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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 16:38

 

 helene-gremillon.PNG

 

La pluie tombe, encore, fine, intrusive, le ciel semble triste, en tout cas il tire assurément la gueule, un ciel de dimanche en somme....

 

Je te colle un soundrack qui se fond dans ce dimanche tout mou du genou.

 

 


 
 

 

T'ai-je déjà dit que je n'aime pas les dimanche, un truc que je me traîne depuis l'enfance, va savoir, j'aime les WE forcément, les apéros tardifs, les moments où on met pause, où les enfants traînent en pyjama toute la journée la bouche collante de comfort food, j'aime ne pas avoir à répéter "vite, allez, on va être en retard", ne pas avoir à mettre de chaussures à 7h50 AM (mes pieds aiment la liberté), prendre un deuxième petit déjeuner à 11h30, j'aime pouvoir serrer le mari dans mes bras quand je veux,  j'aime ces moments, mais le dimanche, lui je l'aime moyen. 

 

En ce moment j'ai l'impression d'être dans un épisode de Homeland (salut c'est moi la maîtresse de l'hyperbole, la marseillaise de la Manche) → Oui ok j'éxagère un peu le trait, mais je suis montée dans une sorte de montagne russe, c'est grisant, flippant, motivant, décevant, gratifiant, stimulant ++, tout ça à la fois, et j'ai l'impression que dans toute cette course où j'arrive quand même encore à privilégier les miens, je passe à côté de quelque chose d'essentiel pour moi: je t'ai déjà dit et là je te raconte pas de crack, quand je n'écris pas, même que des billets sur les bouquins, j'ai l'impression de gonfler, de me gonfler de venin, d'un truc sourd qui ne me plait pas, je suis en apnée, en suspens, je me sens revivre complètement que quand je mets de la musique et que je m'isole à balancer des mots sur mon fidèle HP.

 

Et là ça y est je redeviens mon moi total, je crois qu'il faut croire que pour être complète, j'ai besoin d'écrire, oui même des inepties.

 

Alors bien le bonjour mon moi total, ça fait quelques temps qu'on s'était pas retrouvés!

 

J'ai acheté ce livre au mois d'octobre, aussitôt acheté, aussitôt consommé, et donc ça fait 4 mois que je veux t'en parler, de lui, d'autres. Et là on est presque en février, je peux plus voir en peinture la frangipane,  j'ai pas souhaité à tout le monde la bonne année car je suis juste un sucker pour çà, bref et là enfin je prends le temps de venir te parler ENFIN de "La Garçonnière".

 

Hélène Grémillon j'en avais entendu causer avec "Le confident" (que je n'ai pas lu au passage). Je sais, parce que j'ai une mémoire aussi très "Paris Match" que je déteste (=ce qui fait de moi un peu une mégère) qu'elle est mariée à Julien Clerc, le genre de vieux qui ne devient jamais vieux, mais juste encore plus beau en mode Gérard Lanvin par ex...

 

Hélène Grémillon, je l'ai vu il y a quelques mois sur le plateau de la Grande Librairie, venir parler de son bouquin avec cette voix un peu timide, le corps moulé dans une robe en velours frappé bleue (ou rouge?), corps qui au passage pouvait largement se permettre d'être moulé dans le velours frappé, car euh, bonnasse quoi. Je suis restée fixée sur sa robe étrange, un bout de tissu presque anachronique, elle parlait beaucoup cette robe, elle pointait une étrangeté, une personnalité forte et en retrait à la fois, bref je vais t'épargner mes analyses de psychologie de comptoir de PMU, mais pour faire concis je crois que j'ai acheté son bouquin à cause de cette robe, elle avait réussi à m'intriguer (oui ok n'importe quoi).

 

Oui RHÔ ça va, on y arrive au pitch opinioné du livre.

 

Ce roman est inspiré d'un véritable fait divers. Hiver 1987, Buenos Aires: une femme est tuée, jetée de la fenêtre de son appartement. Elle est la femme d'un éminent psy qui fait le coupable idéal, mais qui évidemment ne le voit pas de cet oeil (à tort ou à raison) et demande à l'une de ses plus proches patientes d'enquêter à sa place. Plusieurs éventuels coupables se partagent la potentielle responsabilité de la mort de Lisandra, mais qui est le véritable meurtier, quelles étaients ses motivations ? Ce roman se lit comme un thriller psychologique où on sent qu'un secret lourd et sombre rend la vérité opaque, plus opaque encore qu'on ne pourrait le croire, qui plus est je te rappelle qu' on est en 1987, l'Argentine se remet à peine du chaos qu'a laissé la terrible dictature militaire, le climat est encore extrêmement tendu et confu. La Garçonnière, celle du titre, n'est ni de près, ni de loin celle que l'on croit, et le suspens fait le malin jusqu'à la dernière page.

 

Alors j'en pense quoi ?

 

J'ai plutôt bien accroché, ouais vraiment plutôt bien accroché, c'est pas mon coup de coeur 2013, mais c'est le genre de lecture valide, très valide, que je valide (dieu que je peux être nouille avec mes jeux de mots qui sentent le renard mort).

 

Je terminerai, car je peux être lourde aussi, en disant que Hélène Grémillon et son dernier bouquin sont à la hauteur de sa robe de velours rouge (ou bleue?) frappé: crédible.

 

C'est tout? 

 

Euh oui, c'est tout...

 

Bien le bonjour chez toi mon très cher lecteur, 

 

Bien à toi, tu m'avais manqué, vraiment. 

 

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 09:04

 

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Hey toi mon cher lecteur de l'ombre, guess what?!  J'ai tapé dans la rentrée littéraire française et par 2 fois ces deux dernières semaines, oui des nouveautés t'hallucines einh, t'es pas habitué avec moi, et là aujourd'hui je vais te parler de mon dernier achat que j'ai achevé de lire hier soir, enfin plutôt cette nuit. 

 

Sinon toi ça va?

 

Moi ça va, par contre j'ai froid aux pieds, je reviens je vais mettre des chaussettes, t'attends?

 

Ca y est, c'est fait. Habituellement j'ai mon chien beige qui me sert de réchauffe pied, mais cet ingrat est partie ronfler contre le sèche linge.

 

Allez j'arrête de te fasciner avec ma vie fascinante et de t'éblouir avec ma vie éblouissante, car ce matin je suis venue te parler du dernier Gavalda.

 

Anna Gavalda et moi c'est une vieille histoire restée en pointillée. Je crois que comme tous en 1999 j'ai été assez sciée par "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part", à l'époque c'était un truc assez nouveau ce ton, et puis faire du succès avec des nouvelles, c'était quand même costaud. Par la suite je l'ai suivie avec "Je l'aimais" puis "Avec ensemble c'est tout" mais avec moins d'enthousiasme, et je crois que de ce fait j'avais lâché le morceau avec  "La consolante" et "L'échappée belle", peut-être à tort. Je te refais pas le panorama en mode blockbuster des librairies, 5 livres/7 millions d'exemplaires, je passerai aussi sur les adaptations ciné, mais tout ce succès forcément ça fait naître du détracteur, de certains qui auront tôt fait de la Marc Levyiser (rappelle toi que je méprise les snobs). Bref, 4 ans après son dernier bouquin elle revient accompagnée de "Billie" avec un tirage d'emblée à 300.000 exemplaires. Et ouais.

 

C'est une histoire d'amitié, qui nait grâce à Alfred de Musset et "On ne badine pas avec l'amour". Une amitié entre Franck qui s'appelle Franck à cause (et non pas "grâce à") de Franck Alamo et son "biche oh ma biche" et Billie, petite Cosette des Morilles, maltraitée dans le quart monde au fond d'un mobile home. Tous deux ont été oubliés par la bonne fée au dessus du berceau et toute cette merde en mode Disney, et se trimballent un sacré nombre de valises remplies de rage au coeur.

 

Franck est gay, et son père est le genre légionnaire de la chrétienté qui a pété un câble depuis fort longtemps.

Billie est l'antithèse "des filles Polly Pocket. Des toutes mignonnes avec des cheveux longs, une chambre pour elles toutes seules, des paquets de gâteaux de marque et une maman qui signait bien les carnets de correspondance". 

 

Tous deux sont des " combattants de l'invisible, des délocalisés d'eux mêmes, des qui sont en apnée du matin au soir".


A force de volonté de fer et d'humour, ils se font des sortes d'ambassadeurs de la résilience, semblent faire "reset" du passé, se recassent la gueule, rejaillissent des cendres comme des phénix, se douvent à nouveau, Billy dit qu'elle fait "du travail de dentellière pour faire du joli avec de la merde", mais enfin, quand même, une sorte de bonne étoile semble se mettre de leur côté et arrêter que la vie leur fasse misère...

 

C'est certain "Billie" va déstabiliser les plus fidèles lecteurs d'Anna Gavalda, habituellement choyés par les bons sentiments, et le côté dulce de leche (confiture de lait) de son écriture et de ses personnages cassés mais blindés de bienveillance. Billie parle cash avec un phrasé de racaille-ovni de province, enfin un truc dans le style. Moi je n'ai pas eu de mal du tout à me mettre dans son écriture car force est d'admettre que j'ai moi même un écrit qui est parfois assez aléatoire - peu fleuri (on va dire pour être aimable avec moi même), et en conséquent je m'y suis coulée aisément et je n'ai jamais buté sur aucun mot travesti-maltraité-improbable, au contraire ça m'a plu. Ca m'a rappelé l'écriture incandescente d'autres bouquins comme par exemple celui ci de Junot Diaz, dans un autre registre certes.

 

En somme je suis plutôt contente de cette lecture, j'ai adhéré, mon bémol sera juste pour la fin qui m'a moins convaincue, mais pour le reste je ne regrette pas d'avoir renoué contact avec Anna Gavalda, d'autant plus que j'ai acheté ce bouquin sur un argument bidon. J'ai lu quelque part dans une interview qu'elle avait insisté pour mettre en couverture de bouquin ce petit âne du calendrier des PTT 2012, et voilà c'est ma faiblesse mais j'aime les gens qui ne se prennent pas au sérieux et qui ont de l'humour, et Anna Gavalda sache que j'ai acheté ce bouquin rien que pour cette anecdote et je ne le regrette pas. (je t'avais dit argument bidon).

 

Je te laisse mon très cher lecteur de l'ombre, prends bien soin de toi.

 

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 13:32

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(Barbie vétérinaire, le cheveu brouillon (nuit torride ?), est heureuse de te présenter le dernier de Caryl Ferey)

 

 

"Montfort sur Meu, 2 minutes d'arrêt..." (voix pas du tout caliente du contrôleur de train).

 

Le train s'arrêtait sur ce quai où il y avait en général juste un chat en train de se gratter l'oreille.

 

30 secondes passaient, car les deux minutes étaient trop généreuses, 1 personne, parfois 2, descendaient du train, et on repartait. Montfort sur Meu c'est un des ces souvenirs qui remonte dans la machine à presser le temps à 15 ans, j'avais pas franchement 20 ans, et ça m'arrivait de prendre le train dans lequel je me baffrais de Bounty en lisant de la presse féminine et des spécial Maigrir ou autre ineptie (=cruche), et ça m'arrivait de passer par ce bled. Ce village était pour moi à l'époque comme tous les bleds de campagne, une métaphore de l'agonie, un truc qui suintait l'ennui et le fouin. Ami Monfortsurmeurien, ne t'offense pas, j'ai changé de point de vue, enfin disons que je ne suis plus si allergique à la campagne même la campagne "endormie", de plus ton bled est devenu grand et plutôt moderne, comme toutes les villes de petite taille autour des grandes villes, alors oui il n'a plus rien à voir avec mes souvenirs fantasmés ou pas.

Bref en tout cas tout ça pour dire que je vois vraiment bien dans quel genre d'endroit a grandi Caryl Ferey, très bien même, et c'est ici que commence l'histoire de Caryl Ferey, à Montfort sur Meu, commune du département de l'Ille et Vilaine (Bretagne les gars).

Caryl Ferey...

 

Est-il franchement nécessaire que je te replante l'auteur ? si oui sache que la seule excuse que tu as c'est d'avoir une conjonctivite aigue chronique pour être passé à côté de mes posts enthousiastes à son sujet. Caryl Ferey a fait parti des winners de mon coeur avec "Mapuche" dans mon best des meilleurs bouquins 2012, et dans mon top 2011 il était plutôt en bonne place avec "Zulu". Bref, du coup, quand j'ai lu qu'il allait sortir un bouquin racontant ses boires et déboires avant d'être publié, je me suis dit: c'est pour moi. Ce bouquin a l'avantage d'être édité dans une version plus ou moins poche chez "Points", et donc un truc autour de 10€, ce qui te laisse des sous pour l'apéro par exemple. Ce bouquin n'en est pas à sa première édition, enfin pour être précise la première partie de ce bouquin "l'âge de pierre" a été publiée une première fois en 2006 aux éditions "Après la lune".

 

De son enfance où il brille d'être injustement inoffensif, il passe maître incontesté du "patinage artistique d'évitement de crachats dans la gueule" à sa vie d'adulte et d'écrivain en galère entre "écriture, nouilles, RMI, écriture, lettre à la banque, nouilles" son modus vivendi tout au long de son long chemin semé d'espoirs, d'embûches, d'espoirs avortés, de chute, de renaissance, d'espoir, de cassage de gueule, avec comme garde fou l'humour, l'amitié, et aussi un truc qui ressemble fort à quelque chose de niais mais vrai  et qui consiste à croire en son étoile (à savoir que l'étoile c'est toi mon gars). En somme avoir la niaque 8.9 sur l'échelle de Richter.

 

Je me suis retrouvée au milieu de ses références:  Bernard Hinault, Thiéfaine, les cahiers Clairefontaine où on fait décéder du personnage dans d'atroces mutilations, les champs de maïs, etc... même son expérience de barman dans un bar à "prostituées" dans une rue un peu sinistre du côté de la prison des femmes à Rennes a fait écho à une expérience qui aurait pu être au moins similaire, avec une certaine subtilité#attentionmomentconfessionintime: de la multitude de boulots merdicasses que j'ai pu faire, j'ai postulé un jour avec toute la candeur de mes presque 19 ans à un job "d'hôtesse de bar" qui se prénommait "Le Bengal" (tu le sens le traquenard), on y a été avec un pote et sa R5, j'ai sonné (un bar où il faut sonner en pleine journée, bof quoi), une dame en léopard d'un âge avancé et prothèses mammaires en mode "hello you"  m'a fait entrer dans son univers tout de rouge lie de vin feutré et m'a expliqué que le job consistait à accompagner le client au champagne et plus si affinité (à moins que tu aies moins de 11 ans, tu comprends le boulot non). Bref je suis ressortie de là, mon pote m'attendait dans sa R5 au bord de l'infarctus tellement il se moquait de moi, on est reparti en R5 en rigolant très fort et en buvant de la kronenbourg tiède (prestige) qu'il avait dans son coffre... Bon ok je suis un peu hors sujet mais je voulais quand même te démontrer le niveau haut de gamme des propositions d'emploi qui m'ont été faites, je pourrais écrire un bouquin là dessus...

Ok, ok, rhô ça va, je reviens à Caryl Ferey.

 

J'ai adoré ce bouquin, c'est hilarant, caustique, sincère, "la vie en vrai" des auteurs en attente dans les limbes de la publication (ou pas). Je comprends pas très bien son titre, c'est mon modeste bémol, mais franchement on s'en contrefiche car pour le reste vas-y go go go!   

 

Si tu n'as encore rien lu de Cary Ferey, admettons que ce soit acceptable, et bien commence de préférence avec "Mapuche" si tu le veux bien, car tu le vaux bien mon très, très cher lecteur de l'ombre. 

 

Caryl Ferey fowever.

 

PS: 

* Mapuche

* Zulu

 

 

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 22:20
 
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Bon toi même tu sais que je suis une lectrice plutôt très fidèle d'Amanda Sthers. C'est aussi vrai que je ne patiente jamais jusqu'à ses parutions en poche. C'est tellement vrai que j'avais réussi à lui décrocher une petite interview-livres, car de l'admiration j'en ai des tonnes pour elle. Pour elle et pour d'autres, certes...
 
Voilà son dernier roman tout frais sorti et je dirai que c'est la première fois que l'engouement et son pote l'enthousiasme se sont mis d'accord pour ne pas applaudir ce bouquin. J'ai moins aimé que le reste de la bibliographie d'Amanda Sthers. Jusqu'à présent on dira que ce sera presque "mon moins préféré" (je parle le 4 ans et demi fluently les gars).
 
Cette fois ci Amanda Sthers s'attaque au secret de famille et se charge de le mettre à nu. C'est donc un roman peut-être plus proche de l'autobiographie pour l'auteur qui admet "avoir mélangé mensonges et vérités". Quand Amanda n'a que 6 ans, un Big Bang survient dans la famille: l'oncle, le frère de sa maman, souffrant de schizophrénie se suicide et laisse sa soeur et donc la mère d'Amanda sur le carreau. « Mon oncle s’est suicidé quand j’avais 6 ans et cette mort a transformé ma mère. Le changement a été imperceptible et seul quelqu’un sorti de son ventre était susceptible de le noter. On peut être morte et tout à fait vivante. Ma mère habitait son corps mais ne l’incarnait plus." Sa mère ne sera plus jamais la même et deviendra cette "fausse maman", un peu comme une maman morte, une maman qui elle aussi n'est plus là. Cette "famille zinzin" mise en lumière par l'écrivain balade son hystérie assez commune à toutes les familles, ou presque, entre Brest, Madagascar, Paris, et Israël. Un portrait de famille au vitriol mais avec aussi beaucoup d'émotion, de douceur et de bienveillance. Elle met des mots sur les zones d'ombre, les séismes latents de cette famille, comme si ces mots pouvaient aussi guérir du mal et dompter les fantômes du passé. L'auteur confesse qu'elle a "toujours lutté contre ce livre", la culpabilité évidente de faire péter le secret de famille l'empêchait de l'écrire, puis elle s'est lancée, comme si elle ne pouvait plus avancer sans donner naissance à ce livre: "Si l’écrivain, en moi, est comblé, la femme, en moi, est mortifiée."
 
Voilà, maintenant que je te donne mon avis sur ce bouquin, au même instant je me creuse la tête en me disant mais c'est quoi finalement mon problème avec ce livre ? Certes l'écriture fébrile est un poil bordélique, comme si le livre avait été craché tel une boule de poils de la gorge d'un chat (et hop une métaphore toute pourrie), mais sinon c'est plutôt très réussi. Mais là je crois qu'on est à fond dans le domaine de la subjectivité. La mienne. Et mon problème de soldat discipliné et mon éducation que l'on doit laver son linge sale en famille, et du coup je crois que j'ai été embarrassée par ces secrets de famille que l'on fait voler en éclats publiquement, ces vérités devenues impudiques. Attention on n'est pas non plus dans de l'auto bio trash et/ou vulgaire, on y est à des années lumière, mais une fois n'est pas coutume, j'applaudis un peu moins ce dernier roman d'Amanda Sthers.  
 
Peu importe l'auteur reste quand même haut, très haut dans mon estime, elle n'est jamais là où on l'attend et c'est l'une des grosses raisons de mon admiration pour elle. J'ai particulièrement hâte de lire cette bio autorisée de Johnny Halliday qu'elle va sortir en novembre, où elle dit qu'elle fait "psy de Johnny" dans la collection atypique de bio qu'elle dirige chez Plon (cf la dernière qu'elle a faite, Liberace, et dont je t'ai déjà causé par ici). T'inquiète je ne suis pas fan de Johnny, genre loin de moi l'idée de chanter avec les cordes vocales qui vibrent d'émotion "Que je t'aime" avec un cuir à franges dans un karaoke de zone industrielle où ils servent du whisky coca sans glaçons. Loin de moi.
 
Allez je te laisse,
bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre adoré.
 
(les sources en italique sont des bribes d'interviews que j'ai trouvé dans le JDD/ et Europe 1) 
 
PS: et ouais oh miracle, genre vive Lourdes et les cierges, Orange m'a reconnecté! 
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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 11:44

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Pourquoi lire ? en voilà une bonne question qu'elle est posée .

 

Voici un bouquin dont je voulais te causer depuis le mois de janvier, hum hum...

(entends par ces hum hum que je sens méchant des pieds de ne pas l'avoir fait avant). Pourtant ce climat qui s'est presque déguisé en été m'appelle plutôt à aller me rafraîchir le gosier d'un rosé en terrasse plutôt que d'être enfermée à t'écrire sur ce qui fut jadis une chaise:

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Ceci est l'assise de mon bureau avec trou aux fesses où ma fille en se mettant debout dessus en mode Jack Ass a fait "taversé la chaise dedans" son pied (j'aime la grammaire et la conjugaison décomplexée des enfants). Et oui il faut que je m'achète une autre chaise, mais j'y suis un peu attachée, bêtement, même si elle me fait souffrir le coccyx de que comme si je revenais du tour du monde en mule sans selle.

 

 Mais bon.

 

 Et donc pourquoi lire ? 

 

Avant de te crier mes raisons, les plus évidentes, arrêtons nous aux réponses de Charles Dantzig. Dans le panthéon d'auteurs français tête à claque, on trouve certains auteurs dont Charles Dantzig. Je pense qu'à la mesure de Beigbeder on aime ou on aime pas ce type, moi je serais plutôt incline à dire qu'il me gave. Je ne reproche pas à cet écrivain  son style assez sympathique, ni son humour qui peut parfois même s'avérer efficace mais je regrette qu'il se laisse trop souvent aller à beaucoup de condescendance et donc aussi de snobisme. Et les snobs me sortent par les trous de nez. En même temps les êtres snobs sont malheureux, ce ne sont pas des hommes libres: toujours cette pression de ne pas être du côté du goût des autres, de ne pas sombrer dans la vulgarité du choix populaire ce qui se traduit en littérature plutôt mourir que de lire du best seller. Ce sont ce genre d'auteurs et donc d'ambassadeurs de la lecture qui sont responsables des réticences encore de beaucoup à prendre un livre, on leur fait croire que c'est un objet seulement sérieux, ce sont eux qui rendent la littérature poussiéreuse et inaccessible, ce sont eux les responsables. Quand tu vois que d'autres auteurs (encore une fois tête à claque) comme Chloé Delaume qui très sérieusement crache son venin de serpent ancestral et affirme que c'est "grave de se divertir avec la littérature", tu as envie de lui dire encore une fois "va bouffer tes chauve-souris et arrête de vomir ce ramassis de conneries". En tout cas par déduction si tu veux t'ennuyer comme un rat mort tu sais que lire du Chloé Delaume est une option tout à fait envisageable.

Peux pas les blairer les snobs. 

 

Bon allons droit au but j'ai très moyennement apprécié ce bouquin. Je trouve regrettable que Dantzig qui pose une vrai et belle question se soit perdu dans de l'onanisme intellectuel et nous matraque de son érudition, quand je pense que la question "Pourquoi lire ?" appelle à des réponses écrites aussi avec le coeur et les tripes, car je pense que tous les gros lecteurs convaincus sont des êtres qui ont une relation presque "charnelle" avec la lecture.  Mais bon en même temps je ne vois pas ce que j'attendais de plus d'un auteur comme Dantzig qui raconte qu'il a été scandalisé d'avoir reçu du Jules Verne à 11 ans, et donc de la vulgaire lecture de gosse selon lui, quand il dévorait du Musset ou du Verlaine, (mes lectures de "grand" à cet âge là pour moi c'était du Mary Higgins Clarck, éventuellement Maupassant, on voit qu'on joue pas sur le même terrain, clairement).

 

Bon à sa décharge même si le livre m'a gonflé assez globalement, je dois admettre et souligner certaines "vérités"  qu'il amène et que je partage. En voici un petit pot pourri:

 

"On lit pour comprendre le monde, on lit pour se comprendre soi-même" (p.21)

 

"Pourquoi lire? Pour devenir moins borné, perdre des préjugés, comprendre (p.71)

 

"Le monde qui ne lit pas est myope, le monde qui lit est loupe" (p.119)

 

  J'ai adoré cette phrase que je ne situe pas dans son contexte car elle n'en a pas besoin mais je pense la même chose que lui: " Qui ferait celà dans un monde qui réussit à vendre des t-shirts "J'adore Dior""p.166, je suis tellement d'accord... (oui j'ai vraiment un problème avec les gens qui achètent et portent ce genre de T Shirt.

 

Mais bon globalement, malgré ces phrases qui nuancent ma déconvenue (je suis polie des fois aussi), j'ai trouvé beaucoup de paradoxes, d'anecdotes intello/chiantes, et beaucoup de snobisme en intra veineuse. Encore une fois il est évident que je ne pouvais qu'attendre des réponses "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué" d'un auteur qui taxe de plouc millionnaire Stefen King et raille le lecteur de Dan Brown.

 

Si tu le veux bien mon très cher lecteur de l'ombre, je vais te soumettre mes réponses à cette question du "Pourquoi lire ?", et tu l'auras compris que mes réponses vont être plus terriennes (ou concons c'est selon ton degré de snobisme):

 

Lire rend meilleur, plus indulgent, plus compréhensif, plus attentif au monde et aux gens qui nous entourent.

Lire pour rire, pour pleurer, pour avoir peur, pour s'amuser (n'en déplaise à Chloé Delaume).

Lire pour apprendre, en somme pour être moins con.

Lire pour voyager, aller plus loin, aller ailleurs.

Lire pour apaiser, amoindrir, nuancer, relativiser, transporter dans un autre monde, emmener loin d'un ici quand il n'est pas des plus hospitaliers (là je pense par exemple à ce bouquin), ou comment la littérature peut être une arme et un bouclier contre l'obscure, j'irai plus loin et je dirai que la lecture peut-être salvatrice et certains livres de formidables alliés.  

Lire pour rêver, et pour vouloir faire de ses rêves une réalité, un possible.

Lire c'est sexy à mort (oui argument contestable, mais moi je trouve ça sexy).

Lire c'est avoir des yeux qui voient plus grand, des oreilles qui entendent plus fort.

Lire pour être plus heureux, et moins concerné par les petits aléas du quotidien, lire pour moins se regarder le nombril.

Lire pour entendre et se faire entendre.

Lire pour s'aimer et aimer plus et mieux.

Lire pour le plaisir, juste le plaisir et sans rapport aucun avec la chanson de Herbert Léonard.

Lire pour sortir sans sortir (celle là je l'ai volé à Beigbeder)  

Lire pour l'odeur du livre, pour le poids de certains mots qui viennent réveiller, stimuler, rendre plus puissant (c'est à moitié connoter sexe ce que je raconte).

Lire pour lire des mecs comme Mario Vargas LLosa. ♥

Lire pour se sortir la tête des fesses, ce qui revient aussi à moins se regarder le nombril, et donc je me répète car je l'ai déjà dit.

Lire pour faire moins de fautes d'orthographe, la dextérité de Bernard Pivot est bien loin de moi, mais certains devraient lire un peu ne serait ce que pour améliorer leur niveau analphabète de l'orthographe (ça va être super sexiste ce que je vais dire mais je trouve que c'est autant anti sexy pour une fille d'avoir une orthographe pourrie qu'un maillot pas épilé, la même horreur).

Lire pour être un peu plus intelligent et/ou alerte, en tout cas on devient moins con (crotte je l'ai déjà dit ça aussi).

Lire pour décorer sa maison aussi et pourquoi pas bordel. C'est beau un livre.

Lire pour avoir la table de nuit envahie par autre chose qu'un catalogue des 3 suisses et un radio réveil blanc qui prend la poussière.

Lire parce que on a rien trouvé de mieux pour espionner les conversations des autres dans le train/métro/resto, mais mine de rien.

Lire parce que ça fait travailler la tête, mais aussi ça muscle un peu les avant-bras, un peu...

Lire pour moi c'est comme respirer, tu vois c'est pas franchement quelque chose d'accessoire ou ponctuel, ça fait partie intégrante de ma vie, ça prend (beaucoup) de place dans mon "temps". En somme et ben c'est un truc comme vital (je fais un peu ma marseillaise), si je ne lis pas pendant un certain temps je me sens comme une baleine dans une baignoire, à l'étroit.

 

Bref voilà un semblant de réponses, de pistes, selon moi.

 

Enfin sans rancune je vais quand même te citer en conclusion Dantzig, ce qui pourrait être le fin mot de l'histoire  "Mais si, lire est indispensable, ce que beaucoup ne savent pas." p.205.

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 15:50

Je suis tel un galérien à me dépatouiller l'inspiration à t'écrire depuis mon cerveau atrophié par le manque de sommeil (fuck off mes gènes de marmotte qui ne survit qu'avec 7 heures de sommeil minimum) (ou comment je déteste les gens qui disent "moi je n'ai besoin que de 3 petites heures de sommeil") (genre comme si c'était humain/putain de martiens va).

 

Bon revenons-en à notre bouquin, car là on n'est pas dans la déconnade les gars, du tout...

 

 "Le ciel est bas et lourd, comme souvent ici, mais cela n'altère en rien la splendeur du paysage: le spleen sied à Vancouver. Ciel liquide, océan, forêt, cité... Tout se confond, tout est noyé".

 

Noyé. Noyée comme la vérité, celle que l'on veut rendre muette, car on est à l'aube des JO de février 2010  et la ville de Vancouver a décidé de montrer son plus beau plumage, mais c'est sans compter sur son ramage (adaptation free style border line de La Fontaine), et l'horreur du sillage d'un serial killer, le plus redoutable auquel aient pu se confronter les autorités canadiennes et qui viendrait sérieusement ternir l'image d'une ville sur laquelle tous les regards vont être tournés.

 

Le quartier de Downtown Eastside est le plus pauvre du Canada, un quartier qui détient de tristes records en terme de séropositivité et toxicomanie. Voilà plus de 10 ans que disparaissent dans ce quartier des putes, des junkies, des indiennes, des destins de femmes qui n'intéressent personne et surtout pas la police, selon elle "ces filles ont tout simplement cessé d'être là". Dans ce quartier où racisme, violence et misère sont le lot quotidien, la terre semble les avoir avalées.

Il va falloir l'énergie d'un amoureux désespéré pour faire jaillir la vérité, un ancien client en rédemption, Wayne Leng, lui il recherche sa Sarah. Sarah de Vries est la voix qui s'élève au dessus de toutes et c'est aussi grâce/à cause de sa mémoire qu'arrivera la sinistre et atroce réalité du sort de ces disparues. Plus tard, et trop tard, on arrêtera en 2002 un serial killer à qui l'on impute le meurtre d'au moins 69 femmes, pourtant le maire et les services de police sont en possession de preuves accablantes depuis 1998, mais il faudra 4 ans (et combien de femmes sacrifiées en plus...) pour que les autorités passent enfin à l'action.

 

 Ce livre est sorti chez Grasset en 2010, délibérément la même année que les JO, l'auteur qui a vécu un temps au Canada  confie: "J'ai horreur du sport, et de l'hypocrisie. J'aime gâcher la fête en général», mais la vérité c'est qu'elle a voulu réparer cette injustice criminelle, et également condamner l'inaction sournoise et donc complice des services de police et autorités de Vancouver. Elise Fontenaille a désiré donner une voix à ces disparues, leur rendre hommage, la part de fiction quant à elle est extrêmement maigre « Le taux d’invention est de 0,1 % et il ne porte que sur des détails insignifiants ». Les faits sont exacts et dépassent l'imagination, un récit poignant, et émouvant où les détails scabreux ne nous sont pas épargnés, et qui va au delà de cette affaire atroce, car il est aussi le révélateur d'une société fracturée, potentiellement raciste. En effet l'auteur voit dans dans ces crimes un parallèle avec l'ambiance d'apartheid envers les natifs, comme une prolongation du génocide des blancs canadiens sur les indiens au 19°Siècle.

 

 "Les Disparues de Vancouver" fait aussi écho à un livre de photos réalisées par Lincoln Clarkes, inspiré par les filles du Downtown Eastside et qui les a photographié « comme si elles devaient faire la Une de Vogue, comme si chacune était Sharon Stone ».

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Bon on ne va pas tourner autour du pot, je te recommande vivement la lecture de ce bouquin qui vient de sortir en livre de poche, un livre qui se lit en rien du tout comme temps, genre la moitié d'un épisode de Top Chef, tu vois. 

 

Bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre.

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 10:17

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Warning: billet écrit avec du sang de bisounours.

 

Voici de la littérature cold cream ou baume au coeur, de la littérature avec de la bonne humeur, de l'humour, de l'amour qui ne dégouline pas minablement, mais plutôt s'insère dans le coeur diffusant un je ne sais quoi de réconfortant. C'est de la littérature qui fait du bien. Un peu comme quand tu lis du Anna Gavalda ou du Philippe Delerm, mais avec une originalité différente, un truc en plus qui m'a bien plu, sans que non plus les bras et la bave m'en tombent d'émotion transie, mais j'ai passé un chouette moment. Très chouette. Très, très chouette.

 

Nathalie est cadre dans une entreprise suédoise qui a je crois un lien avec Krispolls. Un dimanche son bonheur conjugal se voit anéanti, et la laisse sur le bas côté de la route de la vie, inconsolable. Mais un jour s'ouvre une possibilité de remède certes au préalable improbable: un mec, un mec qui  ne paie pas de mine, le genre de type insipide et transparent que personne ne calcule: "Markus était un homme ponctuel, et aimait rentrer chez lui à sept heures quinze précises." Et là commence une histoire, et là commence l'éloge de la délicatesse dans les rapports amoureux.

 

Attention parenthèse et instant sponsorisé par l'ami Ricorée : Bordel! de la délicatesse, on en a tous besoin, il n' y a que les blasés du myocarde, ceux qui ont les artères coronaires rongés par le cynisme qui croient ne pas la nécessiter. On a tous besoin de laisser entrer en nous des arcs en ciel, des maisons bleues adossées à la colline, des chariots d'étoiles (oui encore de multiples références musicales foireuses...)... (désolée, on va mettre ça sur le dos des hormones).

Donc voici un livre à ranger dans la catégorie des livres Prozac. Comme je te disais l'humour et la dérision tissent aussi ce roman, qualités qui semblent être la signature de cet auteur à l'écriture-scalpel irrésistible. Son premier grand succès littéraire fut "Le potentiel érotique de ma femme", et vient de sortir chez Gallimard "Les souvenirs". Pour ma part j'avais noté il y a quelques temps le bouquin "Lennon", dans la catégorie des autobiographies fictives de chez Plon dans lequel avait oeuvré déjà Amanda Sthers avec Liberace, et j'y reviendrai.

 

C'est étrange quand j'ai lu ce bouquin j'ai pensé à "Belle du Seigneur"... Ce qui est d'autant plus étrange c'est que je n'ai jamais lu ce bouquin (oui donc étrange et n'importe quoi), et je viens de lire qu'il s'agit du livre culte de David Foenkinos... Comme quoi... 

 

Bon ce livre est sorti en 2009, donc à défaut d'être dans l'actualité littéraire (une fois de plus), je suis au moins dans l'actualité cinématographique et musicale. Je n'ai pas vu le film qui vient de sortir avec Audrey Tautou et François Damiens (entre autres), pourtant je suis assez curieuse de voir ce qu'en ont fait  l'auteur et son frère, Stéphane, dont je t'ai déjà parlé avec 55 écrivaines par Stéphane Foenkinos à la Galerie Dupin, Paris ( j'aurais tellement voulu voir son expo et même soyons fou, j'adorerais avoir chez moi son portrait de Barbara Cartland...). 

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Sinon on est aussi dans l' actualité musicale, ben oui, parce que la BO a été composée par la OH talentueuse Emilie Simon et son album tout chaud sorti "Franky Knight", de la délicatesse en barre aussi cet album, moi pour ma part, je reste avec celle-ci:

 

 

 

Bien à toi, mon très, très cher et délicat lecteur de l'ombre.

 

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 09:24

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(J'ai calé le livre entre les cuisses de la barbie de ma fille, c'est ce qu'on appelle faire une introduction avec le sujet:Jayne Mansfield= une sorte de Barbie (enfin une barbie qui aurait mal tourné). Sinon je lui ai dessiné un maillot de bain à barbie car on frisait l'indécence avec ce grand écart facial. Sinon encore je lui ai dessiné des poils niveau aisselles-maillot pour qu'on sache une fois pour toutes que Barbie est une fausse blonde, et surtout parce que j'ai 7 ans et demi d'âge mental (j'ai failli lui faire un duvet entre les deux yeux aussi))

 

Jayne Mansfield.

 

C'est elle.

 

 

Sex symbol des années 50, elle rêvait de ravir la vedette à Marylin Monroe, mais en fait elle avait beaucoup plus la grâce et la classe d'une Anna Nicole Smith que d'une Dita Von Teese par exemple. Piètre actrice, elle passait de navets en navets, et  monnayait ses prestations artistiques (strip tease + chansonnette) pour la bagatelle de 9780$ la soirée. Mère de cinq enfants et de genre 5000 chihuahuas (plus ou moins), elle menait une vie de patachon comme dirait ta grand-mère et commençait ses journées au whisky (un petit déjeuner pas du tout l'ami Ricorée tu en conviendras). Elle carburait également au "champagne américain, LSD et les cachets Bleu et Blanc de Dexedrine", tu rajoutes à ce petit cocktail santé, des relations conjugales tumultueuses et un vif intérêt pour le satanisme (le satanisme était dans les années 60 le yoga de maintenant) (ou presque), enfin en somme Jayne Mansfield réunissait tous les critères de la machine à scandale, que même Lindsey Lohan et Britney Spears en goguette font figure d'oies blanches à côté.

 

Du coup tu t'attends à une biographie gratinée, non ?

Et bien pas du tout, ceci n'est pas une biographie, il s'agit seulement des derniers instants de vie de Jayne Mansfield, les dernières heures, les derniers jours puis les deux dernières années (1966-1967)...

Du coup j'ai été un peu surprise de la structure et du fond du bouquin, d'un de ceux que j'avais pourtant mis tout en haut de ma wishing list de la rentrée littéraire. Je suis encore un peu passée à côté, m'enfin ça reste quand même du Simon Liberati (dont je t'ai causé ici), et du coup je lui pardonne de m'être trompée... J'ai un petit bémol en plus c'est que je me suis sacrément perdue entre les milliers de noms, dates et faits, mais bon je ne vais pas lui en tenir rigueur car Simon Liberati a quand même suffisamment de crédit en tant que très bon écrivain pour ne pas lui mettre des parpaings*, de ma très maigre légitimité de blogueuse à mettre des parpaings* à des auteurs, surtout que quand même ça m'a plu. 

 

*(petite parenthèse vocabulaire: mettre des parpaings= avoiner, critiquer fortement, pourrir sa face, ne pas apprécier)

 

C'est un livre qui a commencé à partir d'une photo terrible, celle d'un accident, une voiture broyée, une Buick pour être précise (ce qui est vachement plus classe qu'une Kangoo), une photo que se trimballe l'auteur Simon Liberati depuis ses 20 ans, celle du destin scellé de Jayne Mansfield qui termine décapitée dans cet accident sur une route de Louisiane, "aux basses heures de la nuit".

 

C'est un roman de la décadence, de l'american dream version bad trip (j'avais écris Brad Pitt je suis à moitié dyslexique moi), du rêve de gloire fracassé à la racine par cette nécessité malsaine de briller coûte que coûte, à n'importe quel prix, et de se prendre les pieds dans son destin, jusqu'au jour fatal de l'accident, sur cette route de Louisiane où j'imagine le croassement sonore des grenouilles dans les marécages, des apéricubes pour les crocodiles.

Pour  celle dont le mot favori était crescendo, et qui déclarait "I believe in flashy entrances" elle aura été fidèle jusqu'à la fin à son credo.

 

Bien à toi mon très, très cher lecteur de l'ombre.

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 15:04

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Bon je vais te faire un aveu: ce bouquin ça fait au moins 4 ans que je l'ai dans ma chambre faisant compagnie à la poussière impitoyable et belliqueuse de cette ville au climat sec comme le corps d'un lévrier. Il a tellement attendu que ses pages se sont jaunies. Tu veux que je te dise pourquoi ?

 

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Parce que je me suis toujours pas remise de la mort de la mère de Bambi.

 

Oui attention je vais te soulever du Freud par tonnes, mais moi les livres où les mères meurent je peux pas (je ne te parle même pas quand ce sont les enfants qui meurent, des livres comme "Tom est mort" de Marie Darrieussecq, ou le dernier de Nicolas Fargues qui parle aussi du deuil pour l'enfant c'est juste impossible comme lecture pour moi), enfin globalement des livres où il y a des êtres chers qui disparaissent me font pleurer comme si c'étaient des gens qui m'avaient été proches aussi, comme si finalement ces personnages, d'encre et de papier rappellons-le, avaient un coeur. Je suis nulle, et ça m'énerve.

Donc voilà quoi la faute à Bambi, je crois qu'on a pas fait plus traumatisant pour un gamin comme dessin animé. Bon bref Bambi a le dos certainement large, mais moi en tout cas je ne lis pas de livre de deuil, même si ça ressemble d'assez prêt à un livre initiatique pour cracher et affronter le deuil, et non pas se laisser pourrir dans le chagrin.

 

La mère de Mathias meurt à 19h30. "Comment on va faire maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi ? Qu'est ce que ça veut dire la vie sans toi ? Qu'est ce qui se passe pour toi là ? du rien ? du vide ? de la nuit, des choses du ciel, du réconfort ?"  Seul sur le parking de l'hôpital hébété par l'horreur de la disparition de sa mère, il ouvre malgré tout le sac contenant les effets personnels de sa mère. Il y trouve une petite horloge, un coucou,  avec comme inscription au dos "Pour vous aider à combattre la mort: Giant Jack, passeur entre les mondes, médecine par les ombres, spécialiste des problèmes de vie malgré la mort". S'en suit une rencontre avec un géant de 4m50 atteint de scoliose, un géant qui va l'aider dans toute cette tristesse, cette colère, cette impuissance: "je n'ai plus de sang, j'ai de la nuit dans les veines, noire et glacée."

Quand tu lis ce livre, tu ne peux t'empêcher de penser à Tim Burton, à Roald Dahl aussi, c'est dire le talent de ce Mathias Malzieu.

Je vais pas te la faire biographie pour incultes en te disant que Mathias Malzieu est aussi le charismatique chanteur de Dionysos, je vais pas te dire mais si putain, celui qui chantait "Song for a jedi", ce serait vraiment te prendre pour une bille de le faire. J'ai un peu de sa musique chez moi que ça fait longtemps que j'avais pas écouté, mais je viens de regarder à nouveau quelques vidéos dont celles de son album "Monsters in Love" qui est sorti en 2005, tout comme ce bouquin, en somme cet album est la BO de ce livre (écoute donc par exemple Giant Jack). 

   

Ce livre est son 1er roman (en 2002 il avait écrit un recueil de nouvelles "38 mini westerns avec des fantômes"). C'est un livre cathartique écrit "pour mon père et ma soeur, en souvenir de ma mère" un livre pour exorcicer toute cette douleur qu'on sait pas du tout ce qu'on va en faire, comment on va la dominer et puis l'apprivoiser et vivre avec car il faut bien continuer à vivre. Malgré mon peu d'empathie pour la littérature qui fait un peu dans l'initiatique, j'ai trouvé çà émouvant, très beau, poétique et barré, définitivement extrêmement talentueux, après t'as l'impression d'écrire comme Nadine de Rotschild à côté:

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(no comment)

 

Internationalement Mathias Malzieu est en train de cartonner,  j'ai vu ce bouquin avec "La mécanique du coeur" en top ventes dans un hypermarché au fin fond de l'Andalousie: 

 

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Pour info, Mathias Malzieu vient de sortir un autre bouquin "Métamorphose en bord de ciel", moi je dois admettre que je suis aussi pragmatique et carrée qu' un GPS alors la littérature onirique et je vais te faire rencontrer des fantômes qui se nourrissent de brouillard, c'est pas ma tasse de thé à la base, mais j'ai été très séduite par Mathias Malzieu, je dis pas  que je lirai tout ce qu'il a écrit, mais quand même pour quelqu'un qui comme moi est assez Chuck Norris de la corde fantastique et bien j'ai aimé.

 

Je te laisse mon très cher lecteur de l'ombre, en compagnie d'une très jolie phrase du livre:

 

"Il m'a dit que les livres étaient de bons outils pour se battre contre la nuit".

 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 16:39

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Je me souviens de je ne sais plus qui de ma famille, se moquant de mes magazines 20ANS qu'il (ou elle ?) considérait du même degré que le jeu Secret Girls ou du même niveau qu'un épisode de Beverly Hills que c'est bien connu que les filles de mon âge faisaient qu'à baver devant Dylan guettant la vague, le corps moulé dans une combinaison en néoprène face au Pacifique et se saoulant à un truc qui ressemblait fort à de la Corona (comme si on pouvait se saouler avec de la Corona).

Je ne sais plus qui se moquait de moi, et j'ai tellement mauvaise mémoire que ça se trouve que ce n'était pas du tout quelqu'un de ma famille, mais le fait est que les gens qui n'ouvraient pas ce magazine avaient tendance à le ranger dans la catégorie de la presse pour néo- pubères, genre disons comme Jeune et Jolie. Ce qui revient à comparer Justin Bieber avec les Slipknot...

 

                   Justin Bieber bio          VERSUS    slipknot-02

 

Le magazine est né il y a cinquante ans, mais le livre revient en particulier  sur la période d'Isabelle Chazot quand elle était rédactrice en chef, c'est elle réellement qui l'a révolutionné entre 1992 et 2003.

20ANS était une bombe, un magazine comme le présent actuel de la presse (et le probable futur aussi je crains) ne laisserait jamais prendre vie, les annonceurs garants de la survie d'un magazine fuiraient, et les tests marketing auraient tôt fait de démontrer par un calcul A+B que la revue ne peut exister (c'est à dire se basant seulement en terme d'objectifs financiers démesurés car c'est aussi à çà que servent les tests marketing, et ne pas prendre en compte l'humain, le désir de l'humain, les nuances de l'humain et raisonner en terme de tranche d'âge, échantillonnage, etc...). Bon je laisse tomber car mon discours anti-capitaliste en réalité s'arrête à la porte du Starbuck's.

 

Je vous parle de 20ANS, un magazine qui représente un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (à chanter en faisant trembler la voix selon la chanson très célèbre de Pierre Perret), un temps où le ton n'était pas muselé par le politiquement connaître, le ton assouplit à la soupline ou autre adoucissant, l'humour qui frôlait très souvent l'absurde t'arrachait des larmes qui te ruinaient ton mascara mauve acheté chez le Yves Rocher de ton bled (oui on avait des goûts de merdasse niveau maquillage à l'adolescence). Garder chez soi un magazine 20ANS c'est comme de garder un petit bout du mur de Berlin, c'est conserver un petit bout de révolution, un petit pan d'histoire, pour montrer à ses enfants plus tard, et leur dire voyez les gosses quand j'étais mioche ce qu'on se poilait. (oui ce n'est pas de Pierre Perret la chanson, je voulais voir si tu suivais mais d'un certain Aznavour, tu connais ?)

 

Ce livre c'est l'histoire de cet OVNI, de comment il a fait sa place, briller puis sa triste fin. Le bouquin a été pensé par Marie Barbier qui est l'une des créatrice des Editions Fromentin, maison d'édition qui a publié un de mes coups de coeurs de l'année dernière "Comment je n'ai pas rencontré Britney Spears" d'Elise Costa (par ici et par ).  C'est un livre-hommage à ce magazine, à ceux qui l'ont fait, on retrouve les témoignages nombreux de la rédactrice en chef Isabelle Chazot, de collaborateurs variés, des chroniqueurs qui parfois se planquaient sous des pseudos délicieux (Paul Pote, Eugène Mansfield, Lucie Ferrine , etc...), des auteurs comme Simon Liberati, Alain Soral, Diastème dont je vais te causer dans un instant (dans ce livre un chapitre entier et bien mérité lui est dédié).

 

Ce bouquin livre de nombreux articles qui ont fait la grâce de ce magazine: "Le marxisme expliqué aux jeunes", "Le destin de Marie Louise Ciccone" (Madonna, pour les incultes), "Est-ce que les minets vieillissent bien ?" "50 raisons de ne pas suivre un cours de théâtre"  et j'en passe et des meilleurs.

20ANS c'était aussi un horoscope où tu pouvais lire par exemple çà: "Poissons: Mieux vaut encore écouter l'intégrale Francis Lalanne que de faire votre horoscope en ce mois plat comme les cheveux du susdit. Effets secondaires: risques de somnolence".

20ANS c'était encore des géniales interviews, dans ce livre on retrouve celles d'Albert Dupontel et Michel Houellebecq, ce dernier étant d'ailleurs un peu une sorte de mascotte du magazine, d'où le ton peu complaisant en général de 20ANS envers le couple (ben disons que Richard Anthony est un peu l'antithèse de Michel Houellebecq).

Bon à ce sujet je voudrais faire une mini digression. Assurément (ça en jette de dire assurément) j'appréciais beaucoup les articles assassins de 20ANS qui mettaient des rafales au couple, mais d'une manière générale je suis gavée des auteurs blasés du myocarde qui font leur fond de commerce en vomissant sur le couple, même le couple qui se balade avec des joues toutes rebondies d'amour réciproque, et bien que je sois allergique à la Saint Valentin (rappelle-toi par ici), bien que je sois une grande admiratrice de Dorothy Parker qui était moyennement sympa avec les couples, et bien, ça me les brise menues ceux qui ont une rhétorique anti-amour. Fuck off!

 

Je suis globalement en accord avec tout ce que peut dire dans ce bouquin Isabelle Chazot, la tête brillement pensante du 20ANS- good times, mais je voulais quand même revenir sur une partie du livre où j'ai marqué un grand " pas DU TOUT d'accord": elle rappelle qu'elle n'aurait pas pu travailler avec "des journalistes youp'la boum, qui ont la "positive attitude", une vision trop lisse des choses de la vie." Je pense qu'on peut posséder un optimisme inébranlable mais avoir cette dérision qui met en relief les aspérités de la vie, on peut être d'une humeur toujours égale et gaie assez comparable, certes, à nos amis les labradors, mais avoir une vision de la vie qui est à mille lieux d'être lisse comme la surface d'une carte postale. Ca je le défends, et en général la mélancolie et le cynisme m'emmerde. C'est tout, je voulais le dire car j'étais pas en accord avec cette opinion.

(Ca s'est fait)  

 

Mes bémols en ce qui concerne ce bouquin sont rares mais je voulais quand même relever les suivants: une mise en page un peu tristounette pour un magazine qui était aussi visuellement irréprochablement hilarant, c'est un peu dommage, et puis j'ai trouvé parfois que l'organisation du livre même si elle est chronologique est un poil bordélique.

Mais bon je crois que l'essentiel c'est d'avoir eu l'idée de ce livre que je trouve non seulement géniale mais nécessaire ne serait ce que pour se rappeler que le temps passé laissait plus de champ libre à la parole dans la presse, à l'improvisation, la spontanéité, l'originalité, et aussi se rendre compte, amer, qu'il n'y a plus d'équivalent dans la presse actuelle...

 

Je voulais juste revenir sur Diastème, car c'est celui qui m'a le plus marqué dans la dream team de 20ANS. J'ai lu quelques bouquins de lui par la suite, pas les derniers, il y en a un qui d'ailleurs regroupent ses chroniques pour 20ANS, "Chienne de vie, journal d'un inadapté" paru en 1996 mais qui semble presque introuvable malheureusement, je l'ai vu sur amazon à 44,99 €, j'en ai encore mal aux yeux, mais le reste de sa bibliographie est accessible.

  P5120338

 

(oui tu auras reconnu sur la photo Betty Boop, un des célèbres personnages de Hans Andersen)

 

De mes bouquins de Diastème, il me manque "Un peu d'amour" qu'est pas sur la photo, rapport à ce que jadis  je l'ai prêté à quelqu'un qui ne me l'a pas rendu, et rappelle toi que ça a le don de me mettre dans une colère assez proche de quand quelqu'un avait rayé la bagnole de tonton Robert sur le parking du carrefour Market) (Tonton Robert met une bâche sur sa voiture, qui est pourtant enfermée dans le garage, pour la conserver dans un état casi virginal)(et oui...)

 

Par ailleurs je viens de découvrir que Diastème tient un blog, sa tête sur la photo me fait penser un peu à Mickey Rourke, le blog s'appelle "En Beauté", et il l'est, encore un blog de rajouté à mes favoris. Il va de soit que je te conseille d'aller y jeter un oeil, d'ailleurs je te le somme.

 

Bon c'est pas le tout mon très cher lecteur de l'ombre, mais moi j'ai piscine*, je sais pas toi, mais là je peux pas continuer à squatter le blog.

 

* quand je dis j'ai piscine c'est une métaphore de que j'ai d'autres chats à fouetter que de continuer à causer. Comme toi tu devais probablement avoir piscine le jour où je t'ai demandé une photo d'un petit bout de ta bibliothèque, bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre qui a tellement piscine qu'il doit être très probablement l'homme de l'Atlantide. Je t'embrasse. imagesCAYHPCKS

 

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