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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 09:22

 

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Bon ben mince aujourd'hui je me suis mangée un clown de plus au petit déjeuner et je suis plutôt in the mood for "tirelirepimponsurlechihuahua" (ou un truc dans le style) et pourtant il faut que je te parle d'Ingrid Betancourt, l'otage certainement le plus médiatisé de l'histoire des otages, la tresse un peu moins longue que Raiponce (autre otage, mais pas de rapport oui je sais). Il faut que je vienne gâcher la fête avec les Farc et la guerre que se trimballe la Colombie sous le coude depuis presque un demi siècle... Mais bon il faut que je le fasse, ça va être comme quand on retire un gros pansement qui a un peu adhéré à la peau: sec, rapide et pas franchement très drôle.

 

Mais comment aller à l'essentiel quand on est déjà sur un bouquin intense de 815 pages les gars, comment faire... Déjà par où commencer ?

Je me souviens il y a de ça vraiment longtemps, tellement longtemps que je vivais dans un studio de 22 m2 métro Alexandre Dumas à Paris et que j'étais la reine de l'interim (vous avez besoin d'une secrétaire dans un cabinet d'architecte? pas de problème! une vendeuse puériculture aux galeries Lafayette alors que t'y connais que dalle aux bébés ? je suis là! Hôtesse au salon du fromage ? ok c'est moi la reine du camembert) (je te balance pas mon CV car tu vas rire)... Bref il y a plus de 10 ans j'avais lu le bouquin d'Ingrid Betancourt "La Rage au coeur", j'avais été émue par son courage et sa conviction, naïvement émue car la machine politique colombienne est bien plus complexe que je ne le savais à cette époque, mais pour moi cette nana qui brandissait son drapeau anti-corruption (entre autre et pour faire vite) elle me plaisait bien. Du coup je suivais sa trajectoire politique, jusqu'à ce que pendant la dernière ligne droite de la campagne électorale, en février 2002,  elle se fasse voler sa liberté par les Farc...

 

Il s'agit donc du récit angoissant de sa captivité, 6 très longues années à moisir dans la jungle, dans tout ce vert immense et dense, là où le soleil n'arrive même pas à percer la végétation. Les évasions, les échecs, les espoirs, les espoirs anéantis, la mort qui hante, la mort qu'on repousse... Le danger est omniprésent dans ces conditions de vie, et la survie une question de tous les jours accompagnée de son point d'interrogation. Cette détention forcée dans toute sa cruauté aura été aussi pour Ingrid une grande expérience d'introspection et puis d'essayer de prendre le bien du mal, ne pas se laisser envahir et contaminer par la haine, résister.  

Ce sont  815 pages que tu te prends comme un coup de pied dans le foie (en vrai pas autant, car ça doit faire un mal de chien), un livre en colère, mais d'une colère polie et contenue, digne.

 

Bon je suis consciente que ce n'est certainement pas le meilleur récit fin d'aborder la complexité de la situation géopolitique de la Colombie qui baigne dans le sang depuis de trop nombreuses décennies. Si les Farc font partie de la gangrène colombienne, il ne faut pas non plus oublier les autres, et ils sont nombreux à avoir leur part de gâteau dans la violence aveugle qui anémise le pays, et notamment les paramilitaires. Il faut absolument que je vois un documentaire d'un journaliste colombien, Juan José Lozano, qui est sorti en France en avril dernier "Impunité", et qui révèle le funeste sillage des paramilitaires: plus de 50.000 morts, massacrés, des dizaine de milliers de disparus, et ce avec l'aval des grandes figures politiques. C'est un documentaire ultra violent aussi dans la vérité qu'il apporte. (Si tu veux voir la bande annonce c'est par là)  

Niveau actualité pour en revenir aux Farc même s'ils font preuve dernièrement de "bonne volonté": ils ont libéré leur derniers prisonniers militaires en février, et ont aussi annoncé ne plus enlever de civils, il ne faut quand même pas oublier qu'il s'agit d'une lutte armée forte de 9200 combattants, et que de trop nombreux séquestrés meurent à petit feu dans la jungle encore aujourd'hui, rappelons que selon les Farc: "La notion de crime contre l'humanité est une notion bourgeoise".  

 

Bref la Colombie est encore bien dans la merde.

 

Je ne vais absolument pas rentrer dans la polémique qu'Ingrid a suscité après sa libération, ni sur l'animosité de certains compagnons d'infortune, ni sur sa maladroite demande d'indemnités à l'état Colombien. Je dirai juste que Clara Rojas (sa directrice de campagne enlevée en même temps) et Ingrid avaient une vision de la captivité antagoniste. Face à leur geôliers, quand Ingrid n'a jamais décoléré et planifiait son cesse sa prochaine évasion, Clara elle par résignation (ou par sagesse?) avait préféré se plier aux Farc et se les mettre moins à dos. C'est là que leurs divergences sont nées. Mais bon j'ai dit que je ne rentrais pas dans la polémique parce que franchement tu sais quoi on s'en fout.

 

Sinon avant de te laisser je voulais t'avouer que quand je dois te parler de sujets à dimension politique comme ce bouquin, je perds un temps de malade, mon cerveau se met en mode pipelette-rebelle-sherlock holmes, et je vais vraiment vers mon pire travers: le manque de concision. Je me sens en toute humilité empreinte d'une certaine responsabilité d'en dire plus, de chercher plus, de ne pas survoler le sujet en faisant mon Yoyo le clown jovial, et du coup bordel qu'est ce que c'est la plaie pour moi de faire dans le bref et succinct et claire. En tout cas j'espère l'avoir été plus ou moins (brève, succincte et claire).

 

A très bientôt et bien le bonjour chez toi mon très cher lecteur de l'ombre!

 

Signé: Yoyo le clown jovial.

 

PS: oui I know "succincte" et "brève" est un pléonasme, please forgive me comme dirait Bryan Adams.

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Published by Solenn ou Amber et des fois Josiane - dans Biographie et auto-biographies
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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 12:43

 

 

 

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Voici un bouquin dont j'attendais sa version poche très fébrilement, un peu comme chaque nouvel épisode de Big Bang Theory (je t'envoie du bonheur de son by Leonard par ).  Je te racontais que quand je l'ai vu en librairie, j'ai même failli danser le jerk ou le mambo number five de joie, seulement mon corps n'a pas cédé à cet appel de la félicité par la danse (et la honte aussi peut-être).

 

Je voulais en savoir plus sur ces femmes qui sont passées pourtant très souvent inaperçues dans la barbarie des dictatures à la pelle qu'on a pu se coltiner au 20°S, car si pour la plupart leur présence était assez tacite voir étouffée, dans la réalité il en fut autrement. Voici un livre qui dresse le CV amoureux des hommes qui ont fait sombrer l'histoire dans la folie: Mussolini, Hitler, Ceaucescu, Mao, Staline, Bokassa et Salazar. On aurait tendance trop facilement à croire que dans ces personnages il n' y a pas de possibilité de coeur qui bat pour une femme (voir des femmes, car on a aussi du potentiel de horny lapin dans certains de ces hommes), mais ce bouquin te démontre le contraire, et accessoirement renvoie à la part de responsabilité de ces femmes dans l'horreur totalitaire du 20°S.

 

"En politique, il faut avoir l'appui des femmes; les hommes vous suivent tout seuls" Adolf Hitler.

Voilà un dictateur qui a compris qu'il nécessite l'appui de l'électorat féminin. Mais voilà Adolf Hitler c'est un peu l'antithèse de Brad Pitt, on est bien d'accord, disons qu'il peut pas tout miser sur son physique, il doit jouer avec quelque chose de beaucoup plus impalpable qui est aussi un des ingrédients fondamentaux de la séduction: le charisme, et il va savoir l'utiliser ce charisme. Hitler, c'est le Julio Iglesias de la "dream team" des dictateurs, non pas qu'il passe à l'action comme l'ibérique sangre caliente qu'est Julio, mais il a une quantité d'admiratrices telle qu'il a reçu "plus de lettres de fans que Mick Jagger et les Beatles réunis", anecdote corroborant que "l'amour est aveugle", à défaut d'être dans le pré (oui je sais c'est nul). Non le "consommateur" c'est Mussolini et ses yeux "phosphorescents", Benito qui se vante de pouvoir "aimer" physiquement jusqu'à 14 femmes par jour, faisant passer Berlusconi pour un moine ayant fait voeu de chasteté. En parlant d'"amour est aveugle" pour certains dictateurs il faut même avoir faim, voir très faim, ainsi l'auteur rapporte des anecdotes "glamour" au sujet de Mao "... partager la couche du grand Mao! il fallait pourtant avoir le coeur bien accroché. En effet le président était peu soucieux de son hygiène corporelle. Il ne se brossait jamais les dents, se contentant de se rincer la bouche avec du thé le matin, mâchant les feuilles après avoir bu le liquide. Il avait résisté à tous ceux qui voulaient le faire examiner par un dentiste. Peng Dehuai, cadre du parti et ancien ministre de la défense, nous donne l'ampleur des dégâts: " on dirait que les dents du président sont recouvertes d'une couche de peinture verte"." Miam, miam...

 

Dans ce bouquin on découvre le profil psychologique de ces femmes qui sont toutes différentes, si certaines tendent à un comportement masochiste en mode syndrome de Stockholm, d'autres sont beaucoup plus indépendantes et politisées comme c'est le cas de Jian Qing (Mao) ou  d'Elena Ceaucescu qui dépassera l'idéologue qu'est son mari. Leur point commun à toutes est que leur fidélité et dévotion à la cause de leur amoureux les conduira jusqu'à la mort.

 

Ancienne élève de la Sorbonne et de l'Ecole normale supérieure, Diane Ducret écrit pour des films documentaires culturels, elle a également animé des émissions TV dédiées à l'histoire. Elle peut quand même se vanter d'avoir son bouquin de traduit en 18 langues, et vient de publier un deuxième tome sorti en février 2012 "Femmes de dictateur 2" aux éditions Perrin, mais promet de ne pas faire comme pour Police Academy et aller jusqu'au tome 12 (ou peut-être un peu moins), et s'en tiendra seulement à ses deux tomes. Celui-ci aborde le background sentimental de dictateurs beaucoup plus contemporains comme Sadam Hussein, Castro, Milosevic entre autres.

 

Sinon je voulais rajouter que Diane Ducret est un peu l'OVNI chez les historiens, car on peut vraiment dire que c'est une bonasse, j'ai comme cliché certainement extrêmement exagéré (et donc parfaitement contestable) que les historiens ont très souvent de la moustache (les femmes aussi), des lunettes qui tombent sur le bout du nez, et un discours parfois soporifique, quand là on a affaire à une femme au débit clair, aussi très intelligente, canon, et encore canon.  

(ci-dessous page arrachée de mon Elle)

 

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(je l'ai vu dernièrement dans une interview TV et comme je suis aussi une superficielle de pétasse qui perd du temps sur les blogs mode-beauté, je voulais relever qu'elle arborait maintenant un joli carré mi long-ombré à la Daphnée Bürki qui lui va à ravir... mais oui je sais on s'en fout complètement).

 

 

Sinon, ben oui il est très chouette ce bouquin.

 

Bien à toi, for ever and ever, mon très cher lecteur de l'ombre.

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 09:58

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Je vais tenter d'aller à la concision pour ce bouquin, la concision étant une qualité qui m'est aussi éloignée que le bon goût capillaire chez Candeloro, mais je vais essayer car je dois faire court.

 

L'auteur, Michel Folco, nous ramène dans le passé d'Hitler depuis sa naissance jusqu'à l'aube de la première guerre mondiale. Un retour sur cette période afin de peut-être y trouver des circonstances aggravantes, des séquelles, des failles dans cette époque qui pourraient d'une certaine manière avoir déterminé (sans disculpé) le parcours funeste qu'on lui connaît tous, un peu comme quand tu grattes dans le passé d'un serial killer et que tu trouves en général de quoi te mettre sous la dent niveau influence néfaste sur le profil psychologique. Et bien en ce qui concerne Hitler: rien à signaler. RAS.

 

Certes Adi (comme sa mère l'appelle) a eu un père rigide, comme je suppose beaucoup de pères à cette époque, mais il grandit surtout avec une mère, Klara, qui ayant perdu ses 3 enfants avant la venue d'Adolf, le chérit et le met sur un pied d'estale. En cherchant dans l'enfance on y retrouve un enfant sérieux qui aurait voulu être chef peau rouge, mais bon moi quand j'étais gosse je voulais avoir les pouvoirs magiques de Gigi, mais c'est  pas à cause de cette "insatisfaction" que maintenant adulte je sors la nuit à pas de loup égorger des gens... Bref du côté de l'enfance pas de blessure de l'âme à relever. La période la plus compliquée de sa vie aura été au moment de la mort de sa mère en décembre 1907, où la effectivement il va se retrouver en galère économique à dormir dans des lits infestés de punaises, mais là encore il va plus ou moins bien s'en dépatouiller. Sa plus grande frustration il faudra plutôt  la chercher  du côté de ses prétentions en tant qu'artiste peintre-architecte, ou doublé pourtant d'une sacrée détermination et auto-estime, il va se faire refouler par deux fois à l'examen d'entrée de l'école des beaux arts de Vienne. Il déclame à qui veut bien l'entendre, même ceux qui ne veulent pas l'entendre, "Je serai un jour un grand peintre et aussi un grand architecte; d'ailleurs j'aurai ma statue sur la Franz-Josef Platz,  je peux même te montrer où exactement!". Malheureusement il voit le brillant avenir de peintre qu'il se destine s'obscurcir et se prend un peu râteaux sur râteaux artistiquement parlant. Par contre on trouve effectivement dès la petite enfance les traits qui feront de lui une bonne base de dictateur: colérique, impulsif, égocentrique, intolérant, autoritaire, ascétique. Pour cet homme à la digestion hasardeuse et aux flatulences incontenables (voilà le genre d'info que j'ai retenu aussi), son capital émotionnel lui le dirige vers tout sauf un destin de bout en train, enfin je veux dire à côté de lui Staline c'est Priscilla folle du désert (et c'est dire...)

 

En résumé on ne trouve pas matière à "comprendre" le monstre, rien de bien solide comme dossier qui puisse permettre "d'expliquer" les dommages de l'adulte, ce qui finalement est bien effrayant, car on aurait mieux aimer sonder dans le passé et y trouver les racines du mal, mais que dalle, rien de bien sérieux, juste se rendre à l'évidence qu'on ne naît pas forcément serial killer, mais qu'on peut le devenir, à sa guise.

 

Bon voilà je ne sais pas si je fais franchement honneur au livre,  je dois admettre que malgré l'originalité du texte,  je ne suis pas restée happée par la lecture de cette pas tout à fait biographie qui mélange justesse historique mais surtout une grande liberté de fiction, c'est peut-être que dans ce style j'ai encore fraîchement en mémoire le talentueux Laurent Binet et son "HHhH", et que genre maintenant je vois pas franchement qui peut lui arriver à la cheville. Dans mes lectures de "bio" il y aura toujours un avant et un après Laurent Binet. 

 

Je te laisse mon très cher lecteur de l'ombre, je vais faire un truc de "ouf" comme dirait plus personne, et c'est ce qui est souhaitable: je vais manger un kiwi.

 

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 09:31

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Avant tout, mon très cher lecteur de l'ombre: mille excuses, mais il y aura peut-être du laisser-aller dans les longues semaines à venir car mis à part la grosse fatigue de fin de gestation, je me tape crève sur crève, et je veux dire je fais peur à voir, disons que c'est Halloween tous les jours dans mon miroir, on dirait que je suis un vieux junkie en mode pavot et whisky... 

 

Ah ben tiens en parlant de Jack Daniel's et de pavot (chimiquement modifié), en voilà une belle de transition (hum hum) pour parler d'une légende vivante: j'ai nommé le guitariste des Stones, celui qui souligne son regard au khôl, et porte de la bagouze à tête de mort: Keith Richards.

Il pose sur  la couverture pour un photographe que j'aime beaucoup David Lachapelle, le regard haut et vif, qui laisse présager une mémoire d'éléphant ce qui est bien incroyable quand on tient compte de son passé et d'un actif disons pas des plus "rooibos et yoga", d'ailleurs au sujet de son livre il dit: "Vous savez quoi, je me souviens de tout." Et il se souvient de tout. 

 

Et c'est aux confins de sa vie qu'on remonte,  le 18 décembre 1943, et ce ben oui jusqu'à presque maintenant. Une vie qu'il nous partage, pas franchement non plus une autobiographie car ce bouquin a été écrit à 4 mains avec l'écrivain Britannique James Fox, ce qui en fait presque plus une biographie autorisée qu'une franche autobiographie. Qu'importe l'info est là, et c'est un pavé de 721 pages de confessions touchantes, drôles, sincères, cash, impudiques sans avoir la vulgarité de tomber dans l'exhibitionnisme, on rafle quelques ragots au passage, mais on reste définitivement dans une bio de musicien, de fou de musique, ce qui peut parfois être déstabilisant pour qui n'a pas fait une thèse sur les Stones et leur multi références musicales, à savoir  beaucoup de blues mais aussi du jazz "Là est le grand secret . Le rock'n'roll, ce n'est rien d'autre que du jazz avec une base rythmique féroce."

 

Moi ma préférée des Stones c'est celle-là, à danser à fond les camions:

 

 

Bref revenons en à ce phénomène que sont les Stones, à cette révolution, au charisme et à l'équation nanas (fan+groupies)/ drogues. Déjà t'apprend que le lover du groupe c'est pas Keith Richards qui est plutôt dépassé par la folie qu'il déclenche sur leur passage "La force de ces nanas de treize, quatorze, quinze ans lorsqu'elles sont en bande m'a toujours fait peur. Elles ont failli me tuer. Personne ne m'a fait plus craindre pour ma vie que ces adolescentes. Si tu te laissais prendre dans leur déferlement, elles t'étouffaient, te déchiraient en lambeaux... pas facile de décrire la trouille qu'elles pouvaient te flanquer."

La drogue, ben oui elle est présente on s'en doutera, d'ailleurs elle a bien failli le laisser pourrir en prison un petit bout de temps, donc pas de langue de bois à ce sujet: " Il y a d'abord eu le mandrax et l'herbe, puis l'acide à la fin 1966, puis la coke courant 1967, et enfin l'héro bien évidemment."  Donc come je te disais t'apprends que le vrai séducteur et le serial fucker dans le groupe c'est plutôt Mick Jagger, lui Keith c'est un gentleman, enfin presque en tout cas, un mec qui parle aussi de certaines nanas de sa vie dont les deux mères de ses enfants: Anita Pallenberg et Patty Hansen (son actuelle femme).   

Avec Mick Jagger ils vont connaître des différents qui seront à l'origine d'une période désertique pour le groupe: "les Stones n'ont pas effectué une seule tournée entre 1988 et 1989, et on ne s'est pas retrouvé ensemble une fois en studio de 1985 à 1989.", lors de ce passage à vide des Stones, Keith assume la formation d'un groupe: les X pensive Winos ("les soulards qui se la pètent"), qui marchera aussi correctement, mais bon après Jagger et Richards se rabibocheront malgré leurs différences et voilà quoi au bout du compte il reste que les Stones c'est les Stones quoi... (grève de l'argumentation).

 

Quand tu penses aux Stones forcément tu penses aussi aux Beatles qui plaisaient un peu plus aux grands-parents rapport à ce qu'ils avaient le cheveu plus lisse et plus brillant de santé, bien qu'on apprend dans ce bouquin, et ce sans grande surprise, qu'ils étaient aussi calés niveau vie de patachon, enfin surtout John Lennon, le grand pote de Keith Richards. Donc pas de guerre Beatles/Stones, non ce n'est même pas du tout le cas, Keith  concède que musicalement "on a chamboulé la tête et les oreilles de l'Amérique blanche. Sans vouloir dire pour autant qu'on était les seuls- sans les Beatles, personne n'aurait pu passer la porte." Voilà c'est dit.

 

Sinon pour anecdote, Keith a joué dans Pirates des Caraïbes 3 " je jouais le capitaine Teague, rien de moins que le paternel de Johnny Depp. L'idée est née quand Depp m'a demandé si j'étais d'accord pour qu'il s'inspire de moi pour son rôle. Tout ce que je lui ai appris, c'est à tourner le coin d'une rue en étant totalement soûl: tu gardes toujours le dos le plus près du mur." Franchement cette bio est aussi "instructive" (je mets quand même des guillemets) que drôle, tu as une avalanche d'histoires comiques, il y en a une que j'ai retenu entre les nombreuses que j'ai souligné dans le livre, bon tu m'excuseras mon très cher lecteur de l'ombre c'est un peu niveau scato et humour moyenne section de maternelle, mais j'ai ri quand il parle au sujet d'un jeu idiot qu'ils avaient inventé avec leur colloc à leur tout début: "son grand truc était d'arriver dans une pièce avec un gros filet de morve lui dégoulinant du nez, tout en faisant preuve d'une politesse exquise: " Bonjour, comment ça va? Voici Andrea et elle c'est Jennifer..." Nous avions trouvé des noms pour chaque type de crottes de nez qu'il était capable d'exposer, "les Green Gilberts", les "Scarlet Jenkins" et, les mieux de toutes, les "Special Yacht-Club", ces traces de glaire qui tombent du nez des gens sans qu'ils s'en aperçoivent et qui leur pendent sur le revers de la veste comme une médaille." 

 

C'est un peu difficile de conclure sur l'ambiance "mickey-sécrétions nasales" que je viens te de planter mais voilà moi cette bio elle m'a bien plu, et pourtant je ne suis pas une fan transie des Stones, j'ai juste du respect pour ces gars. Au même moment (en automne 2010) est sorti l'autobiographie de Patty Smith, "Just Kids", et à en lire les critiques qui les ont comparé, la bio de Patty Smith a reçu plus d'éloges que celle de Keith Richards, rapport à ce qu'elle serait un témoignage plus juste et à la fois poétique de cette époque.

 

On va conclusioner en musique aussi: Keith Richards a joué comme premiers accords la Malagueña qu'il tenait de son grand père Gus, qui lui ont valu l'admiration de sa mère Doris, c'est un thème qui quelque part a peut-être démarré sa vie de musicien,  "c'est toi qui jouais? j'ai cru que c'était la radio". Deux mesures de "Malagueña" et te voilà lancé dans la vie." En somme je voulais juste dire et c'est pas très important, mais moi elle m'a touché cette anecdote car Malagueña est un thème que je chante à ma fille, et qu'elle la connaît par coeur. Là je te glisse une version un poil plus mariachi-ranchera, mais bon...

 

 

  (oui je t'ai déjà parlé de ce groupe avec le super "Livre sans nom")

 

Bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre....

 

PS: En 2006, Martin Scorcese a tourné un documentaire sur les Stones qui s'intitule "Shine a light", je crois qu'il est passé sur Arte il y a pas très longtemps mais j'en ai vu qu'un mini bout, alors je peux rien t'en dire de plus...

 

 

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 18:46

 

 

  

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Mon très cher lecteur de l'ombre, tu feras l'impasse sur ces doigts de pieds un poil boudinous (on va inculper cette saloperie de rétention d'eau), avec un vernis qui commence à s'effriter ce qui est selon moi le comble du ringard-border cas social (mais quelle snob insupportable), mais voilà je te présente un petit bijou de bouquin, assurément un de mes coups de coeur 2011. 

 

Pourtant tu vois de la casquette SS sur la couverture tu te dis que lire du IIIème Reich à la plage, c'est moyennement de la " lecture-ambre solaire", alors c'est pas pour me la péter quand tout le monde a le nez dans du Gala ou le dernier Marc Lévy (mais quelle snob, c'est pas possible), c'est juste que ce bouquin est le roman-bio-histoire parfait, équilibré sans que ce soit à aucun moment indigeste ce qui est pourtant une sacré prouesse car le thème n'est pas à la fête, car il s'agit d'une biographie de Reinhard Heydrich, enfin pas vraiment  que çà c'est aussi et peut-être surtout l'histoire de l'opération "Anthropoïde", où deux parachutistes seront chargés d'assassiner celui que l'on nomme le boucher de Prague, le bourreau, enfin voilà une grande saloperie blonde, le ci-dessous nommé Heydrich.

 Heydrich-cr.jpg

 

Petit rappel bac d'histoire: dans la galerie d'êtres abominables de la seconde guerre mondiale, on a plus aisément Hitler qui vient en tête, éventuellement Himmler, mais pour qui comme moi est assez une bille en histoire Heydrich, ça me semble un peu plus vague, disons que oui ça résonne à un nom pas sympa du III ème Reich, mais en fait c'est bien pire que çà. Heydrich était en fait le bras droit d'Himmler (d'où le titre "HHhH ": Himmlers Hirn heiBt Heydrich- le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich), chef de la Gestapo et des services secrets nazis qui malgré que ce soit un peu difficile à imaginer étaient encore plus redoutables, il est le cerveau de la Solution finale, ni plus, ni moins. Oui ton sang peut se glacer car voici la personne la plus sinistre du III ème Reich, autant dire que y'a du niveau.

Je te rappelle pas que l'Allemagne avait de l'appétit niveau désir expansionniste pendant la seconde guerre mondiale, et tu n'es pas sans savoir que la Tchécoslovaquie a fait partie de ces pays dont le furher s'en ait fait son goûter, et c'est son chouchou Heydrich qu'il place en autorité suprême à Prague. Du coup, ben oui, un peu partout mais surtout à Londres, la résistance s'organise et Heydrich va devoir en faire les frais. C'est l'histoire donc de deux héros en particulier, deux parachutistes, Gubcik et Kubis, qui vont mettre fin aux jours d' Heydrich. Évidemment la guerre ne s'arrêtera pas là en mai 1942, une fois leur mission achevée,  la répression sera sanglante et terrible, mais c'est quand même l'acte de bravoure d'avoir éliminé le personnage je te disais certainement le plus funeste du IIIème Reich.  C'est à ses deux mecs là, et tout le courage des autres résistants qui rendront possible cette opération que Laurent Binet rend hommage.

 

Je dois te dire que j'aime beaucoup les biographies ou romans dits historiques, mais disons que je suis hyper maniaque (=chiante) sur la qualité, la fluidité, la justesse, l'originalité du biographe ou historien, disons que j'ai des critères tellement casse-coui.... que je n'en lis pas beaucoup car très souvent je tombe inanimée prise au piège d'un attentat soporifique. De plus j'aime qu'il y ait beaucoup d'impartialité, de recul dans une bio, et pourquoi pas qu'il y ait de l'humour espiègle, et je peux te dire que Laurent Binet niveau espièglité ben il est très fort, ceinture noire d'"espièglité". Le fond et la forme de ce bouquin sont supers originales, Laurent Binet met toujours en parallèle de sa volonté aussi de rigueur historique, ses dérapages de romancier où il met en évidence avec humour ses doutes, ses inexactitudes, là où l'histoire malgré la documentation la plus pointilleuse reste muette. Aussi il glisse mine de rien des petits instants de vie personnelle, et raconte le processus de création de ce bouquin.

J'avais déjà loué les mérites de Jean Teulé dans la catégorie je fais de l'histoire mais détendue des pattes arrières, (je t'ai aussi parlé du super manuel d'histoire des Robins des Bois que là pour le coup pour la rigueur et l'érudition tu passes ton chemin), mais je crois que Laurent Binet serait pour moi l'exemple au plus parfait de biographe-historien-romancier qui colle à mes attentes, de savoir, de comprendre, de ne pas oublier l'histoire, mais à la fois de te faire passer un moment où à aucun instant tu ne bailles d'ennui, tu restes captivée, amusée, indignée, effrayée, attentive, pensive...

 

Dans ma future liste de mes best of 2011, j'ai donc définitivement encore une autre oeuvre de résistance, et de devoir de la mémoire à rajouter aux autres bijoux du même registre mais dans un style et un contexte différent: "L'ombre de ce que nous avons été" de Luis Sepulveda et "Luz et le temps sauvage" de Elsa Osorio.

 

"HHhH" a obtenu le prix des lecteurs en 2011, et accessoirement le Goncourt du 1er Roman, agrégé de lettres je suppose que maintenant Laurent Binet n'est plus obligé de se lever le matin pour aller travailler comme prof de français en Seine Saint Denis, ce qui fut son dernier métier. Un succès bien mérité je te le dis moi. (en plus il a une bouille pas dégueu, ce qui selon mon côté frivole est un plus). (je veux dire quand on parle d' écrivains un peu canons, y'a pas tant de monde que ça à la ferme).

 

Voilà mon très cher lecteur de l'ombre je te laisse sur ce dernier commentaire pas du tout inoubliable, mais non sans te dire à nouveau que tu sens vraiment pas bon des aisselles si tu lis pas ce bouquin. 

 

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 12:41


L'intranquille, autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou

(Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou).

 

Son père meurt et il est soulagé.

Son père, ce "salopard" antisémite qui vendait les biens des juifs déportés, repose là dans ce lit, le visage qui semble en paix avec lui-même. Comme si le remord n'avait jamais frappé à la porte de sa conscience.

 

Voici une auto-biographie de Gérard Garouste, le peintre bankable.


Il en a fallu du temps, du chemin, des internements psychiatriques, pour parler, pour raconter le secret de famille, pour dire le mal que fait le père, l’ombre du père, la rage qu’il laisse exploser, impuissant, et qui sème le bi-polarisme, car c’est ainsi que l’on nomme désormais les accès de folie.

Son mal-être Gérard Garouste l’exprime par sa peinture, peinture  empreinte de cette souffrance, de ces racines que l’on se cherche, d’autres racines… Son inspiration il la puise aussi dans les mythes, l’iconographie religieuse, la Torah, la Bible, Dante, Cervantes, Rabelais, Velazquez, etc…

 

(Personnellement je ne suis pas une grande fan de ces toiles, mais çà on s’en fout.)

   

 

 

  

Destiné à vendre du meuble, la voie tracée du père, Garouste croise en 1983 la route de Leo Castelli, le plus grand marchand d'art du 20°S.

 

Les années 80, pendant que tu chantonnes « Dreams are my reality » dans la Fuego de tes parents, et que tu croies que la classe vestimentaire internationale c’est çà:  

 

 

 (je crois que c'est Sabrina, rapport aux seins caramel)*

   

 … et bien pendant ce temps là, la peinture contemporaine s’envole, on s’arrache des mecs comme Basquiat, Keith Harring, Robert Combas, et Garouste entre autre… Période un peu cinglée où la peinture atteint des côtes indécentes, sale période aussi du fric facile qui sera plus que propice à cet artiste dont les toiles s’arrachent à des prix que même pas en rêve tu pourrais t’acheter.

 

Malgré ce succès, et l’appui de sa femme Elisabeth, vaillant petit soldat-ange gardien, il ne réussira pas à taire cette culpabilité,  le fardeau des péchés du père, qui rampent derrière ses accès de folie et il fera donc de nombreux séjours à Sainte-Anne.

  

T’inquiète c’est pas non plus que du pathos ce bouquin, car moi le pathos et je vais te faire chialer dans ta chaumière d’appartement, ça me plait pas. (Ceci est une introduction-clin d’œil de mon prochain billet où comment je n’arrive pas à lire « Les heures souterraines » de Delphine de Vigan).

  

J'aime que Garouste fustige cette idée tellement « bourgeoise » selon lui et cliché que la souffrance, et la folie sont inhérentes et nécessaires à l’inspiration, à la création,  « Tout çà n’existerait pas que ce serait beaucoup mieux ». Désormais il aspire à plus de sérénité, de paix, de gaieté, « ma peinture n’atteignait pas la beauté de ces personnages et de ces instants, elle était trop pleine de mon envie d’en découdre. C’est terminé ».

Et on est content pour lui, même si il sait que l’on ne guérit franchement jamais de la folie, car la folie est de ces mauvais locataires qui ne paient pas leur loyer, mais restent habiter. Habiter et envahir.

 

C’est très joliment écrit, raconté, il faut saluer le travail talentueux de l’ombre de l’auteur et journaliste Judith Perrignon, qui a écouté l’artiste et interprété ses confidences, de cette vie qu’il crache, pour pouvoir continuer à vivre. A vivre mieux.

   

PS : J’ai adoré une citation de Ben que Garouste évoque dans ce bouquin « L’art c’est l’espace qui existe entre mes doigts de pied », et ce même si cette citation arrive comme un cheveu sur la soupe par rapport à mon résumé, je te la calle car elle m’a fait sourire.

 

* Enfin PS, vachement moins sérieux : Et parce que c’est mal me connaitre que de croire que j’allais te lâcher comme çà, cher lecteur de l’ombre, avec juste une vague photo de Sabrina gros symbole des années 80, voici une digression maillot de bain qui glisse « innocemment » sur des seins caramel,  responsable d'émois érotiques masculins ( de tous, mari compris).

      

Ce clip pourrait aussi bien être celui d'une campagne de Berlusconi quand j'y pense. Facile.

 

Allez je te laisse cher lecteur de l’ombre en te conseillant de prendre des cours de natation si comme Sabrina ou moi, tu nages mal, comme un poney maladroit et passablement éméché.

 

 

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 10:45

Santiago Roncagliolo - La cuarta espada


Le 26 décembre 1980, Lima (Pérou), se réveille avec des chiens égorgés, pendus aux poteaux électriques, des bombes factices accrochées à leurs corps et des pancartes où l'on peut lire: "Deng Xiao Ping, fils de pute".

Joli mois de décembre sous le soleil de l'été de cette partie de l'hémisphère sud, mois de chaleur où les sapins décorés virent au jaune, et les faux père-noël suent jusqu'à l'agonie sous leur piètre déguisement,  le Sentier Lumineux passe à la lutte armée, et aussi à la clandestinité.

Le sentier lumineux je t'en ai déjà parlé par
ici, mais aussi par là, mais encore par ici
, mais bon je vais me répéter brièvement pour les deux du fond qui ne suivent pas. 

Le sentier lumineux a été le mouvement terroriste le plus létal de l'histoire de l'Amérique latine. Entre 1980 et 1992, le Pérou a vécu un véritable génocide,  70.000 morts, conséquence de la lutte armée de ce mouvement révolutionnaire et de la réplique du gouvernement, militaires ou policiers. A la tête de ce mouvement terroriste, un professeur d'université: Abimaël Guzman, qui répond aussi au surnom de Président Gonzalo. Un homme qui se considère comme la quatrième épée du communisme juste après Marx, Lénine et Mao. La force de ce mouvement révolutionnaire, ce qui est donc très effrayant, c'est qu'ils ont mis à sang un pays pendant une douzaine d'années, avec les moyens du bord, quasiment pas d'armes ou de financement étranger (allez évidemment une petite collaboration avec les narco-trafiquants en toute logique). Bon ça y est je n'ai désormais plus l'impression de me répéter, c'est un fait je me répète, alors lecteur de l'ombre si cette information au sujet de ce cet épisode de l'histoire contemporaine péruvienne te semble légère ou peu claire s'te plaît réfère toi aux liens au dessus. 

Santiago Roncagliolo nous livre donc une lecture un peu différente des autres investigations déjà réalisées à ce sujet. Il va s'entretenir avec la famille de Guzman, diverses sources sendéristes, mais également des militaires et des policiers pour essayer de comprendre comment un professeur d'université est parvenu  à devenir un véritable objet de culte, et un cerveau de machine à tuer. Roncagliolo veut comprendre le caractère humain des sendéristes qui ont agi en tant que monstres parfaitement disciplinés de la violence la plus sauvage. Car s'il est aisé de les juger de psychopathes sanguinaires, on a tendance à oublier parce que c'est plus commode, que ce sont des êtres humains à la base, comme toi, comme moi, comme ta voisine.

Le style de Roncagliolo est comme d'habitude parfait, limpide, cette presque biographie se lit comme un roman. Moi en toute subjectivité, je le trouve essentiel ce livre pour la mémoire du Pérou, pour les générations à venir, pour que l'on sache aussi réellement ce qui s'est passé, et ce même si il y a encore pleins d'interrogations. Au sujet de l'importance de la mémoire, un autre auteur péruvien dont je t'ai aussi déjà beaucoup parlé, Mario Vargas Llosa, est parmi d'autres à l'initiative d'un projet  à Lima de Musée de la Mémoire qui me semble indispensable, un projet apolitique, nécessaire pour la réconciliation et le souvenir. 

Bon je vais arrêter de te le vendre ce bouquin car il y a un gros bémol, il faudra attendre que ce bouquin soit traduit en français si tu causes pas la langue de Julio Iglesias. De plus si je fais taire ma subjectivité, je suis consciente que le sujet ne va pas peut-être pas soulever l'intérêt de tous. Je ne vais pas te contredire, cependant je voudrais insister que le message de fond est valable pour tous, même pour n'importe quelle démocratie bien assise, il met en garde contre l'oubli ou l'amnésie sélective en ce qui concerne les parts d'ombre et/ ou sombres de l'histoire d'un pays, et qu'il ne faut pas perdre de vue notre passé car c'est lui qui donne du sens et une direction à notre présent.

Je t'ai déjà parlé de Santiago Roncagliolo (ici, encore ici, ici aussi), je crois que désormais mon insistance à le lire, l'écouter parler, ressemble à quelque chose près à une évidente fascination.
Voilà je t'avais prévenu que je n'ai pas fini te de gaver avec cet auteur. J'admire sa polyvalence, son humilité, son accessibilité, son imagination, son humour, son professionnalisme, en plus il a un charisme, une présence, une facilité d'élocution, une repartie très rare chez un écrivain qui ne sont pas souvent aussi bons à l'oral qu'à l'écrit. Et bien lui si, il peut faire çà. Il est trop fort, je suis sûr que la nuit il se transforme en chauve-souris et sauve des vies ou autres missions d'intérêt public.

En parlant de super héros (sans finalement beaucoup de rapport), je suis tel un naufragé espérant un bon cassoulet sur la terre ferme, guettant la sortie de Iron Man 2 (Robert Downey Junior + Mickey Rourke =  crise cardiaque pour moi).

               +         (crise cardiaque)






Voilà, je vais te laisser là dessus, cher lecteur de l'ombre, je m'en vais moi aussi me transformer en chauve-souris et sauver le monde, mais tout d'abord je vais faire la vaisselle avant que ne rapplique la famille polygame de cafards qui ignore tout contrôle des naissances, celle qui vit dans les murs de ma cuisine.

 

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 13:01



Le métier de Lire : Réponse à Pierre Nora, D'Apostrophes à Bouillon de culture


Cher lecteur de l'ombre, si comme moi tu es né(e) en 1978 l'année de la sortie de Rasputin de Boney M, ou alors n'importe quelle année qui fait que t'es quand même pas bien vieux, du coup t'as jamais vu (sérieusement) l'émission de Bernard Pivot "Apostrophes". Et dans les années 90, c'est au tour d'une autre émission "Bouillon de culture" mais voilà les années 90 je faisais plus dans la séduction dans de la chemise bûcheron en sautant sur "Rage Against the Machine" et "Offspring". Alors Bernard Pivot pour moi et ma génération c'est plus les dictées d'un petit homme souriant et callé quand même en bouquins. Mais Bernard Pivot c'est beaucoup plus, c'est un homme de lettres impressionnant de culture, un exemple je crois à suivre, à creuser, à trashiser... 

Ce bouquin recompile ses entretiens avec Pierre Nora, où il se livre sur son métier de journaliste, de présentateur, de lecteur, de "sédentaire bouffeur de livres" comme il se plaît à se surnommer.

"Aposotrophes" succède à "Ouvrez les guillemets" et offre des plateaux de personnalités littéraires surprenantes, épatantes, énervantes, déroutantes, etc..., entre 1975 et 1990. A cette époque on pouvait picoler et fumer généreusement à la télé. Vont se soumettre au jeu de l'interview des auteurs genre Bukowski, Desproges, Jean-Luc Godart, le Dalai Lama,
Cizia Zykë (dont je t'ai déjà causé), Brigitte Lahaie (et oui), aussi il s'invite chez certains auteurs. Ainsi il part interviewer l'impressionante Marguerite Yourcenar chez elle sans se démonter face au monstre littéraire en face de lui. (Et hop si t'as pas piscine c'est par là les 1H11 d'entretien avec Marguerite Yourcenar, merci Youtube).

C'est au ryhtme de 10 h de lectures par jour, comme un sportif de haut niveau des pages, que Pivot peut se permettre d'assurer ses interviews si éclectiques, si génereuses.
Mais un peu las de ne se consacrer qu'aux bouquins en mode autiste il décide de s'attaquer à une émission multiculturelle "Bouillon de culture"(1991-2001) qui restera néanmoins assez axée sur la littérature,  dont je n'ai absolument pas de souvenirs car à cette époque comme je te le disais précédemment je m'intéressais aux garçons vaguement grunge et à lutter passivement contre l'acnée.

Par la suite son adversaire P. Poivre d'Arvor essaie de reprendre le flambeau sur TF1 avec "Vol de nuit", mais c'est des fois un peu chiant à mourir.

Je crois pouvoir dire qu'actuellement en terme d'émissions littéraires il n'y a guère que " la Grande Librairie"  qui essaie de se rapprocher du talent de Bernard Pivot, et qui tient la marée, et ce même si je trouve François Busnel un peu trop propret et un poil rigide, mais ces émissions ne manquent pas d'effort d'éclectisme.

Après cher lecteur de l'ombre, je ne vis plus en France parce qu'il neige vraiment de trop et que du coup je peux jamais mettre mes ballerines en peau d'anaconda turquoise, alors peut-être que j'ignore qu'il y a des hommes et des femmes qui font super bien leur boulot de chroniqueur gourmand de littératures. Mais celui qui pour moi jusqu'à présent parle le mieux de livres c'est Beigbeder, qu'on aime ou pas ses livres, à lui on ne peut que lui reconnaître une évidente fluidité en communication littéraire.  Mais toi lecteur de l'ombre qui vit au pôle Nord (France) peut-être as- tu des noms de chroniqueurs/présentateurs littéraires à me suggérer ?

Vraiment comme je te disais pour moi Pivot c'était un monsieur avec des sourcils un peu gros et grisonnants, un professionnel de l'orthographe, un Monsieur qui sort défendre Marie N'Diaye face à la dérive autocratique d'Eric Raoult qui voudrait qu'elle dise pas ce qu'il faut pas dire (selon lui)...
Remis à Eric Raoult, (voici le coupable)

Mais maintenant j'en sais un peu plus sur Pivot et le journalisme littéraire.

Je ne vais pas te dire de courir aller chercher ce bouquin qui n'est pas forcément indispensable (surtout qu'il fait un froid de tombeau mortel dehors), mais si ce qui est indispensable est de rappeler que l'on doit beaucoup à Pivot en terme de critique et d'interactivité littéraire. Beaucoup.

Je crois qu'il y a des pas de géants encore à faire dans ce domaine pour convaincre un public plus large, sans pour autant faire "La grande librairie d'attention à la marche". Certes j'ai une flexibilité et un omnivorisme littéraire qui fleurte avec la squizofrénie, mais c'est quand même pas la fête des nains de jardins qui puent des pieds, je demande pas non plus qu'on chronique avec enthousiasme çà:


Ma vie, mon rêve(t'es fou ou quoi?) (??!!!?!) (ca va pas ta tête?)


Je demande juste aux émissions littéraires un peu plus d'audace, d'imagination, de réelle curiosité, d'humour, de réelle envie de partager, et de convaincre aussi celui qui ne lit que l'Equipe et l'horoscope de Télé Loisirs qu'il y a des livres pour lui aussi. Ce n'est pas mon combat non plus, mes guerres sont autres, et plus raisonnables, mais je crois que tout comme la musique, on peut vivre (peut-être) sans livres, mais moins bien. Vachement moins bien...

Allez cher lecteur de l'ombre, malgré que j'ai la bonté de Freddy Krugger au moment des voeux et de souhaiter une bonne année, quand même je te souhaite pleins de bonnes choses. Quand même. Et entre autre que bordel de bordel une bonne fois pour toute la trilogie de Millenium sorte en poche, font chier Actes Sud.

PS/ Cher lecteur de l'ombre, je suis vraiment une saloperie de petite peste qui pourrit Céline Dion, alors que je t'avoue que là sur le câble de la télé de musique Latino je suis en train de chantonner une belle petite daube. Allez c'est par ici la daube pour que tu puisses ricaner de moi. (et ça va pas ta tête de lecteur de l'ombre j'ai pas dit que j'aimais non plus) (t'es pas fou) (allez un petit coup de Heart in a cage pour casser l'ambiance musicale douteuse).

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11 janvier 2007 4 11 /01 /janvier /2007 14:17

Au nom d'Ingrid

C'est dans le confort de ma couette et des bruits rassurants de la nuit madrilène que j'ai entamé la lecture du récit du mari d'Ingrid Bétancourt que l'on ne présente plus. C'est dans ce confort douillet que je pense à elle, captive des Farc depuis le 23 février 2002. Bientôt cinq ans... Cinq longues années à dormir certainement à même le sol, à lutter contre les moustiques, la faim, contre le froid et/ou l'humidité, et surtout le pire monstre rongeur : le désespoir. Quelque part là-bas dans ses forêts et montagnes superbes minées par la guerre civile qui tue la Colombie. La présidente du partido Oxigeno Verde, enlevée pendant sa campagne à la présidentielle, a malgré elle médiatisé les plus de 3000 séquestrés en colombie, que l'on avait presque oublié jusqu'à ce que cette mère courage soit elle même victime d'un commerce ignoble, le commerce humain. Héroïne malgré elle...L'analyse de la situation en Colombie par son mari me semble légère certainement parce qu'elle est désespérée. Pour mieux comprendre cette situation il faut plutôt choisir la lecture de "La rage au coeur" écrit par Ingrid et édité en 2001. La colombie est ravagé par une "guerre civile", depuis plus de cinquante ans, où les gouvernements qui se succèdent sont gangrenés par la corruption. Les Farc ne sont pas les seuls responsables des kidnapping, d'autres alimentent cette peur de la séquestration : l'ELN, les paramilitaires (copains d'extrême droite d'Uribe), et autres groupes de délinquants organisés, mais il faut aussi condamner le gouvernement, et notamment Uribe. Uribe est un pote à Bush et c'est suffisant pour qu'il soit antipathique. Le gouvernement colombien, de ce pays superbe, de cette plaie ouverte, dont la devise est la liberté et l'ordre, prend lui aussi en otage ces séquestrés et les familles des séquestrés, en refusant la négociation humanitaire. La solution d'Uribe est l'intervention militaire, autrement dit la roulette russe pour les séquestrés. Je sais que le monde est un grand blessé, et que l'on aura certainement jamais assez de mercurochrome et de baisers sur les blessures pour l'appaiser. Mais l'oubli ou l'amnésie sélective est la pire des armes de destruction massive, alors je te demande juste ce soir, bien au chaud dans ton lit qui sent la soupline, que tu croises les doigts très fort et pense à ses vies en sursis là-bas tapies dans la chlorophylle de la géographie colombienne.

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11 décembre 2006 1 11 /12 /décembre /2006 13:14

Marie-Antoinette

Splendide biographie d'une femme dont on croît (à tort) que l'histoire nous appartient. La légèreté et la candeur de cette femme qui s'ennuyait le jour de sa tâche trop lourde de reine, et trouvait son exutoire la nuit, l'ont conduit tout droit à l'échaffaud. Sa mort est plus charismatique (oui parce qu'une mort peut être charismatique, regarde James Dean) que celle de son mari, un roi inutile, impuissant passionné de chasse. Alors Marie Antoinette victime ou bourreau ? Stefan Sweig est moins complaisant que Antonia Fraser biographe dont la Sofia Coppola s'est inspiré pour sa Marie Antoinette, mais il n'en demeure qu'on éprouve un peu d'empathie pour cette reine malgré-elle. Mais bon mon royalisme s'arrête là. Une grosse page de l'histoire, la pré-révolution et la révolution, fierté de notre patrimoine de la mémoire, s'est enfin ouverte de manière claire et efficace et à raviver les anorexiques connaissances qu'il me restait de la révolution qu'un prof d'histoire et de dessin et de français et d'éducation civique qui s'appelait Rousseau (!!!) a tenter de m'enseigner. Je me suis réconciliée avec les biographes et une biographie c'est comme un shampooing 2 en 1, tu lis et t'apprends pour latter les autres au Trivial Poursuit ou Qui veut gagner des millions.

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  • J'aime les huîtres. J'ai cabossé ma voiture à cause d'une sotte histoire de gloss. Un jour j'ai été mordue par un berger allemand. Sinon ceci est un blog de livres.
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