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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 08:21

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Oui je sais, je suis à la nouveauté littéraire, ce qu'est la sobriété conjugale à Hugh Hefner (on a les références qu'on a les gars). Tu sais bien qu'à quelques exceptions près, je ne saute pas sur les parutions d'actualité je fais appel à ma patience jusqu'à la publication en format poche (c'est la raison budgétaire qui parle). Bref je t'apprends rien c'est le genre de bouquin qui a fait beaucoup de bruit en 2010, et je m'étais gardée sous le bras cette envie de le lire jusqu'à ce que je tombe dessus.   

 

Jim embarque son fils de 13 ans pour une parenthèse : 1 an sur une île humide et isolée au fin fond de l'Alaska. Le danger gronde, dès le départ on devine que cette entreprise de se retrouver en marge de la civilisation bouillonnante sera vouée à l'échec, par contre on est loin d'évaluer vraiment l'ampleur de la tragédie. Certes l'ambiance est nauséabonde, et le paysage devient aussi sinistre que la situation dans laquelle le père enfoui son fils, mais le pire reste à venir...

 

Je savais qu'avec ce bouquin on était  sur du drame, mais je m'attendais plus à un trip genre "Into the Wild", ou du moins une issue à cette intrigue plus en mode "un ours attaque et ça se passe moyen"...

Bref j'étais complètement à côté de la plaque.

 

Bon c'est compliqué de ne pas faire mon spoiler, et rassure toi je ne vais pas te gâcher l'issu de ce "suspense", mais j'ai trouvé ça tellement violent, triste, énervant, que je n'ai pas réussi ni à relever la beauté du texte, ni des paysages brutes, ou à peine. 

 

Ce livre fait écho à un drame personnel de l'auteur et le suicide de son père, donc oui en gros j'aurais du m'en douter que ça allait pas du tout être un moment "prout d'aisselle" cette lecture, mais je crois que j'ai été vraiment heurtée au coeur par cette histoire. Je m'y suis embourbée, je sentais le dérapage, je sentais que ça allait complètement partir en cacahuète mais quelque chose au fond de moi, un truc du domaine de mon positivisme exagérée espérait encore une autre issue, pas forcément un happy end, mais un truc un peu moins 8,5 sur l'échelle de Richter du glauque. Bref j'ai pas aimé.

 

Oui mon argumentation est un peu faiblarde et dégoulinante de subjectivité.

 

Mais quand même j'ai pas aimé.

C'est dit.

 

 

 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 21:40

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Ca y est, tu l'as ton soleil, ton rosé et les brins de thym d'olives coincés entre les dents, t'es content? Moi je suis assise avec un thé déthéiné (oui, n'importe quoi), le soleil décline et s'est déjà planqué derrière l'immeuble d'en face, le chien et les enfants ronflent, le mari est à un concert de metalcore, ça sent le barbecue dans mon appart, sauf que c'est quelque part ailleurs mais pas chez moi que ça se trame ce barbecue, mais bon...

 

Bref toujours est-il que je viens ce soir te causer d'un livre, enfin plutôt d'un recueil de nouvelles trouvé à un euro sur une braderie vendu par un mec barbu mais pas barbu je suis hype et genre je me la joue  "je come from Nashville ou Portland", non plus je suis barbu et je suis plutôt pas mal mais je m'en tape, et que bien m'en a pris de lui acheter son bouquin à ce barbu, car il est plutôt très chouette (le livre, oh tu suis).

 

Comme je te le disais dans ce post là, j'avais déjà des vues sur Ben Fountain et j'attends de pouvoir lire son autre bouquin "Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn" qui plante la question de l'engagement US en Irak, mais you know me, là maintenant que j'ai vraiment attendu, je peux patienter quelques mois en plus, pour le lire en version poche

 

"Brèves rencontres avec Che Guevara" c'est huit nouvelles assez coup droit dans ta face: il y a un jeune ornithologue qui se retrouve captif des Farc, un champion de golf qui cède aux sirènes de dirigeants Birmans, il y a ces pêcheurs en Haïti qui font un pied de nez à la corruption gangrénante de leur pays, il y a cette employée d'une ONG au Sierra Leone qui abandonne son coeur à un trafiquant de diamant, etc exétera... C'est malin, brillant, polyvalent, ironique, sensible, et du coup je n'avais qu'une question en tête:

 

      Mais who the fuck is Ben Fountain?

 

Moi à la base j'ai une vraie curiosité, quand j'apprécie un bouquin, d'essayer d'en savoir plus sur l'auteur. En ce qui concerne Ben Fountain j'étais complètement intriguée, et plein de fois dans mon lit sous ma couette en le lisant, je me disais "mais t'es qui toi mec pour écrire ce genre de choses" car il a une connaissance géopolitique si ample et ce sur plein de pays sans points communs, il possède également une appréciation précise des crises humanitaires et de la corruption, que je voulais comprendre qui est cet auteur. Et bien si tu cherches des infos en Français tu peux te brosser déjà, et même en Anglais c'est pas non plus hyper dense, mais j'ai trouvé quand même de quoi me mettre sous la dent: en fait Ben Fountain est un mec courageux qui a décidé de quitter une carrière brillante d'avocat pour se consacrer à l'écriture, entreprise qui va se révéler ardue car le succès va être loin d'être immédiat mais "tout vient à point qui sait attendre" et enfin après plusieurs années c'est avec ce recueil de nouvelles qu'il passe définitivement au statut d'auteur reconnu, recueil qui a gagné une montagne de prix, dont le prix Pen Hemingway, ce que je crois être un peu la classe à Dallas quand même les gars. Ben Fountain est un autodidacte, un vrai curieux, un voyageur même si c'est tardivement qu'il se décide à voyager (son premier voyage hors du sol US, il le fait à 33 ans, et d'ailleurs il se moque de lui même en disant que cela lui fait un point commun avec Bush Jr). En somme j'ai beaucoup d'admiration pour ce genre de personne, et oui je suis absolument conquise.

 

Je te balance quelques phrases comme çà en vrac qui m'ont plu:

 

"Il n'arrivait pas à comprendre ce qui lui arrivait, mais il savait que c'était en rapport avec la cruauté banale de ceux qui n'ont jamais sauté un repas ni ne se sont jamais retrouvés avec un pistolet collé sur la tempe." 

(Cette description des généraux Birmans): "C'étaient d'étranges petits bonshommes, des types plutôt laids, bedonnants, aux fins cheveux teints, et qui possédaient à peu près tout l'attrait d'une bouteille de formol. Accueilli par l'atmosphère glacée qu'engendrait leur absence de charisme etc..."

"Elle éprouvait une méfiance instinctive à l'égard de l'argent et du luxe, sans compter que son ascétisme militant se trouvait renforcé par un très faible seuil de tolérance pour l'ennui".

"Si Pa avait un défaut, ce serait une tendance au pessimisme, mais il fallait reconnaître que dans la majorité des cas, c'était simplement témoigner de réalisme".


Ben Fountain peut autant te parler d'amour, que de bêtise humaine, mais aussi d'héroïsme muet, de ces personnes dont la bienveillance donne somme toute une belle leçon d'optimisme.

Voilà je te le dis je suis conquise.

 

Bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre, je te quitte sur une phrase sur laquelle je suis tombée dans une interview de Ben Fountain et que j'ai trouvé fort jolie, bien qu'évidente:

 

"To be a writer you have to be born to that struggle, and you won’t be satisfied living any other way."

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 11:10
 
   
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Mon très cher et wonderful lecteur de l'ombre, la journée aurait pu mal commencer: je viens de laisser infuser mon thé tellement longtemps qu'il a un goût qui oscille entre le café version eau de boue et/ou de jus de pneu, mais voilà ma journée ne peut pas mal débuter car je viens te parler d'un coup d'amour, d'un coup de soleil, d'un coup de je t'aime, et donc let me introduce le meilleur bouquin que j'ai lu depuis Mapuche (bouquins qui n'ont aucun rapport, je précise):
 
??!!!?
 Einh mais c'est quoi ça ? tu te dis. Et bien c'est comme une petite vidéo, un peu absurde, kitsch et mignonne qui illustrerait à merveille ce bouquin. .
 
Mais avant tout, let me te résumer le bouquin comme je sais le faire avec  virtuosité incohérence:
 
Bernadette est un génie, elle est entre autres le cerveau de la maison 20 km, maison pionnière en terme d'écologie pour l'époque et qui utilisait uniquement des matériaux trouvés dans un rayon de 20km.
Bernadette a été tellement forte là où elle excellait (l'architecture, tu suis un peu), qu'elle a raflé la bourse Mac Arthur (ce qui est manifestement la classe à Dallas chez les architectes).
Mais Bernadette a lâché tout, et s'est installée à Seattle dans une sorte de Wisteria Lane avec des voisines qui n'ont rien à envier à Bree (la moins cool des Desperate, tu en conviens).
 
Bernadette râle beaucoup et exècre les gens qui ne sont pas foutus capables de faire la différence entre une enchilada et un burrito, elle manifeste une aversion évidente pour la ville de Seattle et affiche un mépris tout aussi flagrant pour l'Idaho " Ajoutant l'insulte à l'offense, il se trouve que parfois ces voitures sont immatriculées dans l'Idaho. Alors je me dis : Mais qu'est ce qu'une voiture de l'Idaho peut bien faire ici ? C'est alors que la mémoire me revient: C'est vrai nous sommes voisins! Je me suis installée dans un Etat qui jouxte l'Idaho! Alors, le peu de vie qui reste en moi fait "pfuit"". 
   
Bernadette commence sérieusement à péter une durite du cerveau et son mari affolé envisage de la placer dans une clinique de repos, le genre d'endroit où Lindsey Lohan va régulièrement se mettre au vert (en vain).
Bernadette s'enfuit.
Bernadette disparaît.
Peut-être que Bernadette est morte.
 
Son mari, Elgin Branch, est une sorte de Gourou chez Microsoft qui bosse sur un projet qui s'appelle "Samantha 2". Accessoirement il utilise quotidiennement une poire à lavement nasal, et j'ai trouvé çà suffisamment anecdotique pour le préciser ici-même, dans mon résumé.
 
Sa fille est une rescapée de plusieurs lourdes chirurgies, une ado extrêmement intelligente qui possède une sratégie au jeu Risk qui consiste à occuper tout de suite l'Australie. (NB: à vérifier s'il s'agit d'une stratégie payante). Sa fille est convaincue que sa mère est partie se planquer quelque part en Antartique, mais je ne t'en dis pas plus. 
    
Il s'agit d'un livre hilarant et fin, intelligent et brillant, mignon et attendrissant, c'est aussi barré, joyeusement barré, ce livre est parfait et plus que sacrément bien gaulé (oui, ami sceptique, un livre peut-être bien gaulé), en bref, tu sais quoi, c'est le livre qu'il te faut. Je crains qu'il ne soit pas nécessaire de le préciser mais le climat de l'actualité actuelle c'est pas la fête du slip, et pour continuer à winner de l'onde positive je te propose ce bouquin. Tu ne le regretteras pas. Hell yeah!  
Le livre a été publié en aôut 2012 (Where’d You Go, Bernadette) édition Little, Brown & Co, US. Devant l'avalanche de bonnes critiques et de prix, les Editions Plon (Janvier 2013)  n'ont pas tardé à raflé le bouquin et le faire traduire, well done les Editions Plon! L'auteur, Maria Semple, est la fille de celui qui a adapté Batman en série (ce qui fait donc de moi une piètre fan de Batman car je n'ai jamais vu cette série). Elle a longtemps été scénariste pour plein de séries style Beverly Hills, 90210, Ellen, Mad About You and Arrested Development, puis s'est lancée dans l'écriture de romans, "Bernadette a disparu" est son deuxième bouquin. Maria Semple a un site Web qui est top ce qui est assez surprenant pour le notifier car les sites webs des auteurs sont très souvent très pourris, genre ce dernier vu en date  qui ressemblait fort à rien du tout, si ce n'est à un cauchemar pour infographiste. C'est un aparté mais je suis quelqu'un de très sensible à l'esthétique, à l'originalité, au côté pratique d'un site web, et force est de reconnaître que les sites web d'auteurs sont très souvent à chier debout (excuse my french).
  
Allez tu vas prendre sur ta pose déj', ou n'importe quel moment de mini liberté qui t'est imparti pour ouvrir la porte d'une librairie et acheter ce bouquin. Ok ? Si tu ne le fais pas sache que tu me déçois, beaucoup, et que tu sens le prout (voilà c'est dit je crois que tu l'auras compris que tu n'as pas d'autre recours que de t'accaparer ce bouquin).
    
From me to you, mon très cher lecteur de l'ombre. 
          
     
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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 14:17

 

 

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 Il fut un temps, jadis, avant, quand j'étais pas tout à fait en accord avec la réalité de mes compétences, je voulais être criminologue (même mon chien beige ricane). Je me voyais mener des enquêtes, "profiler",  et arrêter du serial killer pour lesquels j'avais un certain intérêt (en même temps je crois que dans les années 90 les serial killer étaient un intérêt à la mode, tout comme les chemises bûcherons kurtcobaines). Bref je voulais être criminologue, et genre je pensais que j'avais peur de rien. La belle blague.... La sagesse des années et les aléas du destin m'ont bien évidemment détournés de cet objectif qui était un peu de la même crédibilité que de convaincre Chuck Norris de voter Démocrate, surtout que maintenant je suis plutôt dans le genre à vérifier 10 fois que ma porte est fermée, et si tu veux taper la blagounette et me faire bouh de derrière une porte, t'as plutôt intérêt à avoir un défibrillateur sous la main car il faudra très certainement me réanimer.

 

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Voilà, voilà, cette petite introduction sans queue, ni tête pour te présenter un non-héros de 15 ans, John Wayne Cleaver, un peut-être serial killer, en tout cas de toute évidence un sociopathe qui fait de son mieux pour contrôler ses velléités criminelles, jusqu'à ce qu'un serial killer, un vrai, ou pas, se ramène dans son bled perdu au milieu de nulle part et fasse plutôt du carnage.

 

C'est un bouquin délirant, une sorte de milk shake mais sans milk (sorry c'est très nul) de Six Feet Under et Dexter, et donc a priori le genre d'argument qui devrait être ma came, sauf que surgit un plan en mode Buffy sans les vampires mais quand même un truc chelou-fantastique, et là mon enthousiasme décline... Oui c'est complètement de la subjectivité car autant j'aime beaucoup le thriller barge et qui pourtant se roule dans le fantastique qu'est "Le Livre sans nom", autant celui là j'ai pas adhéré comme je l'escomptais, car globalement dès que la trame d'un bouquin laisse s'immiscer une dimension fantastique, je capitule. Bon ça reste une petite lecture sympathique avec cet humour noir délicieux qui me fait presque pardonner ce dérapage fantastico mood, mais je ne vais pas le ranger dans mes best. Non. Par contre je remercie mon délicieux amoureux de m'avoir offert ce bouquin et qu'il me pardonne de l'avoir laissé traîner (le livre)  un bout de temps certain dans le break familial parmi les poils de labrador et miettes de gâteaux industriels.  

 

Je te laisse, je m'en vais profiter de ce soleil miami rules (ou presque) qui s'est tapé l'incruste aujourd'hui. Bien à toi.

 

PS: ca y est j'ai retrouvé mon mojo de la lecture, non seulement je lis, mais je termine mes livres, oui moôssieur parfaitement je les termine. Et je suis heureuse, heureuse, HEUREUSE. Oh yeah. 

 

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 11:40

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Le livre qui dit Fuck you, fuck you very very much à Charles Dantzig.

Il y a des livres qui font écho à d'autres. Tu les mets côte à côte et ils se répondent voir se défient sur un point qu'ils ont en commun, et c'est pourtant le hasard qui m'a fait se chevaucher ses lectures.  D'un côté "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", et de l'autre Charles Dantzig avec son "Pourquoi lire?", le premier donne des réponses, des claques au deuxième en allant puiser dans l'évidence, l'empirique, l'émotion de l'acte de lire, tandis que Charles Dantzig malgré un thème alléchant s'est quand même globalement contenté de me prendre le chou en allant cherchant dans le compliqué quand on peut faire simple, mais là on ne va pas entrer dans le thème du snobisme littéraire qui met en mode ON mon syndrome de Tourette, du coup je reviendrai sur lui ou sur les Chloé Delaume qui vomissent de la bile verte comme dans l'exorciste quand on associe le mot littérature à divertissement dans un autre billet. Bref je reparlerai de cette condescendance nombriliste de certains auteurs qui mettent un intérêt évident à me sortir par les trous de nez, et provoque en moi un tsunami de vilains mots dont je détiens un large répertoire.

 

Si tu le veux bien attachons-nous pour l'instant à ce petit bijou de livre qui fait du feu de cheminée dans ton coeur.

 

Londres panse encore ses plaies, la vie reprend petit à petit dans ce monde hébété au lendemain de la seconde guerre mondiale, on est en janvier 1946 et Juliet Ashton écrivain émérite reçoit une lettre d'un membre d'un mystérieux cercle littéraire depuis l'île de Guernesey: le cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates. Guernesey est une île qui a souffert terriblement de l'occupation allemande, et franchement j'ai honte d'admettre que même si cette île se situe à quelques vols d'ailes de mouettes de là où je vis, et bien j'ignorais ce pan de l'histoire. Vis ma vie de grosse niaise de l'histoire qui voyait Guernesey comme une petite île peinarde, plutôt épargnée des guerres du 20°s, j'imagine une île avec des maisons de granit et de colombage, des ajoncs, des hortensias et une bruyère odorante, un petit bout d'île qui se dresse au milieu de la Manche, couloir de mer qui nous sépare du Top Shop et de l'odeur de curry que j'adore du métro Londonien. Pas plus, tu vois... 

 

Donc revenons en à ce cercle littéraire qui est né à cause d'une histoire de de cochon rôti dégusté en cachette de l'occupant. Pris sur le fait des habitants de l'île vont inventer et prétexter un cercle littéraire qui va leur sauver la peau des fesses. Par souci de cohérence face à leur mensonge, ils vont se tenir à ces réunions littéraires (approuvées par l'occupant) formées par un groupe hétéroclite qui n'avait pour la grande majorité aucun intérêt pour la littérature et découvriront petit à petit les bienfaits de la lecture.

Une fois la guerre terminée s'instaure donc une correspondance avec Juliet et les différents membres du cercle, correspondance qui tombera à pic afin d'alimenter l'article dont la charge le Times en ce qui concerne les vertus philosophiques de la lecture, car Juliet pêche sur le sujet "jusqu'ici, mon unique argument est que la lecture vous empêche de devenir gaga".  La correspondance va lui donner de très beaux éléments de réponse ainsi qu'une magnifique leçon de vie. Effectivement on est dans un contexte de guerre, les bienfaits de la littérature s'en trouvent donc pour moi presque exacerbées par le manque de liberté, mais si on doit répondre à la question, on s'en tiendra aux réponses du livre et de ses différents protagonistes, réponses universelles de cette grande question qu'est l'"utilité" de la lecture: lire est un acte de résistance, mais il s'agit aussi de résilience, de plaisir, de parenthèse, de parenthèse enchantée de divertissement, de consolation, de paix, de force, de volonté de garder la tête haute et ne pas laisser l'obscur envahir, arguments d'autant plus forts en temps de guerre... La lecture est à la fois bouée de sauvetage et arme pacifiste. Lire est l'arme et le bouclier. Rien de moins les gars. 

 

Ce roman est donc un roman épistolaire, tu sais le genre littéraire que t'apprends au lycée avec "La princesse de Clèves", celle qui a tant fait suer notre actuel président (je n'arriverai plus jamais de la vie à dissocier Sarkozy de la princesse de Clèves). "Le cercle littéraire..." est un roman qui se lit avec délice et volupté, un roman attachant et humain, vivant, drôle et émouvant (j'ai un peu versé de la larme, mais rien à voir avec le film "The descendants"avec Georges Clooney que j'ai été voir hier au ciné, et que j'ai terminé l'oeil rouge et gonflé comme par une conjonctivite ou un match de boxe, le mascara ayant coulé jusque dans la nuque, un film génial mais terriblement provocateur des glandes lacrymales, digression terminée, mais va voir ce film).

 

Ce roman a la particularité d'avoir été écrit à quatre mains par Mary Ann Shaffer décédée à 74 ans peu de temps après sa publication, et sa nièce Annie barrows: la première a été bibliothécaire et libraire et la seconde écrit des livres pour enfants. Oui une fois n'est pas coutume je ne t'apprends certainement rien, ce bouquin a fait grand bruit médiatique appuyé aussi par une quatrième de couverture signée d'un "Absolument délicieux" d'Anna Gavalda. Mais voilà je me disais qu'au cas où que imaginons que tu aies été enlevé par des aliens, ce qui est fort dommage pour toi car personne ne risque de te croire, et donc si tu n'as jamais entendu parler de ce bouquin, et bien tu peux considérer le lire. Publié en 2009 aux éditions NIL, tu le trouves aussi en poche chez 10/18.

 

Donc je reviendrai assez prochainement vous parler de l'autre livre en miroir, celui où la vilaine belle mère de Blanche Neige se regarde, et du "Pourquoi lire" de Charles Dantzig, je m'en prendrai accessoirement à Chloé Delaume et probablement je lui dirai qu'elle aille bouffer ses chauve-souris et qu'elle arrête de nous faire chier. Sur ce, amis de la politesse et très cher lecteur de l'ombre, je vous souhaite un divin WE, à essayer de ne pas vous cailler les miches mignon. 

 

PS: Je te rappelle un autre roman épistolaire tout à fait recommandable lui aussi "Les terres Saintes" d'Amanda Sthers. 

 

   

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 15:56

 

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Alors là me voilà bien embêtée... J'ai très moyennement apprécié le dernier de Bret Easton Ellis.

 

(Silence consterné de la foule en délire qui s'étrangle de terreur mêlé de dégoût de l'ingratitude de mon point de vue).

 

Je ne me sens presque pas la légitimité ni le courage d'assumer mon manque d'enthousiasme pour ce bouquin, je suis pourtant une sorte de lectrice assidue et plutôt conquise d'avance par l'écriture de Bret Easton Ellis comme avec "Lunar Park" par exemple, mais je ne me considère quand même pas une fan (sinon je serais une fan plutôt médiocre étant donné que je n'ai jamais lu "American Psycho" = les boules = la honte un peu).  Les vrais fans de toute la vie les Frédéric Beigbeder ou les Simon Liberati me vomiraient probablement dans la bouche (exquise image) de bouder ce dernier bouquin de Bret Easton Ellis, mais bon j'assume, moi je reste sur une sensation de "Mouais... bof...."  

 

Il s'agit de la suite, 25 ans après, de "Moins que Zéro", livre culte pour beaucoup dont moi. C'est un peu le "Requiem for a dream" de la littérature, mais le bad trip est en mode Los Angeles qui met en scène un groupe de jeunes californiens tous enfants de papa et cockés comme les narines de Jean Claude Vandamme, mais il s'agit aussi d'une merveille de poésie mélancolique et de vie désabusée d'une génération désenchantée.

 

Lire "Moins que zéro" pour moi a été une petite révolution, je devais avoir plus ou moins l'âge de passer le permis de conduire, je connaissais déjà les gueules de bois qui t'arrachent la rétine, et je crois que comme pour beaucoup ce livre m'a marqué. C'est aussi le livre qui a lancé toute une pléaide d'écrivains créant des personnages d'encre et de papier (ou plus souvent d'alter ego) plutôt fortunés avec une forte addiction pour les drogues dures  et menant une vie de patachon, il y a en a eu beaucoup à jouer sur ce registre dont certains me viennent en tête comme les premiers bouquins de Jaime Baily  ( " Ne le dis à personne", "La nuit est vierge"), Beigbeder et en gros tous ces premiers romans, Lolita Pill ("Hell"),  le petit dernier Sacha Sperling ("Mes illusions donnent sur la cour"), etc..., etc...

 

Dans "Suites impériales" on retrouve les héros de "Moins que Zéro": Clay, Julian, Blair et Rip, tous ont un lien avec l'industrie cinématographique. On reste dans le même décor: une Los Angeles déshumanisée, violente, des héros qui prennent du gin au petit déjeuner, mélancolie en intraveineuse, un univers où le futur a le sourire du diable...  Le héros, Clay, se retrouve embourbé dans une affaire de prostitution et de crimes, et l'histoire s'enfonce vers une ambiance d'orgie funeste, de paranoïa totale, et de thriller brouillon qui n'a pas su totalement me séduire, voilà tu peux me lancer de la moussaka pourrie au visage, j'assume mon point de vue.

 

Bon je sais que pour la suite de "Moins que zéro" fatalement on ne pouvait qu'entrer dans la noirceur, les personnages du bouquin ayant un background pas du tout ambiance la petite maison dans la prairie, alors c'était je dirais une suite logiquement escomptée. En fait mon problème à moi c'est que j'aime être surprise par les auteurs, j'aime qu'ils me bousculent un peu, et avec Bret Easton Ellis tu sais déjà à quoi t'attendre: reflet d'une société abjecte, ambiance "Life sucks", strass californien, sexe trash, drogue et panique-aliénation-obsession-schizophrénie, univers qui fait la signature de Bret Easton Ellis, certes, mais qui là pour le coup m'a lassé... En même temps je savais aussi à quoi m'attendre... 

 

Quand tu lis les critiques style Vogue, Nova ou les Inrockuptibles, temples de la hypitude, qui louent le semi-Dieu qu'est pour eux Bret Easton Ellis, faire l'effrontée et trouver l'auteur "répétitif" c'est forcément passer pour une grosse ringarde, pire une beauf, une sorte de nana qui met les "si "avec les "...rait", qui sert à tout va du "faut qu'elle voye" et qui porte des strings boulochés Snoopy ou Hello Kitty... Tant pis j'assume, condamnez-moi au supplice du chatouillement de la voûte plantaire sur l'autel de la branchitude. Fuck off. Ca m'a un peu gavé ce bouquin de Bret Easton Ellis.

 

Bon quand même si tu veux t'en faire un avis propre et subjectif il vient de sortir en poche chez 10/18.

 

Bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre.

 

PS: Précisions: je ne porte plus de strings depuis 2003 (plus ou moins), et je suis presque aussi stricte sur les fautes d'orthographe/grammaire/conjugaison que Bernard Pivot (presque), et je rajouterai que je ne peux pas saquer Snoopy ou cette garce d'Hello Kitty sur du textile et encore moins sur des sous- vêtements d'adulte. Je voulais juste préciser ces détails.

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 14:54

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Hohoho!!!

(Ça veut dire "bonjour" en laponais).

 

Bien le bonjour mon très cher lecteur de l'ombre! Ton sapin brille de mille feux, si tu as des enfants tu as de graves chances que ton sapin soit bien beauf (cf cet article de Violette), dans le mien il y a aussi du dinosaure, du barbe à papa, du playmobil et cette vilaine garce d'Hello Kitty, ah et j'oubliais aussi une bande pour réparer les entorses des doudous de la boîte de l'apprenti médecin qui pend tel un vestige de momie égyptienne. En plus il sent même pas le sapin mon sapin, ct'arnaque, car ce que je préfère dans le sapin c'est son odeur, c'est mon côté ami des Vosges ou du Canada. Bref... Tout çà pour te dire que votre serviteuse (serveuse?!!?)  a décidé de te faire gagner du cadal en bouquin, à savoir deux de ces coups de coeur de l'année, comme çà parce que c'est la Noël et que je suis gentille comme une marmotte gentille. Pour cela il te faudra répondre à une petite question que je te soumettrai à la fin de cet article, oui car pour le moment j'ai pas d'idée de question...

 

Sinon, revenons en au thème du jour, et à l'ovni de bouquin que j'ai sous la main.

 

Voici un livre que j'ai découvert bien rangé dans les étagères de la bibliothèque d'un ami, un truc qui pesait dans les 10 kilos (oui j'exagère) et qui ressemblait plus à un bouquin de Jules Verne, enfin une chose qui ne ressemblait pas qu'à un bouquin, enfin pas que... Je l'avais gardé dans un bout de ma mémoire qui tu le sais est pourtant mise à dure épreuve dernièrement, et puis au hasard d'un rayon de librairie quelques semaines plus tard je l'ai trouvé en version poche, mais une version poche super classe (vive le livre de poche!!!).

 

T.S, Tecumseh Sansonnet  Spivet est un petit garçon de 12 ans, passionné de science et de cartographie, un petit génie qui vit au fin fond du Montana, au milieu de nulle part:  "Notre ranch était situé à quelques kilomètres au nord de Divide, une toute petite ville du Montana que l'on pouvait très bien manquer, sur l'autoroute, rien qu'en réglant sa radio au mauvais moment."Il vit avec sa soeur Gracie qui rêve de devenir Lindsey Lohan (enfin plus ou moins), le fantôme de son frère Layton, son père un cow boy rugueux comme de la pierre ponce, et sa maman, une entomologiste:  "Le Dr Clair était tout de même une entomologiste saugrenue, qui cherchait depuis vingt ans une espèce fantôme de coléoptère - la cicindèle vampire, Cicindela Nosferatie- dont elle-même doutait qu'elle existât vraiment (...) quant à mon père (...) c'était le genre d'hommes à entrer dans une pièce et à marmonner quelque chose comme: "on peut pas couilloner une sauterelle" puis à partir sans autre explication, un cow-boy dans l'âme, visiblement né cent ans trop tard".

 

Et puis un jour, T.S reçoit un coup de fil, il vient de gagner le prestigieux prix scientifique et cartographique (oui ça me semble que ça se dit moyen), le fameux prix Baird du Smisthsonian Museum pour son illustration du "Carabe Bombardier". Sauf que bien sûr là bas à Washington où son prix l'attend, personne ne sait qu'il n'a que 12 ans...Sans rien dire à personne T.S décide de partir seul dans un voyage initiatique à bord d'un train de marchandises afin de traverser les USA et recevoir son trophée.

 

Avant que je ne te donne mon point de vue de lectrice sur ce bouquin, laissons parler plutôt Stephen King (excuse du peu): "J'ai été ébloui par le talent de Reif Larsen... Entre Mark Twain, Thomas Pynchon, et Little Miss Sunshine... Ce livre est un trésor."(excuse encore du peu). Bon et bien moi je me range du côté de Stephen King, c'est talentueux. Attention c'est un pavé, un pavé orné d'un million de notes de bas de pages, en marge aussi, des cartes à foison, des graphiques, des dessins, un livre-objet juste génial et qui selon ma mémoire est plutôt assez expérimental si je ne m'abuse (en tout cas je n'ai pas souvenir d'avoir vu un tel livre avant). C'est drôle, émouvant, bluffant, et complètement novateur. C'est pourtant  très difficile d'écrire avec les yeux et la voix d'un enfant, cela peut être même un exercice un peu périlleux voir casse-gueule ( cf le dernier livre d'Isabel Allende), c'est pourtant une prouesse que j'admire énormément et qui n'est pas à la portée de n'importe quel auteur (j'ai souvenir que Mark Haddon s'est plutôt bien débrouillé dans ce domaine).

 

Mais qui se cache derrière ce premier roman qui est devenu en un rien de temps un New York Times best seller, mais aussi un succès international traduit en 29 langues ? Et bien l'auteur est un blondinet né en 1980, professeur d'université, mais également cinéaste et auteur de nombreux documentaires, un mec qui n'a QUE l'âge de mon petit frère, les boules...  

 

Photo à l'appui de mon air décontenancé, et du vocabulaire engendré par ma stupéfaction quand j'ai découvert l'âge de l'auteur...  

 

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En bref un auteur un peu à l'image de son petit personnage d'encre et de papier: un GENIE. Ce bouquin a été publié aux éditions Nil, mais tu le trouves aussi en version poche comme je te le disais précédemment. Pour info, c'est Jean Pierre Jeunet qui va relever le défi d'adapter ce roman-objet qui sera porté sur grand écran en anglais et 3D pour 2013.

 

Non vraiment, voilà encore un livre bien chouette, qui te fait sentir quand même un peu idiot, voir comme si ta masse encéphalique c'était du milky way, mais bon mon mec dit toujours "El que puede, puede, el que no aplaude", en gros "celui qui peut, peut, et celui qui peut pas et bien qu'il applaudisse".

 

Bien avant que je ne te souhaite de biens belles fêtes de fin d'année, voici donc la question qui va te faire gagner du livre que je t'enverrai avec du papier cadeau et tout: attention qui a dit: " je l'ai rêvé si fort que les draps s'en souviennent"

 

Petit a) Michel Houellebecq

Petit b) Charles Bukowski

Petit c) le groupe "Il était une fois"

 

Et ouais c'est du lourd... tu peux me répondre soit à mescontemplationsetdigressions@gmail.com ou par commentaire, si tu es tout seul à répondre et bien le cadal il est pour toi (ce qui est probable), sinon je ferai un tirage au sort et j'appellerai le huissier de Miss France, pour que ce soit impartial.

 

Bien à toi mon très très cher lecteur de l'ombre.

  

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 11:04

 

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(Tu noteras que je me suis permis la liberté de mettre une majuscule à Amour car je ne peux faire autrement, c'est mon côté Emma Bovary). (Ou mon côté gnangnan, qui serait plus exact comme terme).

 

Il y a des auteurs qui te mettent des claques intersidérales, entends par là que si auparavant tu avais la prétention de vouloir écrire, tu te dis que tu vas plutôt aller vendre des machines à laver chez Darty... Nicole Krauss est de ces auteurs là. Il y a quelques mois j'avais fait une petite interview-livres à Amanda Sthers qui est un auteur que j'apprécie tout particulièrement comme tu le sais déjà, et dans ses suggestions de livres-coup de coeur il y avait celui-là: L'histoire de l'Amour (oui encore la majuscule). (J'ai trouvé d'ailleurs beaucoup de points communs entre ces deux écrivains, tant au niveau de la technique, que de l'humour). 

 

Nicole Krauss est la femme de l'autre auteur prodige Jonathan Safran Foer (cf par ici), un couple en mode Paul Austen et Siri Hustvedt. Initialement poète, enfin le genre de poète qu'a fait des études de poète (et oui), elle décide de se consacrer au roman et publie en 2002 un livre inédit en France "Man walks into a room". Son sacre international elle le devra en 2006 avec "l'Histoire de l'Amour", qui obtient même le prix du meilleur livre étranger. Alors ce bouquin il est plus que très bien, j'avais mis tout plein de raisons évidentes de mon admiration pour ce livre sur une feuille de papier qui s'est fait la malle et qui se trouve probablement dans un de mes 170 cartons de déménagement, que du coup je vais devoir faire appel à ma mémoire, et disons que j'ai un profil plutôt amnésico-alzhémerien niveau mémoire (la faute à quand j'étais Jim Morisson) (mais non), du coup tu vas devoir faire face à une argumentation encore plus qu'approximative et un résumé indigne. Tu m'en excuseras.

 

Dans ce bouquin: il y a un vieillard, Leo Gurgsky, écrivain de l'ombre entend par là qu'il a jamais fait preuve de suffisamment d'ambition ou de confiance pour se faire valoir en tant que tel, un vieillard drôle et hypocondriaque (oui enfin je suis plus tout à fait certaine qu'il soit hypocondriaque, mais en tout cas il est drôle) (comme beaucoup des personnages du livre). Ce vieillard est hanté par la Pologne de son enfance, la femme de sa vie, l'enfant auquel il n'a pas eu le droit, une vie avortée en somme. Il y a Alma, une gamine de 14 ans, qui tente de tuer le chagrin et la douleur du père décédé, et qui a une imagination débordante. Il y a cet exilé installé au Chili, Rosa sa femme, et puis il y a un point commun à ces protagonistes: un manuscrit "L'histoire de l'amour". Ce livre est construit un peu comme un puzzle, enfin disons que sa structure est un peu étrange sans pour autant être complexe, (quand je l'ai lu il faisait tellement chaud que l'asphalte fumait, alors t'imagine bien que si le livre avait été réellement complexe, je l'aurais envoyé bouler, rapport à plus il fait chaud, plus mon cerveau fonctionne comme celui d'un panda en peluche).

 

La shoah est aussi le spectre, dénominateur commun à ses protagonistes, je ne vais pas t'en dire plus car là ma mémoire tourne en rond tel un hamster dans sa roue, et du coup je vais juste te re-conseiller de lire "L'histoire de l'amour", sans rajouter de fioritures ou autres cabrioles.

 

Pour info, le dernier bouquin de Nicole Krauss qui vient de paraître en juin s'intitule "La grande maison", aux éditions de l' Olivier, il me fait de l'oeil mais j'attendrai son format poche, as usual.

 

Bien à toi, mon très très cher lecteur de l'ombre,

 

PS: on peut présager un regain d'activité sur mon blog, mais la condition sine qua non est que ma livebox arrête de faire le tour de France, je crains même qu'ils ont assemblé ses pièces en Tasmanie et qu'ils sont en train de me l'envoyer par zodiac (* edit: je précise que c'est par kayak qu'ils sont en train de me l'envoyer, o râge o désespoir...)  

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 11:33

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Avant tout, Mea Culpa mon très cher lecteur de l'ombre, non pas qu'en ce moment je sois en train de faire déserteuse du blog, mais je suis over occupée principalement à faire des grandes bandes de scotch marron sur des cartons (entends par là déménagement imminent), en plus je n'ai pas été chez moi franchement beaucoup, tu rajoutes à ça une petite température estivale de 39° que du coup tu veux vivre au Pays de Galles à élever des moutons parmi la bruine et les fougères, tu obtiens donc un coefficient d'efficacité blogaire et/ou intellectuel qui frôle l'inertie.

Sache que je vais tâcher d'y remédier.

 

Revenons en à nos moutons ou plutôt à l'exploitation animale industrielle.  

Lecteurs de l'ombre carnivores, voici un livre que si tu le lis, et que tu ne ressens pas une pointe de culpabilité là dans tes artères saturées de graisse animale (je parle pour moi), c'est que tu es quand même quelqu'un de sérieusement un poil maléfique, genre peut-être même que ça se trouve t'es le rejeton de Freddy Krugger et la sorcière de Blair.

 

Voici donc un livre-documentaire-poil à gratter-bombe qui ne devrait laisser de marbre même pas le lecteur de l'ombre qui mange des rillettes dès le petit déjeuner (je parle encore pour moi). 

 

Jonathan Safran Foer, l'illustre auteur, entre autres, de "Tout est illuminé" s'attaque à l'industrie porcine, bovine, avicole mais aussi poissoncole (oui ça se dit pas comme çà, c'est bon j'ai eu mon brevet aussi). 

A l'orée de la naissance de son fils et à l'arrivée dans la famille d'un chien, Georges, Jonathan commence à avoir un doute, une envie d'en savoir plus sur cette habitude de manger les animaux et les dangers de cette surconsommation.

Pendant trois ans il va enquêter aux USA dans les abattoirs et élevages industriels, et il va en revenir avec une volonté végétarienne radicale.

Au delà de la souffrance des animaux qu'il va rencontrer (en particulier les poulets en batterie, gros carton rouge pour KFC), il va aussi mettre le doigt sur la scandale écologique qu'est l'élevage intensif animal: l'exploitation industrielle animale est certainement la plus polluante à tous niveaux: émissions de gaz à effet de serre (qui n'a absolument rien à envier à tout le secteur Transport réuni), pollution des sols, une industrie aussi très gourmande en cette denrée qui se fait de plus en plus rare: l'eau. Il faut 6000 litres d'eau pour produire un kilo de porc, ça calme einh. Au delà du désastre écologique évident, l'industrie animale est en très grande généralité sacrifiée au profit de la rentabilité, il faut des animaux performants et productifs, du coup vas-y qu'on te les modifie génétiquement, qu'on les mutile mais surtout qu'on les dope comme s'ils allaient faire 3 Tours de France sur un tricycle de Dora. Par conséquent on en arrive à un scandale qui est seulement pour le moment le spectre d'un scandale sanitaire: de temps à autre l'actualité nous rappelle que la course à la rentabilité et l'administration systématique d'antibiotiques + pleins de saloperies aux animaux + des failles en matière d'hygiène, nous mettent face à des bactéries ou autre virus qui aurait rendu fou Louis Pasteur. Je ne reviendrai pas sur la grippe aviaire et son H1N1, je ne reviendrai pas non plus sur l'ecoli qui a par ailleurs provoqué la ruine du secteur maraîcher Andalou (mangez des concombres bordel!), mais on sait, et l'OMS en est consciente, qu'en continuant dans cette course à la productivité aveugle, on devra faire face à l'imminence d'un scandale sanitaire majeur... Le constat de Jonathan Safran Foer est affligeant et sombre, sans que ce soit pour autant du matraquage à coup de visions apocalyptiques, cependant il remet en cause la sérénité de  notre avenir si nous  continuons à consommer encore autant de viande sans utiliser un tant soit peu la raison... 

 

Je ne suis pas là pour faire du prosélytisme végétarien, disons que ce serait un peu comme si Lindsey Lohan venait nous vendre les mérites et bienfaits (?) de la virginité, mais disons que quand même c'est un livre qui oblige à une certaine conscientisation (à défaut d'action concrète et radicale comme celle de devenir végétarien, bien au dessus de mes moyens). Et oui je ne peux pas devenir végétarienne, par contre je peux voir à diminuer ma consommation viandale, c'est par ailleurs une action qu'on a entrepris avec mon mari qui tient pourtant plus de l'ours blanc niveau carnivorisme (l'ours blanc pour ton information est avec l'ours kodiak le plus carnivore des animaux, parenthèse national geografic fermée). On avait décidé d'imposer le lundi végétarien, puis en fait on a dit plutôt le mardi, pour au bout du compte ne rien s'imposer comme jour en particulier, mais on a sérieusement penser à diminuer notre consommation d'animaux, ce qu'on a fait. D'un point de vue culturel c'est pas facile à suggérer comme choix, je me souviens le jour où on a dit à table devant des restes de dinde, que c'était mardi et qu'on avait décidé de ne pas manger d'animaux les mardi ça a ricané sec du côté du père et frangin qui nous ont regardé comme des hare krishna:

 

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... et ma mère en bonne mère a pris cet air de ce qu'on allait escalader l'Everest mais sans oxygène et barres énergisantes et sans grosses chaussettes en s'exclamant "mais les protéines il vous faut des protéines!". Tu vois le genre. Et pourtant j'ai plutôt une famille assez sensible à l'écologie et qui favorise très souvent les produits bio, mais de là à faire la gueule au rosbif... On voit bien que culturellement il y a du boulot.

 

Ce livre est d'une grande responsabilité, les enjeux politiques et économiques derrière sont colossaux, il soulève des questions seulement pragmatiques qui font appel au bon sens, en plus c'est extrêmement clair et  rigoureusement documenté, il n'y a pas longtemps ce livre figurait dans les best sellers du New York Times (300 000 ventes), ceci reste quand même pour moi un bouquin un peu conflictuel... Conflictuel, pour quelqu'un qui comme moi  rien que de parler d'une bonne côte de boeuf au barbecue, salive tel un bouledogue en crise d'épilepsie...

 

Néanmoins je crois vraiment qu'on peut  faire des petits efforts de l'ordre d'une consommation beaucoup plus modérée des animaux, et que ça, rien que ça, c'est un grand pas, car on ne peut quand même pas faire le mort par rapport à tous les dommages collatéraux de l'exploitation animale industrielle. 

 

J'ai trouvé une interview dans les inrocks de Jonathan Safran Foer au sujet de ce livre (oui enfin c'est l'idée), je te balance les passages qui m'ont semblés les plus intéressants:

 

" Les gens me demandent souvent pourquoi j'ai écrit un livre au sujet des animaux et pas des génocides par exemple, comme si on ne pouvait pas s'intéresser à plusieurs choses à la fois. Bien sûr que je m'intéresse aussi aux génocides ou à la faim dans le monde mais j'ai écrit ce livre autour des animaux et de l'élevage parce qu'il y a un silence très étrange, insoutenable, qui entoure la question de la viande.

L'élevage industriel est la cause première du réchauffement climatique, peu le savent précisément.

D'autre part, le lobby des fermes industrielles est extrêmement puissant. Ils ont 2000 lobbyistes à plein temps et dépensent des centaines de millions de dollars en publicité, en congrès. 

 Le marché de la viande est un commerce basé sur le mensonge.

Mieux vaut essayer d'être le moins dupe possible du système. Au lieu de déclarer qu'on va devenir végétarien, ce qui est peu vraisemblable, commençons déjà par réduire notre consommation de viande. Si les Américains mangeaient un plat de viande en moins par semaine, en termes de pollution cela reviendrait à supprimer six millions de voitures sur la route. Ça, c'est possible.

Ce qu'il faut, c'est poser les bonnes questions. Des questions pragmatiques, pas philosophiques.

Tout ce qu'on a à faire, c'est manger moins de viande..."

 

... Ben c'est bien ce que je te disais. 

 

 

PS: en ce moment je suis en train de lire dans la famille de l'auteur: sa femme, Nicole Krauss, et son très chouette "l'Histoire de l'amour", bouquin recommandé par Amanda Sthers, et que moi aussi d'ores et déjà je te soumets.

 

REPS: sinon je suis à la recherche d'un bouquin spécial "canicule encéphale", un truc léger, j'ai envie d'une saga familiale, mais pas non plus la Katherine Pancol, je veux un truc que tu puisses lire au bord d'une piscine où y'a pleins de gosses qui s'époumonent, un livre qui résiste donc aussi au chlore. Suggestions bienvenues (et souhaitées). 

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 10:05

  9782266194600.gifPeut-on mourir et renaître deux fois ?

 

Je suis du côté des Darwinistes, disons que j'accorde plus de crédit à Harry Potter qu'à Dieu si on compte sur des miracles ou autres (c'est dire), donc à priori, ben non, pour moi c'est pas possible. Physiquement impossible. Mais pourtant c'est la trame de ce livre (sans dimension paranormale je te rassure, sinon je serais même pas là en train de t'en parler).

 

Ben Bradford a réussi sa vie : avocat de poids à Wall Street avec un avenir extrêmement prometteur, il possède en banlieue de New York une maison que c'est comme les maisons que t'étais dégoûté de la vie quand tu les voyais dans Beverly Hills, mettons comme celle des Walsh. Il a une femme, 2 garçons, le petit dernier a quelque problème d'insomnie, mais peut-on franchement reprocher cela à un presque nouveau-né. La photo de famille semble parfaite, mais le vernis commence à craquer: d'un côté sa femme se fait de plus en distante et froide, et de l'autre Ben soupire en regardant ses rêves d'avant, sa carrière de photographe mise entre parenthèses. Ben n'est pas heureux, il subit une vie qu'il n'a pas voulu, il a choisi le confort et la sécurité, l'instinct de sauvegarde en somme, à l'assouvissement de la passion et donc à vivre sa vie. 

Le destin va lui donner l'opportunité d'être l'homme qu'il est vraiment, certes de manière un peu soudaine et tragique et non pas sans de cruelles conséquences, mais le destin va lui donner un sacré coup de main. Comment ? et bien c'est presque simple: il va découvrir que sa femme a un amant, ce qui de toute évidence ne va pas le réjouir, du coup il va pour discuter un peu avec l'amant, mais la conversation tourne mal et il lui assène dans un accès de colère un coup de bouteille de vin blanc (pour être précis un fantastique vin blanc néo-zélandais), il le tue. Faire disparaître le corps et disparaître est la seule issue possible, s'il ne veut pas croupir en prison...

 

Je ne vais pas t'en dire plus, car sinon c'est du spoilage, je peux juste te dire que c'est une échappée à travers une partie des USA où il se prête d'autres identités, d'autres vies. Malgré certaines petites incohérences, qui n'ont pas échappées à mon oeil implacable d'agent moyennement secret du FBI, j'ai trouvé le scénario bien mené et agréable. C'est facile et efficace, tu peux le lire dans ton bain ou à la plage, ou dans un TGV gavé de gosses chiants, tu resteras concentré, tout ce qu'on espère encore de Douglas Kennedy en somme, sans ironie aucune. Le livre est malin et le réalisateur Eric Lartigau a eu l'idée d'en faire un film avec Romain Duris comme acteur principal qui est sorti en novembre 2010. Il l'a adapté à la sauce Française et au lieu que le protagoniste se réfugie dans le Montana, ce sera dans le Montenegro, que je ne vois pas trop le rapport mais je suis d'accord que pour des raisons de cohérence d'adaptation du livre il fallait mieux que le Ben français se réfugie dans le Montenegro qu'à Megève ou La Grande Motte.

Voici le trailer du film:

 

 

(Romain Duris, ou la moquette pectorale la plus émouvante du cinéma français)

 

Ce best-seller sorti en France en 1998 chez Belfond (son éditeur) a été un succès international, traduit je crois en 16 langues. Le film d'Eric Lartigau l'a de nouveau pulvérisé en tête des ventes des livres de poche. Je lis de manière très sporadique Douglas Kennedy, le dernier que j'ai lu "La femme du Vème" ne m'a pas du tout mais alors pas du tout plu, et l'autre ne m'a laissé aucun souvenir, et les autres si il y en eu d'autres m'ont fait le même effet que le précédent. Néanmoins je trouve l'auteur sympathique (comme si c'était suffisant, mais c'est là où ma gentillesse peut être une grande faiblesse) et donc j'ai assez envie de lire ses premiers bouquins publiés, qui furent des récits de voyage, genre "Au delà des pyramides" et surtout "Au pays de Dieu" qui est un voyage dans les états du sud des US, la ceinture de la Bible, ou un voyage intrusif chez les fondamentalistes chrétiens. 

 

 

Je te laisse, non pas parce que j'ai piscine, sinon parce que j'ai plus rien à rajouter.

 

Bien à toi, mon très cher lecteur de l'ombre.

 

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