la tienne celle qui va rester la tienne, celle qui changera tes couches, celle qui te préparera du lait au nesquick sans la "peau", celle qui passera l'éponge sur ta mini fugue à la patinoire avec ton amoureux de quand tu auras 13 ans, et celle qui fermera les yeux sur ton look de Spyke des Années Collège un poil plus tard.

 

Imaginons qu'à l'autre bout de l'Atlantique, disons à peu près à 11.000 kilomètres de là, en Argentine, la même date, Fernanda Lopez git à côté d'un lit sale et ensanglanté. Elle aussi vient de connaître la maternité, enfin de l'effleurer, on vient de lui pratiquer une césarienne, toujours avec cette cagoule sur la tête, celle qu'on lui a mis il y a 5 mois quand un groupe de militaires l'a enlevée pour être juste la femme d'un supposé subversif. De son utérus béant que l'on a recousu à la hâte, elle a entendu les pleurs. Les pleurs de sa fille. C'est une fille on lui dit, comment tu veux l'appeler ? puis on ricane... Elle veut au moins la toucher, une fois ne serait ce qu'une fois, qu'une seule fois, mais déjà on l'emmène, on va donner sa fille à quelqu'un qui attend pour cette enfant, qui l'a "commandée". Elle n'arrive même plus à hurler, il n'y a plus de rage, plus rien en elle, elle a touché la méchanceté la plus misérable de l'homme. Et ce gardien il trouvera amusant de lui violer ce corps en deuil et en souffrance. Elle sait qu'elle va mourir, car elle doit disparaître. Plus tard d'un avion militaire, on la jettera encore presque vivante à la mer, au dessus du Rio de la Plata, bien au large des côtes où elle se baignait avec ses soeurs quand elle était enfant. Le Vol de la Mort. Maintenant elle va disparaître ne pas laisser de trace...

 

"Luz ou le temps sauvage" est la voix de cette trace, car même si le crime semble "parfait", il reste une empreinte qui s'appelle la génétique, enfin tu vas comprendre peut-être un peu mieux quand je vais te faire un résumé du bouquin mais avant tout, arrêtons-nous mon très cher lecteur de l'ombre sur des faits historiques.

 

Argentine, mars 1976, un coup d'état militaire assoit au pouvoir le général Videla, qui a comme but d'anéantir les "mouvements gauchistes révolutionnaires". Jusqu'en 1983, lui et ses associés vont livrer une guerre sans merci à la "subversion" qui va se solder par la somme approximative de 30.000 disparus, 30.000 personnes qui disparaissent comme "si la terre les avait avalés". A  cette époque l'Amérique latine et plus particulièrement des pays comme le Brésil, l'Uruguay, le Paraguay, le Chili, la Bolivie sont des pays où oeuvrent d'autres dictatures militaires, toutes ces dictatures se sont solidarisées dans cette lignée très maccarthique de  "la chasse au rouge". Cette opération a un nom: Le Plan Condor. Ce plan est  une campagne d'assassinats et de lutte anti guérilla qui s'est réalisée de manière internationale et mis à part la collaboration entre le majorité des divers pays d'Amérique Latine, certains agents secrets de ce plan ont pourchassé jusqu'en Europe ou aux USA les "dissidents" en exil. 

 

Leur technique: la torture suivie de la "disparition". Bienvenue dans un monde où le mot faire "disparaître" est plus joli que "assassiner", le résultat est le même: un coeur qui ne bat plus, avec l'horreur de ne jamais faire le deuil, de ne jamais pouvoir pleurer sur un corps, ou un os, ou bout d'os, rien que la résignation de savoir que disparaître en ces temps là c'était pour toujours.

 

Voici un extrait, p.397:

 

"Les fantômes sortent maintenant de ces minutes du procès, de ces pages déjà jaunies par le temps, et peuplent mes jours et mes nuits. Je vois cette fille, Beatriz, la jambe cassée, au camp de détention, qui se traîne aux toilettes et y trouve les lettres et le journal intime de sa mère que l'on a accrochés pour se torcher le cul. Je l'imagine essayant de cacher sous ses vêtements ces papiers de sa mère qui s'est suicidée peu de temps auparavant, folle d'horreur devant le destin de sa fille. C'est exprès qu'ils ont placé là ces papiers, pour qu'elle les y trouve, comme si ses tortures physiques n'étaient pas suffisantes. Et cet homme que ni l'électricité sur les gencives, le bout des seins, partout, ni les séances systématiques et rythmiques de coups de baguettes en bois, ni les testicules tordus, ni la pendaison, ni les pieds écorchés à la lame de rasoir, ne parviennent à faire s'évanouir ni parler, et à qui on présente un linge tâché de sang: "c'est de ta fille", lui disent-ils, elle a 12 ans sa fille, voyons s'il va collaborer, s'il va parler maintenant."

 

En recherchant un peu sur le plan Condor j'ai découvert quelque chose que j'ignorais d'avéré: la France aurait eu une implication "tacite" dans cette guerre contre la subversion. En effet la guerre d'Algérie et les technique des OAS aurait fait des émules chez les militaires Sud-Américains en mal de pouvoir. A cette époque on considère ces techniques comme révolutionnaires: il y a un manuel qui se passe entre toutes les mains et qui s'appelle "la guerre Moderne" de Trinquier. La Bataille d'Alger deviendra un modèle anti-subversif et ce sont d'anciens des services spéciaux de l'Algérie qui vont former certains aspirants dictateurs dans la jungle brésilienne. Pire encore, une enquête sur les escadrons de la mort Argentins, révèle la présence de conseillers Français à Buenos Aires pendant toute la dictature, autant dire qu'une fois de plus on a bonne mine le pays des Droits de l'Homme (bon j'arrête mais si ça t'intéresse un poil ce sujet épineux, il y a un documentaire de Marie Monique Robin qui a gagné en 2004 le prix du meilleur documentaire politique, tu le trouves sur youtube "Les escadrons de la mort, l'école française").

 

Autre victime en conséquence de cette atroce guerre très sale: les enfants. Ce sont 500 enfants qui ont été enlevés à leur mère en captivité. L'horreur du calcul de la junte au pouvoir était qu'ils attendaient avant de torturer et d'assassiner les femmes enceintes qu'elles accouchent afin de voler leurs enfants et  les répartir dans des familles proches du pouvoir.

 

Luz, la grande protagoniste du livre, est l'une de ses enfants à qui l'ont a volé l'identité. Elle grandit avec un doute, le sentiment de ne pas être à sa place, que quelque chose ne colle pas dans son histoire familiale. A la suite d'une enquête courageuse et haletante, elle découvre que sa mère a été assassinée juste après sa naissance, et qu'elle aussi a été utilisée pour cacher le deuil d'un mort-né. Elle a 20 ans quand elle retrouve son père biologique, Carlos, qui désormais vit à Madrid. L'auteur, Elsa Osorio (1952, Buenos Aires), a écrit une fiction au travers de la voix de Luz, mais une fiction tristement fondée sur des faits historiques. La voix de Luz c'est la voix de tous ces enfants volés. Jusqu'à aujourd'hui ce sont seulement 102 enfants qui ont retrouvés leur identité grâce entre autre à l'activité courageuse et incessante des grands-mères de la Place de Mai.

 

J'ai été tout simplement bouleversée par ce livre, parfois tellement choquée que j'en mettais ma main devant la bouche comme quand je regarde un film d'horreur (ce qui ne m'arrive presque jamais, rapport à mon potentiel développé de poule mouillée, je suis le Sammy de Scoubidou rappelle-toi).

Il y a des bouquins qui secouent, qui donnent des coups de pied au cul, qui rappellent le confort évident de ta vie, qui font pleurer, qui apprennent, qui ouvrent les yeux, qui rendent courageux, et pourquoi pas un peu meilleurs et bienveillants, qui marquent et restent en mémoire, comme une alerte, "Luz ou le temps sauvage" est de ces bouquins là, qui sont nécessaires et universels, le genre de "bouquin-prends ça dans ta face" qui oeuvre pour l'exercice de mémoire pour ne pas qu'on oublie l'histoire ou pire qu'on la range dans un semblant d'amnésie.

A ce sujet dans une interview du Muze de cet hiver, Elsa Osorio dit " Je crois que la littérature est un bon chemin pour la récupération de la mémoire collective", elle a tout à fait raison et je crois qu'au delà que ce soit aussi son rôle à la littérature, dans des cas comme celui-là, c'est son devoir.

 

Bien à toi mon très, très cher lecteur de l'ombre, que la force et la paix soit avec toi comme dirait pas Jésus mais un Jedi* 

 

PS: Dans le thème des victimes de la dictature militaire Argentine, est sorti récemment un livre-documentaire-enquête "La disparue de San Juan" de Philippe Broussard. Il revient sur le triste destin d'une Franco-Argentine, Marie Anne Erize, assistante sociale active dans les bidonvilles et à la fois mannequin, et qui elle aussi a "disparu" à 24 ans en octobre 1976. Si tu veux voir de quoi il en retourne plus en détail, je te joins le link d'un article du Telerama.  

 

 * allez pour détendre l'atmosphère, petit aveu au sujet des Jedi, qui va me valoir au moins une fatwa comme à Salman Rushdie de la part des fans de Star Wars: j'ai JAMAIS réussi à regarder Star Wars en entier, je trouve ça aussi chiant que de regarder le Tour de France (et d'une pierre deux coups je me mets les fans du Tour de France à dos) (qui doivent être nombreux à fréquenter mon blog)(...) 

 

RE-PS: Je ne voulais pas te laisser sans une chanson de Mercedes Sosa qui fut une très grande chanteuse argentine, qui elle aussi a été censurée et forcée à l'exil pendant la dictature militaire Argentine. Euh bon maintenant si je te laisse pour de bon mon très cher lecteur de l'ombre.



 

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 21:30

 

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Cette nuit j'ai terminé les 653 pages du 2ème tome de la trilogie Millenium, en me disant ok la fin ça part un peu en sucette en plan Santa Barbara où surgissent du néant des frères et des soeurs comme dans un épisode du Cosby Show, mais c'était quand même sympa. J'y ai même vu un humour très vaguement (vraiment très vaguement) à la Robert Rodriguez quand les méchants se font tabasser, car ils se prennent un peu des raclées des fois (mais ça c'est peut-être parce que j'ai trop fraîchement Machete en tête), mais bon je vais t'en parler un peu plus loin dans ce billet si tu le veux bien. 

 

Après ma note "info" Bridget Jones, me voici encore avec du best seller du Relay de la gare, tu dois commencer à croire (et craindre) que ma prochaine lecture sera peut-être du vampire justin bieberisan, genre "Crépuscule" ou autre twilighterie,  mais bon t'inquiète je vais arrêter de chatouiller le Charles Dantzig qui vit en toi peut-être mon très cher lecteur de l'ombre, et je vais revenir avec de la littérature de grande personne sérieuse. Peut-être. 

De toute évidence je suis complètement out avec cette trilogie que même un type qui vit reclus dans un ashram à Varanasi depuis plusieurs années l'a lue. Mais moi j'ai fait de la résistance avec ce bouquin. Rappelle toi dans une note de l'année dernière, j'étais assez en colère envers les éditions Actes Sud/Actes noirs, rapport à ce qu'ils étaient un peu trop en train de s'asseoir sur la poule aux oeufs d'or qu'est cette trilogie Millenium, rappel des faits: en octobre 2006 sort le premier volet de la trilogie, sa version poche arrive en août 2010, soit genre presque 4 ans après, moi je trouve ça abusé, mais je ne vais pas revenir là dessus, car j'ai déjà assez pesté dans ce billet. Ce deuxième tome, je me lui suis fait prêter, alors encore une fois j'évite le piège commercial qui me gonfle, c'est mon côté altermondialiste (si on veut), celui qui ressort pas forcément quand j'achète un Cafe Latte au Starbucks, bref....  

Dans ce 2ème tome, on apprend au début que Lisbeth a passé un sacré bout de temps dans les Caraïbes, plus particulièrement sur l'île de la Grenade. Ella a été se rajouter un peu de la densité mammaire à Genève avec discrétion et parcimonie (disons que pas du tout comme Jessica Simpson)(qu'est ce qu'elle devient Jessica Simpson?). De son séjour à la clinique de Genève (je suis plus très certaine que c'est Genève, mais on s'en fiche), elle fait effacer aussi ce tatouage de guêpe qu'elle a dans la cou. Elle vire moultes piercings aussi dans l'idée de faire un peu moins Marylin Manson's mood... Et bien lui en a pris d'effacer son côté emo-gotico en colère et ainsi d'avoir un physique plus passe-partout, puisque la voilà dans ce deuxième opus recherchée pour un triple crime... Toutes les preuves l'accablent, mais son ami le super journaliste Mikael Blomkvist ne l'entend pas de cette oreille là... (voilà mon minable petit résumé) 

 

Dois-je te rappeler l'histoire du best seller peut-être le plus bankable de l'histoire (bon j'ai pas de chiffres sous la main, je pense quand même que Harry Potter et J K Rowling sont les gagnants). Stieg Larsson, l'auteur est un journaliste qui lutte contre la corruption multiforme, l'extrême droite et la violence faite aux femmes. Il décède à 50 ans d'une crise cardiaque, quelques mois avant la publication du 1er tome de la trilogie. Sa compagne depuis 32 ans, Eva Gabrielsson, ne figure sur aucun testament, de plus le fait qu'elle n'était pas mariée à Stieg Larsson désigne automatiquement comme héritiers sa famille, en l'occurence son père et son frère, qui désormais gèrent dans la fibre de Donald Trump ce patrimoine jackpot en évinçant la veuve de Larsson. Pour info celle-ci vient par ailleurs de co-écrire un livre avec une journaliste de Elle, Marie-Françoise Colombani. Ce livre s'intitule "Millenium, Stieg et moi" il est édité chez Actes Sud (le même éditeur que la trilogie, je te rappelle au cas où), et raconte l'histoire derrière Millenium, l'histoire d'amour transi aussi pour cet auteur qui était son homme, aussi elle règle son compte avec la famille de Stieg Larsson avec pudeur et sincérité. Eux n'ont pas tardé à répondre et c'est par le biais de ce blog (qui est surtout un communiqué de presse), qu'ils démontent le point de vue d'Eva, et envenime ce conflit qui salit cette success story littéraire. Allez je ne dirai rien de plus là dessus, puisque la vérité appartient surtout à l'auteur, même si définitivement mon coeur pencherait plus vers la version d'Eva, et que Stieg Larsson doit certainement avoir la nausée de ce cadeau empoisonné qu'est ce grand succès commercial.  

 

Allez je te laisse non sans te ressortir mon joker pro-millenium de poids en la personne du nobélisé Mario Vargas LLosa (oui encore lui les mecs), qui est un admirateur de cette trilogie avouant même qu'il a ressenti en lisant ce bouquin des émotions proches de ses lectures d'enfant, Alexandre Dumas and co, et voici la preuve, tadam!!!

 

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(Article d'El Pais du dimanche 6/09/2009)(oui ok on voit pas grand chose rapport à ce que mon appareil photo est pourri, mais oui c'est bien un article d'El Pais, sinon par ici tu l'as en ligne en spanish, mais bon la preuve est là quoi) (oui tu as bien vu, c'est la petite sirène en haut à gauche qui te fait coucou). 

 

Allez là vraiment je te laisse mon très, très cher lecteur de l'ombre de mon coeur, non s'en te fournir l'info que le Muze du printemps, défendu et acclamé précédement ici, titre sur la littérature Scandinave, entre autres, à bon entendeur...

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 11:20

TADAM!!!

 

J'ai réussi à obtenir une interview d'Amanda Sthers et je suis au moins fière et contente comme si disons que j'étais un magicien débutant et que j'arrivais à accomplir ce qu'a fait David Copperfield avec les chutes du Niagara (un bien grand mystère pour moi) (en fait pas du tout mon très cher lecteur de l'ombre, j'ai le potentiel de Sheldon de Big Bang Theory en terme d'appréciation de la magie). 

 

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Amanda Sthers, dont voici la bouille ci dessus, est un de mes auteurs chouchou, je crois par ailleurs qu'avec Mario Vargas Llosa et Santiago Roncagliolo, c'est l'auteur qui revient le plus fréquemment dans mes billets. Il y a pas longtemps je t'ai causé de Liberace, son dernier livre publié,  mais il y aussi tous les autres bouquins dont voici la liste histoire de te rafraîchir la mémoire (la liste n'apparaît pas par ordre chronologique, sinon par préférences purement subjectives):

 

- Chicken Street  

- Les terres saintes   

- Le vieux juif blonde  

- Keith me (celui là j'ai oublié de le passer sur le blog)

-Madeleine 

- Le chat bleu, l'alouette et le canard timide

- Ma place sur la photo  

 

Je te laisse en compagnie de cette petite interview à laquelle elle s'est pliée avec beaucoup de gentillesse. Je suis certaine qu'après l'avoir lue, minimum tu vas courir aller acheter un de ses bouquins si par un hasard improbable, disons par exemple que ces 10 dernières années tu as vécu en Amazonie à étudier les anacondas ou les toucans à bec rouge et que du coup tu ignorerais l'existence de cette auteur oh combien talentueuse, mais qui en plus ne se contente pas seulement de littérature, mais excelle aussi au théâtre et a sous la main un nouveau projet cinématographique et une comédie musicale...

 

1/ Dans un de mes derniers billets je commente que « si Amanda Sthers n'avait pas ce visage avec cet air si frais d'une pub pour l'huile d'olive ou un fromage de brebis, je suspecterais une consommation forcée d'amphétamines et/ou de cocaïne, car bordel de bordel comment elle fait pour tenir ce rythme entre les livres, le théâtre, les longs-métrages, etc… », d’où ma question : mise à part l'évidence de beaucoup, beaucoup de travail, quels sont les secrets de votre productivité ? vous dormez trois heures par nuit c'est çà ?

 

D'abord pour connaître de grands consommateurs de fromages de brebis et des cocaïnomanes effrénés, sachez que ça ne donne pas le même teint. Pour ma part je ne consomme ni l'un ni l'autre car je suis assez fragile. J'ai longtemps été insomniaque mais ça me rendait principalement râleuse. Ma productivité vient d'un mélange savant entre ma peur de mourir et mon enthousiasme débordant. Je suis toujours sincère quand j'écris une histoire, j'y crois, je la vis!

 2/ Quels sont les auteurs que vous mettez un peu au dessus de tous ?

 

 Je mets plus les oeuvres que les auteurs au dessus de tout car il est rare qu'un auteur soit massivement génial, même s'il y en a. Soit les auteurs cherchent à réussir soit ils cherchent à reproduire ce qu'ils ont déjà réussi. Mais Proust, Kant, Vian, Simenon, Schnitzler, Gary... sont dans mon panthéon.

3/ Par quels livres êtes-vous venue à l’amour de la lecture ? (j’ai cru entendre que vous aviez appris à lire quand vous aviez à peine 2 ans, alors je peux présager que c’est forcément de la lecture jeunesse et petite enfance, ne me dîtes pas que à 4 ans vous lisiez du Jules Verne car moi et mes lecteurs ont va se sentir un peu con-con).

 

Je ne sais plus quel a été l'élément déclencheur mais ce n'est pas l'amour de la lecture qui m'a mené à l'amour de l'écriture. C'étaient des sensations bien différentes. Il fallait que j'écrive, je n'avais pas le choix.. Et à côté de cela j'aimais lire mais les deux choses n'étaient pas liées tout de suite dans ma tête. Ça me m'aurait sans doute paralysée de me dire que je faisais comme "eux" les jules Vernes et autres.... Je n'ai jamais adoré Jules Vernes, c'est un truc de garçon mais Roald Dahl, ça oui!

4/ Votre révélation lecture, ou votre dernier coup de cœur ?

  

"Des gens très biens" Le livre d'Alexandre Jardin. Il est sans doute devenu écrivain pour raconter cela mais il lui a fallu parcourir tout un chemin pour y arriver. C'est un livre sur son grand-père mais c'est en réalité ce que les psychanalystes nomment le meurtre du père. Que va-t-il écrire après ça? Il doit être désorienté. 


5/ Peut-être un livre culte à déclarer ?

 

Pffff... Des tas.... Chez les jeunes auteurs contemporains, lisez  "Extrêmement fort et incroyablement près" de Jonathan Safran Foer et  "l'histoire de l'amour" de sa femme la non moins géniale Nicole Krauss.
Chez les "anciens", "J'irai cracher sur vos tombes" de  Vian, l'émoi de mon adolescence.

Ou encore, "la Métamorphose" de kafka, "Mourir" d'Arthur Schnitzler, "le joueur d'échec" de Zweig... il y en a trop!! 

 

6/ Citez-moi un livre à lire sur la plage, étourdie par une terrible canicule, ou dans un TGV en panne depuis plusieurs longues heures dans les plaines de la Beauce, en bref un livre à lire dans des conditions de disponibilité intellectuelle minimum ?

 

 Je ne peux pas, c'est trop violent pour l'auteur... Un livre à feuilleter plutôt, "les miscellanées de mr Schott"...


7/ Un livre pour voyager depuis son canapé?

 

Ça dépend si vous êtes plutôt cinq étoiles ou sac à dos? Pour aller très loin, je vous conseille "Trous noirs" de Leonard Susskind pour comprendre enfin les mystères du ciel et les querelles des savants grâce à une vulgarisation passionnante d'astronomie. ça se lit comme un thriller!

8/ Vous qui êtes passée derrière la caméra avec « Je vais te manquer », et je crois que vous avez sous la main un autre projet au ciné, y a-t-il un livre que vous aimeriez adapter sur grand écran ?

 

J'adapte un livre pour un jeune réalisateur de talent Tristan Seguela. Il a envie de raconter l'histoire vraie d'un jeune homme pendant la crise financière de 2008. "Madoff et moi" chez Flammarion par Hugues Armand-Dellile.

9/ J’essaie de faire la part belle aussi à la littérature sud-américaine dans mon blog, y-a-t-il un auteur sud-américain que vous appréciez en particulier ?

 

Je connais mal mais j'aime bien Luis Sepulveda et Carlos Fuentes

10/ Une émission TV ou radio littéraire française ou étrangère que vous regardez/écoutez ?

 

Celle de Picouly quand je tombe dessus ou celle de Brigitte Kernel la nuit sur Inter...

11/ Ecrivez-vous en écoutant de la musique ?

 

Oui. J'ai besoin de musique mais ça va vous paraître étrange, j'ai un morceau par livre et je m'y tiens. c'est insupportable pour mes proches... ça rythme ma propre langue.

12/ Quels sont vos prochains projets ?

 

Un livre pour enfant "le carnet secret de lili lampion" sort début octobre chez Nathan Jeunesse et sera suivi d'une comédie musicale adaptée de ce livre..  Lili Lampion le 22 octobre au Théâtre de paris! Et j'écris mon nouveau roman, on verra quand il veut bien se terminer...

 


Voilà mon très, très cher lecteur de l'ombre, j'espère que cette petite interview a réussi au moins à te convaincre de lire cette auteur, si ce n'est pas déjà fait car oui on peut dire que je te casse assez régulièrement les pieds avec elle. En tout cas moi je prends note de plusieurs de ses suggestions littéraires...

 

Bon allez je te laisse, je dois aller racheter des M&m's à ma fille car je lui ai fait sa fête au paquet, et là je ne peux plus accuser le chien...

 

PS: C'est par ici les autres interviews livres:

 

- Pénélope Bagieu  

- Leslie Plée 

 

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 10:44

Parfois j'aimerais être une petite souris.

Pas seulement pour aller me balader sous les métros en mode Jack Ass sans craindre pour ma vie, mais aussi pour rentrer à l'improviste chez les écrivains et regarder leurs bibliothèques, et comme je serais une souris j'irais aussi racketter leurs frigos et me goinfrerais de camembert et de parmesan (petite précision: si j'étais une souris, je serais allergique au gruyère, rapport aux pièges cruels et à Tom and Jerry) (enfin je me comprends).

 

Je suis passionnée par les bibliothèques en tant que meubles, contenu, les bibliothèques des particuliers ou les publiques. Mais j'ai une faiblesse pour les bibliothèques de ceux qui remplissent les nôtres: les écrivains. Je suis donc toujours à l'affut des articles journaux, magazines ou blogs qui proposent un aperçu des bibliothèques personnelles de ces derniers.

 

Et comme je suis sympa (et qu'il faut que je meuble, j'ai pas de billet concernant un bouquin achevé), voici donc une note avec des photos de bibliothèques, dont tu excuseras la piètre qualité en certains endroits j'ai un peu le même niveau qu'un poney en captures d'images, photoshop and co...

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Ce reportage, je l'ai trouvé dans le Maison Française, de mars je crois, (je t'ai déjà dit que j'ai des lectures de grande madame), je t'en donne un extrait: (quelques jours après, je fais un update, puisque le site côté maison.fr a mis en ligne cet article de Maison Française de façon complète et lisible, à la différence de mes scans très merdiques, c'est par ici pour tout voir) (enfin les grands esprits se rencontrent quand même)

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Puis on continue dans les lectures de la Pléiade, dans le Woman de ce mois-ci (un magazine féminin Espagnol) apparaissent quelques autres bibliothèques d'écrivains avec mon prix Nobel favori, que je crois que je t'ai assez cassé les oreilles avec lui, Mario Vargas LLosa:

 

 biblio écrivain 001

(cherche pas, ça existe pas Génon les Rosiers, et si ça existait je doute qu'il y ait une quelconque université dans ce bled, tout au juste un PMU à côté de l'église, qui est le schéma habituel de tout village qui se respecte).

 

Martin Amis...

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Et puis j'avais trouvé çà, sur un site de photo/déco yankee The Selby, divers clichés du "chez lui" de Frédéric Beigbeder avec vue sur son accumulation de bouquins, un aperçu:

 

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Si tu veux en voir plus de son domicile très chouette où il y a une pancarte qui indique "Attention chat bizarre" qui est wanted pour moi, c'est par ici mon très cher lecteur de l'ombre. 

 

Il y a un tumblr, que je comprends pas trop la différence avec un blog ou un mini blog, mais bref, un site qui est un raz de marée de photos de bibliothèques, librairies en tout genre, ça s'appelle "Book Lovers never go to bed alone" (petits malins), j'ai fait ma petite sélection:

 

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(malgré le rose que je n'aime pas du tout, j'adore l'idée)

 

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Voilà mon très cher lecteur de l'ombre, ceci est un message codé à caractère subliminal, aussi du morse psychologique ou bien un soupçon de télépathie, afin que toi aussi qui me lis et qui passes de temps à autre sur ce blog,  tu me balances un visuel (une photo, banane!), un petit bout de ta bibliothèque à toi, oui ça peut être aussi la pile d'Autoplus + Public des toilettes, ça me va aussi, tu peux me l'envoyer sur mon courrier du blog mescontemplationsetdigressions@gmail.com 

Si tu as piscine je comprendrai, mais sache que si tu réponds à ma proposition, je serai au moins contente comme quand mon chien a arrêté de faire ses besoins dans la maison, genre tu vois, vraiment très contente... Ca me plairait de faire un billet là-dessus, avec ton accord de ta divine gentillesse mon très, très cher lecteur de l'ombre.

 

Allez je te laisse sur une photo où j'ai été taguée avec d'autres par une amie sur Facebook, que je te rassure je ne suis en aucun cas un des éléments de cette bibliothèque, rapport entre autre à ce que j'ai autant d'équilibre que Tonton Roger quand il sort de table à Noël (on a tous un Tonton Roger dans nos familles, voir même plusieurs). Cette bibliothèque sera la cerise sur le gâteau de ce billet:

 

196680 1868377983392 1059357438 2179038 2845749 n

(thanks ma FF)

 

Bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre.

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans De la futilité entre autre
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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 10:12

 

Voici un article d'un journal trouvé sur un fauteuil dans un train entre Londres Stansted et Liverpool St, il y avait aussi un reste de sandwich qui trainait à côté, mais en dépit de ma faim et comme il y avait des gens dans le wagon j'ai ignoré la tentation de m'accaparer ce bout de sandwich abandonné (manifestement au brie et à la marmelade d'oignons).

 

P3020325.JPG 

En gros si tu piges rien à l'anglais l'article raconte comme quoi il va y avoir un nouveau Bridget Jones, le 3ème quoi.

   

Amis chers lecteurs de l'ombre, pour ceux d'entre vous qui sont un poil snobs, le genre à plutôt crever que de se trémousser sur la danse des canards, éloignez vous de cet article, au risque de vous étrangler dans votre condescendance et vos airs supérieurs, et mourir anéanti de pitié pour moi.

 

Voici un billet qui cause de la littérature avec des oestrogènes, des cafés latte, du chardonnay et des Louboutin dedans, et du syndrome prémenstruel en veux-tu et bien tiens en voilà, et pas qu'un peu...

 

Avant toute chose, je vais mettre les points sur les "i", ou les barres sur les "t", ou la moitié du 5 de "ç cédille": je ne suis pas très portée sur ce genre de lecture, pas franchement du tout, même la torpeur d'une plage de canicule d'été Andalouse ne me fait  presque absolument jamais pencher vers ce domaine de lecture, plus communément appelé "La Chick Lit", entends par là la littérature de pouf', et c'est sans ironie et sans méchanceté que je le dis. Mais quand j'ai lu trop de livres un peu denses (oui ça m'arrive), j'ai parfois envie de faire une exception et d'ouvrir un de ces bouquins, que Marguerite Yourcenar + Duras elles doivent s'en retourner dans leurs tombes.

 

Helen Fielding et son "Journal de Bridget Jones" a déclenché quelque chose chez moi, c'était en 1996, une époque où je lisais des trucs de grande personne, Céline ou Sartre, aussi l'époque où NTM, Rage Against the Machine, Offspring et Pascal Obispo se faisaient de la place dans mes prédilections musicales (Pascal Obispo, oui messieurs, mesdames, mesdemoiselles, Pascal Obispo)(hum). Donc en 1996, l'année de mon BAC, que j'ai décroché avec une mention moyennement bien et qui reflète un peu tout mon parcours scolaire, c'est à dire "bien, mais peut mieux faire" (mais n'en a pas envie du tout, rapport à ce que le soir après l'école elle regarde Beverly Hills et Hartley Coeurs à Vif).

Donc je disais en 1996, apparaît "Le journal de Bridget Jones", cette trentenaire un peu couillone, qui se complait moyennement dans sa peau d'orange, qui a souvent  la main lourde sur la vodka, et qui s'auto flagelle à aimer toujours le sale type de l'histoire bien qu'il y ait un mec qui s'intéresse à elle, mais il a un pull en laine avec un cerf dessus que même ta grand-mère elle préfèrerait coucher avec Pascal Sevran que te le tricoter... Voilà en gros pour le résumé, si résumé il y a besoin de faire...  

 

Si Helen Fielding a déclenché quelque chose chez moi, c'est que j'ai compris qu'on pouvait jouer avec la "littérature", la décomplexer, la rendre futile et inutile, la trahir peut-être aussi, mais qu'on pouvait écrire des choses de fiotte et en faire son gagne pain, et qu'en plus ces choses de fiotte pouvaient être un moment agréable comme le sucre d'une barbe à papa qui craque sous le palais, ou des bulles de champagne qui rafraichissent la gorge (et oui c'est la fête du slip des métaphores à la con).

  

Helen Fielding a ouvert la brèche, après nous avons eu le droit à ce raz de marée gigantesque, énorme succès commercial de la littérature de morue comme dirait probablement une copine à moi, ou Chick Lit, qui continue encore de très, très bien fonctionner, enfin surtout en dehors de la France, berceau du snobisme par excellence. Helen Fielding a provoqué je crois quelque chose de bien, si on fait une analyse sociologique de niveau plus ou moins CE2... Elle a ouvert la porte à la littérature décomplexée, tout comme Danielle Steel a ratissé le passage à Marc Levy (je ne sais pas si Marc Levy serait très heureux de cette réflexion), Helen Fielding a fait de même à toutes les Isabel Wolff, Candace Bushnell, Lauren Weisberger, ou notre version frenchie Agnès Abécassis, etc... Dans le Vogue de ce mois-ci (oui je n'ai que des lectures de grande Madame) mis à part apprendre que Cameron Diaz prône la douche de 3 minutes, il y a un article sur Sophie Kinsella, l'auteur des bientôt  cinq volets de l'héroïne de "l'Accro au shopping",  et qui a battit son empire sur une héroïne victime du consumérisme (je peux pas t'en dire plus, car j'ai pas lu ses bouquins) (par contre j'ai vu le film, au prétexte que l'actrice principale, la rousse mignonne dont j'ai oublié le nom, est le femme de Sacha Baron Cohen, le génial Borat ou Ali G ou Bruno).

 

Evidemment, ces auteurs qui peuvent citer Laura Mercier et Jane Austen dans la même phrase,  on ne les verra pas invitées sur le plateau de "la Grande Librairie", quoique moi je trouverais ça rigolo voir même intéressant. Elles sont mises au placard du grand sérieux des gens qui font la littérature, mais une fois encore j'en reviens au même, toujours au même, je crois que pour moi, même si il y a des livres qui parlent, qui transforment, qui rendent meilleurs, (je doute quand même que la chick lit' procure ce genre de conséquences), je pense qu'avant tout le plus important dans la lecture c'est le PLAISIR. C'est comme de boulotter des pringles à la crème d'oignon devant une bonne série, genre Modern Family par ex, une part de la réponse "à pourquoi lire ?" est le plaisir (là je fais un clin d'oeil à Charles Dantzig, et son essai sorti en octobre 2010, "Pourquoi lire?", et qui serait probablement pas du tout d'accord avec moi) (du tout, du tout... )

 

 

- Cf d'autres lectures de pouf':  "Le diable s'habille en Prada"

 

- Cf d'autres lectures pour non snob averti et confirmé: "La prochaine fois" 

 

Enfin, pour en revenir à Helen Fielding et Bridget Jones, j'ai une question qui me taraude en ce qui concerne l'adaptation prochaine au ciné de la troisième partie: j'ai jamais été trop fan de Hugh Grant, moi je suis plutôt du côté des Benicio del Toro and co, le côté old british famélique très peu pour moi, mais bon voilà l'objet de ma question: Hugh Grant est pas franchement en train de vieillir comme Sean Connery disons, il prend de plus en plus le profil d'un Droopy grisonnant, il va quand même jouer 10 ans après le rôle du séducteur au coeur absent ?

 

Bon allez je te laisse, je vais regarder une redif' de Télé Foot en buvant de la 1664 tiède.

 

Ou pas. 

 

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans Littérature de pouff'
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