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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 05:23

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C'est par une nuit d'insomnie, où les yeux grands ouverts tel un hibou sous amphet', que je décide d'arrêter de compter les moutons et les béliers et de descendre à la cuisine manger des biscottes au boursin ail et fines herbes (amis de la mauvaise haleine bonjour), et de te parler du dernier d'Isabel Allende.

 

Voici donc en avant première sur mon blog (ce qui demeure donc une avant première somme toute extrêmement modeste, voir très très humble; en tout cas aussi discrète que le rot d'une fourmi), le nouveau bouquin d' Isabel Allende (attention je l'ai lu en Espagnol, et il vient de sortir en Espagne il y a quelques mois, alors il te faudra attendre un petit peu avant de le voir par chez toi, si le traducteur respecte le titre, il devrait s'intituler "le cahier de Maya").  Bon cet auteur j'ai pas spécialement envie de la présenter car est de mon avis qu'elle est quand même connue comme auteur certainement autant que Marc Levy, je ne fais pas de comparaison incidieuse, j'évalue juste la renommée. Dans l'ombre du vent du doute, je vais quand même t' en toucher un mot, et te raconter un truc:  je dirai que cette dame là c'est certainement la responsable initiale de mon amour pour la littérature sud-américaine. J'ai un truc comme 15 ans, en tout cas pas franchement plus, et je trouve soit dans la bibliothèque de mon bled ou de mon lycée "Eva Luna" d'Isabel Allende, l'histoire d'une gamine Eva Luna plus que super débrouillarde, sous fond de dictature de Pinochet. J'adore l'histoire et le prénom Eva Luna, j'aime tellement le prénom que pendant 14 ans environ j'ai clamé haut et fort que j'appellerai ma fille ainsi quand j'en aurai une, voilà pour la petite histoire. J'ai pas appelé franchement tout à fait ma fille comme çà, les mystères de la grossesse sont des paramètres infaillibles malgré le poids d'une conviction de 14 années, mais j'ai gardé une racine d'un des prénoms et je l'ai tuning'isé, et du coup quand même dans le prénom de ma fille il y a aussi un hommage à Isabel Allende (parenthèse confession intime fermée). Isabel Allende est plus que connue pour "La Maison aux esprits", que je me sens comme une quiche car je l'ai pas encore lu, grande romancière d'histoires familiales genre comme "Portrait Sepia", elle est forcée à l'éxil pendant la dictature de Pinochet (son père est le cousin de Salvador Allende, que je te rappelle en 2 mots que c'est lui que Pinochet a viré de ses bottes de militaire foireux, et l'a précipité vers la mort, sa mort et celle de la démocratie chilienne entre autres horreurs ). En somme je veux pas t'en dire plus d'Isabel Allende car petit a) j'ai pas le temps, et petit b) c'est  une dame qui fait que du best seller = donc plus que connue, non ?, et petit c) j'ai pas du tout le temps. Nah ça c'est fait. 

 

"El cuaderno de Maya" c'est l'histoire de Maya Vidal, 19 ans, née à Berkeley, Californie, et qui presque du jour au lendemain bascule du côté obscure de la force, et se retrouve droguée, vagabondant dans les rues de Las Vegas, affrontant, bravant et subissant tous les dangers de sa vie qu'elle a abandonné à un triste sort. Elle doit sa rédemption à de petits anges gardiens et à son attachante grand-mère qui décide de la cacher (ah oui parce qu'elle est poursuivie par la police et des méchants) sur une île du Sud du Chili, Chiloé...

 

Alors ce bouquin ? et bien je ne suis pas convaincue à 100%. Why? et bien parce que dans ce livre elle donne la voix à une gamine qui a autour de 19 ans, enfin une ado, post ado quoi, et que le ton de sa voix, ses mots coincent car ils ne coincident en rien à celle d'une fille de cet âge. On sent que c'est une femme d'âge mûre qu'il y a derrière, et je trouve que c'est super dommage car ça ôte beaucoup de crédibilité à cette voix, à cette gamine. Là dessus je suis assez stricte mais si on prend le choix en tant qu'écrivain de raconter à la première personne, au présent, une personne d'un âge qui ne correspond ni de près, ni de loin à l'âge de l'écrivain en question, et bien on s'y colle. C'est à dire on s'acharne à ne pas seulement raconter des faits qui certes eux coïncident avec cette tranche d'âge, on travaille aussi la voix, le ton, la justesse d'un ton qui raisonne avec l'âge de cette fille, avec notamment un vocabulaire adapté (entre autres). Je n'ai pas réussi à être dupe à y voir vraiment la voix d'une fille de cet âge, j'y ai juste vu un auteur qui d'ailleurs reconnaît que ce personnage l'a fait souffrir comme aucun jusqu'à présent, car c'est un personnage avec un passif et un présent complexe, torturé, qui aurait pu être un petit chef d'oeuvre si le ton avait coïncidé avec celui de la véritable Maya, qu'il y avait certainement dans le coeur de la création de l'auteur. De plus tant que j'en suis à ajouter des éléments qui remettent en cause mon manque de coup de coeur pour ce bouquin, c'est je dirai, mais ça c'est de mon humble avis, une salvation (oui ça se dit moyen je sais) un peu trop rapide de Maya, qui ex droguée, ex vagabonde, ex petite délinquante, ex petit corps de bout de femme mis en misère, qui du jour au lendemain voit son salut et se retrouve cachée (je te rappelle qu'elle est recherchée par des méchants et des gens de la loi) dans une petite île du sud du Chili, Chiloé, et là elle  commence à voir la beauté du monde, de la nature, des plaisirs simples de la vie. Je ne dis pas que la résilience ne me semble pas être à la portée de ce genre de profil à problèmes, j'y crois dur à la résilience, mais disons que j'aurais aimé que ce soit pas aussi instantané, un peu naîf, presque aussi facile, j'aurais désiré qu'il y ait encore des doutes, de la souffrance, des sentiments contradictoires et torturés, qui aurait aussi ajouté de la crédibilité au texte. Voilà je trouve que Maya s'en sort un peu trop les doigts dans le nez et à la vitesse de l'éclair, et je trouve que même médicalement c'est discutable (oui j'ai fait des études de médecine) (enfin comme tout le monde en regardant Urgences). Voilà c'est dit, ça reste sympathique et l'histoire ne manque pas d'originalité et d'audace, mais je ne suis pas convaincue à 100%, alors voilà je voulais le dire. Nah ça c'est fait.

 

Bon de toute manière Isabel Allende, c'est un auteur chouette bien que je me suis vue l'obligation cette fois ci de nuancer mon enthousiasme, j'ai envie de lire d'elle aussi cette bio "Mon pays réinventé" et puis comme je te le disais il faut que je lise " La Maison aux Esprits", je crois que c'est presque un devoir pour moi de lire ce dernier.

 

Allez je te laisse j'arrive plus à penser, je sais même plus comment je m'appelle tellement je suis fatiguée, alors je te parle même pas de te réciter la table de multiplication de 2. Je retourne de ce pas sous ma couette et  vais essayer de compter les chamois, je vais voir si c'est plus soporifique que les moutons et les béliers. Ou je vais me faire une intraveineuse de tisane de valériane et de fleur d'oranger.

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 14:35

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Salut mon très cher lecteur de l'ombre, prépare la boite de kleenex, ce livre possède un contenu à haut potentiel lacrymal. Mais avant de te raconter pourquoi et comment ce livre est primordial, laisse moi faire une diversion prosale ou prosique (peu importe que ça se dise pas), et écrire quelques lignes pour te planter le contexte.

 

Imaginons que tu sois né(e) entre 1976 et 1983.

 

Imaginons que tu sois né(e) le 9 juillet 1978. Mettons que tu sois une fille. Ta mère sourit heureuse dans son lit de la maternité, la table de nuit est envahie de roses et de chocolats, il y a même des Quality Street. Au dessus d'elle un poster de Rox et Rouky, et dans ses bras  il y a toi petite créature de quelques heures à peine emmitouflée dans ton petit pyjama jaune en velours. Tu bouges tes doigts encore tout ridés et serre fermement la main de ta maman, la tienne celle qui va rester la tienne, celle qui changera tes couches, celle qui te préparera du lait au nesquick sans la "peau", celle qui passera l'éponge sur ta mini fugue à la patinoire avec ton amoureux de quand tu auras 13 ans, et celle qui fermera les yeux sur ton look de Spyke des Années Collège un poil plus tard.

 

Imaginons qu'à l'autre bout de l'Atlantique, disons à peu près à 11.000 kilomètres de là, en Argentine, la même date, Fernanda Lopez git à côté d'un lit sale et ensanglanté. Elle aussi vient de connaître la maternité, enfin de l'effleurer, on vient de lui pratiquer une césarienne, toujours avec cette cagoule sur la tête, celle qu'on lui a mis il y a 5 mois quand un groupe de militaires l'a enlevée pour être juste la femme d'un supposé subversif. De son utérus béant que l'on a recousu à la hâte, elle a entendu les pleurs. Les pleurs de sa fille. C'est une fille on lui dit, comment tu veux l'appeler ? puis on ricane... Elle veut au moins la toucher, une fois ne serait ce qu'une fois, qu'une seule fois, mais déjà on l'emmène, on va donner sa fille à quelqu'un qui attend pour cette enfant, qui l'a "commandée". Elle n'arrive même plus à hurler, il n'y a plus de rage, plus rien en elle, elle a touché la méchanceté la plus misérable de l'homme. Et ce gardien il trouvera amusant de lui violer ce corps en deuil et en souffrance. Elle sait qu'elle va mourir, car elle doit disparaître. Plus tard d'un avion militaire, on la jettera encore presque vivante à la mer, au dessus du Rio de la Plata, bien au large des côtes où elle se baignait avec ses soeurs quand elle était enfant. Le Vol de la Mort. Maintenant elle va disparaître ne pas laisser de trace...

 

"Luz ou le temps sauvage" est la voix de cette trace, car même si le crime semble "parfait", il reste une empreinte qui s'appelle la génétique, enfin tu vas comprendre peut-être un peu mieux quand je vais te faire un résumé du bouquin mais avant tout, arrêtons-nous mon très cher lecteur de l'ombre sur des faits historiques.

 

Argentine, mars 1976, un coup d'état militaire assoit au pouvoir le général Videla, qui a comme but d'anéantir les "mouvements gauchistes révolutionnaires". Jusqu'en 1983, lui et ses associés vont livrer une guerre sans merci à la "subversion" qui va se solder par la somme approximative de 30.000 disparus, 30.000 personnes qui disparaissent comme "si la terre les avait avalés". A  cette époque l'Amérique latine et plus particulièrement des pays comme le Brésil, l'Uruguay, le Paraguay, le Chili, la Bolivie sont des pays où oeuvrent d'autres dictatures militaires, toutes ces dictatures se sont solidarisées dans cette lignée très maccarthique de  "la chasse au rouge". Cette opération a un nom: Le Plan Condor. Ce plan est  une campagne d'assassinats et de lutte anti guérilla qui s'est réalisée de manière internationale et mis à part la collaboration entre le majorité des divers pays d'Amérique Latine, certains agents secrets de ce plan ont pourchassé jusqu'en Europe ou aux USA les "dissidents" en exil. 

 

Leur technique: la torture suivie de la "disparition". Bienvenue dans un monde où le mot faire "disparaître" est plus joli que "assassiner", le résultat est le même: un coeur qui ne bat plus, avec l'horreur de ne jamais faire le deuil, de ne jamais pouvoir pleurer sur un corps, ou un os, ou bout d'os, rien que la résignation de savoir que disparaître en ces temps là c'était pour toujours.

 

Voici un extrait, p.397:

 

"Les fantômes sortent maintenant de ces minutes du procès, de ces pages déjà jaunies par le temps, et peuplent mes jours et mes nuits. Je vois cette fille, Beatriz, la jambe cassée, au camp de détention, qui se traîne aux toilettes et y trouve les lettres et le journal intime de sa mère que l'on a accrochés pour se torcher le cul. Je l'imagine essayant de cacher sous ses vêtements ces papiers de sa mère qui s'est suicidée peu de temps auparavant, folle d'horreur devant le destin de sa fille. C'est exprès qu'ils ont placé là ces papiers, pour qu'elle les y trouve, comme si ses tortures physiques n'étaient pas suffisantes. Et cet homme que ni l'électricité sur les gencives, le bout des seins, partout, ni les séances systématiques et rythmiques de coups de baguettes en bois, ni les testicules tordus, ni la pendaison, ni les pieds écorchés à la lame de rasoir, ne parviennent à faire s'évanouir ni parler, et à qui on présente un linge tâché de sang: "c'est de ta fille", lui disent-ils, elle a 12 ans sa fille, voyons s'il va collaborer, s'il va parler maintenant."

 

En recherchant un peu sur le plan Condor j'ai découvert quelque chose que j'ignorais d'avéré: la France aurait eu une implication "tacite" dans cette guerre contre la subversion. En effet la guerre d'Algérie et les technique des OAS aurait fait des émules chez les militaires Sud-Américains en mal de pouvoir. A cette époque on considère ces techniques comme révolutionnaires: il y a un manuel qui se passe entre toutes les mains et qui s'appelle "la guerre Moderne" de Trinquier. La Bataille d'Alger deviendra un modèle anti-subversif et ce sont d'anciens des services spéciaux de l'Algérie qui vont former certains aspirants dictateurs dans la jungle brésilienne. Pire encore, une enquête sur les escadrons de la mort Argentins, révèle la présence de conseillers Français à Buenos Aires pendant toute la dictature, autant dire qu'une fois de plus on a bonne mine le pays des Droits de l'Homme (bon j'arrête mais si ça t'intéresse un poil ce sujet épineux, il y a un documentaire de Marie Monique Robin qui a gagné en 2004 le prix du meilleur documentaire politique, tu le trouves sur youtube "Les escadrons de la mort, l'école française").

 

Autre victime en conséquence de cette atroce guerre très sale: les enfants. Ce sont 500 enfants qui ont été enlevés à leur mère en captivité. L'horreur du calcul de la junte au pouvoir était qu'ils attendaient avant de torturer et d'assassiner les femmes enceintes qu'elles accouchent afin de voler leurs enfants et  les répartir dans des familles proches du pouvoir.

 

Luz, la grande protagoniste du livre, est l'une de ses enfants à qui l'ont a volé l'identité. Elle grandit avec un doute, le sentiment de ne pas être à sa place, que quelque chose ne colle pas dans son histoire familiale. A la suite d'une enquête courageuse et haletante, elle découvre que sa mère a été assassinée juste après sa naissance, et qu'elle aussi a été utilisée pour cacher le deuil d'un mort-né. Elle a 20 ans quand elle retrouve son père biologique, Carlos, qui désormais vit à Madrid. L'auteur, Elsa Osorio (1952, Buenos Aires), a écrit une fiction au travers de la voix de Luz, mais une fiction tristement fondée sur des faits historiques. La voix de Luz c'est la voix de tous ces enfants volés. Jusqu'à aujourd'hui ce sont seulement 102 enfants qui ont retrouvés leur identité grâce entre autre à l'activité courageuse et incessante des grands-mères de la Place de Mai.

 

J'ai été tout simplement bouleversée par ce livre, parfois tellement choquée que j'en mettais ma main devant la bouche comme quand je regarde un film d'horreur (ce qui ne m'arrive presque jamais, rapport à mon potentiel développé de poule mouillée, je suis le Sammy de Scoubidou rappelle-toi).

Il y a des bouquins qui secouent, qui donnent des coups de pied au cul, qui rappellent le confort évident de ta vie, qui font pleurer, qui apprennent, qui ouvrent les yeux, qui rendent courageux, et pourquoi pas un peu meilleurs et bienveillants, qui marquent et restent en mémoire, comme une alerte, "Luz ou le temps sauvage" est de ces bouquins là, qui sont nécessaires et universels, le genre de "bouquin-prends ça dans ta face" qui oeuvre pour l'exercice de mémoire pour ne pas qu'on oublie l'histoire ou pire qu'on la range dans un semblant d'amnésie.

A ce sujet dans une interview du Muze de cet hiver, Elsa Osorio dit " Je crois que la littérature est un bon chemin pour la récupération de la mémoire collective", elle a tout à fait raison et je crois qu'au delà que ce soit aussi son rôle à la littérature, dans des cas comme celui-là, c'est son devoir.

 

Bien à toi mon très, très cher lecteur de l'ombre, que la force et la paix soit avec toi comme dirait pas Jésus mais un Jedi* 

 

PS: Dans le thème des victimes de la dictature militaire Argentine, est sorti récemment un livre-documentaire-enquête "La disparue de San Juan" de Philippe Broussard. Il revient sur le triste destin d'une Franco-Argentine, Marie Anne Erize, assistante sociale active dans les bidonvilles et à la fois mannequin, et qui elle aussi a "disparu" à 24 ans en octobre 1976. Si tu veux voir de quoi il en retourne plus en détail, je te joins le link d'un article du Telerama.  

 

 * allez pour détendre l'atmosphère, petit aveu au sujet des Jedi, qui va me valoir au moins une fatwa comme à Salman Rushdie de la part des fans de Star Wars: j'ai JAMAIS réussi à regarder Star Wars en entier, je trouve ça aussi chiant que de regarder le Tour de France (et d'une pierre deux coups je me mets les fans du Tour de France à dos) (qui doivent être nombreux à fréquenter mon blog)(...) 

 

RE-PS: Je ne voulais pas te laisser sans une chanson de Mercedes Sosa qui fut une très grande chanteuse argentine, qui elle aussi a été censurée et forcée à l'exil pendant la dictature militaire Argentine. Euh bon maintenant si je te laisse pour de bon mon très cher lecteur de l'ombre.



 

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 10:47

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(Attention le billet ci-dessous est largement bâclé, à cause ou grâce à ce que je ne trouve pas une robe à mettre dans ma valise et que j'ai un masque en argile qui a tellement séché sur mon visage que probablement là en dessous j'ai la tête de Toutankhamon momifié... En somme je dois prendre un avion et je suis à la bourre...) 

 

" Le mot Résister doit toujours se conjuguer au présent". Lucie Aubrac.

 

Avant de te casser les oreilles  avec une argumentation courte mais néanmoins euphorique d'admiration transie pour cette merveille de petit bouquin, j'ai choisi cette citation qui colle avec la portée du livre...

 

Ce sont 3 vieux, d'anciens militants de gauche qui ont connu l'horreur des geôles de Pinochet et l'inévitable exil ou errance, la blessure d'être de partout mais surtout de nulle part. Ce sont 3 vieux  qui vont se réunir en secret sous la pluie drue de Santiago près de 35 ans après le coup d'état militaire Chilien du 11 septembre 1973, 3 vieux qui auraient pu se contenter de faire des mots croisés et de mâcher et digérer leurs utopies, mais qui décident d'un dernier coup quand on n'attend plus rien d'eux. Ils préparent leur opération clandestine autour d'un poulet qui ferait moyennement plaisir à Jean Pierre Coffe, et attendent l'arrivée du cerveau, de l'homme que l'on appelle l'ombre ou le Spécialiste. Mais le sort va en décider autrement, car le Spécialiste meurt en chemin d'une manière absurde qu'aurait aussi bien pu inventer Terry Gilliam...

 

Sous forme de polar un poil barré, se tisse la réalité et le poids d'une histoire récente, celle de la dictature de Pinochet et de ses conséquences, même si l'auteur reconnait qu'effectivement depuis peu que l'histoire entre 70-73 ne soit presque plus passée sous silence dans les manuels scolaires, l'écriture reste un excellent rempart à l'amnésie et à l'oubli, où quand l'écriture est une arme qui s'appelle résistance.  C'est aussi hilarant et émouvant à la fois, c'est divinement écrit c'est juste parfait. Voici donc un livre indispensable.  INDISPENSABLE !!!(et en plus super court)

 

J'en avais presque oublié combien j'appréciais l'auteur Luis Sepulveda, j'avais gardé un très bon souvenir du "Vieux qui lisait des romans d'amour" et de "L'histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler", mais à vrai dire cela faisait longtemps que je n'étais pas revenue vers cet auteur chilien pourtant très prolifique. Je veux te conseiller aussi de cet auteur non pas parce que je les ai lus mais parce que ce sont deux autres livres qui font toujours agréablement parlés d'eux (entre autres): "Le monde du bout du monde" et "Journal d'un tueur sentimental".

     

"L'ombre de ce que nous avons été" est une parfaite introduction à une de mes prochaines lectures "Indignez-vous!"de Stéphane Hessel, que genre si t'en as pas entendu parler c'est que tu as au moins de la faune et de la flore dans les cavités auriculaires et qu'il va falloir investir dans des cotons-tiges, mais voilà de ce bouquin et des autres je t'en parlerai une prochaine fois car là je dois vraiment me manier le train pour partir pour la terre de Charles Dickens et de Zadie Smith avec du Monica Ali dans le sac.

 

PS:  je suis scandalisée par mon manque de constance de ces dernières semaines mais c'est la faute à ce que dernièrement j'ai pas tout le temps un ordinateur sous le bras et aussi que le temps libre ce petit coquin s'est barré aussi ailleurs pour voir si j'y étais, du coup là je suis pas bonne, pas bonne du tout même. Mea culpa. (cf encore le temps est une catin)

 

 REPS: peut-être que je t'achèterai des Quality Street pour me faire pardonner de mon absentéisme bloggaire, et même que je ne bouloterai pas les meilleurs avant, ceux qui sont à la fraise.

 

Bien à toi mon très, très mais très cher lecteur de l'ombre.

 

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 10:38

 

 

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Juste avant de te dire tout le bien que je pense de ce livre, voir te le crier fort et t'enfoncer le cérumen jusqu'aux fosses nasales, je voudrais répondre à une critique très peu sympathique faite au sujet de ce bouquin.

 

Claire Julliard, écrivain et journaliste littéraire, écrit: " Ce livre est d'un ennui abyssal, lire ses 294 pages se révèle humainement impossible.... le style branché dont use et abuse l'auteur tombe à plat ...n'est pas JD Salinger qui veut."

 

Déjà je voulais juste rappeler que ce n'est pas dans mon habitude de retrouver à dire sur les critiques qui ne partagent pas mon point de vue, car c'est dans l'ordre des choses, c'est ainsi et c'est tout, et puis en plus je m'en fou. Par contre je ne peux pas lui laisser dire le paquet de conneries qu'elle dit au sujet de Junot Diaz, ce sera mon instant belliqueux:

 

Quand elle dit que c'est "humainement impossible" de lire tout le livre, je voudrais juste lui rappeler que ce qui est humainement impossible est de l'ordre par exemple de sauter de la Tour Eiffel sans parachute et d'atterrir comme un chat sur ses Louboutin (ou La Halle aux chaussures selon revenus financiers). Cà c'est humainement impossible,  je ne suis même pas sûre que Batman, qui comme chacun le sait est plus une chauve-souris qu'un humain, le ferait.

 

" Le style branché dont use et abuse..." le style branché ? Branché ?!!!?  j'en déduis qu'elle a au moins 114 ans cette dame pour écrire "branché", car je suis désolée mais on était éventuellement branché en 1982 quand on dansait avec un juste au corps doré-habit de lumière, très très échancré sur un torse un tout petit peu poilu, et que le juste au corps avait une cape (on avait peur de rien en 1982). Eventuellement on était branché, j'ai bien dit éventuellement.

 

Et pour moi le pompom: "N'est pas J.D Salinger qui veut". Mais qu'elle lui fiche la paix à Salinger, d'ailleurs je suis convaincue qu'il lui aurait plu le livre à Salinger. A aucun moment j'ai eu l'impression d'une quelconque volonté de l'auteur d'être Salinger, et ce livre est à des années lumières de l'oeuvre emblématique de Salinger. Comparer "L'attrape-coeur" avec "La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao" c'est comparer Alice Cooper et Chimène Badi, entends par là que ça n'a RIEN A VOIR.

 

Voilà c'est dit, je conçois que ce livre ne puisse pas plaire à tout le monde, mais de grâce, please, épargnez nous Claire Julliard ce genre de commentaires stériles aux relents conservateurs, et foutez lui la paix à Salinger (et accessoirement à Junot Diaz).

 

Si tu le veux bien revenons à ce petit bijou de littérature:

 

Oscar, le héros, est un nerd, un vrai nerd, une sorte de symbole parfait et exact de la nerditude. C'est quoi un nerd ?

 

Ma définition est la suivante: un nerd est une personne ayant un amour infini pour la littérature SF et Fantastique et vivant particulièrement reclus dans ces univers. Tolkien est le maître, mais le coeur chavire aussi pour Georges RR Martin. Si tu n'as jamais vu Star Wars ou que pire tu penses que c'est de la merde, il est fort probable qu'un nerd malgré sa timidité pourrait tenter de te télétransporter mentalement au moyen-âge, ou alors te mettre sur la gueule. Leur vie sexuelle est en générale assez pourrie, tirant sur l'absence de contact physique, non pas par désintérêt, le nerd est un homme comme les autres et il a des pulsions sexuelles, mais en général il ne trouve pas réciprocité à son désir d'en finir une fois pour toute avec cette virginité ou presque virginité. Doté d'une certaine agilité en terme d'informatique et monde virtuel style jeux de rôle, c'est aussi là que tu le trouveras dans par exemple World of Warcraft où il répond au nom d'Athenaé, où s'il n'éspère pas que la difficulté des raids dans Cataclysm soit revue à la hausse, il flirte avec une troll à très gros seins qui répond au nom de Shaerkhanu. Aussi le nerd collectionne les cartes Magic et il peut faire 30 km à pied pour trouver les protecteurs plastiques adéquats qui permettent que les cartes se battent bien lors d'un tournoi, ou d'une partie conviviale entre nerds.

 

Si tu n'as toujours pas compris voici un exemple illustrant le nerdisme:

 

 

   

Comment ça t'es toujours pas accro à Big Bang Theory ?

 

Donc c'est l'histoire d'Oscar, un nerd obèse et originaire de République Dominicaine, installé désormais dans le New Jersey et qui aspire à devenir le nouveau Tolkien (ni plus, ni moins), mais c'est aussi l'histoire de sa famille abonnée à la malchance, le fuku (le fuck you quoi).

Le grand-père tout d'abord par qui la poisse vient, de par le fait qu'il ait tenté de cacher une de ses filles au terrible dictateur Dominicain Trujillo (dont je te reparle dans un instant), du coup le fuku va s'abattre sur le reste de la famille d'Oscar, sur Beli sa mère, puis sur Lola sa soeur pour enfin s'abattre sur Oscar lui-même.

Cette saga s'étend donc globalement des années 30 jusqu'aux années 90. L'histoire de ses trois générations est tissée sous fond de l'ère du terrible dictateur Trujillo (1930-1961) et ses conséquences (l'exil) , Trujillo plus connu sous le nom d' El Jefe qui n'avait rien à envier aux aspirations de ses homologues genre Hitler, Mussolini ou Franco, avec la nuance que cette saloperie de tyran là avait un appétit sexuel démesuré et considérait son île et ses habitantes comme un gigantesque harem, et c'est en partie pour ça que la merde et la disgrâce va s'abattre sur la famille d'Oscar, la famille Cabral.

(Je fais juste un aparté sur la dictature de Trujillo si tu veux en savoir plus, et vu que je suis un peu feignasse aujourd'hui, je te link vers Wikipedia. Et toujours au sujet de Trujillo il y a un livre très, très bon que je n'ai pas encore lu, mais j'ai vu le film et oui je sais ça ne compte pas, il s'agit de "la Fête au Bouc" de Mario Vargas Llosa, désolée encore lui, qui reprend très bien cette triste et cruelle partie de l'histoire Dominicaine). 

 

Junot Diaz "met le feu à la langue", ça ce n'est pas moi qui le dit c'est Le Monde. C'est vrai que cet auteur a une façon d'écrire particulièrement atypique, survoltée, super comique, avec un vocabulaire à cheval sur ses deux cultures (US et République Dominicaine). J'ai lu la version en espagnol, qui n'est pas la version originale (US), et c'est vrai qu'il y a une quantité assez impressionnante de "Spanglish" qui reste intacte dans la version française aussi, et qui a du en déstabiliser certains comme Claire Julliard. Mais c'est aussi ça la richesse du texte et du style de ce livre qui ne compromet en aucun cas la compréhension, et par ailleurs il était parfaitement impossible de traduire tous les mots afin de garder l'essence et l'effervescence de ce récit, d'où mon mini hommage au travail de l'ombre et de fourmi des traducteurs en général, et ici en l'occurrence pour la version française à Laurence Viallet (n'en déplaise à Claire Julliard).

   

Avec ce livre, Junot Diaz a gagné le prix Pullitzer en 2008, que c'est un peu le sésame des prix littéraires (hors Nobel va) et donc ce n'est pas la peine de te faire un dessin: Junot Diaz n'a pas plu qu'à moi (n'en déplaise à Claire Julliard encore une fois). Il existe en poche à 7,51 euros, et franchement je te le conseille vivement, c'est un de mes coup-de-coeur 2010. (C'est par ici l'autre coup-de-coeur 2010). Pour info il a également un recueil de nouvelles en poche "Los Boys".

   

Voilà mon cher lecteur de l'ombre, c'est tout pour aujourd'hui, je te laisse en te conseillant de ne jamais écouter du reggaeton, imagesCANVE6GS.jpg, parce que faut qu'en même pas déconner.  BAZINGA! 

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Published by mescontemplationsetdigressions@gmail.com - dans Littérature sud-américaine
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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 14:37

Il y a presque 1 semaine, et pour être précise, le 7 octobre 2010, les suédois ont fait quelque chose de bien et de largement plus appréciable que d'envahir nos domiciles avec leurs canapés Ektorp, leurs étagères Billy, et de nous faire croire que les boulettes de viande industrielle sont meilleures avec de la sauce aux airelles.

 

Le 7 octobre 2010, justice a été faite avec justesse: Mario Vargas Llosa s'est vu décerner le Prix Nobel de la Littérature. ENFIN!!! (ben oui parce que ça fait au moins 30 ans que Stockholm aurait du le lui donner, mais bon...)

 

And the Winner is:

 

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Depuis la naissance de ce blog (bientôt 4 ans), je t'ai gavé avec des auteurs qui sont des indispensables pour moi. Donc à moins que tu aies de la mousse de lait à la place de la masse encéphale, tu auras compris que Mario Vargas Llosa est un de mes quelques rares auteurs dont je suis à la vie à la mort avec eux. Je vais même me tatouer un "Mario Vargas Llosa" sur l'avant-bras gauche genre comme le "Jean d'Ormesson" de Julien Doré. (Je déconne un peu quand même) (je pensais plutôt me tatouer "Zac Effron") (là je déconne vraiment, et pas seulement parce que ça fait de moi une presque- cougar) (ou plus sérieusement "Robert Downey Junior", j'ai vu hier Iron man 2, et donc voilà, Robert Downey Junior quoi).

   

Si tu le veux bien revenons-en à Mario Vargas Llosa.

 

Dans une note au sujet de Stieg Larsson, je te rappelais au mois de mars dernier comment MVLL était à mon sens plus que largement nobélisable... et bien ils m'ont écouté à Stockholm, et maintenant je me sens un peu comme une sorcière avec des pouvoirs de devin à pas trop savoir ce qu'en faire.

 

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(genre comme Elizabeth Tessier)

 

Ce prix me donne donc raison aussi de mon acharnement à te contaminer mon admiration pour cet auteur péruvien, également nationalisé espagnol, né en 1936 à Arequipa (mon autre chez-moi).

    

Je t'ai déjà parlé plusieurs fois de lui avec ces livres en particulier:

 

-"Lituma dans les Andes"

- "Tours et détours de la vilaine fille"

- "Le poisson dans l'eau"

- "Le paradis, un peu plus loin"

 

 

Voici quelques uns de mes bouquins de Vargas Llosa, il m'en manque un tout petit peu:

 

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Petite parenthèse au sujet des absents sur la photo: j'ai un peu des pulsions meurtrières à la Patrick Bateman quand on ne me rend pas mes livres. Bordel de bordel de merde qui ne m'a pas rendu genre par exemple "Les cahiers de Don Rigoberto"? Fais gaffe à toi, j'ai fait un peu de judo, je suis super forte à Street Fighter, et surtout j'ai pas peur du sang (j'ai déjà opéré un chien avec mon mari au fond de la Bolivie, et on lui a retiré une tumeur grosse comme la tête d'Elefant Man avec un couteau-suisse, oui monsieur un couteau suisse, et j'ai même pas ciller, alors...). ALORS REND MOI MES LIVRES!

 

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Allez revenons en encore à Mario Vargas Llosa.

 

 

Mes deux favoris jusqu'à présent sont certainement ces deux là:

 

 PA080415.JPG 

 

Mais bon si tu n'as jamais rien lu de lui, tu peux commencer avec "Tours et détours de la vilaine fille" qui est un livre qui a plu vraiment à tout le monde et à des gens très différents, alors je ne pense pas me gourer en te le recommandant.

   

Partout dans le monde, on célèbre son talent, et regarde genre le journal d'ici du 8/10/10, la première page, comme la coupe du monde de Football quoi...

  PA080409.JPG

 

 

Je viens de lire les 21 pages, VINGT ET UNE PAGES, qui lui sont dédiées dans El Pais du 8/10/10 (tout compte fait je suis même pas sûre que La Coupe mondiale, Iker et les autres, aient occupé autant d'espace dans ce quotidien), VINGT ET UNE pages de témoignages extrêmement variés, d'hommages transis à MVLL, à l'auteur, l'acteur un tout petit peu, le réalisateur un tout petit  peu, l'homme politique, le mélomane, le journaliste, le lecteur amoureux fou de la littérature, mais encore et surtout l'auteur infatigable. 

 

Son oeuvre est monumentale, titanesque, polymorphe,en plus ce qui ne gâche rien c'est que Mario Vargas LLosa est un nobel accesible,  entends par là pas une littérature pour élites, cette littérature qui me sort par les trous de nez, celle qui n'est surtout pas destinée aux masses, cette littérature de snobs pour snobs. A tous ces auteurs, je souhaite leur faire le supplice de la chaise musicale de terreur qui consiste ni plus ni moins à t'accrocher à une chaise avec du gros scotch et te faire écouter 72 heures du Hélène Ségara et Patrick Fuori en acappella, avec la télé allumée sur Secret Story et comme tout repas des gnackis froids et sans ketchup. (Une de mes versions de l'enfer).

 

En bref l'oeuvre de MVLL est simplement majeure et indispensable et en plus c'est pas chiant, ce qui est louable.

 

Ici, je ne parlerai que de l'auteur, son engagement politique pour la présidentielle péruvienne de 90 et sa débâcle restera hors-sujet, et puis je t'en ai déjà touché un mot avec "Le poisson dans l'eau", qui m'a beaucoup fait changer d'avis à son sujet, il m'est devenu sympathique, enfin. Je dirai juste que je pense que MVLL est malheureusement en politique un incompris (avec ses maladresses quand même pour nuancer),  la calomnie a fait son boulot aussi de moissoneuse-batteuse pour réinterpréter ses discours, parasiter les lignes de son programme politique et en retirer l'essence même, ce pourquoi MVLL se bat et qui est la liberté individuelle, la dénonciation des abus, et l'importance de la transparence (entre autres). Et ce pourquoi aussi le Nobel l'a récompensé avec justesse "pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l'individu, de sa révolte et de son échec" (oui il faut un peu avoir fait sciences-po pour comprendre ce que ça veut dire) (j'ai un BTS tourisme...) 

 

Le 3 novembre va sortir en Espagne et dans les autres pays hispanophones son dernier livre "El Sueno del celta", qu'on peut traduire par "Le rêve du celte". C'est un bouquin qui retrace la destinée épique d'un irlandais, Roger Casement, devenu consul britannique et aussi beaucoup aventurier, et qui a entre autre dénoncé les atrocités du Roi Leopold II dans le Congo belge. Il s'agit donc aussi d'un livre "sur la gueule de bois du colonialisme" (El Pais).  (youhou, la sortie du livre c'est juste avant mon anniversaire) (au moins ce cadeau j'essaierai pas de le revendre sur E Bay) (je me comprends).

 

Toujours est-il que voilà je suis là ce matin avec mon thé qui se refroidit dans ma tasse, pour t'inciter à considérer sérieusement d'inclure Mario Vargas Llosa à ta wishing list de bouquins, et te rappeler aussi cet autre péruvien que je mets presque au dessus de tout: Santiago Roncagliolo et dont je t'ai causé un truc comme 147 fois, genre ici, , encore ici, mais encore , ou enfin ici. A l'occasion je te rappelle un mini-résumé de suggestions de littérature péruvienne.

 

PS: C'est par ici La grande Librairie (du 30/04/2009) avec MVLL  qui présentent deux livres qui ne sont pas les plus abordables de sa bibliographie (Voyages vers la fiction, Le monde de Juan Carlos Onetti + la préface de Tirant Le Blanc), mais quand même bravo à François Busnel de l'avoir invité.

 

Re-PS: Par ailleurs je ne suis pas la seule à avoir un peu de pouvoirs divinatoires au sujet de MVLL, il y a aussi , la Maison de l'Amérique Latine à Paris   qui a vu très juste et qui lui dédie une exposition depuis le 14 septembre jusqu'au 6 novembre, vas-y donc voir si t'as pas piscine (et qu'accessoirement ce soit pas trop loin de chez toi).

 

Allez je te laisse, je vais éplucher des patates, en attendant prends bien soin de toi mon très cher lecteur de l'ombre.

 

 

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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 20:36

  LIBROS - JET LAG

 

 

Presque Mea Culpa :

 

Si tu en as ras la quiche que je te suggère des lectures d’auteurs hispanophones jusqu’à présent non publiés en français, je suis assez moyennement désolée pour toi mon très cher lecteur de l’ombre. Néanmoins j’admets que mon enthousiasme se voit parfois frustré de ne pas voir sa traduction française, alors j’ai décidé de m’assurer que mes prochaines suggestions lectures soient traduites chez toi. C’est ainsi que je reviendrai prochainement avec des auteurs traduits dans la langue de Mireille Mathieu : il y aura donc un dominicain Junot Diaz, un péruvien (oui encore un péruvien) Daniel Alarcon, et enfin un colombien dont j’ai perdu le nom, car j’ai égaré mon précieux "petit cahier des livres que je veux lire". Mon cher petit cahier que ma fille m’a misèré avec des feutres et un autocollant d’ACDC, que je suis au désespoir de retrouver mais, hélas, je crains qu’il n’ait disparu dans le triangle des bermudes des chaussettes, ce trou noir, cette autre dimension spatio-temporelle où on perd toujours une des chaussettes de la paire, et que si à l’aéroport on te demande de retirer tes bottes (ce qu’on te demande à chaque fois), ça donne ce petit moment de solitude :

 

 P7080343 

  

 (Reconstruction d'un moment vaguement embarassant avec mes vrais pieds). 

 

Donc ma première lecture,"Jet Lag" , est un recueil d’articles issus du blog de Santiago Roncagliolo, écrits entre fin 2005 et fin 2006, plus ou moins au moment de la promotion de son livre très justement récompensé« Avril Rouge ». Santiago Roncagliolo dont, selon l’opinion de mon mari, je suis la présidente du Fan Club au niveau Européen, ni plus, ni moins, dit-il avec une ironie qui cache peut-être un poil de jalousie.

 

Vois plutôt :

 

 

 

 

 

Voici l’homme en question. Santiago Roncagliolo.

 

 

Alors que quand même soyons raisonnable, physiquement on est à des années lumière de ce physique déconcertant :

 

 

  

Donc d’un côté, Santiago, le physique ordinaire, tirant sur le Shrek pour le nez et les oreilles, de l’autre côté Robert Downey Junior, un mec qui a laissé derrière lui ses déboires à la Bret Easton Ellis, et qui désormais s’en va dormir avec une infusion de valériane et de camomille (et sa femme accessoirement), mais aussi Robert quoi…

 

Je sais plus trop bien pourquoi je t’ai callé Robert (je ne perds jamais l’occasion), mais en tout cas je voulais en arriver au fait que finalement je préfère, presque, le physique banal de Roncagliolo, il a un côté rassurant, drôle et dans ses yeux un peu petits il y a de la malice et de la gentillesse. Je suis presque en train de te décrire un labrador ou une marmotte, mais réellement ce sont des qualités non négligeables selon mon humble point de vue. Mais bon si je suis aussi admirative (ou admiratrice ?, je sais plus comment on dit), et donc si je lis aussi assidûment cet auteur, c’est que je le trouve épatant.

 

(Je m’en vais me coller une autre image car j’écris avec la bouche en cœur de Robert au dessus des yeux, et je suis assez moyennement concentrée).

 

 

 

Nah, beaucoup mieux…

 

Donc « Jet Lag », est un recueil d'articles qu'il a écrit pour le blog littéraire hispanophone« Boomeran », où Roncagliolo officiait il y a quelques années. Ca parle de tout, de ses rencontres littéraires, ou pas du tout littéraires, de films, de ses voyages dans de nombreux pays, de politique, de la solitude des chambres d'hôtels, en bref des anecdotes en vrac,  j’ai adoré ce bouquin, une fois de plus, mais je dois admettre que ce n’est peut-être pas le plus important de sa bibliographie.

 

Je vais faire genre je te l’ai jamais dit, mais bon imaginons que tu n’aies pas bien lu, ou pas du tout lu mes précédentes ovations à Roncagliolo, je te soumets donc l’idée de commencer avec « Histoires indiscrètes d’une famille sans histoires » (Pudor est le nom original du bouquin...) et puis après lire « Avril Rouge ». Pour le reste, ce sera quand les éditions du Seuil se décideront à traduire plus que tu pourras mieux connaître cet auteur (va falloir se manier le train les Editions du Seuil, car « Memorias de una dama », ça pue le best seller).

  

 

 

 

 

  

  

Ma deuxième lecture est une BD, Rupay, qui n’a absolument pas de vocation comique, sinon d’illustrer et de dénoncer la violence politique au Pérou entre 1980 et 1984, et plus précisément les actions du mouvement terroriste du Sentier Lumineux, et les exactions autant policières, que militaires avec l’aval des gouvernements en place à cette époque. C’est hyper gore, triste, violent, c’est aussi l’histoire assez récente de ce pays magnifique, un épisode qui s’est soldé par la mort de 69.000 personnes. Si tu es intéressé, et que tu parles espagnol (sorry), tu peux aller jeter un œil par là et lire quelques extraits, sur le site de la Oveja Negra, qui est l’éditeur de cette BD. Je n’en dirai pas plus car je t’ai déjà parlé de cette épisode de l’histoire péruvienne, avec justement Santiago Roncagliolo, par ici et encore par , et aussi le très, très recommandable « Lituma dans les Andes » de Mario Vargas Llosa, que je t'ai déjà recommandé dans mes livres-best of the best.

 

Voilà mon très cher lecteur de l’ombre, je te laisse en te confessant que je ne pourrais plus jamais manger de poulpe, depuis que Paul, le poulpe-médium, est devenu une grosse célébrité de ce mondial que j’en ai rien à carrer. Je voulais aussi te dire que j’ai des cernes de la mort aussi, car ici à Madrid, la nuit a été longue, longue, mais que du coup j’ai terminé un livre, et que je viens de commencer le très prometteur dernier bouquin d’un de mes écrivains français chouchou, Amanda Sthers.

 

Je reviendrais avec tout pleins de lectures pour cet été, des sérieuses et des vachement moins sérieuses, je vais même faire encore un autre Koh Lanta de la littérature, aprèsMarc Levy, je vais me laisser aller à Katherine Pancol, c’est mon défi de l’été, ça et arrêter de penser à une potentielle attaque de requins quand je nage dans la mer (surtout quand c’est la Manche).

 

Bien à toi.

 

 

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 10:58

 

El cojo y el loco

 

 

Esteban, Zia, Tao, les cités d’or, le condor, enfant du soleil, ton destin est sans pareil… Il m’en a pas fallu plus que ce dessin animé pour mettre un point d’honneur de mes petites mains où fondaient les m&m’s, pour me faire jurer de promettre d’aller faire un tour sur la terre des Incas, et autres cultures pré-colombiennes.

 

Le destin est toujours un sacré farceur avec moi, mais plutôt complaisant je crois finalement à mon égard, et au bout de quelques paquets d’années, le Pérou est devenu mon pays. Mon pays aussi. Ma terre, celle qui me manque cruellement, comme si quelque part mon ADN était marqué par ce territoire (oui je sais que c'est pas possible qu'un ADN soit marqué par un territoire cher ami lecteur au parcours scolaire sans faute et bac S).

Si j’avais du temps à perdre et que je croyais en ces histoires de réincarnation, je pourrais aisément croire que dans une vie passée, je suis née péruvienne.

 

Les Andes silencieuses, dures, austères parfois, mais surtout magnifiques, les routes solitaires, les nuits agitées, les volcans partout comme des gardiens, les bus saturés de cumbia, les dunes immenses, les montagnes grises et ocres et beiges, les paysages lunaires et solaires, les nuages sous tes pieds, l’histoire et la nature, les oiseaux liméniens qui font « ku-kuli », les trekkings où que tes jambes meurent, les ceviches avec bières glacées face à la mer,  le pisco-sour, les gens, la diversité, la complexité de la diversité, la tradition culinaire « pluri-métissée » (je présage que la cuisine péruvienne ne va pas tarder à faire vraiment beaucoup de bruit internationalement, tellement elle est délicieusement bouleversante de délices), les vagues grises et gigantesques du Pacifique qui me font flipper comme une malade (de tous mes défauts j’en ai un énorme, c’est celui que je regarde toujours la mer d’un air inquiet, croisant les doigts pour qu’un raz de marée ne vienne pas m’engloutir, ce qui est du grand n’importe quoi de désordre mental), excetera, excetera,…

 

Allez j’en arrête là sur les raisons cohérentes et moins cohérentes de mon amour pour le Pérou, car sinon tu es encore là demain à me lire, chose qu’on est bien d’accord tu ne feras pas. Et moi non plus, car il faut que je passe l’aspirateur et que j’achète des framboises et que je négocie le repas d’une enfant de 2 ans et demi avec une enfant de 2 ans et demi, activité qui te prend autant de temps que pour rejoindre Rouen depuis Paris, sur une A 13 saturée.

 

Par contre  je vais te causer un peu de littératures péruviennes (oui ENCORE une fois), car finalement il s’agit de l’argument de mon blog, te parler de livres et d’auteurs.

 

Là-bas, au Pérou des amitiés qui sont comme des frères de sang, entre des bouteilles de rhum, et de pisco, et de bières, et j'en passe des pires et des meilleurs, on parle aussi de littérature sous le soleil du petit matin sans sommeil qui se lève derrière les pics enneigés. On me suggère Echenique, Vargas Llosa, Bayly, Iwasaki, mais surtout Echenique me glisse les yeux en amande sombres de celui qui sera mon homme et le papa de ma fille un paquet de million d'années plus tard. Pour lui je pourrais lire Proust en araméen, et traduire Ulysse en coréen, ou faire des ultra-marathon comme Murakami, ou ne boire que du chocolat chaud et jamais, jamais d’alcool comme Vargas LLosa. C’est dire…

 

J’ai suivi les conseils littéraires de tous, et j’y ai inclus plus spontanément d’autres choix dont Jaime Bayly, un auteur qui avec « Ne le dis à personne » est entré sur la scène littéraire péruvienne en 1994 avec fracas, entends par là qu’il s’agissait d’un roman extrêmement moderne et cru pour l’époque.  Il s’agit du récit d’un jeune homosexuel issu de la haute bourgeoisie liménienne qui se perd dans la drogue et le sexe facile, en se heurtant aux préjugés gigantesques de cette société élitiste et chrétienne-border Opus Dei. Ca a été un livre choc à l’époque. C’est le meilleur. De loin. Par la suite je crois que j’ai à peu près lu tout ce qu’a écrit Jaime Bayly, mais à la fin ça a fini par bien m’énerver car il n’arrivait pas à se détacher de sa condition à lui d’auteur controversé à l’identité sexuelle non confirmée. J’avais envie de lui dire, bon OK tu es bisexuel avec une nette préférence pour les verges, ça on a compris et on s’en tape, mais ça serait bien que tu fasses un roman différent.

 

C’est chose faite, en théorie, avec son dernier roman « El cojo y el loco », littéralement « le boiteux et le fou » qui est un roman très court qui parle de deux destins parallèles d’un boiteux et d’un fou, nés et rejetés par des milieux sociaux plutôt favorisés (hum, hum çà me rappelle quelque chose) sauf que les deux animés par la rage de la vengeance et la bêtise vont se perdre et mourir dans la violence et la luxure et la paresse. Evidemment le roman est fort, mais bon ça m’a pas emballé plus que çà, comme tu pourras le constater vu le peu d’enthousiasme que j’insère dans mes mots.

 

Il n’y a que 2 romans traduits en France de Jaime Bayly, dont un est « Ne le dis à personne », et l’autre « La nuit est vierge ». Ils sont réédités par un éditeur de littérature gay manifestement et qui s’appelle Adventice. A ce sujet de littérature péruvienne, ou sud-américaine en général, en France je crois que ce sont les éditions Metailié, qui offrent le plus de choix. Quand je vivais à Paris, mis à part me balader à la parapharmacie du monoprix ou m’acheter des trucs inutiles chez H&M ou manger des sales crêpes au nutella qu’avait un goût d’oignon et de fromage à Montmartre, j’allais souvent acheter des livres à la librairie Hispano-Américaine, rue Monseigneur le Prince dans les 6ème, où je crois qu’ils ont le choix le plus vaste (information seulement intéressante si tu es parisien).

 

Si tu suis un peu je t’ai déjà fait une sorte de récapitulatif des lectures péruviennes qui me semblent en toute objectivité indispensables. Vraiment, je sais qu’il est difficile de croire en mon objectivité quand le monstre qu’est la nostalgie de cette terre vit en moi, confortablement installé, mais crois moi mon cher lecteur de l’ombre que mon objectivité est là bien intègre, sans vaciller dans la subjectivité.

 

Mon chouchou d’auteur péruvien, que si tu n’as pas compris c’est que t’as de la chantilly à la place du cerveau, celui que je mets au dessus de tous c’est Roncagliolo, je suis  comme une gamine de treize ans fan de Tokyo Hotel  avec cet auteur. Sache que très prochainement je reviendrais te gaver avec lui car je suis en la possession d’un de ses autres bouquins.

 

Je te laisse après cet espace publicitaire dédié à ce pays-joyau qu’est le Pérou, en te suggérant de faire un tour par là-bas. En attendant tu peux commencer à lire, car lire est un voyage aussi. C’est un des nombreux avantages de la littérature (j’ai l’impression de parler comme l’enfant qu’auraient eu Eve Angeli et Paulo Coelho) (ce qui relève du cauchemar).

 

PS/ Cher ministre du tourisme péruvien (et du commerce extérieur), et donc cher Martin Perez Monteverde,  si par un hasard complètement improbable vous en veniez à lire cette  ode au Pérou, vous êtes gentil vous pourriez me faire la faveur de causer un brin avec Iberia pour que je paie plus mes billets d’avion pour moi et ma famille, et en contre partie je continue d’être une sorte de grosse ambassadrice de votre pays, la meilleure que vous ayez jamais eu. Bien à vous votre altesse et votre grandeur.

 

 

 

 

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 12:25

Memorias de una dama



Previously on mes contemplations et mes digressions, je te lâchais une information personnelle de la plus haute importance au sujet de Glenn Medeiros et Jason Donovan afin de poser sur un pied d'estale Santiago Roncagliolo. Santiago  n'a ni les boucles brunes niaises de Glenn, ni le regard bleu plissé de Jason (j'avais un problème de désordre amoureux avec les regards bleus plissés cf David Halliday), mais Roncagliolo a une capacité à se renouveler, à se mettre en danger, le talent de surprendre, de laisser sans voix, ou mort de rire comme rarement je l'ai admis chez un écrivain.  Avec humilité il considère juste avoir le cul bordé de nouilles littérairement parlant,  enfin, finalement, au bout du compte, après avoir lutté pour être publié. Et c'est un peu de son histoire d'écrivain qui a ramé pour la postérité qu'il glisse dans ce livre où apparaissent beaucoup de personnages. Allez un petit résumé:
Une vieille dame, Diane Minetti, très élégante, très riche, disons millionnaire au moins, décide d'employer un écrivain afin d'écrire ses mémoires. Elle entend raconter le glamour de sa vie, ses fêtes de la haute société à Londres et Paris. Mais l'apprenti écrivain en ratissant un peu plus large dans le passé de cette vieille dame va découvrir de quoi alimenter un projet littéraire qu'il voit personnellement plus lucratif : en effet la famille Minetti a eu en fait des liens plus qu'étroits avec Mussolini, la mafia italienne, la CIA, les dictatures de Trujillo et de Batista, et c'est cette histoire qu'il décide d'écrire.

Roncagliolo n'est pas non plus le Roberto Saviano de Gomorra, il balance des noms en l'air comme çà mine de rien, y'a du faux, du vrai, du déguisé, il fait défiler pleins de personnages, des personnalités historiques, contemporaines, mais aussi et surtout (quoique) des fictives. Il profite également de l'oportunité de l'argument du livre, pour railler le monde impitoyable de l'édition ( imagine lecteur de l'ombre le générique de "tan tan tantantantan, Da-----llas ton univers impitoyyyaaaable"). 

Chaque livre de Roncagliolo est un nouveau genre, de nouveaux thèmes, des pays différents, c'est un peu énervant une telle facilité caméléonique d'écriture. Le seul parallèle entre ses livres que j'ai dévorés, reste cet humour accessible, cette ironie sans mesquinerie, cette fraîcheur, cette curiosité insatiable d'un homme qui n'a pas fini de faire parler de lui.

Si tu peux pas lire en espagnol V.O, ce qui est finalement assez probable, sache qu'il va falloir attendre un tout petit peu à ce qu'ils traduisent ce bouquin en français. Moi, tu sais maintenant que je suis une adulte, et que je ne mets plus de coca dans mon whisky*, les livres d'auteurs hispanophones j'essaie de les lire en V.O, parce que non seulement je suis une adulte mais aussi une grosse snob de puriste.

Voilà moi et mes lunettes rose barbie pas du tout "bitch et slut" te laissons réfléchir sur cette citation au sujet de Bob Dylan récupérée dans une interview concédée par Roncagliolo:

"Un jour, j'ai dit publiquement que je n'aimais pas Dylan, j'ai reçu alors jusqu'à des menaces de mort. Depuis j'ai décidé que j'adore Dylan. Je veux me marier avec Dylan. Je veux l'adopter."

Au sujet d'interview concédée par Roncagliolo, je te fais la promesse cher lecteur de l'ombre, de réussir à avoir un entretien avec cet auteur dont je te parle tant. Je t'en fais la promesse, si je mens je me mets au tricot et je te fais un Taj-Mahal en angora.

Ci-joint une photo du Taj-Mahal pour que tu puisses constater que je ne peux qu'honorer ma promesse d'interviewer Santiago Roncagliolo:



Allez cher lecteur de l'ombre je te laisse en te recommandant de manger pleins de clémentines et de kiwis afin que ton corps soit plus résistant face aux rhumes et autres adversités hivernales. Tu peux aussi manger des grosses raclettes bien arrosées de vin rouge, et tout pleins d'escargots au praliné, car ton corps dépense bien plus de calories en hiver et que sinon tu vas être tout maigrichon et les clémentines et les kiwis ne pourront alors rien pour toi.

Bien à toi.


* Je te bobarde car en fait je déteste le whisky.

 

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 09:15


Abril rojo. Premio Alfaguara 2006

Cher Santiago Roncagliolo,

Je t'écris depuis mon salon envahi de jouets et de poils de labrador pour te dire TOUT LE BIEN que je pense de toi.

Tu m'avais ébloui avec Pudor *, je savais que je pouvais te faire confiance pour cet autre ovni. C'est étrange on se connait à peine et je suis déjà une sorte de fan, je n'irais pas afficher de poster de ton visage souriant dans ta grande veste en cuir dans ma chambre, car seul Jason Donovan en a eu jadis le privilège, et je veux qu'il en demeure ainsi.
J'ai passé un nombre incalculable d'heures à ratisser des informations sur ton cas, car oui tu es un cas: dramaturge, écrivain caméléon, journaliste, scénariste et même de télénovelas, conseiller politique, traducteur, etc... Comme je te le disais je ne mentionnerai pas le terme fan car depuis mes déboires amoureux avec David Halliday et Jason Donovan j'ai décidé de ne me plus faniser. Ce qui fait donc que je ne suis plus fan depuis un truc comme un millier d'années. Mais totalement épatée par ton talent, oui EPATEE.

Tu dis que tu as toujours voulu écrire "un thriller, c'est à dire un roman policier sanglant avec des assassins en série et des crimes monstrueux", et tu l'as fait. Tu as fait surtout encore plus. Encore mieux. Tu as trouvé l'inspiration dans l'histoire de ton pays, le Pérou. Ce qui je confirme est un pays qui inspire et aspire. Ton héros,  le Fiscal adjoint du district, Félix Chacaltana Saldivar est un anti-héros comme je les aime, faible et un poil fainéant, globalement médiocre, au service corps et âme de la loi.  
Son innocence et son incapacité digne du pire cliché du fonctionnaire de la loi croit encore avant le 8 mars 2000 que tout est soit noir, soit blanc. Mais c'est sans compter sur le premier corps retrouvé qui va être le début d'une montée vers l'horreur à tous niveaux.

Maintenant, si tu le veux bien, je vais faire un résumé pour mon lecteur de l'ombre, un résumé au service de ta promotion, celà va de soit, promotion presque gratuite.

Mars 2000, Ayacucho, Pérou, Ayacucho, le coin des morts en quechua. C'est la semaine sainte, on est également à deux pas des éléctions. Le premier corps retrouvé est totalement carbonisé, un bras sectionné au préalable, le front est marqué par une croix au couteau de boucher. Le fiscal du district adjoint Félix Chacaltana Saldivar interroge le médecin légiste sur l'endroit potentiellement probable de la carbonisation de ce corps, le légiste répond "En Enfer"...

(Petit moment Wikipédia pour toi lecteur de l'ombre: Ayacucho a été la zone la plus touchée par la guerre contre le mouvement du sentier Lumineux, mouvement terroriste qui a bouleversé sérieusement le Pérou pendant environ 12 ans jusqu'à l'arrestation de son leader Abimael Guzman en 1992. Ayacucho et son département,  a également été la zone la plus touchée par les éxactions militaires et policières au nom de la guerre contre le terrorisme avec l'aval bien évidemment d'un certain Fujimori. Le sentier lumineux a comme  je le disais été plus que largement ébranlé en 1992, fragilisé, le mouvement s'est divisé sans son dealer, néanmoins quelques souches du mouvement perdurent encore aujourd'hui. Parenthèse Wikipédia terminée).

C'est ici à Ayacucho que le fiscal du district adjoint, Félix Chacaltana Saldivar, va se confronter à la folie meurtrière d'un ou de plusieurs assasins qu'il imputera en premier lieu à un regain d'activité du sentier lumineux. On lui dit de se taire. Entre intérêts politiques, personnels, corruption galopante, le silence se veut de mise, et le mutisme de la population, la résignation doublée de la peur tant du terrorisme, mais surtout de l'armée, et de la police ne l'aide pas à faire éclater la vérité. Personne ne veut voir ce qu'il voit. C'est seul contre tous qu'il va affronter l'horreur qui monte en crescendo sous fond de ferveur paienne et religieuse.

Plus qu'un thriller avec des crimes d'une imagination et créativité digne de Jigsaw, ce roman est un livre au service de la mémoire d'un pays qui n'a pas cicatrisé ses plaies, l'histoire d'un pays, d'une guerre qui a fait 70.000 morts. Ce roman est un prétexte, un témoignage poil à gratter d'une vérité qui n'a pas encore éclatée et qui rampe encore dans les couloirs du silence, de la résignation, de la peur, et surtout bien au chaud dans le ventre d'un monstre qu'on appelle corruption.

Voilà Santiago. Un mot. EPATEE. Je suis épatée de ton talent, de ton humour aussi qui ne plie pas sous l'horreur du récit. Tu es un exemple rare d'écrivain à multiples facettes, un écrivain courageux, inclassable, formidable. Tu mérites largement les 148.000 euros, environ, que tu as gagné grâce à ce roman en 2006 avec le prix Alfaguara, 148.000 euros qui me laissent rêveuse quand à mon âge, une vieille maintenant  (preuve en est Mika me gonfle et je n'aime plus le rose fluo) on rêve de maison avec un bout de jardin où faire pousser un palmier qui ne poussera jamais faute de soleil.

En France tu n'as que deux livres de traduits* sur les 11 publiés, je vais donc pousser à la consommation de tes livres car tu le mérites. Celà ne te coûtera qu'un ceviche et un picante a lo macho arrosés de bière glacée. Pour moi et mon mari. Certes on mange pas avec le dos de la fourchette comme on dit, mais celà reste très économique. Non ?

Hasta muy pronto.


* "Histoires indiscrètes d'une famille sans histoire" et "Avril Rouge" bien sûr.

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 15:52


Pudor

 
Voici un auteur péruvien plutôt jeune ( c'est à dire à peine plus vieux que moi) dont j'ignorais l'existence.

(J'ai eu connaissance de cet écrivain par le biais d'un magazine féminin espagnol, Woman,  qui comme tu le vois ne parle pas que de perdre sa cellulite à grand renfort de caféine en crème,  ou  de spartiates qui sont "out " cet été).

Superbe découverte. L'écrivain est drôle, habile, malin, pas très joli, mais pas moche non plus, et en plus il parle français avec un accent charmant de comte de Transylvanie, comme mon mari.
Et si, lecteur de l'ombre tu causes pas l'espagnol, et bien bonne nouvelle pour toi il a été traduit aussi chez toi. Attention le titre en français c'est pas "Pudeur", comme celà pourrait être traduit littéralement, non, non... Dans le chapeau du magicien traducteur et de la maison d'édition française on a traduit par " Histoires indiscrètes d'une famille sans histoires". Bon pourquoi pas, car c'est de ça qu'il s'agit, d'une famille assez plutôt banale, en apparence, et en réalité aussi. Quoique.

Petit résumé du livre en question:
La femme qui se sent désaimée, et reçoit des messages amoureux anonymes,  et aussi elle pratique l'onanisme dans les toilettes d'un japonnais. Le mari qui va mourir, et qui veut pas mourir, personne ne sait qu'il va mourir parce qu'il se tait, alors il se lâche sur le whisky d'importation et les seins moches de la secrétaire. Sergio le gosse qui voit des fantômes. Mariana l'autre gosse qui est lesbienne, avec pas de poils sous les aisselles et qui a un truc comme 13 ans. Et puis le grand-père qui se rebelle contre la vieillesse, et tombe amoureux, alors il fait le con dans un asile pour vieux. Et puis le chat, qui réussit à échapper de justesse à la castration chez le véto, et qui pratique pour la première fois avec une chatte super bourge qui après lui met une raclée de malade, que presque elle le tue.
Petit résumé terminé.

Moi je te le recommande ce bouquin. J'aime bien ce Santiago Roncagliolo. Ce que j'aime c'est surtout l'écrivain caméléon, aucun livre ne se répète, chaque nouveau semble de la main et de l'imagination d'un autre. Ainsi le dernier livre à avoir été traduit en France c'est "Avril rouge" qui est apparement un thriller sous fond d'ésothérisme particulièrement efficace, je ne l'ai pas encore lu mais je t'en donnerai des nouvelles d'ici peu, et déjà je te le recommande aveuglement.
C'est ça un écrivain, un vrai, c'est à dire quelqu'un qui peut raconter tout. Et en plus t'y faire croire.

 

NB: Finalement je connais pas énormément d'écrivains péruviens, disons que je suis certainement plus callée sur des thèmes péruviens un peu plus d'ordre festif (ou de désordre festif), mais j'aimerais là maintenant que je suis sur ce pays, te conseiller deux ou trois de mes préférés de bouquins de deux ou trois de mes préférés d'auteurs.

- Dans la catégorie "Gay, bisexualisme, cocaïne, bars liméniens, sexe, nuits sans fin, nuits sinistres et magiques et sinistres", je te conseille "Ne le dis à personne" et "La nuit est vierge" de Jaime Bayly.

 
- Dans la catégorie " Mario Vargas LLosa est très fort quand même et ne boit que du chocolat chaud ", mes sélectionnés sont "Lituma dans les Andes" , "La tante Julia et le scribouillard" et celui que tout le monde a aimé (tout le monde ne m'implique pas forcément) "Tours et détours de la vilaine fille". 

- Dans la catégorie "Ecrivain ami de la bouteille, qui est très très drôle et aussi talentueux, et presque aussi vieux que Vargas LLosa" j'ai nommé Alfredo Bryce Echenique et de lui je nommerais  "La vie exagérée de Martin Romana" et "Guide triste de Paris".

Et voilà, lecteur de l'ombre tu es désormais un peu callé sur la littérature péruvienne, ainsi tu pourras briller dans les dîners à la ville.
Ou pas.

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